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Les Poulains sont lâchés

La saison dernière, le Borussia Mönchengladbach a lutté jusqu’au bout pour se sauver. Cette saison, les Fohlen (Poulains) déjouent pour le moment tous les pronostics, prenant exemple sur le 1.FC Nuremberg du précédent exercice. On ne sait pas s’il y a une vie après la mort, mais en tous cas, il y a une vie après le coma.

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Mönchengladbach, ce n’est pas qu’un nom de ville difficilement prononçable. C’est aussi un club, le Borussia, qui s’est établi comme un bastion fort du football allemand dans les années 70 (Siebziger Jahre en VO), allant même jusqu’à concurrencer un Bayern grandissant alors.
Mais voilà, tout ça, c’est de l’histoire ancienne. Une histoire en noir et blanc, comme les couleurs du club, d’ailleurs. Depuis quelques années, Gladbach est à la ramasse. Des descentes en 2.Bundesliga, des remontées presque immédiates, mais beaucoup de souffrance dans l’élite. Récemment, Gladbach est descendu en 2007, et remonté l’année suivante. Sur les derniers exercices, l’autre Borussia doit son salut à un joueur: le virevoltant Marco Reus, buteur dans les rencontres décisives. L’an dernier, Gladbach a passé l’année dans le coma. Avant l’arrivée d’un homme, Lucien Favre. Bien qu’il soit francophone et qu’il parle couramment le frallemand (adaptieren, allez, penalisieren sont des mots qui reviennent souvent dans ses déclarations), le technicien suisse a réussi à se faire comprendre par ses joueurs et à mener à bien son opération sauvetage. M’enfin, c’est pas passé loin: un barrage aller-retour face à Bochum, quelques décisions litigieuses, deux scores étriqués (1-0, 1-1) mais l’essentiel est là: Gladbach reste en 1.Bundesliga.

Cette saison, d’aucuns prévoyaient une saison difficile aux Poulains. Mais en Allemagne, on a parfois la mémoire courte. D’aucuns oublient que Hanovre s’est sauvé à la dernière journée lors de la saison 09/10, alors qu’elle a passé l’année plombée par le décès de Robert Enke, avant de jouer les troubles-fête en 10/11. A comparaison immédiate, beaucoup oublient également la formidable saison du Nuremberg de Dieter Hecking, qui a fini sixième l’an dernier. Un Nuremberg qui s’est sauvé lors des barrages face à Augsburg la saison d’avant.
Si beaucoup promettent la vie dure à Gladbach, alors autant faire le dos rond. C’est un peu le geste que fait d’ailleurs Igor de Camargo sur la tête de la victoire face au Bayern, un hold-up 1-0 à l’Allianz Arena. 1-0, le tarif préférentiel des hommes de Favre cette saison. Sur les cinq victoires des Fohlen cette saison, quatre se sont soldées sur ce score. Marco Reus n’est plus seul: il continue à planter et à mettre le feu sur tout le front de l’attaque (2 buts, 3 passes décisives), mais il sait que derrière lui, il a des bonshommes. En défense, notamment. Dante (ex-Lille), bien sûr mais aussi Filip Daems, Roel Brouwers et surtout Marc-André Ter Stegen, qui fait partie de la génération des jeunes gardiens qui briguent la place de numéro 2 en équipe nationale (faut avouer que Neuer, malgré sa boulette face à Gladbach justement, est injouable en ce moment).

Bon, après, faut pas s’enflammer non plus. L’autre Borussia aurait pu rejoindre le Bayern en tête du championnat, mais Fribourg en a décidé autrement, en gagnant… 1-0. Ce qui fait que la clique de Favre est troisième, en tête du peloton (avec le Werder) qui traque les Bavarois. De plus, le plus dur commence, et le technicien suisse en est tout à fait conscient: « Ce sont des équipes d’un autre calibre que nous allons affronter [dans les prochaines semaines]: Leverkusen, Hoffenheim, Hanovre, Brême. Dortmund, aussi; » Et encore, Favre ne parle pas du bouillant match contre le 1.FC Cologne, alias le Derby du Rhin. En parlant de derby, bien que Leverkusen soit dans la banlieue de Köln (et en bordure du fleuve), les supporters ne considèrent pas le match comme un derby, la rivalité entre les deux clubs n’étant pas aussi forte qu’avec le « FC » . Qu’importe, le Bayer constitue un bon test pour Gladbach. Une victoire supplémentaire, même sur le score de 1-0, renforcerait la conviction que, cette année, Mönchengladbach, c’est un cheval sur lequel il faut parier.

Borussia Mönchengladbach / Bayer Leverkusen, samedi, 15h30.


Ali Farhat
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