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Les plus belles finales de Coupe d'Allemagne

Du spectacle, des surprises, des retournements de situation, du sang, des larmes, et même une équipe autrichienne : au cours de ses 81 ans d'existence (et ses 72 éditions), la finale de la DFB-Pokal aura offert de la magie, beaucoup de magie.

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31 octobre 1943 : First Vienna FC – LSV Hamburg (3-2 a.p.)

Cinq ans après la victoire du Rapid Vienne, un autre club issu de l'Autriche annexée soulève la Tschammerpokal (du nom du responsable des Sports du Reich, Hans von Tschammer und Osten). En finale, le First Vienna FC, plus vieux club d'Autriche (comme son nom peut le laisser supposer) bat l'équipe de la Luftwaffe de Hambourg au Adolf-Hitler Kampfbahn de Stuttgart. Le but décisif est inscrit par un certain Rudolf Noack, soldat stationné à Vienne originaire de...Hambourg. Ce sera la dernière édition de la Tschammerpokal, et la dernière Coupe avant une bonne dizaine d'années.


27 décembre 1959 : Schwarz-Weiß Essen – Borussia Neunkirchen (5-2)

Karl-Heinz « Kalla » Mozin n'est pas le joueur allemand le plus célèbre, mais il mérite d'être connu. Cette année-là, en demi-finale de Coupe, le Schwarz-Weiß Essen mène 2-1 en prolongation face au HSV d'Uwe Seeler. À quelques minutes du coup de sifflet final, Hermann Merchel, le gardien d'Essen, se blesse à la tête et pisse le sang. Mozin, arrière droit, le remplace pour les derniers instants de la rencontre. Hambourg pousse, Charlie Dörfel a la balle de l'égalisation au bout du pied, mais Mozin intervient en lui baissant son short. Les deux hommes se fritent, l'arbitre siffle coup franc, et quelques minutes après, renvoie tout le monde au vestiaire. En finale, le Schwarz-Weiß Essen est trop fort pour le Borussia Neunkirchen. Au bout de 80 minutes, le score est de 5-0. « Kalla » Mozin a alors une idée lumineuse : ses camarades et lui ne joueront que du pied gauche durant les dix dernières minutes. Vexés, les joueurs de Neunkirchen inscriront deux buts. Karl-Heinz Mozin, l'insolence comme on aime.

29 août 1970 : Kickers Offenbach – 1.FC Cologne (2-1)

Elle est là, la sensation : pour la première fois de l'histoire de la DFB-Pokal, c'est un club de deuxième division qui soulève le trophée. Après avoir éliminé Munich 1860, le Borussia Dortmund, l'Eintracht Francfort et le 1.FC Nuremberg, les Kickers Offenbach (qui comptent notamment dans leurs rangs Helmut Nerlinger, le père de Christian) plient le 1.FC Cologne en finale. Klaus Winckler et Horst Gecks mettent le club de la banlieue de Francfort sur orbite, Hannes Löhr réduit la marque à la 73e. Huit minutes plus tard, Werner Biskup a la balle de l'égalisation au bout du pied, mais son penalty est détourné par Karlheinz Volz. Sans doute est-ce le tumulte créé par les fans qui a déconcentré le défenseur... Quoi qu'il en soit, ce jour restera plutôt spécial pour Winfried Schäfer. En effet, pour cause de Coupe du monde 1970, la finale avait été déplacée au début de la saison suivante. Schäfer, qui jouait à Gladbach avant l'été, est donc vainqueur de la Coupe 69/70 avec Offenbach, mais aussi champion d'Allemagne, les Fohlen ayant remporté le titre lors de la saison 69/70.


23 juin 1973 : Borussia Mönchengladbach – 1.FC Cologne (2-1)

La rivalité à son paroxysme. Les deux clubs rivaux, Gladbach et Cologne, se retrouvent à jouer à mi-chemin, dans la ville qu'ils ne peuvent pas blairer : Düsseldorf. C'est la troisième finale du « FC » en quatre ans, qui commence un peu à en avoir marre de jouer le rôle du perdant. En face, un homme se morfond sur le banc : Günter Netzer. Le stratège de Gladbach, en partance pour le Real Madrid, n'est que remplaçant pour son dernier match. À cause d'une blessure selon l'intéressé, en bisbille avec Hennes Weisweiler selon d'autres, le coach de Gladbach étant en total désaccord avec le départ de son Poulain. Néanmoins, Gladbach parvient à ouvrir le score par Herbert Wimmer, mais Cologne égalise grâce à Herbert Neumann. Plus rien ne sera marqué jusqu'à la prolongation. C'est alors que le match bascule dans le féérique. À la 91e minute, Kulik s’effondre le long de la ligne de touche, devant le banc de Gladbach et son pote Netzer. « Je me suis levé et je suis allé le voir. Je lui ai demandé : "Est-ce que tu peux encore jouer ?" Il m’a répondu : "Je ne peux même plus me lever, je suis mort." J’ai enlevé mon survêtement, je suis passé devant Weisweiler et je lui ai dit : "J’y vais, maintenant." » La suite fera entrer Günter Netzer dans la légende : une-deux avec Rainer Bonhof, et frappe du gauche dans la lucarne de Gerhard Welz. Le but de la victoire, trois minutes après son entrée en jeu. « Je n’ai parlé de cette histoire qu’après le décès de Weisweiler, par respect pour lui. Aujourd’hui encore, je ne peux pas expliquer ce qui s’est passé à ce moment-là. Kulik n’était plus en capacité de faire quoi que ce soit, je suis entré et... ce sont ces histoires-là qui font qu’on aime le football ! La preuve, on en parle encore quarante ans après... » , racontait Netzer dans les colonnes de So Foot. Sauf que, visiblement, Christian Kulik n'était pas vraiment au courant. Mais on s'en fout, l'anecdote est tellement belle qu'on veut garder le souvenir d'un joueur qui est entré en jeu contre l'avis de son coach pour écrire l'histoire.


1er mai 1982 : FC Bayern Munich – 1. FC Nuremberg (4-2)

Dans la catégorie « je me suis ouvert la tête, je pisse le sang malgré le bandage, mais je finis quand même le match » , les Anglais ont Terry Butcher, les Allemands ont Dieter Hoeness. Cette finale de Coupe commence très mal pour le Bayern, qui se retrouve mené 2-0 à la pause par l'ennemi franconien, Nuremberg. Pis, Dieter Hoeness s'est ouvert la tête suite à un choc dans un duel aérien avec Alois Reinhardt. Le frère d'Uli se fait recoudre sans anesthésie et ne pète clairement pas la forme. Néanmoins, son coach Pal Czernai le harangue. « Dieter, serre les dents, on a besoin de toi ! » Grâce à la magie de l'endorphine, le cadet Hoeness reprend du poil de la bête, offre deux passes décisives (dont une de la tête) qui permettent au Bayern d'égaliser, avant d'inscrire le but du 4-2. Ce jour-là, Dieter Hoeness a plané.




31 mai 1984 : FC Bayern Munich – Borussia Mönchengladbach (1-1 a.p., 7-6 t.a.b.)

Un homme au centre de cette finale : Lothar Matthäus. Le futur capitaine de l'Allemagne championne du monde 1990 vient de signer au Bayern, ce qui est vécu comme une véritable trahison par les fans du BMG. En interne non plus, on n'est pas très content : Jupp Heynckes, alors coach de Glabdach, décide de sanctionner Matthäus et l'aligne défenseur droit. Durant toute la rencontre, Lothar est en souffrance. Il n'arrive à rien de bon. Arrive alors la séance de tirs au but. Heynckes veut que Matthäus tire. Lothar refuse, mais finit par s'exécuter. Premier tireur, il enverra le cuir au-dessus des cages de Jean-Marie Pfaff. Le Bayern finira par s'imposer, remportant ainsi la septième Coupe de son histoire. Quelques années plus tard, Lothar Matthäus insistera sur le fait qu'il n'a vraiment pas fait exprès de vendanger son tir au but. Malgré tout, du côté de Mönchengladbach, on ne lui a toujours pas pardonné.



23 mai 1992 : Hanovre 96 – Borussia Mönchengladbach (0-0 a.p., 4-3 t.a.b.)

Si l'on considère que les Kickers Offenbach étaient déjà remontés dans l'élite au moment où s'est jouée la finale de la DFB-Pokal en 1970 (pour cause de Coupe du monde, voir ci-dessus), alors Hanovre 96 est le premier et seul club de 2e division à avoir soulevé ce trophée. Dans une compétition qui vit pour la première fois la participation des clubs de l'ex-RDA depuis la chute du mur, les Roten ont tour à tour sorti le NSC Marathon 02, le VfL Bochum, le Bayer Uerdingen, Karlsruhe et le Werder Brême, pour finalement se retrouver en finale contre le Gladbach d'Uwe Kamps et Martin Dahlin. Bien que favorisés par l'arbitre, les Poulains ne trouvent pas la faille. Ils sont emmenés aux tirs au but par Hanovre, qui s'impose grâce à un tir au but du Danois Michael Schjønberg. La vraie magie de la Coupe.


12 juin 1993 : Bayer Leverkusen – Hertha Berlin II (1-0)

L'année suivante, l'histoire aurait pu encore être plus belle. Tenant du titre, Hanovre se retrouve à jouer l'équipe II du Hertha Berlin en huitièmes de finale. Des pros contre des amateurs, le dénouement semble être connu. D'autant qu'à 2-0 pour les Roten, il n'y a plus de suspense. Sauf que les amateurs, emmenés par Carsten Ramelow, 19 ans, renversent la vapeur et mènent 3-2. Hanovre égalise, mais les Hertha-Bubis (les enfants du Hertha) finissent par s'imposer 4-3. Le lendemain, l'équipe première est éliminée par le Bayer Leverkusen. C'est donc à Ramelow et compagnie de défendre l'honneur du club. Les amateurs dégagent Nuremberg et Chemnitz, et se retrouvent en finale face à ce fameux Bayer, à domicile, à l'Olympiastadion. Les Bubis se bagarrent bien, mais finissent par mettre un genou à terre suite au but d'Ulf Kirsten à la 77e minute. Le Bayer s'impose sur la plus petite des marges, mais l'Allemagne s'est trouvé de nouvelles mascottes. « J'ai beau avoir joué une finale de Ligue des champions, une finale de Coupe du monde, je n'ai jamais rien vécu d'aussi beau » , racontera Carsten Ramelow, à jamais emblématique.


26 mai 2007 : 1.FC Nuremberg – VfB Stuttgart (3-2)

Quinze ans après son dernier titre, le VfB Stuttgart de Mathieu Delpierre, Sami Khedira, Cacau et Mario Gómez soulève de nouveau le Meisterschale. Le championnat en poche, il y a la possibilité d'aller faire le doublé, puisque les Souabes sont également en finale de la Coupe d'Allemagne. Sauf que le 1.FC Nuremberg n'en a pas envie. Costauds, les Franconiens (qui viennent de finir sixièmes de Bundesliga) tiennent tête au nouveau champion. Excédé, Cacau se rend coupable d'un mauvais geste sur Andreas Wolf et prend un rouge. En infériorité numérique, Stuttgart tient le coup, emmène le 1.FCN en prolongation, mais finit par craquer à la 107e et prend un but signé Jan Kristiansen. 45 ans après, le « Club » remporte de nouveau la Pokal, au terme de l'une des plus belles finales de ces dernières années.


12 mai 2012 : Borussia Dortmund – FC Bayern Munich (5-2)

Grâce à cette victoire, le Borussia Dortmund réalise le premier doublé de son histoire. Probablement le plus beau match du BvB sous l'ère Klopp. Pas besoin d'en dire plus, les images parlent d'elles-mêmes.




Par Ali Farhat
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