Les palmes de la Ligue 1

Le Festival de Cannes vient d'honorer un Thaïlandais et un Tchadien qui n'est pas Japhet N'Doram, il n'est donc pas digne de notre intérêt. Voyons ce que le football (enfin, la Ligue 1) pourrait apprendre au 7e Art. Et inversement.

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Palme d'Or : Marseille


Difficile de la filer à quelqu'un d'autre. Si l'OM était considéré comme un favori avant le début de saison avec son recrutement galactique, il est un peu sorti de nulle part en fin de parcours pour rafler le doublé. Marseille a profité de l'éboulement bordelais en enchainant huit victoires d'affilée (dont la finale de Coupe de la Ligue) pour devenir étonnamment un champion aux mains dans les poches (couronné à la 36e journée, six points d'avance à l'arrivée) avec le plus faible total de points (78) depuis l'horrible saison 2002/2003 (Lyon champion avec 68 points).

Prix du jury : Lille


Dégagé du podium au dernier moment, Lille ne décroche, une fois de plus, que la Ligue Europa, mais mérite sa babiole, pour le jeu offensif et chatoyant déployé. Sept fois, le LOSC en a passé quatre à son adversaire en championnat, cette saison (dont un “quadruple quadruple” en novembre-décembre). Également cité : Lorient et sa septième place prometteuse.

Meilleur scénario : Bordeaux


Huit points d'avance sur le deuxième à la trêve, encore premier après la 25e journée, les Girondins ont inventé l'anti-happy end. En ne prenant que huit points sur les huit dernières journées, Bordeaux nous a offert une fin à la “Requiem for a dream” et a tout perdu (même son entraineur) : sixième du classement, le champion en titre ne jouera aucune coupe d'Europe la saison prochaine et a offert à ses plus gros rivaux, Lyon et Marseille, une demi-finale de Ligue des Champions et une Coupe de la Ligue. Tigana est fortement pressenti pour la saison prochaine. D'après lui, la FFF ne le veut pas pour l'équipe de France à cause de sa couleur de peau, c'est déjà ça de pris.

Prix de la jeunesse : Auxerre et Montpellier


Les deux surprises du chef. Personne ne pensait que le MHSC allait tenir jusqu'au bout, il décroche finalement une cinquième place qui lui assure au moins une figuration en Coupe d'Europe, onze ans après avoir gagné la défunte Coupe Intertoto. Montpellier partage son prix avec l'AJA, qui termine troisième avec la onzième attaque. Auxerre n'a pas fait dans le gros spectacle cette saison, mais sort son plus beau résultat depuis le départ de Guy Roux.

Grand Prix Technique : PSG


Du grand art. Chaque année, on croit que Paris a tout donné pour nous divertir, chaque année il réussit à aller un peu plus loin. Côté tribunes, une émeute à Marseille, des bastons entre Boulogne et Auteuil (avec un bonhomme resté sur le bitume) et donc un petit lot de matchs à huis clos (dont un quart-de-finale de Coupe de France mythique à Auxerre). Côté terrain, une coupe de plus au palmarès mais une palanquée de matchs plus ennuyeux les uns que les autres (dont un quart-de-finale de Coupe de France mythique à Auxerre) et une 13e place au final. On parie que le plan de Leproux n'empêchera pas le PSG de nous ressortir une saison 2010/2011 encore plus grande ?

Prix d'interprétation féminine : Margarita Louis-Dreyfus


Une saison aura suffi à Margarita pour réussir là ou feu son mari avait échoué treize ans durant. Toujours discrète mais toujours présente, elle n'a pas lâché l'OM et ne devrait pas le lâcher de sitôt. Lors de l'entretien accordé à So Foot en mars dernier, elle répondait à la question de savoir si elle deviendrait une pasionaria en cas de titre : « Non, ça ne changera rien. La vie est trop courte pour ça. Si on commence comme ça, on devient otage de cette célébrité dans les journaux » . Son plus beau rôle. Assurément la femme la plus importante du foot français avant Zahia. Et Zahia n'est même pas encore une femme.

Prix d'interprétation masculine : Louis Nicollin


Pour son retour sous le feu des projecteurs, Loulou a sorti le grand jeu. De la polémique, des petites phrases, un régal pour les journalistes frustrés par la frilosité habituelle du monde du foot. A force de traiter les gens de tarlouzes et de se friter avec ses pairs, le président montpelliérain est parvenu à se faire passer pour le plus gros beauf de France, dissimulant sa véritable personnalité, raffinée et éclairée. Ou pas.

Mention spéciale : Grenoble


À Cannes, la mention spéciale est « remise à un film pour son originalité, son style, peu utilisé dans le cinéma » . En commençant sa saison par douze défaites, le GF38 s'est posé là au niveau de l'originalité. Dans un style peu utilisé dans le football, Mehmet Bazdarevic et ses ouailles ont traversé ces neuf mois dans le fond du classement comme un sans-papiers traverse la Manche en fond de cale.

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