1. //
  2. // 8e
  3. // Pays-Bas/Slovaquie

Les Oranje contre eux-mêmes...

L'évidence ! On attend la Hollande comme nouveau participant aux quarts... Tut-tut-tut ! Les Slovaques ont le costard des malins qui s'incrustent à la noce sans invitation. Alors, gaffe, les Hollandais ! Comme d'habitude : à eux de maîtriser leurs démons de la facilité et de l'arrogance, sinon...

Modififié
0 0
Hollande : régaler or not ?

« Il y a souvent un moment de flottement dans nos matches quand on a pris l'avantage. J'en ai parlé très clairement aux joueurs. Je leur ai dit qu'à partir des huitièmes de finale, on ne pouvait pas se permettre ça. A ce niveau ça ne passera pas » . Signé Bert Van Marwijk... Voilà résumée la mutation de la mentalité néerlandaise : que faire après avoir ouvert le score ? D'abord on notera que, comme pour l'Allemagne, l'Argentine, l'Espagne et le Brésil, la Hollande a la chance de pouvoir se payer ce genre de problèmes de riches. Parce que comme les quatre pays cités plus haut, les Pays-Bas ont non seulement l'obligation de faire le jeu, d'attaquer, mais en plus, à l'instar des seuls Brésiliens, les Oranje ont le devoir absolu de pratiquer du beau jeu, noblesse oblige. C'est-à-dire de régaler le public en empilant les buts et les beaux gestes ! Sauf que les Hollandais ont dit stop. Comme l'a froidement expliqué Wesley Sneijder, les Néerlandais sont devenus plus « gestionnaires » , ne se sentant plus l'impérieuse nécessité de faire du spectacle au premier tour en s'épuisant à vouloir tout contrôler par le jeu ultra offensif pendant trois fois 90 minutes. L'échec de l'Euro 2008 où ils avaient balayé Italie (3-0), France (4-1) et Roumanie (2-0) pour se ramasser en 8èmes face à la Russie (1-3, ap) a visiblement beaucoup fait réfléchir. Du coup, cette Hollande 2010 frappe en premier (elle a toujours ouvert la marque) puis attend son adversaire pour le contenir (Japon, 1-0) ou le punir en contre (Danemark, 2-0 et Cameroun 2-1). Pour l'instant, ça a toujours bien marché. Est-ce que ce sera toujours le cas dès ces 8èmes ? Bert Van Marwijk s'interroge. Et il a raison. On verra dès cet aprem face aux Slovaques...

Pour le reste, rien de neuf sous le soleil orangé. Toujours les mêmes sauf Van der Wart, touché, qui sera remplacé au choix par Robben ou bien par Elia, excusez du peu... Sinon, on a bien eu confirmation que le retour de Van Bommel en sélection, associé à De Jong, avait stabilisé la ligne de flottaison des Pays-Bas : plus d'équipe coupée en deux comme contre la Russie en 2008. Les deux blocs offensif et défensif sont plus soudés par la paire Van Bommel-De Jong. Du coup, quand les Oranjes veulent vraiment fermer la boutique et empêcher l'adversaire d'aborder leurs 20 derniers mètres, ils y réussissent assez bien. “Assez bien”, parce que parfois il y a des fuites. Attention !... Enfin, une dernière interrogation : Van Persie en avant-centre, est-ce que c'est le bon choix ? Robin n'a à l'évidence pas le registre du pur numéro 9, les gestes absolus du finisseur et la patience de vautour dans Lucky Luke. OK, il est d'une virtuosité technique hors du commun (le plus doué des Hollandais, selon Cruyff, ce qui est vrai), mais avec un seul but en compétition et un paquet de ratés, la question se pose. D'autant que Huntelaar n'a pas manqué son entrée, lui, contre le Cameroun (auteur du 2-1, comme un vrai chasseur de but). Alors...


Slovaquie : déguster or not ?

En apparence, l'équipe sympa, courageuse et vaillante, un peu inconnue aussi, qui va gentiment s'incliner. Même le sélectionneur Vladimir Weiss joue les imbéciles heureux en rejetant la pression sur l'adversaire : « Les Pays-Bas sont les ogres de ce match, les top favoris. Nous n'avions rien à perdre face à l'Italie, et ce sera à nouveau le cas face aux Néerlandais. Ce sont eux qui doivent l'emporter. Les attentes sont énormes de leur côté. Personne ne s'attend à ce que nous passions » . Bien, joué, Vlad ! Mais, arrête de nous prendre pour des truffes... Comme si on ne savait pas que la Slovaquie, c'est l'équipe typique qui punit à tous les coups les cadors trop présomptueux. Oui, mille fois oui, ces Slaves peuvent bouter les Oranjes hors du tournoi. Parvenir à inquiéter les Hollandais, c'est plus que jouable, notamment sur ses temps faibles : Danois, Japonais et Camerounais ont su se procurer des franches occases, alors pourquoi pas les Slovaques ? D'autant plus qu'avec le froid assassin Vittek (doublé contre l'Italie), le filou en chef Hamsik (jeune meneur et capitaine), l'infatigable Stoch (milieu offensif droit mais qui fout aussi le bordel à gauche), plus les deux récupérateurs Kucka et Kopunek qui pistonnent alternativement dans leurs montées devant, ça fait de quoi planter des buts. Ils l'ont prouvé contre l'Italie...

Profiter des moments de flottement dans l'axe défensif hollandais par des combinaisons ou bien jouer long, direct sur les attaquants (comme le Japon ou le Danemark), ça pourrait suffire à ouvrir la marque. Or, on sait que les Hollandais n'aiment pas être menés et qu'ils perdent vite leur sang-froid quand ils peinent à égaliser rapidement... Donc, « l'exploit » est possible. Ceci dit, la Slovaquie n'a pas démontré une force défensive très convaincante. Contre l'Italie, il a suffi de l'entrée de Pirlo à l'heure de jeu pour qu'elle se retrouve complètement désorganisée derrière : fautes, coup-francs et corners concédés, recul systématique, repli bordélique. La Slovaquie finit plutôt mal ses matchs : égalisation néo-zélandaise à la 93ème (1-1), deuxième but paraguayen à la 86ème (0-2) et les deux buts italiens aux 81ème et 92ème minutes (3-2). Conclusion : une Hollande sérieuse et humble devrait se qualifier. Sans l'un des deux, « sérieux » ou « humilité » , la Slovaquie la punira. Une fois de plus, les Slovaques en ont les moyens.

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Robinho do Brasil
0 0