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  3. // Lyon/APOEL (1-0)

Les notes de l’OL

Pour ces retrouvailles rituelles avec les 1/8èmes de Ligue des Champions, les Lyonnais ont assuré le strict nécessaire (1-0) en pleine Saint-Valentin. Preuve qu’une prestation d’ensemble sans faute de goût apparente et un type qui sort le grand jeu suffisent encore à faire la décision…

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Hugo Lloris (7) : Il faut savoir qu’à Tola Vologe, la claquette se porte haut. Surtout aux pieds de Joël Bats, toujours fidèle à son look de maître-nageur sauveteur. Alors histoire de rendre hommage à son mentor, Hugo a tenu à sortir la sienne, de claquette, décisive sur une frappe de Manduca (87e) qui tentait de menacer le premier clean sheet lyonnais depuis des lustres.

Aly Cissokho (4) : Pas de quoi être pris à défaut avec Ailton pour seul candidat à l’offensive côté APOEL. Du coup, Aly 6 avait largement la place pour envoyer quelques montées côté gauche et étirer le maillage des lignes chypriotes. S’il n’y avait eu ces bonnes intentions en seconde période, on aurait pu regretter que le latéral lyonnais reste trop timide. On lui reprochera juste d’être resté très brouillon. Génial ! Une tisane et Aly pour la Saint-Valentin…

Bakary Koné (7) : « Je suis surtout là pour transmettre mon expérience » a lâché Cris en fin de partie. Il y a une semaine, tout juste revenu d’une CAN foirée, Koné retenait surtout les crasses du Policier en Coupe de France, face aux Girondins. Hier soir, le Burkinabé a repris le flambeau de son capitaine en pratiquant cette défense qui se joue debout, dure et propre. Comme un avant-goût de la redistribution des ministères en cours à Lyon : le Général à la défense et le Policier à l’intérieur.

Cris (6) : Face à l’une des plus belles collections d’anciens du championnat portugais, Cris n’a pas eu à se forcer pour la jouer à l’expérience. De bonnes anticipations sur les timides tentatives chypriotes, des approximations de mec cramé qui passent presque inaperçues et une passe aussi décisive qu’improbable pour Lacazette. Pas de doute, le capitaine a la carrure pour redevenir le premier flic de France. Chez les vétérans.

Anthony Réveillère (5) : Pendant que Canal emporte un beau succès avec Bref, Antho préfère encore soulever un intérêt ennuyé avec son show bien rôdé, Bof.

Maxime Gonalons (5) : Depuis quelques matchs, Gonalons court après ses prestations en mode Maximonstre de la première moitié de saison. Confirmation en début de partie où un lot de relances foireuses et quelques interventions qu’on sent tardives feraient presque regretter pour la première fois depuis l’été dernier l’absence de Toulalan. Sans trop se forcer, il profite d’une seconde période pépère pour régler la question du milieu en faisant valoir sa classe du moment : moyenne. Trop moyenne ?

Kim Källström (6) : On le sait maintenant, le tracteur suédois a ce qu’il faut d’épaisseur pour maîtriser son sujet dans deux circonstances très précises. D’abord, lors de ces interviews de bord du terrain où il peut faire valoir l’ironie la plus mordante jamais entendue depuis Suaudeau. Ensuite lorsque le milieu adverse a trop peu de consistance pour ne pas finir par être dominé. Reste toutefois à ne pas céder non plus à la facilité sur coups de pied arrêtés ou sur ce genre de balle traînante dont raffole habituellement son pied gauche (54e).

Ederson (7) : On s’était presque habitué à le voir plus souvent sur un VTT en stage de préparation plutôt qu’en meneur de jeu. La faute aux blessures. La faute à Puel. La faute aussi à ce rôle d’héritier désigné légué par l’ancien maître des lieux, Juninho. Il fallait bien ce genre de match à 65 % de possession de balle pour se rappeler ce qui avait bien pu plaire chez Ederson : un toucher soyeux, une belle disposition au jeu en première intention, des inspirations bien senties menées à la petite semelle. Reste ce défaut qui le rapproche trop souvent du mauvais Juni : une vitesse de percussion bridée. Cette même lenteur qui voit sa belle percée de la 46e se terminer par un sauvetage sur sa ligne de Paulo Jorge.

Alexandre Lacazette (8) : Le coup d’éclat sur la grande scène qui manquait au kid de Mermoz pour confirmer les folles attentes qui entouraient ses premières apparitions. En début de saison, il fallait se résoudre à ne voir Lacazette que dans le rôle de Super Sub local, précisément là où il avait su rafler le titre de meilleur buteur lors du dernier Mondial des U19. « Manque de caisse… » répétaient ses formateurs lyonnais à son retour. Lacazette n’a peut-être pas encore 90 minutes dans les pattes, mais sa frappe enroulée qui trompe Chiotis à la 57e est venue ponctuer une prestation inspirée qui sent la petite sensation du moment.


Michel Bastos (5) : Une performance pas encore au niveau de sa chaussure, trouée. Reste que la tentative de ressortir la panoplie du type décisif de début de saison n’a pas franchement convaincu. Bastos peut bien aimanter le jeu lyonnais sur le côté qu’il squatte – à gauche en première période, droite en seconde –, ses retours dans l’axe se sont révélés plus encombrants que décisifs. Sans parler de ses centres balancés au moindre débordement qui ont plus que jamais besoin d’un Bafé pour trouver preneur. Une prestation sauvée par une ouverture lumineuse pour Ederson (46e).

Lisandro Lopez (4) : Le risque pour un élève en difficulté, c’est de le voir décrocher. Pas la peine d’être adepte du combo Mephisto-velours côtelé pour repérer pareille tendance du côté des attaquants en manque de buts. Avant le match, l’Argentin liait son destin lyonnais aux apparitions de l’OL en Ligue des Champions. Il faut croire que ce match aller n’avait pas la saveur des grandes occasions réclamées. Licha, plus si sauvage…

Jimmy Briand (4) : Mais pas trop non plus.

Yoann Gourcuff (6) : Pas de doute, pour le titre de Chasuble d’Or 2012 récompensant les plus beaux échauffements de l’année, Yoann a pris quelques longueurs d’avance. Une nouvelle prestation de haute volée (8) qui rendrait presque anecdotique son entrée à la 70e minute à la place d’Ederson (4). Reste un hommage, le plus beau jamais rendu sous un maillot de l’OL, au chant des Canuts : « Pour chanter Veni Creator, il faut une chasuble d'or…  » .

Par Serge Rezza
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