1. // CAN 2012
  2. // Bilan de la phase de poules

Les mystères de l’Ouest

Cette vingt-huitième CAN n’en finit plus de surprendre. Outre les grands absents initiaux, le Maroc, le Sénégal et la Guinée sont déjà rentrés à la maison. La faute à un niveau qui se resserre par le milieu. Comme en L1.

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Bon, maintenant on sait. Cette vingtième CAN tient du bouchon à encre ; les valeurs-refuge vacillent sur leurs bases, les grosses cotes créent la surprise et le niveau global laisse pantois. Si les gros favoris peinent à justifier leur statut (Côte d’Ivoire, Ghana), la quasi-totalité du reste de la troupe tient son rang. Problème : celui-ci n’est guère élevé malgré des joueurs éparpillés un peu partout dans le monde. Bref, on se croirait dans la Ligue 1 de ces dernières années avec un resserrement vers le milieu. Seuls cinq des vingt-quatre matchs se sont terminés par plus d’un but d’écart, un seul par plus de deux unités (le Guinée-Botswana (6-1) de samedi dernier).

Une CAN pas comme les autres ?

Approximations techniques, rencontres sans rythme, trous d’air longs comme la forêt équatoriale, discipline tactique aux oubliettes (pour le coup, le Ghana et la Côte d’Ivoire font ainsi la différence, notamment pour ce qui est de défendre), impact physique de tous les instants… Les analogies avec le championnat de France ne manquent pas. Après, les esprits chagrin auront beau jeu de noter qu’une coupe d’Afrique des nations sans l’Egypte, le triple champion sortant, le Cameroun, et sa star intergalactique Samuel Eto’o et le Nigéria (parce que c’est le Nigéria), ce n’est pas tout à fait une CAN comme les autres. En même temps, ils n’avaient qu’à gagner leur qualif’ sur le terrain, c’est encore là que ça se passe. Dans une conférence presse en début de semaine, Yaya Touré avançait quelques explications sur la baisse des élites supposées.

Les terrains bosselés, le choc thermique (25 à 30 degrés d’écart selon les latitudes d’où venaient les joueurs), le manque de préparation due à la place du tournoi dans le calendrier, voire l’agressivité physique des « petites » équipes putatives. Il aurait pu ajouter – il avait le droit de le penser mais pas de le dire - que les meilleurs joueurs de la compétition avaient la tête, une jambe et une partie de leur inconscient dans leurs clubs qui sont au cœur de leur championnat domestique et qui se trouvent, pour certains, à quelques encablures de la Ligue des Champions. Pas idéal mais il n’y a pas de solution cartésienne à partir du moment où la CAN ne peut avoir lieu à la fin du printemps ou au début de l’été, climat oblige. L’idée de décaler le tournoi les années impaires – à partir de l’année prochaine, Afrique du Sud 2013 - servira les desseins des formations du continent noir appelées à jouer la coupe du monde mais ne changera rien à l’affaire.

Le gros lot pour les Chipolopolo ?

Ces « détails » laissent à penser que les meilleurs joueurs de ce premier tour sont souvent des footballeurs qui ont beaucoup à prouver ou qui sont en quête de revanche, voire qui évoluent au milieu d’un dispositif qui leur sied à merveille. On pense à Youssef Msakni (le jeune ailier de l’Espérance de Tunis) et à Aymen Mathlouthi (le portier de l’Etoile du Sahel) pour les Tunisiens ; à Manucho (grand joueur de petits matchs), l’Angolais, égaré à Valladolid ; à Pierre-Emerick Aubameyang, la Panthère gabonaise, qui prend feu depuis le début de la saison après quelques années d’errance dans l’hexagone ; à Chris Katongo et Emmanuel Mayuka, les deux emblèmes zambiens, qui peuvent encore faire quelques dégâts dans la compétition ; à Sadi Diallo et Mamadou Bah, le double pivot de la sélection du Sily National, la meilleure équipe – quoique éliminée - de la première phase ; à Kharja, le seul Marocain à surnager dans la tempête ; ou encore Kily Alvarez Aguirre, l’incroyable arrière droit équato-guinéen qui végète en troisième division espagnole ; sans parler du trop méconnu Kwadwo Asamoah (en provenance de l’Udinese, l’éternelle filiale ghanéenne), peut-être le meilleur joueur de l’épreuve jusqu’alors.

Au reste, soixante et un buts sont été inscrit (2, 54/match) dans ce tour de poules, presque équitablement répartis (seul le groupe D, celui du Guinée-Bostawana (6-1) en compte un de plus). Une moyenne plus proche de la Ligue 1 que de la Bundesliga mais où on ne trouve aucune rencontre sans but. Les quarts de finale, eux, sont plutôt ouverts même si la Zambie (devant le surprenant Soudan), le Ghana (face à la Tunisie), le Gabon (contre le Mali) et la Côte d’Ivoire (à l’extérieur vs la Guinée-Equatoriale et sa cohorte d’ « Espagnols » ) partiront avec les faveurs du pronostic. La bouteille à encre de cette édition 2012 n’a pas levé tous ses hypothèques. On ne sait pas ce que valent vraiment les Black Stars et les Eléphants, les deux grands favoris appelés à se rencontrer dimanche en huit à Libreville mais on miserait bien une pièce sur les Chipolopolo zambiens pourtant cyclothymiques et des Gabonais pour qui, désormais, le ciel est la limite. Ainsi vont les mystères de l’Afrique de l’Ouest. Les jeux sont (dé)faits, rien ne va plus…


Par Rico Rizzitelli
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Ce qui est bien, c'est qu'on voit que l'auteur de l'article regarde souvent la Ligue 1.

Merci, Monsieur Rizitelli, pour cette analogie pourrie.
et le 3-2 du Maroc il compte pour combien de buts lui
ya quun match a 2 unitées et maroc leur 2 éme match????
Eric Cantona Niveau : Loisir
Deux p'tites remarques sur un papier franchement sympa:

1. C'est Nigeria, pas Nigéria. Putain!
2. Yaya l'a pensé et il l'a dit: http://www.afrik.com/breve37466.html
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