Au cœur des bleus, de Vincent Duluc

Un mois de passion, de débats et une fin brutale pour les Bleus. La France a joué son Euro à domicile et l'a presque gagné... Les hommes de la Dèche ont écrit une page de plus dans l'histoire des Bleus. À travers notre série Les mots bleus, c'est l'occasion de revenir, non pas uniquement sur l'histoire ou les victoires des Bleus, mais sur des récits bleus. Parce que les défaites sont parfois aussi belles que les victoires. Parce que la reprise de la Ligue 1 n'est pas pour tout de suite. Parce que juillet et août nous laissent du temps pour bouquiner afin de mieux connaître nos Bleus pour préparer, nous aussi, les matchs éliminatoires pour la Coupe du monde 2018. On continue notre sélection de livres estampillés « bleus » pour vous accompagner dans cette période estivale post-Euro.

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Chronique 7 : Vincent Duluc, Au cœur des bleus

I. Le pitch du bouquin


« Nous les avons retrouvés pour ce livre (les sélectionneurs nationaux encore vivants). Michel Platini à Nyon, Henri Michel à Aix-en-Provence, Raymond Domenech à Paris, Michel Hidalgo à Marseille, Gérard Houllier à Lyon et à Paris, et tous les autres, ont fait émerger l'essence d'une vie particulière : le sélectionneur est un homme seul, depuis 1960, et il ne se bat pas sur un ring. Son combat se déroule sur un terrain infiniment plus vaste, qui n'a pas de murs. L'homme seul se débat au milieu de tous, joueurs, dirigeants, agents, journalistes, sponsors, public, sans pouvoir différencier ses alliés de ses adversaires. C'est ce combat qu'il vont raconter eux-mêmes et décrypter dans ces pages. Au-delà des matchs, du palmarès, de la durée de leur mandat, c'est ce combat qui les réunit. Ils sont frères de tempête. »

II. La cote « bleue attitude »


En fait, elle oscille selon le bon vouloir et les avis des journalistes de L'Équipe.
Et la plume de référence du quotidien, Vincent Duluc, a la franchise de l'assumer : « La vérité est que mes camarades et moi-même avons participé à leur désespoir et à la fin de leur règne (celui des sélectionneurs), parfois. Mais, contrairement à la perception publique, L’Équipe n'a jamais demandé le départ d'un sélectionneur depuis vingt ans. Ni celui d'Aimé Jacquet, nous y reviendrons longuement, ni celui de Raymond Domenech, autrement éreinté, pourtant. Je ne réclame pas l'acquittement, pour autant : il nous est arrivé de réunir les conditions d'un limogeage, évidemment, par l'orientation éditoriale comme par la mise en scène de nos informations et de nos opinions.  »

III. Pourquoi faut-il lire ce livre ?


Pour connaître le bilan d'une vie de suiveur des Bleus pour L’Équipe : « Nous avons passé une vie avec eux, contre eux, ou juste à côté, à tenter de nous débattre avec des principes essentiels : ne pas s'éloigner de ses convictions, mais ne pas prendre son journal en otage non plus, personnaliser sans confisquer, se tromper souvent, sûrement, mais défendre l'idée même que le raisonnement compte, ne pas se satisfaire du fait que les résultats donnent tort ou raison, refuser cette simpliste dictature. » Du coup, les dialogues entre le journaliste et les anciens sélectionneurs sont souvent savoureux.

IV. L'exemple que Didier Deschamps aurait peut-être aimé suivre, celui de Michel Hidalgo, si la France avait remporté cet Euro 2016


« Un jour, il faut penser à l'après. Un jour, il prend la décision de se retirer après l'Euro 1984, après la victoire en finale contre l'Espagne (2-0), après 3014 jours et 75 matchs de l'équipe de France. Sortir par la grande porte est une image magnifique. Mais il faut, alors, faire le deuil de la fonction, et surpasser la petite dépression de l'après-victoire, ce sentiment qu'il n'y aura jamais rien de plus fort, qu'il n'y a plus d'objectif devant, plus de rêve une fois qu'il a été atteint. »

V. Le souvenir « bleu » qu'Henri Michel n'a pas digéré


« Ce 1er novembre, Fournet-Fayard me fait monter d'Aix-en-Provence à Lyon pour m'annoncer que c'est fini. Mais ça, je le sais avant. (…) J'avais loué une voiture, je suis parti, direction le sud, chez moi. En montant dans la voiture, j'allume la radio, et j'entends des interviews de Gérard Houllier, qui devenait l'adjoint de Michel Platini, et de Thierry Roland par Jacques Vendroux. Je venais d'être viré depuis une heure, et j'écoutais une interview qui avait été enregistré bien avant. Houllier passait sa vie à appeler Fournet-Fayard dans la nuit, il savait que si Platini était nommé il serait adjoint. Et là je suis gentil en ne racontant que ça. »

VI. On a apprécié la franchise et le recul de Michel Platini par rapport à son rôle de sélectionneur


« En novembre 1988, Michel Platini a 33 ans. Il doit définir sa nouvelle vie, se réinventer. Pour la plupart des autres, sélectionneur est le sommet d'une vie de football, au moins d'une vie d'entraîneur. Pas pour lui. "C'est ce que je me dis encore aujourd'hui. Le sommet de ma carrière, ce n'est pas d'avoir été sélectionneur de l'équipe de France ou président de l'UEFA, c'est d'avoir été Ballon d'or. De toute façon, en 1988, je n'avais pas du tout envie d'être entraîneur, ou sélectionneur. La preuve, c'est que je ne suis pas resté, et que je n'ai jamais entraîné un club, après. Je l'ai fait parce qu'on me l'a demandé, pour rendre quelque chose au football français qui m'avait beaucoup donné. (…) Tout a été fait pour que j'y aille. Je n'avais aucune base pour le boulot." »

VII. En revanche, Platoche n'a pas oublié d'être taquin


« C'est vrai, je me mêlais souvent au jeu à l'entraînement. À un moment donné, j'ai dû arrêter de jouer avec eux parce que j'étais le meilleur techniquement. Je n'ai plus joué pendant l'Euro, parce que, pendant les petits jeux, j'avais toujours le ballon, c'est moi qui organisais. Si tu le donnais à Didier Deschamps, c'était plus difficile (rires). Alors, j'ai dit : "Ça va, je m'enlève..." »

VIII. Comment devenir sélectionneur ? Mode d'emploi par Raymond Domenech


« Être choisi est un combat. Estelle a été une très bonne conseillère pour moi. Elle m'a rappelé la base : pour être choisi, il ne faut pas avoir d'ennemis. Donc j'ai essayé de me rapprocher, même artificiellement, de tous les gens qui pouvaient me nuire. J'ai appelé Guy Roux pour prendre des nouvelles, en donner. (…) Pareil avec Gérard Houllier. (…) Pendant le processus de nomination, il est important de ne pas faire d'erreurs. »

IX. Vincent Duluc revient sur la brouille historique entre L’Équipe et Aimé Jacquet


« Aimé Jacquet ne s'exprime pas dans ce livre qui donne la parole aux sélectionneurs. Nous ne lui avons pas fait l'affront de le solliciter. Il ne nous parle plus depuis le mois de mai 1998 et nous ne lui parlons plus depuis le 12 juillet 1998 au soir. Nous vivons assez bien cette ignorance mutuelle. Surtout lui, j'imagine. » Espérons qu'entre le journal et Didier Deschamps, la fin de l'histoire sera différente.

X. La séquence « bleue émotion  » entre Roger Lemerre et David Trezeguet


« Avec Trezeguet, j'avais un lien affectif énorme. À la naissance de son fils, le premier mec qu'il a appelé à 1h du matin, c'était moi. Et puis, il y avait eu la finale de la Coupe du monde, quand même. Je n'ai rien à dire, mais j'échauffais les mecs (Lemerre était un des adjoints de Jacquet en 1998), je faisais mon boulot le mieux possible. Et puis, à un moment donné, Aimé a fait entrer Dugarry. Nous, on savait dans quel état il était. Moi, j'échauffais Trezeguet et il s'est mis à pleurer sur mon épaule pendant une demi-heure, parce qu'il n'allait pas jouer la finale de la Coupe du monde. J'ai essayé de trouver les mots...  »

XI. La statistique improbable qu'on avait oubliée, mais que Didier Deschamps a effacé après cet Euro 2016


« Jacques Santini possède la meilleure moyenne de points de l'histoire des sélectionneurs : 2,75 points par match. Il a perdu un seul match de compétition, son dernier, en quart de finale de l'Euro 2004 contre la Grèce. Il a réussi un grand chelem en qualification de l'Euro 2004, avec huit victoires en huit matchs, a gagné la Coupe des confédérations en 2003, en France, et avec lui les Bleus ont remporté treize victoires d'affilée en 2003. L'écart entre ce bilan et la reconnaissance du milieu lui est une blessure. (…) Un an après sa place en quarts de finale de l'épreuve face au futur vainqueur, l'Allemagne (0-1), son équipe s'était quelque peu affaissée, et une recherche dans nos archives nous avait conduit à cette sidérante statistique : à la moyenne de points par match, Didier Deschamps était le sélectionneur le moins performant de l'histoire de l'équipe de France. »

Par Benjamin Laguerre Au cœur des bleus de Vincent Duluc, Stock éditions, mai 2016, 18,50 euros.
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Dans cet article

cedoukeita Niveau : DHR
je ne supporte pas ce duluc. Ce coté journaliste pédant me dérange !
straussken Niveau : DHR
Message posté par cedoukeita
je ne supporte pas ce duluc. Ce coté journaliste pédant me dérange !


Journaliste ? t'es gentil.

C'est pas pour rien que son nom est un anagramme nous permettant de dire qu'"il pue duluc".
Aimé Jacquet : "Nous ne lui avons pas fait l'affront de le solliciter."

Une autre façon de voir les choses serait de dire "Nous n'avons pas voulu recevoir l'affront de son refus"

ou pas voulu prendre le risque de le voir accepter et qu'il balance toutes les saloperies que Duluc et consorts ont écrites sur lui pendant deux ans.
Je vomis Duluc.
Laslandes Of The Dead Niveau : Loisir
Note : -3
tu pues Duluc
VinnieCasseTibia Niveau : CFA
Ce type, avec l'autre gros lard du Parisien là, c'est la quintessence du journaliste infect. Raymond la science en puissance, se croit tout permis, ne tire la couverture qu'à lui, infernal corporatiste, incapable d'avouer la moindre erreur. Ce livre en est le parfait témoin.

C'est ou le kickstarter de SoFoot pour que vous deveniez un quotidien? Marre du monopole de ces branques de l'Equipe.
Laslandes Of The Dead Niveau : Loisir
Message posté par VinnieCasseTibia
Ce type, avec l'autre gros lard du Parisien là, c'est la quintessence du journaliste infect. Raymond la science en puissance, se croit tout permis, ne tire la couverture qu'à lui, infernal corporatiste, incapable d'avouer la moindre erreur. Ce livre en est le parfait témoin.

C'est ou le kickstarter de SoFoot pour que vous deveniez un quotidien? Marre du monopole de ces branques de l'Equipe.


100% d'accord.
On n'imagine pas à quel point ce monopole peut nuire au foot en France
gunther mickey Niveau : CFA2
Hier, pour la première fois, je suis tombé sur une émission de l'équipe 21 sur youtube. J'ai failli vomir. Un présentateur, qui en plus d'être une buse totale, est insupportable, Johan Micoud qui donne des leçons à tout le monde, des types qui disent n'importe quoi (Romarin Billong qui a quand même sorti que l'animateur du jeu belge, c'était Mertens,... Pour dire le niveau), le Duluc qui se prend pour Dieu le père mais qui ressemble plus à un vieux pilier de comptoir, Gazan et son faux air de bobo parisien et, évidemment, l'ami Pauwels qui a ses têtes de turc (Lukaku et Kompany) et qui ne sait pas développer d'analyse critique correcte. C'est "ils sont nuls et puis c'est tout". Ce genre d'émission c'est juste une honte pour le football et pour les gens qui s'y intéressent. Dire que je pensais que la Tribune de la RTBF était une émission d'un niveau abyssal, et bien c'était avant de tomber sur cet ersatz d'émission de caniveau...
Quelqu'un sait si il existe une page web où l'on peut trouver toutes les unes ou résumés des articles de l'Equipe concernant le mandat de Jacquet en Bleu...
Parce que bon étant jeune à l'époque je ne sais pas si je me fais des films sur le traitement réservé à Jacquet par ce journal.
Mais je garde quand même une image assez sale faite par l'équie sur Aymé Jacquet :

Un Bouseux sans génie avec un accent horrible, froid et bourru limite et sans style (en survêtement)
Un Sélectionneur qui n'avait aucune idée de projet de jeu ou alros un jeu chiant basé sur le physique de la défense et des milieux défensifs.
Un gars incapable de faire sa sélection jusqu'au dernier moment : pré liste de 30 joueurs truc inédit à l'époque.

Alors certes Jacquet a fait du mal au foot français en misant sur l'impact physique des milieux défensifs et une des meilleurs ligne arrière de l'histoire du foot français.. Mais c'est quand même pas de sa faute si à la DTN et la FFF ils ont été con après pour miser que sur cette idée...

En dehors de ça, le petit Deluc et ses collègues de l'Equipe n'ont jamais causé le départ d'un sélectionneur en le demandant directement, mais ils l'ont tellement bien suggéré que des fois ça se transformait en chuchotement avant un beau retournement de veste (Jacquet) ou non.

Et surtout ils sont à l'origine avec la FFF, Domenech et les 23 de l'Afrique du Sud d'une des plus grosses hontes du foot français.
bachounet Niveau : CFA2
Note : -1
Je ne suis jamais déçu par la capacité du pékin moyen à venir déverser son mépris, voir beaucoup plus, sur les forums...
J'espère que cela a une valeur thérapeutique..
Empereur Palpatine Niveau : Ligue 2
Message posté par gunther mickey
Hier, pour la première fois, je suis tombé sur une émission de l'équipe 21 sur youtube. J'ai failli vomir. Un présentateur, qui en plus d'être une buse totale, est insupportable, Johan Micoud qui donne des leçons à tout le monde, des types qui disent n'importe quoi (Romarin Billong qui a quand même sorti que l'animateur du jeu belge, c'était Mertens,... Pour dire le niveau), le Duluc qui se prend pour Dieu le père mais qui ressemble plus à un vieux pilier de comptoir, Gazan et son faux air de bobo parisien et, évidemment, l'ami Pauwels qui a ses têtes de turc (Lukaku et Kompany) et qui ne sait pas développer d'analyse critique correcte. C'est "ils sont nuls et puis c'est tout". Ce genre d'émission c'est juste une honte pour le football et pour les gens qui s'y intéressent. Dire que je pensais que la Tribune de la RTBF était une émission d'un niveau abyssal, et bien c'était avant de tomber sur cet ersatz d'émission de caniveau...


y'en a un que j'ai vu lundi, il s'appelle bertrand latour, une espèce de blaireau qui se la raconte d'une force...

on peut ajouter à ces mecs Mr Riolo aka "j'ai toujours raison mais j'apporte aucune solution" et quelques autres...
Note : 1
Pardon d'être si direct et vulgaire mais ce type est une ordure, médiocre intellectuellement, qu'on lui fasse de la publicité sur ce site est vraiment décevant. Il est de la même trempe que Menez ou que cette merde d'Houllier aka la plus grosse raclure du foot français.
Cet énormissime déchet est censé être la référence du journal le plus influent dans le monde du sport en France ?
Message posté par VinnieCasseTibia
Ce type, avec l'autre gros lard du Parisien là, c'est la quintessence du journaliste infect. Raymond la science en puissance, se croit tout permis, ne tire la couverture qu'à lui, infernal corporatiste, incapable d'avouer la moindre erreur. Ce livre en est le parfait témoin.

C'est ou le kickstarter de SoFoot pour que vous deveniez un quotidien? Marre du monopole de ces branques de l'Equipe.


Bon courage, si on se souvient de la violence de la contre-attaque du groupe Amaury lorsque Le Sport a été lancé pour concurrencer l'Equipe.

L'Equipe est hégémonique, c'était un quotidien sportif, c'est devenu un tabloïd sportif. Le traitement de l'Euro en est le dernier exemple en créant de toute pièce un problème Griezmann et/ou un malaise Pogba.
paul.la.poulpe Niveau : Ligue 1
Message posté par bachounet
Je ne suis jamais déçu par la capacité du pékin moyen à venir déverser son mépris, voir beaucoup plus, sur les forums...
J'espère que cela a une valeur thérapeutique..


Ben du coup tu viens de faire pareil non?

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