Luis, de Luis Fernandez

Un mois de passion, de débats et une fin brutale pour les Bleus. La France a joué son Euro à domicile et l'a presque gagné... Les hommes de la Dèche ont écrit une page de plus dans l'histoire des Bleus. À travers notre série Les mots bleus, c'est l'occasion de revenir, non pas uniquement sur l'histoire ou les victoires des Bleus, mais sur des récits bleus. Parce que les défaites sont parfois aussi belles que les victoires. Parce que la reprise de la Ligue 1 n'est pas pour tout de suite. Parce que juillet et août nous laissent du temps pour bouquiner afin de mieux connaître nos Bleus pour préparer, nous aussi, les matchs éliminatoires pour la Coupe du monde 2018. On continue notre sélection de livres estampillés « bleus » pour vous accompagner dans cette période estivale post-Euro.

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Chronique 5 : Luis Fernandez, Luis

I. Le pitch du bouquin


Luis se raconte, sous la plume bienveillante d'une de ses vieilles connaissances journalistiques, Denis Chaumier. Et comme toujours avec Luis, pas de langue de bois. Il revient sur sa carrière de joueur et d'entraîneur sans détour, assume ses choix et ses erreurs. Et comme fil conducteur dans son histoire, il y a l'amour des hommes, du jeu et par-dessus tout pour une équipe : la France. On l'a bien vu pendant un mois à l'Euro Show tous les soirs sur beIN Sport, difficile de faire plus supporter et plus chauvin que lui.

II. La cote « bleue attitude »


Le natif de Tarifa, en Espagne, n'a qu'une devise : « Bleu un jour, bleu toujours. (…) La sélection m'avait permis de devenir un vrai joueur de football. Elle m'avait donné une motivation supérieure, et placé dans l'obligation de rester le meilleur aux côtés des… meilleurs. » Sans les Bleus, Luis serait-il devenu Luis ? Non, sans aucun doute.

III. Le souvenir « bleu » qu'on a kiffé : Renegado, renegado.


Finale de l'Euro 1984 au Parc des Princes. Les Bleus affronte la Roja. Terre d’accueil contre terre natale. « Les jours qui ont précédé la finale contre l'Espagne, les journalistes faisaient la queue, dans la salle de presse, pour m'interroger. On se serait cru à un guichet de la Sécurité sociale ou de la SNCF. (…) J'ai dû, devant eux, justifier mon parcours personnel, qui m'avait conduit, dix-huit ans plus tôt, à quitter l'Espagne pour rejoindre la France. Le sujet avait un côté délicat : ils cherchaient à me pousser à la faute et à profiter de la moindre petite phrase pour créer des polémiques et me mettre en porte-à-faux. Il fallait que je fasse très attention à ma communication, car je ne voulais vexer personne. (…) Une grande partie de ma famille était restée en Espagne, où vivaient des oncles, des tantes et des neveux. Il n'était pas question que je les blesse avec une déclaration à l'emporte-pièce. Chaque été, je retournais en vacances à Tarifa. (…) Sur le terrain, en revanche, j'en ai entendu des vertes et des pas mûres. Renegado, renegado. Dix, vingt ou trente fois, le mot a sifflé à mes oreilles : renégat. Un mot qui cherchait à faire mal. » Comme quoi les problématiques de double nationalité ne datent pas d'hier en EdF.

IV. La phrase à retenir dans la carrière en bleu de Luis


Mexique. Coupe du monde 1986. France-Brésil, quart de finale. Séance de tirs au but. Fernandez est le cinquième et dernier tireur français : « Quand j'ai vu Carlos se placer sur sa ligne, je n'avais aucun doute sur la suite des événements : "Toi, mon petit, tu vas bientôt rentrer à la maison, chez toi, au Brésil." » Du Luis tout craché et un moment mythique.

V. Luis et le football français aujourd'hui, où en est-on ?


Sur la base du modèle espagnol, Luis aimerait que les anciens aient un rôle à jouer dans les instances du football français :
« Changer de cap, avec des gens compétents et sérieux, avec un président capable d'assurer le lien entre le sportif et l'administratif. Capable, aussi, de donner des missions d'observation et d'accompagnement à tous ces anciens joueurs qui peuvent redonner au football français ce que celui-ci leur a apporté. En France, on a un vrai problème avec eux, on a du mal à les intégrer. Les dirigeants ont peur qu'ils leur fassent de l'ombre. Mais, demain, prenons un gars nickel comme Maxime Bossis à la FFF et donnons-lui un rôle consistant. Je peux aussi citer le nom de Manuel Amoros, un autre ancien recordman de sélections. Mais comment le football français peut-il laisser un homme pareil dans la nature ? Mais réfléchissez un peu ! »

VI. Que doit retenir Didier Deschamps de ce livre ?


Que pour l'ex-coach de la Guinée, le sélectionneur Michel Hidalgo reste un modèle à suivre : « Michel Hidalgo a toujours tenu un discours singulier, en laissant une grande liberté d'expression aux joueurs. Il savait trouver les phrases justes, qui n'étaient pas celles d'un tacticien, mais plutôt d'un pédagogue ou d'un humaniste. Il n'avait pas la prétention de nous apprendre à jouer, il amenait autre chose dans ses causeries d'avant-match. Elles m'ont toujours fasciné : quel beau parleur ! Quel bel orateur ! »

VII. Luis attaque-t-il vraiment dans son bouquin ?


Là-dessus pas de doute : « Je revendique la liberté de penser autrement. Quand Noël Le Graët répond à mes questions, en direct à l'antenne, et qu'il m'assure que les comptes de la Fédération sont bons, je l'interromps car je ne veux pas endormir les auditeurs avec une communication toute faite. "Ok, président, je vous entends bien, mais moi, ce qui m'intéresse, c'est le terrain !" Et j'évoque, ouvertement, tous ces entraîneurs de la DTN qui proviennent de Guingamp, comme si ce club était un passage obligé avant de débarquer à la Fédération. Les copains des copains, il faut arrêter... Je repousse aussi l'idée convenue selon laquelle l'Euro 2016 va nous sauver, et je lui rappelle que le football d'en bas n'est pas sûr d'en tirer profit. »

VIII. Le conseil caché pour DD


« Je ne rate jamais une occasion de m'exprimer sur le comportement de certains jeunes footballeurs, avec lesquels je me montre intransigeant. Ils ne respectent rien, ils veulent être les maîtres dans le vestiaire, ils se croient arrivés avant même de démarrer dans la carrière. Je n'ai jamais oublié le désastre de Knysna qui reste ancré dans mon esprit. » La Dèche partage sans doute le même point de vue (coucou Karim).

IX. Le rêve bleu de Luis


«  Après l'Euro 2004, lorsque Jacques Santini a laissé la place, j'ai vraiment espéré que mon tour arrive. Mais je ne disposais pas d'un agent pour faire le travail de lobbying indispensable auprès des décideurs. (…) Et je persiste à croire, sans vantardise de ma part, que j'aurais mérité d'être désigné un jour sélectionneur, tout autant que Jacques Santini ou Raymond Domenech ! Je ne cite pas les noms de Laurent Blanc ou de Didier Deschamps. Eux, ce n'est pas pareil. Mais les deux autres ? Je ne pouvais pas rivaliser ? Je ne m'estime pas plus bête qu'eux ! »

X. L'avis de Luis sur l'affaire Benzema


« Dans mon équipe, oui, Karim Benzema aurait eu sa place, mais pour l'Euro 2016, j'aurais fait comme Didier a fait. S'il prend cette décision, c'est qu'il doit certainement savoir des choses que l'on ne sait pas. Est-ce que vous voyez un entraîneur se priver d'un des meilleurs attaquants ? C'est dur de s'en priver, et s'il s'en prive, c'est qu'il y a des raisons. On ne connaît pas tout le dossier. »

XI. À qui offrir ce livre ?


Aux dirigeants du football français qui apprécieront l'analyse de l'animateur radio de RMC : « Si le football français en est arrivé là, la faute en revient à ses dirigeants, qui doivent assumer leurs responsabilités. Mais dites-moi, M. Le Graët n'a-t-il pas soutenu Raymond Domenech jusqu'au bout ? Quand l'aventure se solde par un tel échec, on peut avoir la décence de dire au revoir et de partir, non ? Parce que la Coupe du monde 2010, ce n'était pas un échec sportif. C'était une honte nationale. »

XII. Vous allez vous dire qu'il est bien gentil, le Luis, mais est-il capable de proposer quelque chose pour réformer le football français ?


Quoi qu'en dise Patrice Évra, Luis « Fernandel  » n'est pas là pour amuser la galerie et souhaite un changement profond pour « son » football français. En commençant par la base, à savoir le mode d'élection à la FFF : « Le président de la République est élu au suffrage universel par le peuple de France, et le président de la Fédération, lui, ne pourrait pas être élu par le peuple du football ? Je préconise, moi, que tous les licenciés de la FFF, dès lors qu'ils ont atteint dix-huit ans, l'âge de la majorité, et à condition qu'ils possèdent une licence depuis cinq ans, puissent voter directement, pour des hommes et le programme qu'ils défendent. (…) J'en ai assez de ce système pipé. Ceux qui en subissent les conséquences, ce sont les jeunes, c'est l'ensemble de notre football. Si on ne se réveille pas, on va aller tout droit dans le mur. Ou même dans le trou, d'où on ne se relèvera pas... »

Par Benjamin Laguerre Luis, de Luis Fernandez, Hugo Sport Éditions, janvier 2016, 320 pages, 17 euros.
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Dans cet article

Note : -1
Un bouquin de 300 pages de la part d'un mec incapable de sortir de sa bouche une phrase dans un français correct...
Concept intéressant :)
Note : 2
Message posté par cycyP3
Un bouquin de 300 pages de la part d'un mec incapable de sortir de sa bouche une phrase dans un français correct...
Concept intéressant :)


C' est rare que je le fasse , mais ta gueule, merci.
C'est fou comme ce type était bien parti, avec une conception du jeu qui en avait fait un entraîneur jeune et compétent, développant un jeu offensif séduisant. Son caractère excessif et parfois orgueilleux lui aura joué de vilains tours parfois.
On ne peut pas lui enlever un amour foot pour ce sport et il ne dit pas que des conneries. Mais il manque singulièrement de recul, ce qui est handicapant quand on prétend refondre le football français.
Et puis taper sur le lobbying tout en voulant placer amoros et bossis....
"Et je persiste à croire, sans vantardise de ma part, que j'aurais mérité d'être désigné un jour sélectionneur, tout autant que Jacques Santini ou Raymond Domenech ! ... Je ne pouvais pas rivaliser ? Je ne m'estime pas plus bête qu'eux ! "

Pour pas mal de gens, OUI. Mais un putain de oui mon gars.

Si ma mémoire est bonne, en 2004, suite au PSG de 2003, il a fait l'Español Barcelone, puis le Qatar, puis Israel, tout ça en 3 ans.

Donc c'est tout a fait normal qu'on fasse appel à l'entraineur junior, plutot qu'un qui est a Tataouïne dans des équipes plus que moyenne.

Je le sais, je le dis à chaque fois. Mais ce mec m'insupporte complétement.
Le saigneur de l'anal Niveau : DHR
Pour moi, Luis Fernandez, c'est le PSG.
Ça reste le seul entraîneur à avoir mis Ronaldinho sur le banc durant 4 mois.
" il faisait trop la bringue". Obtu le mec, quand même.
Ronnie était un artiste qui découvrait l'Europe, il a toujours eu besoin de faire la fête,ça fait partie du joueur .evidemment que cela a eu un impact sur sa carrière , mais il a toujours eu ce travers qui fait intrinsèquement le joueur qu'il a été.
4 mois sur le banc, putain, je ne suis pas supporter du PSG mais j'adorais voir ce joueur sur le terrain.
Dans le livre "carré magique" de Patrick Lemoine, Luis y est magnifique. Grande gueule, chambreur avec Tigana, Giresse mais pas que.

France- Canada, coupe monde 86."Si Papin avait concrétisé toutes ses occasions, il aurais étais meilleur buteur de la compétition en un seul match".
Feijoada e Caipi Niveau : DHR
Note : 1
Ce mec est à moité débile. Je ne supporte plus de l entendre dans tous les médias pour dire de la merde ou des trucs sans intérêt.
mackallaway Niveau : CFA2
Etant supporter parisien et trop jeune pour son premier passage et le succès en C2, son deuxième acte était très moyen. Pas de jeu malgré les joueurs (Anelka, Okocha, Ronnie) et une incapacité à avoir une harmonie avec les stars. Le problème de Luis et de Larqué (au passage), c'est qu'ils vivent encore à leurs époques et qu'ils ne sont pas capables de s'adapter aux nouvelles générations comme peut le faire Deschamps (bon en même temps, en voyant certaines générations de dégénérés qu'on a pu avoir…)
pierrot92 Niveau : CFA2
Message posté par Feijoada e Caipi
Ce mec est à moité débile. Je ne supporte plus de l entendre dans tous les médias pour dire de la merde ou des trucs sans intérêt.


Il est plus intelligent qu'il en a l'air. Il est notamment desservi par une syntaxe défaillante et par le personnage qu'il surjoue. Mais sur le terrain, malgré quelques pétages de plomb, c'était un joueur intelligent. Et ses premières années d'entraineur étaient bonnes aussi
Laslandes Of The Dead Niveau : Loisir
Énorme le combo "Je ne m'estime pas plus bête qu'eux !" + photo de crétin de Luis à côté d'un canasson !
Laslandes Of The Dead Niveau : Loisir
Message posté par mackallaway
Etant supporter parisien et trop jeune pour son premier passage et le succès en C2, son deuxième acte était très moyen. Pas de jeu malgré les joueurs (Anelka, Okocha, Ronnie) et une incapacité à avoir une harmonie avec les stars. Le problème de Luis et de Larqué (au passage), c'est qu'ils vivent encore à leurs époques et qu'ils ne sont pas capables de s'adapter aux nouvelles générations comme peut le faire Deschamps (bon en même temps, en voyant certaines générations de dégénérés qu'on a pu avoir…)


Sur son 1er passage : ok il y a le succès en C2 mais on avait une putain d'équipe et "seulement" éliminé comme gros Parme et La Corogne (qui était des gros à l'époque, Parme très gros même).
Mais championnat sabordé : 1 ère partie jusqu'à décembre ou on survole les débats on éclate tout le monde avec notamment un 5-0 éblouissant contre Nantes 10 points d'avance sur Auxerre....
Puis à partir de Janvier les joueurs ne supportaient plus Luis qui se mêlait de tout, voulait jouer aux cartes avec eux... d'où tensions engueulades amertumes compos improbables jeu en déliquescence joueurs perdus....
On avait même du faire venir Noah (le chanteur) pour pas gâcher aussi la finale de C2 et relever les joueurs psychologiquement.

Bref Luis est un escroc un abruti incompétent et content de lui en plus le genre de mec insupportable.

Et il reste à ce jour le seul entraîneur français avec Houiller à avoir gagné une coupe d’Europe c'est dire le niveau de nos coachs...
Mais ils s'auto-persuadent d'être au niveau font du copinage et critiquent tous ce qui vient de l'étranger (Ancelotti, Ranieri, Jardim maintenant on veut nous faire croire que Blanc était un génie et que Emery n'est pas meilleur....)

Lamentable !
Le niveau de nullité ultime autisatisfait.

Le mec a quand même réussi à perdre 2 fois le titre avec le psg de 95 et 96 avec toutes les stars contre Nantes et Auxerre alors qu'ils étaient champion en titre et que l'OM était relégué en ligue 2. C'est comme si Laurent blanc était arrivé 3e cette année. Et le pire c'est qu'il en est content.

Dernièrement sa décadence est arrivé à des proportions folles :il a pris un quart de finaliste de la can et s'est à finit 3e sur 4 dans les qualifications derrières des équipes dont les 2 tiers des gens n'ont jamais entendu le nom (Swaziland et Zimbabwe)
Laslandes Of The Dead Niveau : Loisir
Message posté par pipo75
Le niveau de nullité ultime autisatisfait.

Le mec a quand même réussi à perdre 2 fois le titre avec le psg de 95 et 96 avec toutes les stars contre Nantes et Auxerre alors qu'ils étaient champion en titre et que l'OM était relégué en ligue 2. C'est comme si Laurent blanc était arrivé 3e cette année. Et le pire c'est qu'il en est content.

Dernièrement sa décadence est arrivé à des proportions folles :il a pris un quart de finaliste de la can et s'est à finit 3e sur 4 dans les qualifications derrières des équipes dont les 2 tiers des gens n'ont jamais entendu le nom (Swaziland et Zimbabwe)


En 95 Nantes était injouable.
Sans doute l'un des plus beaux champions de l'histoire de notre championnat.
Message posté par Laslandes Of The Dead
En 95 Nantes était injouable.
Sans doute l'un des plus beaux champions de l'histoire de notre championnat.


En 95 il finit 3e.
Jai passé sur son retour au psg encore plus minable que la première fois où il finit 10e plusieurs années avec un effectif pour être champion. Ses échecs à Reims et en Espagne après avoir ruiner les clubs dans des transferts au dessus des moyens des clubs. Ses échecs monstrueux en Israël digne de ceux du psg. Le mec s'enfonce depuis ses début promoteurs à Cannes dans le un peu moins bien chaque année à l'exception de ses 2 bonnes année à Bilbao

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