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  3. // PSG/Chelsea (3-1)

Les leçons tactiques de PSG-Chelsea

À la 89e minute, Petr Čech se fait siffler par le Parc des Princes. Alors qu'il s'apprête à dégager le ballon, le Tchèque prend son temps. Car après une longue 2e mi-temps de souffrance, les Blues n'ont qu'une envie : que ça se finisse. Quand la troupe de Laurent Blanc est parvenue à imposer son rythme, les Blues se sont retrouvés sans solution. Mais ce n'était pas si facile. Et le PSG ferait bien de rester prudent : le Napoli aussi avait gagné 3-1 à domicile en 2012…

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Chelsea sans pointe, Laurent Blanc sans surprise

Benfica, Anderlecht, Olympiakos, Bayer Leverkusen, et maintenant Chelsea. Peu importe l'adversaire, Laurent Blanc reste fidèle à ses idées : le même 4-3-3, toujours, et les mêmes intentions. On dit souvent que les plus grandes équipes imposent leur jeu sans concession. Au vu de la composition de Blanc, ce PSG aspire à en faire partie. Au contraire des équipes de José Mourinho, qui n'a jamais eu besoin de plus de quelques mois pour transformer une équipe en « groupe difficile à battre » , peu importe l'adversaire, et peu importe ses propres joueurs. Si Blanc a la stabilité et les certitudes, le Mou a l'imprévisibilité et la surprise. Celle d'une attaque sans attaquant et d'un milieu sans Lampard.

Peut-être a-t-il estimé que Torres n'avait plus les épaules pour s'attaquer à Thiago Silva. Ou alors voulait-il simplement miser sur le profil de Schürrle : plus de mouvements en phase offensive, plus de solutions pour ses coéquipiers, et un pressing plus intense. La deuxième option sera confirmée par le plan de jeu de Chelsea en première mi-temps. Quant à David Luiz, on l'avait déjà vu dans ce rôle contre Manchester City (victoire 0-1). Sans « Super Frank » , Mourinho perd de l'expérience et deux yeux vifs dans le jeu, mais le Portugais avait certainement prévu que le PSG accorderait suffisamment de temps au Brésilien au milieu, ce qui aura été le cas de la 5e à la 30e minute…

Le brouillard de Chelsea et l'harmonie dans le désordre

D'emblée, le PSG attaque avec une mentalité conquérante : Zlatan vient jusqu'au rond central pour s'associer avec ses milieux à deux reprises, Verratti fait peur au Parc, mais dégoûte les milieux adverses en annulant leur pressing comme un grand, tout seul, et à peine le ballon perdu, Cavani vient se replier pour contrer Hazard. Cela paie rapidement. Sur une perte de balle de David Luiz (à court de temps, tiens), le PSG attaque fastueusement : montée de Jallet, conservation de Verratti, superbe passe de Motta, centre de Matuidi et pas moins de trois hommes bleus dans la surface. Pocho prend le ballon et sanctionne. Cette équipe de Chelsea peut-elle alors faire le jeu ? Le PSG peut-il accepter un partage de la possession, comme une sorte d'alternance ? Évidemment, on se dit que non. Et pourtant…

S'il a troqué Robben pour Hazard, Duff pour Willian et Essien pour David Luiz, Mourinho a construit sa deuxième version des Blues sur le même principe que la première : saccager l'adversaire lorsqu'il est désorganisé. Et donc provoquer cette désorganisation le plus souvent possible. Ce Chelsea est une équipe qui aime jouer des coups, essaye beaucoup, se trompe, mais insiste. Une équipe qui aime imposer un faux rythme, puisqu'elle n'a pas besoin de tempo pour être dangereuse. En début de première période, ces « coups » sont les passes osées de Willian vers l'entrée de la surface, les conservations de balle de Hazard à gauche, qui obtient des fautes (et donc des coups francs) et du temps, et les coups d'œil d'Oscar. Une sorte d'harmonie dans le désordre. Comme s'il avait été infecté par le virus, le noyau parisien s'arrête de penser et participe lui-même au désordre : Verratti se perd dans des passes difficiles, Matuidi s'enfonce vers des courses impossibles. La patience manque. Et si le PSG avait marqué « trop » tôt ? Comme le Barça en 2010 à Milan contre l'Inter (3-1), un but marqué dès les premiers cris d'une rencontre peut faire naître une certaine perte de maturité dans le jeu.

Face à la possession de Blanc, Chelsea n'a plus le temps de jouer vite

Évidemment, le plan de jeu de Mourinho a participé à cette désorganisation autant que le manque de lucidité des Parisiens. Les Blues les ont gênés. Pour Chelsea, il ne s'agissait pas seulement de presser pour faire reculer - car le PSG aurait alors simplement perdu du temps à repasser par derrière - mais plutôt de presser pour forcer la mauvaise décision. Avec beaucoup d'intensité et d'intelligence, en coupant les lignes de passe aux latéraux et aux défenseurs centraux, en forçant le PSG à la passe risquée vers l'avant et en occupant l'aire de jeu de Matuidi et Zlatan, grâce à la mobilité de Ramires et David Luiz. Résultat : Thiago Silva est forcé à jouer 11 longs ballons, contre 6 seulement à Leverkusen. Lavezzi a beau réaliser un match parfait dans ses mouvements, Chelsea obtient son brouillard et la construction parisienne perd la vue. 1-1, donc, et seulement 49% de possession pour le PSG... Au retour des vestiaires, deux éléments font la différence. D'une part, la patience du PSG. D'autre part, les erreurs de Chelsea, aussi bien individuelles que collectives.


Pour dominer, il faut du temps. L'action du but de Lavezzi l'illustre bien : Verratti est proche de la surface, Motta est aux trente mètres, et Matuidi et Jallet ont eu le temps de s'installer dans les couloirs. Avec ce temps, celui que Laurent Blanc a réussi à imposer cette saison, le PSG n'assomme pas, mais contrôle les Blues. Cette possession, c'est le « jab » du boxeur, pour maintenir son adversaire à une certaine distance. Ce ne sont pas les transmissions de Thiago Silva, les petits pas de Verratti ou encore les crochets de Motta qui vont marquer des buts. Mais au fur et à mesure, les fautes se multiplient, les brèches s'ouvrent et Chelsea ne trouve plus le temps de jouer vite, paradoxalement. D'ailleurs, le PSG marquera son second but sur un coup de pied arrêté (superbement tiré par Lavezzi) et le troisième sur une action individuelle de génie. Un Paris loin du tiki-taka, mais proche d'être injouable. Quant à Chelsea, si son désarroi face aux corners parisiens n'est pas à remettre en question, on peut se demander si Mourinho n'aurait pas pu reculer et fermer le jeu plus tôt. En prenant moins de risques à la récupération, les Blues auraient évité certaines fautes et conservé de l'énergie pour tenter leur chance en contre-attaque.

Javier Pastore, mythique

Ibrahimović et Cavani ont échoué. L'un n'a pas été mis dans de bonnes situations, mais n'a pas non plus réussi à les créer (le Suédois aura touché deux fois moins de ballons qu'à Leverkusen, soit 52), tandis que l'autre n'a pas su concrétiser ses occasions, à défaut d'avoir bien défendu. Un signe rassurant pour Laurent Blanc : personne n'a porté son équipe sur ses épaules, mis à part ses schémas et le recrutement de Leonardo. Personne n'a porté le PSG, mais un joueur l'a fait voler tout là-haut.

À la 85e minute, Zlatan n'est plus là pour occuper la zone de prédilection du numéro 10, Lucas a déjà tout essayé et Ménez n'est pas là. « Pourquoi pas, tiens » , doit se dire Blanc. Javier Pastore prend alors le temps de rater sereinement deux passes, distiller un extérieur plus esthétique qu'efficace et prendre confiance en grattant le ballon de la semelle à plusieurs reprises, comme un peintre qui tenterait de trouver la bonne prise sur son pinceau. Et d'un coup, il trouve. Qui l'eut cru ? Un double contact, puis un deuxième. Une conduite de balle irrégulière, surprenante. Pastore met à terre des icônes de cette Premier League qui aimerait tant rejeter sa maigreur. On joue la toute dernière minute quand le maigre frappe un gros coup. Un but mythique.

Par Markus Kaufmann À visiter :

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