Espagne - Liga - 17e journée - Atlético Madrid/Getafe

par Markus Kaufmann

Les leçons tactiques de l’Atlético Madrid

En un peu plus d’un an, Diego Simeone a fait de l’Atlético Madrid un gros poisson en Espagne et en Europe. Solide second en Liga, l’Atlético devrait enfin retrouver la Ligue des champions la saison prochaine. Et si El Cholo a remporté l’Europa League et la Supercoupe d’Europe, sa plus grande victoire reste d’avoir donné une identité de jeu à l’Atlético. Laquelle ?

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Diego Simeone (Atletico Madrid)
Diego Simeone (Atletico Madrid)
« Peu importe la manière, l’essentiel est qu’une équipe joue avec sa propre identité », répètent tous les entraîneurs. Logiquement, cette identité se base sur des éléments très variables : certains coachs aiment se fier à la possession de balle, d’autres adorent la conquête des seconds ballons, d’autres veulent jouer de longs ballons sur un point de référence... Dans cet univers, il est difficile d’évaluer l’Atlético Madrid de Diego Simeone, à la fois brillant en contre-attaque et à l’aise avec le contrôle du ballon.

Diego Simeone, un dissident anti-possession en Espagne ?

Pour beaucoup, le point de départ de l’Atlético est Falcao : l’homme capable de marquer des buts sans construction, sans action, sans possession, sans équipe. En Espagne, le Colombien serait-il une sorte d’antidote au tiki-taqua ? Dans l’interview qu’il a donnée à ABC Punto Radio (à lire dans le dernier SO FOOT), Simeone revient longuement sur ses principes de jeu et se défend de n’accorder aucune importance à la possession de balle. Il estime qu’il faut avoir l’effectif adéquat : « Tu dois avoir les joueurs qu’il faut pour jouer de cette manière. Et il est aussi vrai qu’il y a très peu d’équipes qui peuvent se permettre d’avoir beaucoup de possession. Je ne suis pas d’accord quand beaucoup veulent copier les systèmes que l’on voit à la télé. Moi aussi, j’aimerais bien avoir une Ferrari, mais je ne l’ai pas. »

Cholo est loin d’être obsédé par la possession, critère majeur de qualité en Espagne : « Il faut avoir de l’estime et du respect pour toutes les façons de jouer. Prenez l’exemple de Levante, qui joue dans une zone très particulière du terrain. L’important, c’est qu’une équipe sache quelle est sa propre force. » Néanmoins, son Atlético n’est pas Levante : la défense joue relativement haut, Courtois a des consignes pour relancer à la main et les Rojiblancos ne « balancent » pas sur Falcao. Quand il le faut, l’Atlético sait tocar. Impossible de parler de football défensif : à ce rythme, l’Atlético terminerait la Liga avec 89 buts marqués.

Une équipe qui met « mal à l’aise »

Simeone reconnaît volontiers l’influence de Sven-Göran Eriksson, un homme de 4-4-2 : « J’ai eu un grand entraîneur, Eriksson, à la Lazio. Nous avions une grande équipe : Mihajlović derrière, Veron au milieu, Salas, Ravanelli, Mancini, Bokšić... Et Sven-Goran disait toujours : "Plus on a de possession, plus on donne du temps à l’adversaire pour se mettre à l’aise." Et c’est resté dans ma tête. » La ligne conductrice du travail de Simeone sur l’Atlético est la suivante : savoir mettre l’adversaire mal à l’aise, le faire déjouer, le forcer à tomber dans le désordre. Car les Rojiblancos, eux, sont à l’aise quand il n’y a pas de cadre : en quinze matchs, ils ont déjà récolté 40 cartons, et très souvent avec le sourire… En clair, agresser les équipes qui aiment utiliser le ballon, rendre la balle rapidement à celles qui préfèrent attendre derrière, et enchaîner rapidement les séquences de jeu quitte à tomber dans un faux-rythme. Rien de surprenant après tout : la spécialité de Diego Simeone a toujours été de rompre l’équilibre du milieu de terrain adverse.

Chelsea se noie dans la recherche d’une possession de balle stérile ? L’Atlético laisse faire. Bielsa se base sur une relance rapide par les côtés ? L’Atlético va venir agresser les latéraux basques jusqu’à déséquilibrer tout le système de l’Athletic. Dans cette configuration, l’équipe de Diego Simeone obtient logiquement des résultats incroyables dans les matchs à élimination directe : entre l’Europa League et la Coupe du Roi, le bilan est de 13 victoires en 13 matchs, 33 buts marqués et 6 encaissés ! Tremble, Ligue des champions… En Liga, l’Atlético a néanmoins connu des difficultés : Levante, Valence et le Real Madrid ont su gêner Simeone en le forçant à « faire » la rencontre, tandis que le Barça a montré qu’un saut de qualité était nécessaire en défense pour jouer parmi les plus grands.

Quels hommes pour quel(s) système(s) ?

Simeone fait confiance au quatuor défensif de la saison passée (Juanfran, Miranda, Godín, Filipe Luis), et surtout à sa paire de milieux défensifs : Gabi et Mario Suárez. « Ils impriment le rythment d’une équipe. Quand Gabi va bien, quand Mario va bien, quand Tiago va bien, l’équipe fonctionne. » L’an passé, le meilleur Atlético avait été le 4-2-3-1 avec Falcao soutenu par Arda Turan, Diego et Adrian. Mais le départ de Diego a laissé un vide : « Dans notre effectif actuel, nous n’avons pas réussi à retrouver les caractéristiques de Diego. » Dans l’axe, on retrouve en alternance Arda et Raúl Garcia, revenu d’une grosse saison avec Osasuna. Sur le côté, le Canterano Koke s’est imposé devant Cristian Rodríguez. Et si Emre déçoit (3 titularisations), la pépite Oliver Torres ne semble pas encore dans les plans du Cholo.

Mais la superbe forme de Diego Costa (17 matchs, 7 buts) tend à modifier le système en 4-4-2 (ou 1-1), au détriment d’Adrian (13 matchs, 1 but). D’une, l’Espagnol n’a pas eu de présaison et peine physiquement. De deux, le pressing, les courses et le sens du jeu du Brésilien sont l’une des raisons de l’épanouissement continu de Falcao (15 matchs, 19 buts), qui n’a toujours pas eu besoin de disputer la moindre minute européenne. Simeone a un plan de saison bien précis : « L’Atlético joue combien de matchs dans la saison contre le Real et le Barça ? Quatre, n’est-ce pas ? Cela veut dire que nous devons gagner les trente-quatre autres pour espérer gagner le titre. » Ils en sont à douze victoires sur quatorze. Mais même avec vingt victoires, l’Atlético n’aurait « que » 97 points, et finirait deuxième. Cruelle Liga.

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  • Message posté par Spikelee92 le 21/12/2012 à 09:21
      

    Superbe équipe que l'atlético dommage qu'ils soient en europa ligue.
    Siméone a surtout changé l'état d'esprit, ils sont plus sûre de leur force,la 1ère mi temps contre le barça ils avaient été énorme.
    Une équipe équilibré sur toutes les lignes avec une machine devant, a voir si falcao va rester la saison prochaine en tout cas ça promet.

  • Message posté par one_of_the_amoks le 21/12/2012 à 10:33
      Note : - 3 

    je n'en ai strictement rien à secouer de ce club (ou du foot espagnol d'ailleurs) mais j'ai tout de meme lu l'article pour son rédacteur qui a tjs un truc intéressant à dire sur le jeu.

  • Message posté par cil le 21/12/2012 à 10:34
      Note : 3  /

    Yes @Spikelee, dommage qu'ils se chient dessus à chaque fois qu'il joue contre le Real.

  • Message posté par bentamaman le 21/12/2012 à 10:38
      

    Belle équipe....

    Surprenant de les voir à ce niveau parce que l'atletico c'était un peu le club de la loose éternel....Mais bon quand tu dispose d'un joueur comme Falcao..Quelle classe ce mec !!!!

    Même si bon je pense que un grand club va bientôt balancer 60 m sur sa pomme...

    pour moi une petit préférence pour l'Italie pour lui, je le verrai bien à la juve devant Pirlo et Vidal...

    En tout cas c'est la meilleur nouvelle pour la liga même si le barça reste tellement haut dessus du lot.

  • Message posté par Johnny Novaque le 21/12/2012 à 10:39
      

    C'est sympa mais pourquoi ne pas acheter Carlos Bueno pour le mettre sur le banc a coté de Cristian Rodriguez?

  • Message posté par med78 le 21/12/2012 à 10:53
      

    Très belle équipe, et l'article ne parle pas de l'influence de Felipe Luis qui a comme par hasard été blessé contre le real et est sorti après 40 minutes face au barça... Quand il est là, ils ont plus de solution de sortie de balle et sont moins vulnérables sur le côté gauche...

  • Message posté par Trap le 21/12/2012 à 11:02
      Note : 2 

    Comme une rupture avec le niveau des news sur le PSG et Balo. Merci pour l'article.
    Falcao c'est toujours 100 millions ?

  • Message posté par EternaJuve le 21/12/2012 à 11:25
      Note : 2 

    Voilà le genre d'équipe qu'il manque aux huitièmes de la C1. L'Atletico, Naples, Tottenham (quoique avec Vilas Boas c'est plus trop ça)... ça aurait été plus sympa de les voir à la place de Galatasaray, Shalke, le Celtic, et les faux clubs Malaga, Paris...

    Et au moins on aurait eu les 2 meilleurs numéro 9 du monde dans cette C1, Falcao et Cavani...

  • Message posté par Denoueix-touch le 21/12/2012 à 12:01
      

    "Plus on a de possession, plus on donne du temps à l’adversaire pour se mettre à l’aise."

    Faux et vrai à la fois, faux et archi faux lorsque l'équipe en face est une Ferrari (pour continuer dans la métaphore) mais vrai quant c'est une équipe moyenne/bonne/banale en face.
    - Le FCB par exemple même si chaque année un ou deux clubs arrivent à les emmerder (ce qui ne fait pas beaucoup) avec beaucoup de chance il est vrai avec la technique du bus devant le but et du kick & rush, ce club est bien trop dangereux avec la balle dans les pieds; d'une il est impossible de leur prendre le ballon sans un pressing de fou à la limite de la violence, de deux c'est aussi le moyen de défendre du Barca et de trois ils arriveront toujours à trouver les espaces, évidemment le FCB étant le cas le plus extrême mais le Real, Dortmund, Bayern, Milan AC (en C1), Juventus, M.U etc. ont certaines de ces caractéristiques en communs.

    Par contre, si l'équipe est de niveau plus léger, style niveau Europa League, où club potable mais pas monstre de guerre de grand championnat, style, OL, Ajax, Bate Borisov, Tottenham, Arsenal, PSG, etc.
    Alors effectivement ces équipes peuvent être gênée par le ballon, malgré des velléité de contrôle de celui-ci et l'Atletico fait partie de cette catégorie de clubs, la double confrontation face aux deux monstres de la ligua à bien prouver les limites de la philosophie de Simeone.

    En clair le contre avec un minimum de possession cela marche mais cela ne permet pas d'atteindre un niveau digne des monstres qui écrasent leur championnat, où alors pendant un an ou deux ans pas plus (Le FCB, l'OL des 7 titres, le FCB depuis 5 ans, le FCN de Suaudeau, le grand Real, que des machines à possession).


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