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Les leçons tactiques de l’Inter de Stramaccioni

À cet âge-là, Mourinho était encore assistant à Barcelone et Sacchi terminait seulement son apprentissage avec la Primavera du modeste Cesena. Mais « Strama » , lui, a sauté une classe, passant du statut de bon chef de chorale, avec la Primavera, à celui de chef d’orchestre. Il a vaincu la Juve invincible et fait passer Allegri pour un flûtiste. On attendait Naples pour son équilibre et la Roma pour ses idées, mais c’est finalement bien l’Inter qui s’est chargée de dépuceler le Juventus Stadium. Vigoureuse, impertinente et surtout bien menée.

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Avec 70% de victoires (21 matchs), Andrea Stramaccioni (36 ans) détient le meilleur pourcentage de victoires de l’histoire de la Serie A. Lundi matin, la Gazzetta écrivait : « Silencieusement, Strama est en train de changer les habitudes de la maison pour imposer son football courageux. » Pourtant, l’équipe nerazzurra n’est pas toujours belle à voir cette saison. Et elle le sait. Et si cela la rendait encore plus dangereuse ?

Le changement de la défense à trois

« L’Histoire est un perpétuel recommencement » , disait l’historien athénien Thucydide. Pour comprendre le présent, il faut connaître le passé. Et celui de l’Inter est plutôt complexe. Le 4-2-3-1 de Mourinho. Le 4-3-3 de Benítez. Le 4-2-3-1 de Leonardo. Le 3-4-3 de Gasperini. Le 4-4-1-1 de Ranieri… Et enfin « Strama » . Quand Gasperini avait imposé « sa » défense à trois, Andrea prend le soin d’écouter le vestiaire. Ce sera le 4-2-3-1 que « tout le monde connaît déjà » . Puis quelques variations, selon la présence et la forme de Sneijder, Zárate et Forlán : 4-3-3, 4-3-1-2, 4-3-2-1…

Déséquilibrée par les contre-attaques de la Roma et de Sienne en septembre, Strama « aboutit » sur la défense à trois. La démarche est simple : une abondance de centraux en forme (Samuel, Ranocchia, Juan Jesus, Silvestre) et des latéraux plus à l’aise en phase offensive qu’en couverture (Nagatomo, Pereira, Jonathan). Mais si Gasperini avait été viré sans gagner le moindre match avec Zanetti-Cambiasso au milieu, l’Inter a acquis du muscle et de la fraîcheur : l’animal Guarín, le moteur Gargano et le revanchard Mudingayi.

De l’attention aux détails, et une adaptabilité formidable

Si cette Inter est loin d’être la plus belle des dernières années, elle semble avoir une solution à tous les adversaires. « Je prépare chaque match comme si c’était le dernier » , affirme Strama. Face à Catane, il faut craindre Papu Gómez, ailier gauche habile pour revenir sur son pied droit ? L’ailier gaucher Obi jouera à droite. Face à Bologne, on craint la liberté de déplacement de Diamanti ? Mudingayi le suivra partout, jusqu’à se retrouver milieu latéral. Contre le Partizan, les Nerazzurri en viennent même à utiliser trois systèmes différents au cours du match. 3-4-1-2 avec Coutinho, 4-3-3 avec Palacio et enfin 4-4-2 avec Zanetti. Le tout sans jamais perdre en équilibre ! Puis vint le derby d’Italie et ce chef-d’œuvre de mise en place tactique…

Le trident offensif gêne la relance des trois centraux bianconeri, Palacio harcèle le magicien Pirlo en individuel, Zanetti fait le « quatrième défenseur » pour bloquer l’insatiable Asamoah et le géant Juan Jesus limite les mouvements de l’imprévisible Vidal. Grâce à un Cambiasso éternel et un Milito infatigable, l’Inter récupère le ballon haut et alterne jeu long et conservation : elle « fait le match » , comme on dit en italien. Une prise de risque énorme dans la forteresse turinoise. Mais le plan de Strama fonctionne : quand Lichtsteiner provoque sa sortie et Vučinić se blesse, il ne subit rien. C’est lui qui influence le match (et non le contraire) en faisant entrer Guarín. Le tournant du match.

Une équipe courageuse ? Ou une équipe cynique ?

L’Inter de Stramaccioni a ces deux visages. Face à la Juve, Strama prend l’initiative et compte 57% de possession à la mi-temps. Mais une semaine plus tôt à Bologne, il aligne cinq défenseurs et trois milieux défensifs. Face à la Fiorentina de son ami Montella, il abandonne volontiers le ballon. Le Mister a toujours parlé de jeu offensif, certes, mais sa plus grande force est peut-être de connaître les limites de cette équipe qu’il dit encore « jeune » et « en construction » . L’histoire récente nous dit que le Scudetto se gagne ainsi : à la force, à la solidité, au cynisme. À la capacité de souffrir contre les plus modestes, sans craquer. Comme le Milan d’Ibra en 2011, et comme la Juve de Conte.

Jouer avec le trident ce soir-là à Turin restera dans l’histoire comme une décision aussi importante sur le plan mental que tactique. L’Inter de Mourinho avait décollé à partir de ce 0-1 à Stamford Bridge, où quatre attaquants avaient été alignés. Une façon de mettre son équipe devant le fait accompli, lui faire comprendre qu’elle peut battre n’importe qui, sans se cacher. Strama dirige une équipe en mission, et tout le monde est impliqué. La preuve, treize joueurs ont déjà marqué cette saison : Milito, Palacio, Cassano, Livaja, Sneijder, Coutinho, Guarín, Cambiasso, Obi, Nagatomo, Pereira, Ranocchia et Samuel.

Le trident et le faux problème Sneijder

Oui, le trident Milito-Palacio-Cassano fait peur à toute la Botte. Mais, problème : Sneijder débarque. Comme en 2012 sous Ranieri, le Néerlandais revient alors qu’il n’est plus indispensable. Et forcément, un joueur aussi inclassable est difficile à caser. En 2010, Sneijder avait soutenu le trident Eto’o-Milito-Pandev, mais rarement en Serie A. Stramaccioni a trois options. La première, la plus évidente, serait de faire jouer Sneijder comme Hamšík à Naples, à la pointe du triangle du milieu du 3-5-2. La seconde le placerait en trequartista, à son poste, derrière deux pointes. Enfin, Andrea pourrait l’intégrer au trident en instaurant un turnover fréquent, comme avec Coutinho jusque-là. Trois solutions pour faire jouer un fuoriclasse, il y a pire. Après tout, à Milan il y en a d’autres qui rêveraient que leur problème s’appelle « la disponibilité de Wesley Sneijder » .

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Par Markus Kaufmann
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Dans cet article

Il faut leur reconnaitre un excellent mercato. Si je trouve ça dommage d'avoir laissé partir Julio César, son remplaçant, Samir Hamdanovic est excellent. Il y a des renforts d'expériences aussi comme Cassano ou Juan qui viennent guider des jeunes prometteurs comme Obi ou Coutinho. Pour conclure, cette règle : une Inter qui gagne est une Inter qui a un Milito en forme.
« Après tout, à Milan il y en a d’autres qui rêveraient que leur problème s’appelle « la disponibilité de Wesley Sneijder ». haha j'adore !
J'avais peur pour l'Inter après le départ de Julio César et l'intronisation de ce jeune inconnu... Force est de constater que je me trompais.
J'aimerais une finale de C3 Inter/OL
@theo : Juan Jesus n'est pas vraiment un renfort d'expérience, il a seulement 21 ans. Mais c'est vrai que vu son aisance dans le jeu et sa sérénité il en parait beaucoup plus.

Strama a montré que c'était un excellent tacticien, que l'Inter n'avait plus depuis Mourinho. Il adapte sa formation en fonction de chaque adversaire et ses changements sont toujours effectués au bon moment en fonction du déroulement du match.

Même si l'Inter ne remporte pas le Scudetto cette année (la Juve parait encore plus régulière et solide), il y a fort à parier qu'elle va vite retrouver les premières places du Calcio et les phases finales de la Champion's League.

Et puis retrouver Sneijder n'est pas vraiment un problème. Il peut retrouver son niveau stratosphérique de 2010 avec une équipe en confiance et si ce n'est pas le cas, Strama sait qu'il peut compter sur les jeunes et notamment Coutinho, qui s'il ne se blesse pas régèlièrement, est sans aucun doute le prochain meneur de jeu des Nerazzuri pour les prochaines années !
Et puis au pire si Sneijder ne retrouve pas son niveau, ils pourront toujours le vendre 25M€ à l'Anzhi..
En gros, Strama, malgré son jeune âge et son inexpérience à ce niveau là, a pour lui ses couille*s et n'hésite pas à les poser sur la table, ce qui est à mon avis sa force principale, avec sa capacité à adapter sa tactique.
Après, si l'équipe n'est pas encore belle à voir jouer, les résultats sont là, sans qu'aucun des trois traquartista de l'effectif ne se soit encore mis au diapason. Parce que Sneijder, Alvarez et Coutinho, y a de la technique pour un régiment, et il y a de quoi faire flamboyer encore un peu plus cette équipe.
Je pense qu'on peut faire trembler la Juve jusqu'au bout, et viser le Scudetto sans rougir, même si retrouver la ligue des Champions est pour moi l'objectif primordial.
forza Inter !
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
pour moi le vrai meneur de l'Inter c'est Cassano, en tout cas c'est souvent lui qui fait la passe qui fait la différence. Cassano est assurément une superbe affaire pour l'Inter. Quand je pense que Milan a payé 7 millions pour l'échanger avec Pazzini... La blague!
La force et l'espoir de cette Inter, c'est qu'elle a encore des cartouches dans le tiroire. Obi par exemple, est un excellent milieu percuteur qui peut tant jouer au centre qu'à gauche (et même à droite contre Catania, bien qu'il soit grandement diminué à ce poste) mais est blessé. Autres cartouches: Coutinho, il a presque toujours été étincelant quand il a joué, mais l'importance de Cassano et Palacio lui font de l'ombre. Nul doute qu'il va exploser, j'en suis certains. Autres encore : Sneijder s'il revient en forme, Alvarez, Chivu pour donner à un coup de main au turnover en défense. Pour une Inter en construction, c'est très séduisant, que deviendra-t-elle une fois construite? Ca risque de faire mal quand le prochain mercato comblera les lacunes actuels (vice-Milito ou même nouveau Milito, un regista et un autre défenseur central). Stra-Inter.
@ Max

Milan a échangé Cassano avec Pazzini sans indemnité de transfert ;)
7M€ ou pas je préfère largement Cassano...

Sinon oui l'Inter a fait un recrutement malin, son meilleur "transfert" c'est quand même le retour de Milito à son niveau. En plus ça remplace le fantôme de Zarate qui a disparu de la circulation. Tout bénef'.
Ah parce que tu trouves que Milito était pas à son meilleur niveau l'année dernière ? Tu le tiens en très haute estime dis donc ! ^^
Son meilleur transfert, c'est Stramaccioni
Strama il a tout pour devenir un grand entraineur, il commence a peine a entrainer une equipe A , et il est impressionant , son coaching paye toujours, Cette inter est la meilleur equipe d'europe a l'exterieur, 10 victoire sur 10 matchs il me semble, et deja 10 victoires consécutive .. Cette inter va etre solide ils ont un grand mental , et j'ai l'impression de voir la Juve de Conte de l'an dernier, on fait style de viser la qualification en ligue des champions et on fini champion..
Et Handanovic ce gardien est vraiment exceptionnel , plus je le vois et plus je me dis que son titre de meilleur gardien l'an dernier , c'est pas pour rien ..
Alessio Tacchikardi Niveau : District
Il n'y a que moi pour constater que l'Inter est retombé dans ses vieux travers au niveau du club ?
Quand je vois l'équipe de l'inter, je ne vois pas(ou presque) d'Italiens, pas (ou presque) de jeunes, beaucoup de seconds couteaux étrangers, des vieux...
Cette équipe (efficace, c'est un fait), symbolise à elle seule les maux du foot italiens.
Pas de programmation, et mudingayi au milieu.
Peu ou pas d'italien ?
Mais qu'est ce que ça peut foutre* j'ai envie de dire ? L'Inter respecte la réglementation en la matière donc cette remarque n'a ni queue ni tête. En quoi est ce un travers ?

Surtout que Rannochia (un des plus grands espoirs de la Nazionale) et Cassano sont italiens et titulaies. Juan à 21 ans est déjà un putain* de taulier. Les joueurs sont peut être vieux, mais ils sont toujours excellents (Zanetti, Samuel, Cambiasso, Milito, Palacio..).

Coutinho et Alvarez sont des grands espoirs également, et Guarin, Sneijder, Pereira sont dans la force de l'age. Handanovic est même jeune pour un gardien de but.

Enfin, je termine par le fait que la Primavera de l'Inter est tenante du titre de la C1 chez les jeunes, championne d'Italie en titre, et la plus prometteuse sur les dire de R. Baggio.

Tous les maux du football italien sérieusement ? J'espère que tu n'es pas un supporter de la Juve...

PS : Matri, Quagliarella, Vucinic, Bendtner, Pepe, Caceres c'est pas des seconds couteaux peut être ?


BobLeBricoleur² Niveau : Loisir
@Mikotoo : J'espère que tu plaisantes en disant "Ce jeune inconnu" en parlant d'Handanovic ?
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