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Les leçons tactiques de l’Atlético Madrid

En un peu plus d’un an, Diego Simeone a fait de l’Atlético Madrid un gros poisson en Espagne et en Europe. Solide second en Liga, l’Atlético devrait enfin retrouver la Ligue des champions la saison prochaine. Et si El Cholo a remporté l’Europa League et la Supercoupe d’Europe, sa plus grande victoire reste d’avoir donné une identité de jeu à l’Atlético. Laquelle ?

«  Peu importe la manière, l’essentiel est qu’une équipe joue avec sa propre identité » , répètent tous les entraîneurs. Logiquement, cette identité se base sur des éléments très variables : certains coachs aiment se fier à la possession de balle, d’autres adorent la conquête des seconds ballons, d’autres veulent jouer de longs ballons sur un point de référence... Dans cet univers, il est difficile d’évaluer l’Atlético Madrid de Diego Simeone, à la fois brillant en contre-attaque et à l’aise avec le contrôle du ballon.

Diego Simeone, un dissident anti-possession en Espagne ?

Pour beaucoup, le point de départ de l’Atlético est Falcao : l’homme capable de marquer des buts sans construction, sans action, sans possession, sans équipe. En Espagne, le Colombien serait-il une sorte d’antidote au tiki-taqua ? Dans l’interview qu’il a donnée à ABC Punto Radio (à lire dans le dernier SO FOOT), Simeone revient longuement sur ses principes de jeu et se défend de n’accorder aucune importance à la possession de balle. Il estime qu’il faut avoir l’effectif adéquat : « Tu dois avoir les joueurs qu’il faut pour jouer de cette manière. Et il est aussi vrai qu’il y a très peu d’équipes qui peuvent se permettre d’avoir beaucoup de possession. Je ne suis pas d’accord quand beaucoup veulent copier les systèmes que l’on voit à la télé. Moi aussi, j’aimerais bien avoir une Ferrari, mais je ne l’ai pas. »

Cholo est loin d’être obsédé par la possession, critère majeur de qualité en Espagne : « Il faut avoir de l’estime et du respect pour toutes les façons de jouer. Prenez l’exemple de Levante, qui joue dans une zone très particulière du terrain. L’important, c’est qu’une équipe sache quelle est sa propre force. » Néanmoins, son Atlético n’est pas Levante : la défense joue relativement haut, Courtois a des consignes pour relancer à la main et les Rojiblancos ne « balancent » pas sur Falcao. Quand il le faut, l’Atlético sait tocar. Impossible de parler de football défensif : à ce rythme, l’Atlético terminerait la Liga avec 89 buts marqués.

Une équipe qui met « mal à l’aise »

Simeone reconnaît volontiers l’influence de Sven-Göran Eriksson, un homme de 4-4-2 : « J’ai eu un grand entraîneur, Eriksson, à la Lazio. Nous avions une grande équipe : Mihajlović derrière, Veron au milieu, Salas, Ravanelli, Mancini, Bokšić... Et Sven-Goran disait toujours : "Plus on a de possession, plus on donne du temps à l’adversaire pour se mettre à l’aise." Et c’est resté dans ma tête. » La ligne conductrice du travail de Simeone sur l’Atlético est la suivante : savoir mettre l’adversaire mal à l’aise, le faire déjouer, le forcer à tomber dans le désordre. Car les Rojiblancos, eux, sont à l’aise quand il n’y a pas de cadre : en quinze matchs, ils ont déjà récolté 40 cartons, et très souvent avec le sourire… En clair, agresser les équipes qui aiment utiliser le ballon, rendre la balle rapidement à celles qui préfèrent attendre derrière, et enchaîner rapidement les séquences de jeu quitte à tomber dans un faux-rythme. Rien de surprenant après tout : la spécialité de Diego Simeone a toujours été de rompre l’équilibre du milieu de terrain adverse.

Chelsea se noie dans la recherche d’une possession de balle stérile ? L’Atlético laisse faire. Bielsa se base sur une relance rapide par les côtés ? L’Atlético va venir agresser les latéraux basques jusqu’à déséquilibrer tout le système de l’Athletic. Dans cette configuration, l’équipe de Diego Simeone obtient logiquement des résultats incroyables dans les matchs à élimination directe : entre l’Europa League et la Coupe du Roi, le bilan est de 13 victoires en 13 matchs, 33 buts marqués et 6 encaissés ! Tremble, Ligue des champions… En Liga, l’Atlético a néanmoins connu des difficultés : Levante, Valence et le Real Madrid ont su gêner Simeone en le forçant à « faire » la rencontre, tandis que le Barça a montré qu’un saut de qualité était nécessaire en défense pour jouer parmi les plus grands.

Quels hommes pour quel(s) système(s) ?

Simeone fait confiance au quatuor défensif de la saison passée (Juanfran, Miranda, Godín, Filipe Luis), et surtout à sa paire de milieux défensifs : Gabi et Mario Suárez. « Ils impriment le rythment d’une équipe. Quand Gabi va bien, quand Mario va bien, quand Tiago va bien, l’équipe fonctionne. » L’an passé, le meilleur Atlético avait été le 4-2-3-1 avec Falcao soutenu par Arda Turan, Diego et Adrian. Mais le départ de Diego a laissé un vide : « Dans notre effectif actuel, nous n’avons pas réussi à retrouver les caractéristiques de Diego. » Dans l’axe, on retrouve en alternance Arda et Raúl Garcia, revenu d’une grosse saison avec Osasuna. Sur le côté, le Canterano Koke s’est imposé devant Cristian Rodríguez. Et si Emre déçoit (3 titularisations), la pépite Oliver Torres ne semble pas encore dans les plans du Cholo.

Mais la superbe forme de Diego Costa (17 matchs, 7 buts) tend à modifier le système en 4-4-2 (ou 1-1), au détriment d’Adrian (13 matchs, 1 but). D’une, l’Espagnol n’a pas eu de présaison et peine physiquement. De deux, le pressing, les courses et le sens du jeu du Brésilien sont l’une des raisons de l’épanouissement continu de Falcao (15 matchs, 19 buts), qui n’a toujours pas eu besoin de disputer la moindre minute européenne. Simeone a un plan de saison bien précis : « L’Atlético joue combien de matchs dans la saison contre le Real et le Barça ? Quatre, n’est-ce pas ? Cela veut dire que nous devons gagner les trente-quatre autres pour espérer gagner le titre. » Ils en sont à douze victoires sur quatorze. Mais même avec vingt victoires, l’Atlético n’aurait « que » 97 points, et finirait deuxième. Cruelle Liga.


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par Markus Kaufmann
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