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  3. // France/Espagne (0-1)

Les leçons tactiques de France-Espagne

« On a livré bataille (…). Et même à la fin, alors qu'on était en infériorité numérique, ils n'étaient pas tranquilles » . Didier Deschamps peut sortir de cette défaite la tête haute : ses Bleus se sont battus de façon intelligente et ordonnée, avec ponctuellement une certaine dose de virtuosité. Mais en face, l'Espagne était encore plus intelligente et plus vertueuse. Qui dit défaite dit leçons…

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Une feinte de Pogba, un retourné de Valbuena, une reprise de volée de vingt-cinq mètres de Matuidi. Dès les deux premières minutes, la France de Deschamps démontre aux champions du monde qu'elle en a dans le ventre. DD ordonne une ligne de cinq milieux extrêmement contraignante, le trio Pogba-Matuidi-Cabaye a la densité que l'on attendait, et aussi bien Xavi que Iniesta sont en retrait. Busquets en vient à rater une passe (vous avez bien lu) et se fait humilier par Ribéry. Les premières minutes sont folles, la France pousse là où il faut et l'Espagne ne contrôle pas.

Le Xabi Alonshow

Le défi des hommes de Del Bosque est alors de comprendre comment sauter la ligne des milieux français. Hyper mobiles, agressifs, intenses et appliqués, les Bleus donnent une impression de maîtrise intéressante. Cela dure cinq minutes. C'est la force des grands : ils peuvent douter, mais jamais très longtemps. La Roja met alors en scène un Xabi Alonshow, sorte de merveilleux ballet mêlant jeu long et coup d'œil. En décrochant loin du pressing bleu, le Basque se crée l'espace nécessaire pour dicter le jeu et donner de la logique aux mouvements des Rouges, alors que Cabaye reste concentré sur Xavi. A la 5e, le verrou français saute, Monreal est trouvé dans le dos de Jallet (déjà). La France aura beau y mettre tout son cœur, on comprend qu'il faudra être irréprochable défensivement. Et encore, cela pourrait ne pas suffire. Alonso alterne les services pour Pedro, Monreal et Villa, et l'Espagne avance dans le camp français. Xabi le bombardier rend alors les armes à Xavi et Iniesta, qui prennent la main pour engager les manœuvres de chasseurs.

Le savoir-faire Deschamps

Les turbulences passées, le match s'installe dans le schéma attendu : Del Bosque a le ballon et cherche patiemment la faille, Deschamps joue le rôle de l'opportuniste sérieux qui sait bien que ses munitions sont limitées. En défense, si les ballons dans le dos de Koscielny donnent des frissons, si Matuidi et Pogba se font parfois surprendre par les triangles imprévisibles dessinés par Alonso et Xavi, et si Pedro est toujours aussi malin dans la surface (à quand un statut de superstar pour le Canarien ?), l'ensemble tient sans trop souffrir. La bataille tactique du milieu de terrain est superbe. A la récupération, la France a les idées claires et les pieds habiles. Valbuena ne semble jamais brusqué, Pogba provoque des fautes, Ribéry, Cabaye et Benzema jouent rapidement à une touche de balle.

Le défi était là : ne jamais se faire asphyxier, et rester dangereux. A la 40e minute, on peut même croire à un exploit de l'expert Deschamps : les Bleus ont su gérer le temps faible de la 10e à la 35e minute, et jouent leur carte à fond à chaque baisse de régime espagnole. Il y a ce corner joué à la rémoise qui met en difficulté Xavi et oblige Valdes à sortir, ou encore ce long ballon de Valbuena dans le dos de Piqué. On ne le dira peut-être jamais assez, mais Ribéry – tout juste remis de blessure – confirme qu'il est bien le plus fort des Gaulois : au pressing, en couverture, au dribble, Franck élimine, gagne ses duels et part à la guerre à chaque contact. Un phénomène (à qui L'Equipe donne la note de 5…). La copie est satisfaisante : cette France est intelligente, organisée, simple. Mais limitée…

Des limites coûteuses

Sur attaque placée, les Bleus n'existent pas dans le camp des Rouges. Seules la vitesse et la surprise de la contre-attaque donnent une chance aux Bleus. Dans ces situations, tout va bien tant que le ballon reste au contact des orteils de Ribéry, Benzema et Valbuena. Quand les renforts arrivent, tout se complique. Forcément déséquilibrée à gauche, la composition veut que Jallet vienne prendre son couloir à chaque occasion. Résultat : de la quantité et des courses. Mais aucun danger. Rien. Alors qu'Evra est tout aussi maladroit, Monreal l'est beaucoup moins, surtout quand on le laisse seul dans la surface… Pour mesurer la différence de niveau des deux équipes, comparer le niveau de ses supposés maillons faibles est révélateur : Arbeloa et Monreal ont donné une leçon à Jallet et Evra, que ce soit par leur justesse technique ou dans l'intelligence de leur compréhension du jeu.

Les cas Benzema et Cabaye


« On a pu le trouver dans le jeu et il a fait des choses intéressantes » , dira DD sur Benzema. Karim a fait son match, tout en déviation, coup d'œil et relais. Très bon dans la remontée du ballon, on peut lui reprocher de ne pas être allé se placer dans la surface sur les rares attaques placées des Bleus, au-delà de ses deux frappes non cadrées. Mais la France n'a pas manqué d'occasions à cause de son positionnement. On a du mal à croire que Giroud aurait eu la même précision technique en transition.

Del Bosque avait appelé Cabaye le «  Xavi français  » à l'occasion du match aller. Victime de sa polyvalence, le Magpie a dû jouer hier le rôle de l'infatigable aboyeur du milieu. On le sait capable de dicter le tempo d'une équipe, d'alterner jeu long et court, et de se projeter vers l'avant, mais entre les montées de Matuidi, les initiatives de Pogba et la concentration de ballons sur Valbuena, Cabaye est clairement sous-exploité dans ce 4-3-3. Il faut donc y voir une marge de progression chez les Bleus plutôt qu'une méforme ou un manque de qualité individuelle.

Et le 4-2-3-1, alors ?

Cette sélection espagnole est bluffante d'expertise. L'entrée de Navas pour étirer le jeu et éloigner le ballon des Bleus, celle de Cesc pour plus de contrôle, ou encore les habituels raids d'Iniesta à gauche… Mais si un vrai ailier avait déboulé à droite sur tous les renversements de jeu français ? On peut se demander pourquoi les munitions Sissoko, Ménez et Giroud n'ont pas été utilisées plus tôt. Le côté droit français ne demandait que ça. Moussa Sissoko et sa conduite de balle « LeBronesque » , tout en contres favorables et en physique dévastateur, ou encore la présence de Giroud dans les seize mètres, auraient pu apporter l'anticonformisme nécessaire pour battre meilleur que soi. A la mi-temps, un changement vers le 4-2-3-1 avec Sissoko pour Cabaye/Pogba aurait peut-être changé la donne. Peut-être.

Par Markus Kaufmann À visiter :

Le site Faute Tactique

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