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Les leçons tactiques de Bayern Munich – Real Madrid

Assis depuis 2008 devant le film des succès de Pep Guardiola, nombreux sont ceux qui aimeraient voir apparaître le mot « FIN » . Certes, Pep a perdu devant son public, contre le Real, par quatre buts d'écart, sans se montrer capable d'inquiéter Casillas en 180 minutes. Mais si Pep a commis certaines erreurs inattendues, Carlo Ancelotti a une grande part de responsabilité dans la déroute munichoise. Une demi-finale aussi, cela ne se joue pas, cela se gagne.

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Alors comme ça, Pep Guardiola est devenu tout nul ?

Lui, le révolutionnaire tendance, le Catalan éclairé, l'esthète, l'anti-Mourinho, le préféré des gentils, a échoué. A la tête du tenant du titre, Pep a perdu 5-0 en demi-finale. Mais en premier lieu, il faut relativiser les responsabilités de Pep dans cet échec. D'une part, aucune équipe n'a jamais gagné cette formule de la C1 deux fois d'affilée : une demi-finale reste un bon parcours, toujours. Ce qui se discute, c'est donc la manière de sortir. D'autre part, qui sait si Heynckes aurait été capable d'éliminer ce Real capable de marquer sur ses deux premiers coups de pied arrêtés ? Peut-être que ce Real était de toute manière trop fort, ou trop chanceux. C'est aussi ça, la C1. Néanmoins, Guardiola a commis trois types d'erreurs décisives.

Pour commencer, il y a le choix de l'approche de ce match retour. Capitaine Lahm : « On n'a pas bien joué tactiquement, en installant un jeu ouvert bien trop tôt (…) Alors que l'on a contrôlé le match aller, aujourd'hui, on leur a donné un match allant d'un camp à l'autre, et ce n'est pas notre façon de jouer » . Le Bayern avait deux options : rendre ce match fou dès la première seconde, ou alors contrôler les contre-attaques madrilènes jusqu'au dernier quart d'heure, et pousser. Contrairement au Barça de Pep, ce Bayern n'aura jamais su être assez compact et étouffant à la perte du ballon, excepté lors du premier quart d'heure du match aller. Décédé cette semaine, Vujodin Boskov affirmait qu' « un grand joueur voit des autoroutes là où les autres ne voient que des sentiers » . Au lieu de limiter les espaces des Madrilènes et rendre leurs phases de transition irrespirables, les Munichois ont offert des autoroutes au trio Bale - Benzema - Cristiano. Était-il possible de faire mieux ? Cela nous mène au choix des hommes. Après l'échec de la position de Schweinsteiger au Bernabéu, Guardiola choisit Müller, et fait reculer Lahm à droite. Le Bayern s'offre plus de présence dans la surface (Ramos et Pepe ont systématiquement un joueur au marquage), mais pas plus d'imprévisibilité. Avec seulement 17 ballons touchés en une mi-temps, et très peu de duels gagnés, la présence de Mandžukić oblige le Bayern à jouer un football de possession comme s'il était en infériorité numérique. La force du Barça, c'est la mobilité. Xavi, Pedro, Iniesta, Messi. Hier, seul Müller proposait ce type de mouvements.

Alors, vient la question du choix du 4-2-3-1. On peut se demander pourquoi conserver deux joueurs (Kroos et Schweinsteiger) pour gérer la manœuvre alors que la zone où le Bayern perd ses ballons et laisse le Real relancer est le troisième quart du terrain, devant la surface madrilène. S'il n'y a qu'un Busquets, l'option Martinez en 6 aurait pu donner plus de liberté(s) offensive(s) aux autres milieux bavarois, d'autant plus que le pressing du Real était plus intense sur les côtés. Avec Götze et Müller, le Bayern aurait un visage plus offensif. Enfin, a posteriori, Guardiola a certainement eu tort de faire de ce match un combat entre la possession et le contre, tout simplement parce que son Bayern est encore en phase d'apprentissage : « Je comprends seulement le football à travers la possession, pas avec huit joueurs qui attendent derrière. » Appeler les joueurs adverses des « athlètes » , refuser tout plan B et ne pas tirer de leçons de la défaite contre l'Inter en 2010 n'était peut-être pas une bonne idée…

« Le plus important, c'est comment on commence le match »

Carlo Ancelotti l'avait annoncé : « Le 4-4-2 ou le 4-3-3 ne changent pas beaucoup la dynamique du match. Le plus important, c'est comment on commence le match » . Et le Real aura donc commencé son match avec deux buts sur coups de pied arrêtés, tout en continuant à presser. Dans le paysage actuel des entraîneurs de ce niveau, Ancelotti peut être défini comme un expert des matchs de coupe. Et si de nombreux facteurs peuvent expliquer qu'il jouera à Lisbonne sa quatrième finale de C1 en tant que coach – notamment la qualité de ses effectifs –, il semble indiscutable que Carletto a compris que cette compétition était avant tout une affaire d'hommes. Ancelotti n'a pas choisi un système, il a choisi des joueurs et les a écoutés. Les plus en forme, les plus aptes à faire le bon geste au bon moment. Isco en milieu gauche mercredi dernier, Bale en milieu droit hier soir.

Puis, viennent les idées : « On a essayé de faire un peu plus qu'au match aller, de mettre plus de pression devant et de jouer plus » . Un peu mieux, c'est la même chose, mais plus haut sur le terrain. Et donc « un match parfait » . Une fois les 10 premières minutes passées sans concéder d'occasion, avec un Bale plus appliqué que jamais en défense dans son couloir droit, et une "stérilisation" du jeu munichois sur les côtés (prise à deux voire trois avec l'apport de Modric et Alonso), le Real sort petit à petit de sa moitié. A la 5e minute, quand le Real obtient une première faute pour respirer au milieu, alors que le rythme de la rencontre est frénétique, Cristiano joue le coup franc rapidement. Tout un symbole : ce Real joue non seulement sans ballon, mais aussi sans se poser de questions. Et si Robben affirmera que les siens ont « attaqué dès la 1re minute, puis on a concédé deux buts sur coups de pied arrêtés, et non pas des contre-attaques » , on lui rappellera que les deux coups de pied arrêtés proviennent de remontées de balle rapides, communément appelées contre-attaques.

Passion, folie et désir d'universalité

« On a montré de la passion, de la folie et on a eu soif de succès, exactement ce qu'il faut en demi-finales de Champions League » . Jupp Heynckes, après avoir éliminé le Real Madrid en demi-finale de C1 en 2012. Cette passion, cette folie, cette soif, il semblerait que le Bayern les a troquées pour du sérieux, de la discipline, de la concentration. Peu importe si c'est pour un football de possession ou un jeu encore plus direct, Pep a rompu un équilibre. Or, celui-ci avait fait ses preuves. Et alors que Guardiola avait adapté l'effectif munichois (Thiago, Götze, Martinez), il n'a finalement même pas utilisé ses nouveaux instruments.


Quand Robben arrête sa conduite de balle alors qu'il pourrait tenter de passer entre trois joueurs, quand Kroos ne frappe pas alors qu'il pourrait, avec de la chance, la mettre en pleine lucarne, quand Schweinsteiger préfère remettre systématiquement sur un côté plutôt que de tenter quelque chose, le Bayern se perd plus qu'il ne perd. Et c'est le plus grave. Xavi l'a toujours répété : « Je joue ainsi parce que je ne sais pas faire autrement » . Peut-être que le Bayern n'aurait pas pu gagner, mais il aurait pu jouer différemment. La faute à une direction qui a péché par désir d'universalité. Le premier à avoir voulu devenir le Barça, c'est Beckenbauer.

En Espagne comme ailleurs, on ne retient que le résultat

Mourinho mettait Casillas sur le banc, et Ancelotti le fait aussi. Mourinho composait avec les caractéristiques de ses joueurs, et jouait le contre, et Ancelotti le fait aussi. Mais Ancelotti est un fin politicien, et sa tranquillité aura eu raison de la « prostitution intellectuelle » de la presse madrilène. « Avec des joueurs comme Bale, Benzema et Cristiano, c'est plus difficile de jouer un football de possession, on doit chercher des espaces, et jouer la balle vers l'avant plus rapidement. Le football est beau pour ça, tout le monde a ses propres idées » . Dans la bouche de Mourinho, ces mots auraient été interprétés comme une menace de mort au roi Juan Carlos et à l'esprit du tiki-taka. Aujourd'hui, tout Madrid salue le génie tactique et la lucidité d'Ancelotti. Après tout, Machiavel n'était pas portugais. Mais si Carletto a largement profité du travail de Mourinho, héritant d'un groupe triple demi-finaliste de C1, l'Italien a non seulement eu le mérite de choisir le bon moment pour atterrir à Madrid, mais a aussi su apporter de la sérénité à un groupe qui en avait besoin.

Ce calme, c'est ce qui lui donne le droit de gagner avec 22% de possession au Bernabéu, en marquant sur deux contre-attaques de quelques secondes et trois coups de pied arrêtés. Finalement, on ne retient que le résultat, même en Espagne. Car si Ancelotti a fait jouer un milieu Modric-Alonso-Di Maria, c'est avant tout parce que Khedira s'est blessé au cours de la saison. Finalement, les héros du match sont Pepe et Ramos. Finalement, Illarramendi "subit" le même processus d'intégration que Modric sous Mourinho, et hier, le pourcentage de passes réussies des deux latéraux est explicite quant au « jeu » (dans le sens ibérique du terme) produit : 69% pour Carvajal, 59% pour Coentrao. En fait, Mourinho a construit ce Real comme Mancini avait construit son Inter. Comme quoi, la vie n'oublie pas. D'ailleurs, en finale de C1 à Istanbul en 2005, Xabi Alonso avait eu la chance miraculeuse de voir son pénalty repoussé dans ses pieds par Dida. Neuf ans plus tard, il a la malchance d'être bêtement suspendu. Alors, que dirait-on si Ancelotti gagnait la Décima en faisant jouer Pepe devant la défense ?

Par Markus Kaufmann À visiter :

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