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Les leçons tactiques d'Espagne-France

En ce lendemain de match nul victorieux, la France du football sourit : sa sélection nationale a réalisé une belle performance, avec le cœur. Tâchons de ne pas y déceler la réalisation d'un fantasme national qui aurait vu des Bleus « respecter enfin les valeurs du sport » : tout match de football est le résultat de nombreux rapports de force, qui ont tourné en faveur des Français en seconde mi-temps.

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Une première mi-temps logique


La première mi-temps a été celle que tout le monde attendait. Une Espagne patiente, sérieuse, souvent géniale, qui attaque une fois sur deux par le flanc gauche du trio infernal Alba-Iniesta-Pedro. La Roja s'inspire toujours autant d'autres sports : les écrans façon Kevin Garnett sur corner, et la possession de futsal (à voir, cette vidéo de MARCA.com sur le sujet). Elle marque une fois sur coup de pied arrêté et obtient un penalty sur l'une de ses nombreuses infiltrations dans la surface. Logique, en somme.

En face, les Bleus rendent une bonne copie : tous les coups sont joués à fond, comme le démontrent les montées volontaires de Debuchy et Évra au moindre espace. Il y a cinq joueurs dans la surface pour reprendre le coup franc de Cabaye qui amène le « but » de Ménez. La défense est solide, et enfin les courses de Ribéry et Benzema vont au bout, tout le temps, ce qui fait respirer le groupe et le pousse à jouer plus haut. On appelle ça le leadership par l'exemple (on ne parle que de terrain, hein), un rôle que Ribéry semble assumer parfaitement. Le seul qui était présent en 2006 (avec Landreau) et le plus capé, c'est bien lui.

Les Bleus ont-ils profité d'une contre-performance espagnole ?


En seconde mi-temps, l'équilibre s'inverse progressivement, et la dernière demi-heure est (presque) à sens unique. Les Français ont-ils été fantastiques, ou alors les Espagnols ont-ils été faibles ? Côté espagnol, nous avons trois explications. D'abord, les blessures. Avec un seul changement possible en seconde mi-temps (Silva et Arbeloa sortis), Del Bosque a une marge de manœuvre réduite. L'entrée de Torres tient d'ailleurs plus du sentiment que de la raison, qui aurait voulu voir Albiol prendre la place de Cesc, et Busquets monter au milieu. Car la seconde raison est tactique. En Espagne, on se demande encore les raisons de l'absence du double pivot Alonso-Busquets, sorte de verrou imprenable testé partout dans le monde. Seuls, Alonso et Xavi ont naufragé sous les assauts du pressing français. Enfin, le physique. On a vu l'Espagne abandonner ses habituelles cinq secondes de pressing intense, se replaçant à la perte de balle en un 4-5-1 inhabituel, et acceptant la domination française. Presque du jamais vu.

Un nouveau succès pour le 4-2-3-1


Dans les clés tactiques du match, on avait parlé de la capacité du 4-2-3-1 à gêner le tiki-taka en utilisant au mieux les espaces laissés par l'Espagne. D'une, son milieu offensif axial (Valbuena) dispose de trois appels devant lui à chaque récupération, d'où l'intensité de chaque contre-attaque. De deux, son marquage incessant sur le pivot d'en face (Alonso) fait monter tout le pressing des Bleus. Quand Gonalons attendait « au cas où » , Valbuena vient sonner la charge. Un joueur de moins en couverture, mais un de plus au pressing. À l'heure de jeu, tout change. Cabaye et Matuidi, dont il faut saluer le fait de ne pas avoir pris de carton jaune jusque-là, se débrouillent seuls à la couverture. Blaise, en particulier, réalise une performance qui aura rappelé celles de Makelele en Liga : dix interceptions, le double de tout autre joueur hier soir. Impressionnant.

À la 68e, deuxième coup gagnant de Deschamps : Sissoko pour Ménez. Un physique impressionnant et des courses qui comblent un niveau technique limité. À la moindre prise de balle du Toulousain, on croirait voir LeBron James en train de dribbler de façon aérienne les Espagnols. Et cela marche. Sissoko est si actif qu'il annule le côté gauche de Jordi Alba. D'après les stats, la France a même 52% de possession de la 65e à la 80e minute. Ces Bleus qui n'aiment pas faire le jeu seraient-ils en fait à l'aise avec le ballon ? Tout dépend des espaces, et de la zone de lancement de la création offensive. Avec le 4-2-3-1, c'est au niveau de Valbuena : le jeu est plus direct, démarre plus haut et crée une situation dangereuse à chaque récupération. À la 84e, après une perte de balle de Ribéry à gauche, ils ne sont pas moins de huit Blancs venus presser les Rouges sur un seul quart du terrain.

Des Bleus à leur niveau, ou des Bleus dans leur meilleur rôle ?


Cela fait maintenant des années que la France aime parler de la différence de niveau de ses stars en clubs et en sélection. Hier, Ribéry a crocheté Ramos, Benzema a fait danser Busquets, Matuidi est allé chercher le ballon dans les pieds de Xavi, Lloris a arrêté un penalty de Fàbregas, et Évra a fait mieux que tenir son couloir. Une hausse de niveau ponctuelle ? Pas vraiment. Hier, tous les joueurs Français étaient, en même temps, dans leur meilleur rôle. Matuidi devait récupérer et relancer vite. Valbuena devait ouvrir le jeu et presser Alonso. Ribéry devait courir, provoquer à gauche et centrer. Et Benzema devait venir chercher le ballon, lancer l'attaque et seulement ensuite prendre la profondeur. Ce n'est pas un hasard si le moins à son avantage aura été Cabaye, c'est-à-dire le Français le plus apte à jouer un football posé, face à une défense regroupée. Voilà donc une énième confirmation des affinités de cette équipe avec le jeu en contre. Selon l'adversaire, Deschamps devrait donc varier entre le 4-2-3-1 et le 4-3-3, comme en… 1998.

À visiter :

Le site Faute Tactique

Le blog Faute Tactique sur SoFoot.com


Markus Kaufmann
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En tout cas j'ai bien kiffé le match.
Südkurve28 Niveau : CFA
En tout cas tactiquement, la "cohésion d'équipe" à So Foot est particulière, vu les différences de jugements entre cet article et celui des notes d'après match par exemple. Je veux bien qu'il n'y ait pas de pensée unique au sein d'une rédaction mais quand même, accordez un peu vos violons les amis...
Cool de parler de Sissoko car son entrée en jeu a était impressionnante et son pressing, haut sur le terrain, a littéralement écrasé la relance espagnole. Quand à Valbuena tout a était dit. La fourmi atomique a donné le meilleur de son jeu!

Maintenant force est de reconnaître que les blessures en cours de jeu, les absences sur la feuille de match et la rentrée de Torres ont clairement joué en notre faveur. Au match retour il sera difficile de leur infliger une telle domination dans leur moitié de terrain même rien qu'une petite demi heure. Je pense qu'ils mettront le paquet sur leur point fort, le milieu de terrain. On vas souffrir chez nous comme on les a fait souffrir chez eux mais maintenant on sait qu'il ne faut douter de rien et jouer toujours plus haut sur le terrain plutôt que d'attendre de se faire corriger.

J'ai hâte.
Südkurve28 : Il y a deux sortes d'articles post-matchs à SoFoot. Les comptes-rendus tout pourris (Antoine Mestre si tu me lis...)+notes de matchs incompréhensibles...et les articles tactiques de Markus Kaufmann. Il semble que ce dernier soit le seul à apporter une véritable vision technique et professionelle du foot. Les autres rédacteurs (hors Eric Maggiori of course) du site ne font que du café du commerce.
Pourquoi accorder ses violons? Cet article est bon, l'autre est un torchon.
Perso, je suis fan de l'équipe espagnole. Et je ne l'ai pas vue déjouer comme ça depuis des années! Depuis 2006, en fait!

Pressing défaillant, erreurs techniques à gogo, fébrilité, "inoffensivité", etc...

Alors est-ce l'EdF qui est redevenue une grande équipe? Ou est-ce l'Espagne qui s’effrite peu à peu?

Un peu des deux?

On verra lors des prochains matchs quelle est la vraie tendance.
"A la moindre prise de balle du Toulousain, on croirait voir LeBron James en train de dribbler de façon aérienne les Espagnols"

exaltante et osée la comparaison. Bien joué.
Aucune coherence avec l'article foireux des notes...
Peu importe, plutot que faire de la paraphrase tactique, il faut surtout souligner que l'Espagne domine aussi outrageusement parce que la peur empeche son adversaire d'essayer, de tenter, et de jouer...
Des que ca joue, l'Espagne recule, perd des ballons, et est tres souvent en danger.
Cette mi-temps de l'EDF, possible grace a Lloris en etat de grace, c'est plus qu'1 point, c'est un deblocage psychologique enorme, parce qu'au retour, la France ne va plus les regarder jouer pendant la premiere mi-temps.
Beaucoup de choses vont changer... y compris je suppose le public versatile qui va ptet enfin arreter de siffler ses propres joueurs...
Il me semble que c'est aussi la peur qu'inspirait l'EDF a sa grande epoque qui lui faisait gagner certains matchs. C'est aussi l'absence de peur qui signala la fin d'une epoque.. alors de la a dire que l'Espagne va redevenir "normale" voire avoir son Knysna, il y a un pas que je ne franchirai pas mais...
Si les milieux defensifs avaient valeur de Numéro 10 dans le jeu, on serait champions du monde ...

Une pensée pour Diaby qu'on oublie tous pendant qui soigne ses blessures.
Ahhh une bonne analyse tactique comme on les aime. Merci Mister Kaufmann
5redondo5 Niveau : DHR
En fait le sport de haut-niveau, c'est bien sûr du talent mais surtout le mental...
"Deschamps devrait donc varier entre le 4-2-3-1 et le 4-3-3, comme en… 1998"

Je croyais pourtant que l'équipe-type de 98 était le 4-3-2-1 ??! On m'aurait menti o_O
@ Enzato

Ne t'inquiète pas, je crois que beaucoup aurait aimé le voir hier soir, à la place d'un certain Maxime.
@ MaxMaga

Des absents sur la feuille de match? Tout autant que la feuille de match française..

Après je suis globalement d'accord avec toi. J'ajouterais qu'il est possible qu'il éprouvent une sorte de "peur". Car si tu fais le bilan des 2 dernières confrontations : tu perds 2 0 sans jouer; et puis quand tu joues tu les bousculent grandement (bien plus que les italiens en juin dernier pour le premier match de l'euro)
J'ai pas le souvenir d'avoir vu une équipe les bousculer de la sorte, seule la Croatie avait marcher "physiquement" sur les espagnols..
C'est vrai que Diaby se serait régaler dans ce genre de match, sa blessure n'est pas grave, espérons que ce ne soit qu'un accident et pas une rechute.

J'ai bien l'impression que Valbuena a gagné sa place dans l'équipe, que Menez va avoir de la concurrence, je l'aime bien mais depuis le début de la saison son niveau est moyen, du moins bien loin que son niveau de la fin de la saison dernière.

Et si Ribery et Benzema acceptent enfin de jouer avec Giroud, ca peut faire mal.

Je souligne aussi le bon match d'evra (même si le coté droit était plus simple que le gauche vu que Cazorla restait au milieu et arbeloa n'a pas la vitesse d'alba)
Les articles intitulés "les leçons tactiques" sont de fautetactique.com, ce qui explique leur pertinence
C'est clair, Valbuena surtout et Sissoko ensuite ont transformé le match. Effectivement, il y a différents facteurs: l'absence de Busquets qui rayonne habituellement au milieu, relégué à un poste qui n'est pas le sien, la fatigue du match en Biélorussie côté espagnol. Mais Deschamps a su parfaitement exploiter ces faiblesses en faisant rentrer Valbuena dans l'entrejeu au bon moment, celui où la France pouvait prendre l'ascendant physique. L'entrée de Sissoko allait dans le même sens. Même en perdant 1-0 l'équipe de France aurait rendu une bonne copie, mais là c'est encore mieux!
Maintenant il faudra transformer l'essai, c'est-à-dire à la fois prendre tous les points face aux "petits rivaux" et... rééditer l'exploit le 26 mars! En tout cas coup de chapeau à Matuidi, le meilleur Français avec Lloris hier soir.
Mais que faire de Benzema ?
Il semble très utile pour créer du jeu en attaque, et il aurait pu faire plusieurs passes décisives sans la maladresse de ses coéquipiers. Mais quand il joue comme ça il n'est pas en position de planter devant le but.
Il doit se retrouver peu ou prou dans la même zone que Valbuena, mais sans la même intensité au pressing.

Pour le dire autrement : est-ce que l'équipe n'est pas meilleure en jouant sur un schéma Valbuena-Giroud, plutôt qu'avec Benzema devant qui crée du jeu, mais ne plante pas ? C'est moins beau, plus limité techniquement, ça sent plus la sueur, mais il y a quelqu'un dans la boîte ?
Bon article de nouveau. Va falloir que je pense à mettre faute tactique dans mes favoris ...
La france à clairement été supérieur à l'espagne en seconde mi temps, et pour moi, ça aura été un bel échec du schéma tactique espagnol.
Alonso n'est pas un milieu défensif au sens propre du therme, il a toujours été alligné avec un autre MDF à ses côté (Marscherano au liverpool, Khedira au Real, Busquets en sélection) et on aura bien vu pourquoi.
Si Del Bosque veut jouer avec un seul MDF, ça doit être Busquets (habitué à le faire avec le FCB).
Vu qu'il préfère le double pivot et que Xabi Alonso est indéboulonnable dans son 11, il aurait du mettre Xabi - Busquets en MDF et Javi martinez en défense centrale auprès de Ramos.
Pour la France, comme le dit l'article, les changements ont vraiment complètement changé la physionomie du match. Gros match de Valbuena.
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