1. // Coupe du monde 2014
  2. // Finale
  3. // Allemagne/Argentine

Les leçons tactiques d'Allemagne-Argentine

« La finale, c'est du 50-50, mais d'un point de vue passionné, je sais que l'Argentine va gagner aux tirs au but. » À quelques minutes près, à quelques centimètres près, Diego Simeone aurait pu avoir raison. Lui qui connaît si bien les finales, il avait certainement tout vu : les hommes de Sabella allaient résister au travail de l'Allemagne, voire plus. L'Argentine aura fait bien plus que résister : elle aura eu les occasions. Une finale d'hommes, plus de coups que de buts, plus de Mascherano que de Messi, et surtout plus de Schweinsteiger que de Müller. Après toutes ces années, l'Allemagne aura enfin réussi à combiner le jeu et la victoire.

Modififié
7 21
Dans son édition du samedi 12 juillet, le quotidien argentin La Nacion publiait un article intitulé : « Comment est-il possible de gagner contre l'Allemagne ? » Dans le papier, l'Allemagne était présentée comme une équipe puissante, « la plus complète du tournoi » , que l'Argentine ne pouvait battre que d'une manière : en la prenant à la gorge. Il fallait exercer un pressing haut, forcer Boateng à l'erreur, proposer un bloc compact, et donner des solutions aux passes de Messi et aux centres de Lavezzi. Alors ? Alors, Sabella n'a écouté que son cœur pragmatique. Encore une bataille bloquée à 0-0, mais des idées claires, des schémas précis, et une Argentine pas loin de se sacrer avec Demichelis, Romero, Biglia et Rojo dans son onze. Un exploit.

La simplicité argentine semble battre l'élaboration allemande


Chacun à sa manière, les deux équipes auront fait honneur au Maracaña, ce temple du football. Les Allemands avec le jeu élaboré, les passes appuyées, les contrôles précis. Les Argentins avec le cœur, la combativité, le désir de surprise. Alors qu'il semblait certain que le favori allait décider du sort de cette finale, les premières minutes montrent un autre scénario : le sort de cette finale est entre les pieds argentins. En clair, l'Argentine a besoin de rigueur tactique pour résister aux Allemands, et d'exploits individuels pour les battre. En face, l'Allemagne doit jouer son jeu, mais ne pourra rien faire si l'Argentine remplit les deux conditions énoncées. La vitesse de Messi face à Hummels fait peur aux Allemands, tout comme les deux récupérations axiales argentines dans les dix premières minutes. Le pressing argentin se veut patient, Higuaín fait les efforts pour deux – lui et Messi – et les capacités de Pérez et Lavezzi à se projeter vers l'avant et à gagner leurs duels rendent l'exploit possible.

Mais si l'on parle d'exploit, c'est bien parce que cette Allemagne est allée bien plus loin dans la maîtrise de son football. Une équipe qui joue les yeux fermés et des joueurs qui se connaissent. Seulement, ce jeu et cette élaboration ont besoin de temps et de précision, alors que les contre-attaques argentines n'ont besoin que d'une direction. À la demi-heure de jeu, l'Argentine s'est déjà créé trois situations de but, alors que les Allemands ont dû faire un changement et doivent faire avec deux cartons jaunes pesants (Schweinsteiger et Höwedes). Malgré le talent et les années de travail, l'équipe ayant le positionnement le plus clair se montre la plus dangereuse en début de match.

La deuxième demi-heure offre un match nul génial


Alors, parce qu'ils ont d'immenses ressources, les Allemands se mettent à varier. Puisque leurs centres ne prennent pas le meilleur sur Garay, un vrai géant jusqu'au bout, il faudra passer par l'axe. Un long ballon vers Klose, puis quelques possessions volontairement avortées. Dans le dernier quart d'heure de la première mi-temps, plus l'Allemagne joue directement, moins elle perd le ballon dans l'axe, et plus elle est dangereuse. Quand il envoie sa tête sur le poteau, Höwedes semble voir sa vie passer devant ses yeux. Après la France et le Brésil, l'Argentine passe à deux doigts de succomber à un coup de pied arrêté allemand. L'arme des plus forts. Finalement, plus l'Allemagne installe un football de transitions rapides, moins l'Argentine parvient à développer ses contres : la fin du dogme de la possession de balle ?

C'est peut-être le seul moyen de comprendre le changement de Sabella à la mi-temps. Alors que le Pocho Lavezzi avait offert une première mi-temps pleine d'initiatives, d'intelligence et de malice, en adéquation parfaite avec le plan de jeu argentin, le Mister fait entrer Agüero. Les mauvaises langues diront qu'il s'agissait de mettre Messi dans de meilleures conditions. D'autres voudront croire que Sabella avait l'intention de garder le ballon plus longtemps. Seulement, Agüero n'est pas dans la même forme que Lavezzi. Paradoxalement, l'échec de ce changement donne raison à Sabella : non, l'Albiceleste n'aurait pas mieux joué avec Carlos Tévez, dont les mouvements se rapprochent de ceux du Kun. Finalement, aux points, le premier quart d'heure est tout de même gagné par les Bleus : Higuaín est hors jeu d'un poil, Messi est mis sur orbite, mais tire à côté, et Neuer offre un pénalty à un autre bon appel de Pipita. L'arbitre, qui ne voulait pas trop peser sur la rencontre, refuse de voir la faute. 0-0 à l'heure de jeu.

La tension bat Messi, et les autres


C'est le moment où l'on comprend que le match ira à la prolongation. Miroslav Klose revient dans son propre camp pour défendre au sol, Mascherano se voit contraint de réaliser une superbe faute tactique après une perte de balle maladroite. Tout devient très sérieux, très calculé. À ce moment-là, ni l'élaboration allemande ni la spontanéité argentine n'ont suffi. Ce n'est pas un hasard si cette finale de Coupe du monde est la troisième d'affilée à aller jusqu'à la prolongation. D'une part, les équipes sont bien préparées. Que ce soit la France, l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne ou les deux acteurs d'hier soir, aucun ne s'est trompé sur son jeu. D'autre part, la tension bat le talent. Comme Zidane n'avait pas su tuer l'Italie, Robben avait échoué contre l'Espagne, et Messi a perdu contre l'Allemagne.

En 1986, Diego Armando Maradona lui-même avait lamentablement envoyé son premier contrôle en touche. Cinq minutes après le premier but allemand, il avait aussi maladroitement fait avorter une contre-attaque pourtant destinée à faire naître le troisième but décisif argentin. Un vulgaire contrôle raté. Mais à 2-2, après une multitude de rebondissements, c'était son coup d'œil qui avait envoyé Burruchaga dans l'histoire pour signer le 3-2 victorieux. Hier soir, Messi n'aura pas été aidé par Higuaín, Palacio et Agüero, mais il ne les aura pas aidés non plus. Pas assez de touches de balle, trop peu d'initiatives. Pour que Messi brille, peut-être que l'Argentine aurait dû avoir le ballon. En conférence de presse, Löw se dira très fier du cas Messi : « On ne l'a pas laissé courir. » Tout comme Robben s'est vu annulé par la défense argentine en demies, peut-être que le 10 argentin a souffert du marquage allemand en finale. Ou alors, peut-être que le génie du gaucher a perdu contre le contexte extraordinaire dans lequel il aura été plongé. S'il avait su concrétiser sa seule occasion, il aurait été inhumain. Pour sa défense, il faudra rappeler que l'implacable Müller, que l'on voyait jusque-là partout, aura aussi disparu. Mais l'Allemand n'a jamais eu le destin d'être autre chose qu'un humain.

Löw avait plus de cartouches


Comme souvent, les finales appartiennent non pas aux étoiles, mais aux hommes du milieu. Schweinsteiger, en tête, aura pesé jusqu'au bout malgré le courage de Mascherano. Alors que Sabella envoie le pauvre Higuaín au repos, lui qui se sera battu jusqu'au bout, malgré sa maladresse impardonnable de la vingtième minute, le pressing argentin retrouve des couleurs. Mais la possession bleue manque de fluidité. Mascherano et Biglia jouent très bas, les manœuvres manquent de spontanéité, malgré l'application de milieux courageux. D'une part, l'Argentine tire un trait sur les exploits individuels quand Palacio se complique la vie devant Neuer. D'autre part, les mouvements imprévisibles et intelligents de Schürrle font terriblement souffrir les replacements de la défense argentine, et la rigueur tactique devient de plus en plus dure à tenir. En face, dès que l'Allemagne reprend le dessus, elle gagne du terrain. En réaction, Sabella fait entrer Gago pour Pérez. L'Argentine réagit, l'Allemagne dicte le jeu. En 1986, l'Argentine avait pris l'initiative : Matthaüs suivait Maradona, qui était sans cesse suivi par deux, voire trois dobermans. Plus frais, malgré un changement lâché en début de match, Löw conserve assez de cartouches pour faire entrer Götze à la 88e. Alors que la paire Garay-Demichelis avait aimé s'occuper des cas Van Persie et Klose, l'histoire est différente avec le profil rapide du Super Mario d'un soir. Et dire que Reus n'était pas là...

Par Markus Kaufmann, à Buenos Aires À visiter :

Le site Faute Tactique

Le blog Faute Tactique sur SoFoot.com
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

La tactique...tu peux avoir la tactique que tu veux,quand tu fais rentrer Palacio et Aguërro...
"...et dire que Reuss n'était pas là....Et dire que Tevez n'est ait pas là
Note : 10
"... et Neuer offre un pénalty à un autre bon appel de Pipita. L'arbitre, qui ne voulait pas trop peser sur la rencontre, refuse de voir la faute. 0-0 à l'heure de jeu... "

Faut arrêter le weed argentin Markus, Neuer sort boxer le ballon, ton Pipita est en retard mais y va quand même. Pour une fois, l'arbitre a pris une bonne décision.
Message posté par gazole
La tactique...tu peux avoir la tactique que tu veux,quand tu fais rentrer Palacio et Aguërro...


C'est vrai que c'est un réel handicap d'avoir sur son banc deux buteurs dans le top 5 de leurs championnat. C'est pas la qualité intrinsèque des joueurs offensifs qui a fait perdre l'Argentine, loin de là. C'est le manque d'esprit collectif et de créativité au milieu, ajouté au fait qu'en face, l'Allemagne ne les laissait pas jouer. Parce que franchement, pas mal d'équipes dans cette Coupe du Monde auraient aimé pouvoir faire rentrer des joueurs comme Palacio et Aguero dans un match.
Note : 4
Message posté par Spiroid


C'est vrai que c'est un réel handicap d'avoir sur son banc deux buteurs dans le top 5 de leurs championnat. C'est pas la qualité intrinsèque des joueurs offensifs qui a fait perdre l'Argentine, loin de là. C'est le manque d'esprit collectif et de créativité au milieu, ajouté au fait qu'en face, l'Allemagne ne les laissait pas jouer. Parce que franchement, pas mal d'équipes dans cette Coupe du Monde auraient aimé pouvoir faire rentrer des joueurs comme Palacio et Aguero dans un match.


Certes mais ils ont marqué combien de buts à eux 3 Higuain, Aguero et Palacio ? 1 seul. C'est pas le tout d'avoir des joueurs de qualité, s'ils se chient dessus en phase finale, ça sert à rien.
Ahmed-Gooner Niveau : National
Note : 3
Message posté par Pig Benis


Certes mais ils ont marqué combien de buts à eux 3 Higuain, Aguero et Palacio ? 1 seul. C'est pas le tout d'avoir des joueurs de qualité, s'ils se chient dessus en phase finale, ça sert à rien.


Non mais avec l'animation offensive proche du néant qu'à présenter l'Argentine tout au long du tournoi, c'est un peu normal de voir des attaquants inefficaces.

Après on peut toujours reprocher à Higuain son face à face raté hier, et à Palacio ses 2 face à face hier et face aux Pays-Bas, mais n'empêche qu'ils ont eu que très très peu de ballon à se mettre sous la dent.

Quand Sabella fait rentrer Gago, Löw fait rentrer Götze, ça résume tout.
Message posté par Pig Benis


Certes mais ils ont marqué combien de buts à eux 3 Higuain, Aguero et Palacio ? 1 seul. C'est pas le tout d'avoir des joueurs de qualité, s'ils se chient dessus en phase finale, ça sert à rien.


Mais ça, tu peux pas le savoir avant qu'il soit trop tard.
Message posté par Ahmed-Gooner


Non mais avec l'animation offensive proche du néant qu'à présenter l'Argentine tout au long du tournoi, c'est un peu normal de voir des attaquants inefficaces.

Après on peut toujours reprocher à Higuain son face à face raté hier, et à Palacio ses 2 face à face hier et face aux Pays-Bas, mais n'empêche qu'ils ont eu que très très peu de ballon à se mettre sous la dent.

Quand Sabella fait rentrer Gago, Löw fait rentrer Götze, ça résume tout.


Ils en ont eu suffisamment pour marquer au moins un but. L'Argentine jouait en contre, la défense faisait son boulot, c'était préparé donc c'était aux pointes de se montrer efficaces. Tu peux louper une fois mais pas 2 bordel.Et chaque match en plus! Ce Palacio il mérite la chaise électrique,
Note : 1
En même temps, c'est le propre du grand avant-centre de ne pas avoir besoin de 5 occasions pour mettre un but. Higuain, Palacio et Aguero n'en font pas partie, ça se saurait depuis le temps.
cavibomba Niveau : DHR
Aguero a été en dessous de tout à chaque fois qu'il a été sur le terrain. C'est pas en finale avec toute la tension que cela comprend qu'il allait devenir décisif.
Quant à Tevez il avait largement sa place dans cette équipe n'en déplaise à l'auteur car lui au moins était en pleine possession de ses moyens.
Franchement les attaquants argentins ont été envoyé à l'abattoir sur ce match. Personne pour venir créer un surnombre ni un dédoublement. Peut être que les milieux avaient trop de boulot pour le faire. Ceci dit j'ai rarement vu des attaquants si peu travailler pour l'équipe. "Demerdez vous et envoyez nous le ballon" en gros.
Du jamais vu dans le foot moderne.
Message posté par lindo
"... et Neuer offre un pénalty à un autre bon appel de Pipita. L'arbitre, qui ne voulait pas trop peser sur la rencontre, refuse de voir la faute. 0-0 à l'heure de jeu... "

Faut arrêter le weed argentin Markus, Neuer sort boxer le ballon, ton Pipita est en retard mais y va quand même. Pour une fois, l'arbitre a pris une bonne décision.


Ah merci, je commençais à désespérer de voir mon entourage penser qu'il y avait faute...
Note : 3
Il y a aucune leçon tactique a retenir de cette finale , ni Low ni Sabella sont de grand tacticien !

Si ce bidon de Benzema tire une fois dans un coin la France passe contre l'Allemagne , au lieu de lui tirer a chaque fois sur le gardien !

Si ce bidon de Higuain tire une fois dans un coin l'Argentine gagne contre l'Allemagne , au lieu de faire ce tir écrasé de merde !


Moralité de l'histoire , si l'Allemagne est championne du monde c'est de la faute de 2 Français et du Real Madrid ayant eu ou ayant , des avant centres pourrit !

Désolé , c'était mon message amer aigre doux , ne pas m'en vouloir , j'ai toujours pas digérer ..
Joshua_is_a_tree Niveau : CFA
C'est bien ça, avec la victoire de l'Allemagne, je peux enfin ressortir mon arrière arrière grand père, j'en avais marre de faire semblant d'être espagnol.
On a pas assez parlé de Schürrle à mon gout qui fait quand même une coupe du monde de déglingo en tant que Supersub. Il change souvent le visage de l'Allemagne et finit avec 3 buts et une passe dé en finale. Not so bad
Message posté par gazole
La tactique...tu peux avoir la tactique que tu veux,quand tu fais rentrer Palacio et Aguërro...


Et tu fais surtout sortir Lavezzi à la mi temps, alors qu'il est le seul argentin à prendre le ballon et le porter en attaque, en soutien de Messi.
J'avais cru que c'était parce qu'il était blessé mais non, c'est bien un choix tactique, probablement la plus grosse erreur de coach de ce mondial.
Pendant ce temps, Löw, tout sceptique que je puisse être à son égard, fait rentrer Schurrle (attaquant) à la place de Kramer (MD) qui était dans les choux.
Message posté par lindo
"... et Neuer offre un pénalty à un autre bon appel de Pipita. L'arbitre, qui ne voulait pas trop peser sur la rencontre, refuse de voir la faute. 0-0 à l'heure de jeu... "

Faut arrêter le weed argentin Markus, Neuer sort boxer le ballon, ton Pipita est en retard mais y va quand même. Pour une fois, l'arbitre a pris une bonne décision.


Y a pas vraiment de weed argentin. Ici on fume surtout de la paraguayenne - pas géniale, compressée, comme la togolaise des années 80 à Paris.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
7 21