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Les larmes des romantiques

Le foot peut être cruel. Un samedi soir, à Milan, il l'a peut-être été plus que n'importe où en sacrant le Real Madrid de Zidane face à l'Atlético de Diego Simeone au terme d'une séance de tirs au but. Madrid a une nouvelle fois choisi ses couleurs, et pour les Colchoneros, c'est déjà la troisième fois de l'histoire. Il faut pourtant se souvenir de cette aventure.

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Le football n’a pas de sentiments. Il déteste la justice, crache sur la normalité et se plaît à retourner les cœurs. Oui, parfois, le vaincu peut être plus beau que le vainqueur. Plus que jamais, l’histoire retiendra que le 28 mai 2016, au bout de la nuit milanaise, l’amour a perdu son sens en grignotant sur une peinture blanche les espoirs d’une bande. Certainement la plus valeureuse du début de siècle et certainement aussi l’une des mieux organisées. Le sport ne jure que par le palmarès, mais il faut parfois regarder les tableaux.

Le tableau de chasse, avant tout, et celui de l’Atlético de Madrid version 2015-2016 est intouchable : le Barça étoilé en quarts de finale, le Bayern de Guardiola en demi-finales et la raison avec. Diego Simeone est un homme de mots, et quand il parle, on l’écoute : « Ici, les gens vous en voudront pour votre nonchalance ou votre manque d’ambition, jamais pour une défaite. » Certaines sont plus difficiles à avaler que d’autres. Il ne jure que par « la passion » . On le dit manipulateur, tricheur. Et s'il était simplement joueur ? Le genre de joueur qui avance avec ses armes : le cœur, l’agressivité, l’intensité, la solidité. Car l’ambition, cette fois, il l’avait. Plus que jamais.

Le cœur et la raison


L’histoire retiendra aussi que l’Atlético a finalement dérapé en abordant la dernière marche de son rêve. En ratant complètement la première période de sa finale contre le Real d’abord, laissant Casemiro briller, libre de la pression ordinaire de Gabi et Augusto Fernández. Et Koke a repris progressivement l’axe, l’Atlético a accepté de se désorganiser avec l’entrée énorme de Yannick Carrasco et s’est mis doucement à revivre malgré la mort progressive d’Antoine Griezmann, qui a raté un penalty après avoir tenu pendant longtemps à lui tout seul les espoirs de son équipe. Le Français se repassera certainement pendant un moment le terrible bruit du cuir qui s’éclate contre une barre. C’est un détail du scénario, comme cette égalisation de Carrasco, le bisou à madame et le match héroïque livré par les hommes de Simeone à l’image du visage déchiré de Juanfran à la fin de la rencontre. Le football peut être moche, la victoire aussi, et ce sacre du Real Madrid de Zidane entre dans cette catégorie. C’est comme ça, c’est difficile, mais bravo à ZZ, car une finale n’est belle que quand on la gagne.


Reste que cette campagne de l’Atlético laisse un goût d’inachevé. Et si, pour une fois, le romantisme pouvait être plus fort que le pragmatisme ? Et si le cœur pouvait gagner sur la raison ? On aurait aimé, on aurait tant aimé. Pour ne pas voir Griezmann finir en larmes dans le costume serré de Diego Simeone, pour ne pas voir l’entraîneur argentin s’agiter dans le vide, pour ne pas que tout ce travail s’effondre sur une séance de tirs au but qui laisse un sentiment final assez dégueulasse. Alors oui, on ne retient que les vainqueurs, mais ce soir, il faut statufier les perdants.

Cet Atlético était un éloge contre la pensée dominante, le supporter, c'était accepter de souffrir et se lever contre la domination outrancière. Il y a quelques mois, dans un entretien donné à So Foot, Koke avait les mots justes : « L’individualisme est l’antithèse de l’Atlético. » L’été dernier, Simeone avait accepté de travailler sur sa personne et ses idées pour faire avancer son groupe. Il y est arrivé, plus que jamais, malgré les larmes. Le football doit se souvenir de cet Atlético. Pour que les romantiques ne s’éteignent pas. Car Atlético, « tu es laid, et tu ne connais pas ta chance : au moins, si on t’aime, c’est pour une autre raison. »

Par Maxime Brigand
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