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Les joueurs qui attrapent le ballon en tombant

Ce sont des gestes ou des attitudes qui énervent. Qui sont insupportables. Qui rendent dingue tout supporter au stade ou devant sa télé. Et franchement, comme dirait Édouard Balladur : « Je vous demande de vous arrêter. » Septième épisode, les joueurs de champ qui prennent le ballon dans les mains en tombant.

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D'où cela vient ?


De la nature humaine, évidemment. Qui est mauvaise, comme l'a théorisé Hobbes, en affirmant que cette dernière est caractérisée par « la peur continuelle et la crainte d’une mort violente ; et la vie que l’homme mène est solitaire, misérable, désagréable, sauvage et brève » . Ramenées à la condition du footballeur, les paroles de ce bon vieux Thomas se traduisent par une peur constante de la défaite, la victoire étant la seule condition pour que ce dernier s'épanouisse. Ce qui le pousse à user de tous les artifices que les règles de la FIFA lui autorisent. Comme, par exemple, lorsqu'il est bousculé, s'écrouler en prenant soin de s'emparer du ballon avec les mains avant même que l'arbitre ait signalé une faute. Ne lui laissant pas d'autre choix que de lui accorder un coup franc.

Pourquoi c'est insupportable


Parce que c'est de l'anti-jeu. Et parce que dans ce type de situation, c'est le joueur qui s'adjuge le droit d'arbitrer. Au moment où le chenapan ramène le ballon vers lui avec la main, l'arbitre n'a pas eu le temps de prendre sa décision. Ou s'il l'a prise, n'a pas eu le temps de la signaler. Et comme jamais il n'ose signaler une main... Le plus insupportable étant les cas où le joueur qui obtient le coup franc se relève en levant le pouce vers l'homme en noir, l'air de dire « c'est bien mon petit, t'as pris la bonne décision » . La condescendance poussée à son paroxysme.

Qui l'incarne le mieux ?


Dans les années 2000, ce sont les Brésiliens de Lyon et Bordeaux, Juninho et Wendel, qui ont le plus usé de cette technique de truand. Et c'est tout sauf un hasard, si les deux lascars étaient des spécialistes dans l'art d'arroser les lucarnes. Bien souvent, c'étaient eux-mêmes qui décidaient quand, et depuis quel endroit, partirait leur ogive. Aujourd'hui, la pratique s'est généralisée. La banalisation est telle que plus personne ne relève la filouterie. Il est temps que cela change.

Comment faire pour que ça s'arrête ?


Obliger les arbitres à prendre leurs responsabilités, et à siffler une main à chaque fois que le cas se présente. Tout simplement. Et à distribuer l'avertissement qui accompagne toute main volontaire, ou tout acte d'anti-jeu caractérisé, car c'est bien de cela qu'il s'agit. Au bout de trois journées de championnat, le problème serait réglé. Ou presque. Le Paris Saint-Germain servirait évidemment de cobaye – comme lorsqu'une tentative de réglementation des ceinturages de défenseurs sur les corners avait été tentée – et mènerait une campagne médiatique dénonçant l'acharnement dont il est victime, et tout redeviendrait comme avant. On ne lutte pas contre la nature humaine (qui encore une fois, est mauvaise).

Pourquoi ça peut précipiter la fin du monde ?


Parce que la loi est la même pour tout le monde, et qu'on ne peut pas la faire respecter soi-même, sans en être le dépositaire, et ensuite en récolter les bénéfices. Sinon, cela s'appelle le Far West, et cela se termine par un génocide. Et quelques années après, on élit un pPrésident prêt à balancer des missiles sur tous ceux qui s'opposent à lui.

Faites entrer les accusés


Matthieu Dossevi (milieu offensif du Standard de Liège)
« Cela fait partie des mœurs du foot. La plupart du temps, l'arbitre gère bien ce type de situation, c'est quelque chose qui arrive lorsque la faute est flagrante. Et puis quand ce n'est pas le cas, on peut dire que cela fait partie des petits vices du foot sans grande importance. »

David Bellion (brand manager du Red Star FC)

« Cela fait partie du jeu. La plupart du temps, les joueurs adverses ne contestent même pas, car la faute est évidente. En revanche, quand c'est sur un coup un peu louche, ce n'est pas normal de faire ça. En fait, c'est compréhensible lorsque c'est dans le cours du jeu, sur une remontée de balle. Dans ce cas, l'adversaire fait souvent une faute tactique pour casser le contre, c'est admis. Mais lorsque c'est aux abords de la surface, pour obtenir un coup franc dangereux, ce n'est pas normal, c'est vraiment pour influencer l'arbitre. Bon, quand je pense à ce genre d'action, j'ai directement Wendel qui me vient à l'esprit. Quel phénomène ! Il le faisait tout le temps. Et après, il se frottait toujours le crâne. »

Joël Quiniou (ancien arbitre international français)
« Lorsqu'un joueur tombe après un contact, il amplifie souvent le choc. Donc si en plus il prend le ballon avec la main pour forcer l'arbitre à siffler en sa faveur, bon... L'arbitre est dans le doute, donc s'il voit le joueur prendre le ballon à la main, il préfère s'en tenir à la première faute supposée, plutôt que de siffler main. Cela fait aussi partie du métier de footballeur, sans aller jusqu'à parler de vice. Pour les arbitres, le problème de ce genre d'action est de savoir s'il y a une vraie faute au départ. Elle peut être évidente ou anodine, sifflable ou pas. C'est toujours du 50-50, alors le fait de prendre le ballon à la main peut faire basculer la décision en faveur du joueur à terre. C'est de la malice. Le joueur ne peut pas avoir toujours raison, il ne faut pas tomber dans le jeu de ceux qui tentent d'abuser l'arbitre. »

Coefficient d'irritabilité




Par Mathias Edwards
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