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« Les jeunes sont exploités ! »

Live from Mexico, le regard de Patrick Gonfalone, sélectionneur des U17 français, en plein Mondial.

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Vos gars ont envoyé du jeu contre l'Argentine (3-0)...


Je souffre tellement de ne pas avoir des joueurs en bonne condition physique plus souvent. C'est le problème quand on les prend en plein championnat, surtout que beaucoup évoluent déjà en Cfa2 ou Cfa. Les jeunes sont exploités au maximum (par les clubs) ! Quand on les récupère en sélection, ils sont déjà fatigués. Ça nécessite un gros programme de récupération avant une phase finale. Du coup, j'ai du mal à avoir une continuité dans le travail tactique. Ils piochent énormément et passent près de la correctionnelle à cause du physique. Là, nous avons eu dix jours de préparation, c'est exceptionnel pour moi. On a économisé quelque énergie, assez pour élaborer notre schéma tactique. Contre l'Argentine, on avait les jambes pour le faire.

Ils sont donc capables de reproduire leur performance ?


On a vu ce que l'équipe peut faire : aller vite devant, faire la différence tout le temps. Sans jambes, on y arrive déjà, alors si les jambes vont bien... Je relativise un peu car l'Argentine n'était peut-être pas dans un bon jour. Mais nos intentions, nos courses et la disponibilité des joueurs étaient intéressantes.

Parlez-nous de votre équipe.


C'est la même ossature depuis deux ans, surtout la charnière Calvet-Zouma et les deux latéraux : c'est notre défense depuis le départ, un gage de sérieux. Eux aussi ont vécu des moments difficiles par manque de fraicheur. Le milieu a du talent avec le Parisien Yaisien. Lui, c'est Monsieur Plus. S'il est bien, l'équipe est à son diapason. Je cite aussi les attaquants Nangis et Benzia qui ont montré l'étendue de leur talent au premier match.

Le match d'aujourd'hui contre le Japon, c'est du gâteau ?


Un entraîneur ne peut pas dire ça. On ne sait jamais ce qui peut arriver, quelles seront les conditions, la réaction de l'adversaire... Le Japon est très appliqué mais on peut leur poser des problèmes.

Quel est votre objectif ?


Le premier, c'est de former. On la chance de jouer ce Mondial et de vivre ensemble une expérience très enrichissante. Je me place d'abord comme formateur, ensuite comme compétiteur. Donc le premier challenge, c'est la qualification. Mais j'ai dit aux joueurs que tout peut arriver. Quand une équipe est dans une bonne dynamique, il se passe toujours des bonnes choses.

Quelle est la hiérarchie chez les U17 ?


Le foot européen a une diversité de jeu qui lui permet d'être très performant. Mais les conditions avec 42° à l'ombre changent un peu la donne. Il faut limiter les courses longues pour préserver le physique. Les Sud-américains ont l'habitude de ces conditions et jouent court et léché. Du coup, la hiérarchie présumée est un peu faussée. Le football américain est montant, physiquement appliqué. Les Asiatiques ont beaucoup moins de talent mais compensent par le collectif.

Le Mexique vit sous tension. Vous sentez l'odeur de la poudre ?


On est à la fois loin de ça, concentrés sur le foot, et très conscients de ce qui se passe aux alentours. Malgré les cartels, les gens vont au boulot, arrivent à vivre normalement. L'équipe se sent en sécurité, le service de sécurité est tellement important qu'on se sent à l'abri.

A distance, vous avez suivi l'élection de Noël Le Graët à la présidence de la FFF. Que souhaitez-vous pour la DTN ?


Que notre travail soit valorisé. Quand on voit les résultats de nos équipes de jeunes, on ne peut que se féliciter, ça veut dire que tout ne va pas si mal que ça. Si la nouvelle gouvernance veut nous aider dans le développement, nous sommes complètement ouverts.

Propos recueillis par Mickaël Osganian

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