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Les gens qui quittent le stade cinq minutes avant la fin

Ce sont des gestes ou des attitudes qui énervent. Qui sont insupportables. Qui rendent dingues tout supporter au stade ou devant sa télé. Et franchement, comme dirait Edouard Balladur, « Je vous demande de vous arrêter » . Focus cette semaine sur ces mécréants qui préfèrent partir juste avant la fin pour rentrer plus vite à la maison.

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D’où cela vient ?

Ah, les méfaits du foot-business... Stades aseptisés, bières sans alcool à huit euros et des clients qui ne prennent même pas le temps d’assister au spectacle dans son intégralité. Vraiment ? « Les gens qui partent avant la fin, ça a toujours existé » , coupe Jean-Luc Ettori, le deuxième joueur le plus capé de l’histoire du championnat de France - derrière Mickaël Landreau -, avec 602 matchs au compteur entre 1977 et 1994. « Quand j’étais jeune, j’allais au stade de la route de Lorient, à Rennes, avec mon père. J’ai toujours vu des spectateurs quitter le stade pour éviter les bouchons » , note le Corse d’origine, qui a grandi en Bretagne. Dans les années 50, déjà, Just Fontaine voyait les spectateurs quitter le stade « quand il y avait deux ou trois buts d’écart... Même à Reims ! » Si le phénomène existait à l’époque du grand Stade de Reims, alors...

Pourquoi c’est insupportable ?

Être supporter, c’est souffrir pour ses couleurs et vivre les débâcles jusqu’au bout. Lâcher son club à l’agonie, c’est renier l’essence même du supportérisme. Point barre. Si l’on n’a pas bu le calice de la défaite jusqu’à la lie, comment savourer plus tard le bonheur d’un titre national, européen, mondial... ou même une Coupe de la Ligue, si l’on est Rennais ? Parce que, comme l’enseigne l’auteur italien, Giancarlo De Cataldo, dans le dernier So Foot : « La vérité, c’est que la route pour la victoire est bien plus exaltante et émouvante que la victoire elle-même » .

Qui l’incarne le mieux aujourd’hui ?

La rencontre n’est pas encore finie mais les escaliers des tribunes sont déjà noirs de monde : quiconque est un habitué des stades de football a déjà vu une partie des spectateurs se diriger vers la sortie avant la fin. Certes, cela a toujours existé, mais la nature des nouveaux stades conduit à l’amplification du phénomène. En France, l’Allianz Riviera de Nice apparaît comme l’exemple même de l’enceinte en marge de la métropole, mal desservie par les transports en commun, conduisant les dizaines de milliers de spectateurs à venir en voiture et donc à se taper des embouteillages (pour un concert de Muse, 27 km de bouchon ont été recensés sur l’A8 entre Cannes et Nice !). Surtout, il y a le type de public à prendre en compte. Lors du huitième de finale retour de Ligue des champions opposant Arsenal au Bayern Munich, l’Emirates Stadium s’est vidé tout au long de la deuxième période. Impensable du temps où les Gunners résidaient à Highbury. Où quand les supporters passionnés laissent place à un public de consommateurs, à l’instar du reste de la Premier League.

Comment faire pour que cela s’arrête ?

Pour la moitié qui partage votre vie et qui présente cette fâcheuse habitude de vouloir partir du stade avant la fin du match, n’hésitez pas à lui rendre la monnaie de sa pièce : acceptez les invitations au restaurant, mais éclipsez vous avant le dessert, partez du théâtre juste avant la scène finale et poussez le vice jusqu’à faire l’amour en prenant soin de vous retirer à cinq secondes de la fin. Assurément, la personne comprendra alors votre désarroi.

Pourquoi cela peut précipiter la fin du monde ?

Aujourd’hui, c’est partir cinq minutes avant la fin d’un match. Mais qu’en sera-t-il demain si nous laissons cette gangrène se démocratiser ? Partir à la mi-temps parce qu’il fait froid et regarder la seconde période en très haute définition sur son smartphone deviendra banal. Après-demain, il sera commun de rester sur le canapé, en enfilant un casque connecté, pour faire comme si... Souhaitons-nous vraiment vivre dans un monde où les cinémas balancent le générique cinq minutes avant la fin des films ? Où les pâtes seront servies à cinq minutes de la fin de la cuisson ? Où les pilotes d’avion sauteront en parachute cinq minutes avant l’atterrissage ? Et pensez à vos enfants, bon sang : en suivant ce mauvaise exemple, ils partiront cinq minutes avant la fin de chaque cours, se feront trimbaler d’établissement en établissement et tomberont dans la délinquance.

Faites entrer l’accusé :


Martin, 22 ans, supporter de l’OL
« Je suis allé voir Lyon - Beşiktaş, mais je suis parti avant la fin. Non pas à cause des incidents, mais pour choper le dernier métro. Ils avaient dit qu’ils rajoutaient des métros sur les lignes A et B, sauf que moi, j’habite sur la D. Quand j’ai quitté le stade, il y avait encore 1-0 pour Beşiktaş, ça jouait pas trop. L’égalisation, je l’ai vécue en dehors du stade. On a entendu crier, mais je n’ai pas compris tout de suite qu’il y avait but - le stade est bien insonorisé. Le temps que tu comprennes que Lyon a marqué, tu entends : "Y a un autre but". En fin de compte, la fin du match, je l’ai regardée sur un smartphone avec des mecs que je ne connaissais même pas - on était six devant le téléphone ! À ce moment-là, t’es content et dég’ en même temps, content d’avoir gagné et dégoûté d’avoir raté les buts. Si c’était à refaire ? Je crois que je partirais quand même, je préfère rater les buts que de me taper une heure et demi de marche pour rentrer chez moi. »

Corentin, 32 ans, ex-abonné au Parc, tribune Boulogne
« Je n’aime pas tout ce qui est avant et après un match. Pour moi, le match, il commence à l’entrée des joueurs, avec les tifos et la musique. J’essaye d’arriver pile à ce moment. L’échauffement, par exemple, lors d’un Clásico ou un gros match de Ligue des champions, c’est trop de stress. La fin de match, c’est pareil. Je vis très mal la joie des supporters et des joueurs adverses. Que ce soit au stade ou à la télé. Ça m’affecte, mais ça ne me rend pas violent, jamais (il insiste). D’ailleurs, là (mardi soir, ndlr), quand Metz a égalisé à 2-2, je n’ai pas vu le troisième but de Paris. Typiquement, pour ça, je change de chaîne - n’importe laquelle, mais pas une chaîne d’infos. Je fais la stratégie du déni. Je gâche un peu le plaisir... mais c’est trop de stress. C’est la peur de perdre, c’est plus fort que moi. (...) Au Parc, mon plus gros loupé, c’est le but de Laurent Leroy contre le Bayern.

Vidéo

Il y a une vieille ambiance, on domine, mais on n’arrive pas à marquer. Je dis à mon pote : "on se rejoint après". Je vais pour partir, j’étais dans les escaliers, et j’entends un bruit de ouf, comme rarement j’en ai entendus au Parc. Un séisme ! Quand tu sors et que tu es tout seul, tu vois le stade vibrer ; le bruit, tu le ressens beaucoup plus. Tu te dis : « mais qu’est-ce qui se passe ? » . J’ai essayé de revenir mais il y avait trop de monde devant l’entrée de la tribune, je ne voyais rien. Après le match, mon pote resté en tribune m’a mis cher. (rires) Le lendemain, comme tu es abonné, tout le monde te parle de ça et toi, tu fais : "Ouais ouais, c’était cool". Mais la frappe de Leroy, je l’ai vue à la télé. »

Coefficient d’irritabilité


À vous de voter.



Il faut que cela cesse :
  • Épisode 1 : Le corner joué à deux
  • Épisode 2 : Les mecs qui placent le ballon en dehors de l'arc sur corner



    Par Florian Lefèvre Tous propos recueillis par FL
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