1. //
  2. // Demies
  3. // Portugal-Galles

Les Gallois, forts en sélection, forts en club ?

La demi-finale de la sélection dans cet Euro est un sacré coup de pub pour le football gallois en général. Sauf que la très grande majorité de son équipe nationale est composée de joueurs évoluant dans des clubs anglais et que les formations locales peinent à exister, hormis Swansea. Tour d’horizon des quatre clubs pros du coin et du drôle de championnat semi-pro gallois.

Modififié
404 2

Swansea, le porte-étendard mondialisé



Dans la sélection galloise qui s’apprête à jouer une demi-finale européenne historique contre le Portugal, deux joueurs, tous les deux titulaires en puissance, évoluent dans une formation galloise. Les deux sont sous contrat avec le même club de Swansea, 12e de la dernière Premier League : le capitaine Ashley Williams et le latéral gauche Neil Taylor, qui sont d’ailleurs actuellement les deux seuls Gallois de l’effectif professionnel des Swans. Ils y côtoient 14 autres nationalités. Pour ce qui est des propriétaires aussi, Swansea s’internationalise avec une participation majoritaire au capital prise ces dernières semaines par un consortium américain dont font notamment partie le boss des Memphis Grizzlies en NBA et l’ex-star du soccer US, Landon Donovan. Reste pourtant que ce club, en Premier League depuis 2011, est actuellement le porte-drapeau gallois du football de club et son meilleur pourvoyeur en internationaux. Chez les 23 qui brillent en France depuis la mi-juin, il y en a 6 qui portent ou ont porté le maillot blanc de Swansea City AFC. En plus de Williams et de Taylor, il y a aussi un autre défenseur, Ben Davies, qui y a été formé avant de partir à Tottenham. Joe Allen aussi y a fait ses débuts en pro. Et même le sélectionneur Chris Coleman s’y est révélé en tant que footballeur entre 1987 et 1991.


Cardiff, retour au calme et à la tradition



L’autre « gros » club du football gallois est Cardiff City, même s’il est encore moins estampillé dragons et poireaux que son rival Swansea. Dans la sélection actuelle, il n’y a aucun joueur sous contrat et un seul y a évolué par le passé : le défenseur James Collins, désormais à West Ham. Cardiff ne possède en fait qu’un seul Gallois dans son équipe première : Declan John, inconnu aux deux sélections depuis 2013… Comme chez le voisin de Swansea, on internationalise un maximum, et d’ailleurs, si on a vaguement entendu parler de Cardiff au cours de cet Euro, ce n’est pas pour parler gallois mais islandais : le capitaine barbu de la grande surprise du tournoi Aron Gunnarson y joue, même s’il peine à y être titulaire… Vainqueur d’une FA Cup en 1927, le club de la capitale galloise a tout de même fait parler de lui en 2013/2014 en accédant cette saison-là à la Premier League. Un one shot au cours duquel celui qui a le plus fait causer est le propriétaire Vincent Tan, un milliardaire malais un peu taré qui avait décidé à l’époque de procéder à un large ravalement de façade de son nouveau bien : exit le bleu traditionnel du maillot et l’oiseau sur le logo, place à du rouge et à un gros dragon mi-gallois mi-asiatique. Les supporters n’ont pas du tout apprécié et il a finalement été décidé un retour à un logo traditionnel et à une liquette bleue en 2015. C’est effectivement plus cohérent pour un club dont le surnom est « Bluebirds » …



Newport Town, tout en discrétion



Dans la hiérarchie du moment des clubs gallois, Newport County arrive en troisième position. Lui aussi évolue dans la Football League anglaise en League Two, la quatrième division. Son classement la saison dernière ? Une 22e place sur 24, premier club non relégué. C’était chaud pour le club de la ville de Newport, où est installé le Clairefontaine local, mais en même temps, il a connu autrement plus de galères dans un passé récent pour s’en soucier vraiment. Les « Ironsides » de Newport ont pourtant été un grand club d’après-Guerre, pourvoyeur à l’époque d’internationaux et qui a évolué jusqu’en D2 anglaise, mais il a subi une banqueroute à la fin des années 80 et n’a dû son salut qu’à l’aide financière de 400 fans dévoués. Repartis à l’époque en D8 dans un stade délocalisé à 100 bornes de Newport, les « Ironsides » devenus « Exiles » ont remonté patiemment les échelons depuis jusqu’à cette D4 à laquelle ils s’accrochent. Aucun Gallois de l’actuelle sélection n’y a joué une seule fois.


Wrexham, le doyen populaire



Last but not least, il faut évidemment évoquer le quatrième club gallois évoluant dans les championnats anglais : Wrexham, né en 1864, ce qui en fait actuellement le troisième club pro le plus vieux au monde (derrière Notts County et Stoke City). Mieux encore : son stade, le Racecourse Ground, construit en 1877, est officiellement le plus vieux stade au monde à recevoir des rencontres internationales (de la sélection de foot, mais aussi de rugby). Les Dragons de Wrexham, club le plus titré de l’histoire du pays de Galles (23 coupes nationales jusqu’en 1996 et son exclusion de la compétition, voir le paragraphe plus bas), a connu trois des actuels internationaux : le gardien remplaçant Danny Ward y a été formé, Neil Taylor y a fait ses débuts pros et Joe Allen y a fait une pige de… deux matchs ! C’était en 2008, au début de la carrière de l’actuel box-to-box de l’équipe nationale et de Liverpool. Prêté un mois, il avait eu le temps de marquer un but avant de se blesser gravement et de rentrer à Swansea pour se soigner et achever sa formation. Wrexham est un lieu historique du football gallois (c’est là aussi que la fédé a été fondée) et une institution sacrément atypique, sauvée de la faillite par un crowdfunding en 2011. Depuis, le club appartient aux supporters via un comité, le Wrexham Supporters Trust. Niveau sportif, il évolue actuellement en National League, le cinquième échelon du foot anglais.


Et le championnat gallois ?



Jusque dans les années 90, c’était un peu l’anarchie au niveau du football de club chez les Gallois, avec une seule vraie compétition « nationale » , la Wales Cup, et aucun vrai championnat. En 1992, sous la pression des instances internationales, UEFA en tête, la fédé locale s’est enfin décidée à mettre en place une élite locale, la Welsh Premier League, fondée en 1992. Sauf que les meilleurs clubs gallois ont refusé de l’intégrer, arguant qu’ils avaient plus à perdre d’être au top du foot gallois qu’à se bagarrer avec les voisins anglais comme ils le faisaient jusqu’alors. C’est pour ça que Swansea, Cardiff, Newport et Wrexham restent rattachés au foot anglais. En guise de sanction, les quatre rebelles ont été interdits de participer à toute compétition galloise, la Coupe comprise, à partir de 1996. C’est pour ça aussi que le championnat gallois est hyper faible. Au dernier classement de l’UEFA, c’est le 48e sur 54. Le meilleur représentant gallois sur la scène continentale est un curieux club nommé The New Saints FC, quintuple champion en titre, qui a pour particularité de représenter un village de 1 000 habitants nommé Llansantffraid-ym-Mechain. Pour continuer à exister, il a dû déménager dans la ville la plus proche, Oswestry, qui se trouve être de l’autre côté de la frontière, côté anglais. On se trouve donc avec une bien drôle de situation : les clubs pros gallois qui évoluent dans les championnats anglais et même le vainqueur du championnat gallois qui évolue lui aussi en Angleterre. Ils sont comme ça, ces Gallois.

Par Régis Delanoë
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Dans cet article

Joli tour d'horizon, on se demande encore pourquoi il y a un championnat national gallois au vue du faible niveau de jeu. Le parallèle entre rugby et football pourrait être intéressant, quand on sait que le XV de Galles se construit grâce une très bonne formation du côté des clubs https://lesyeuxdansleuro.com/2016/07/06 … de-galles/
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
Article suivant
C'était Tola Vologe
404 2