Les footeux brésiliens au pouvoir

Au cours d'élections marquées par la présence de tout un tas de candidats loufoques, cinq anciens joueurs brésiliens ont été élus députés. Parmi eux, le duo d'attaque champion du monde en 1994 : Romario et Bebeto.

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Romario et Bebeto, donc. A eux-deux, ils pèsent plus de cent buts en seleção. Dimanche, ils ont récolté pas loin de 180 000 voix. De quoi remplir deux Maracanã. Du coup, ils peuvent ajouter une ligne à leur palmarès : un siège de député pour leur baptême en politique. Mais comme en 1994, le boss, ça reste Romario. Alors que Bebeto, avec tout juste 28 328 suffrages, a eu besoin d'être repêché par son parti grâce à un étrange système de quotas pour se faire élire à l'assemblée locale de l'Etat de Rio (l'équivalent d'un conseiller régional en France), le Baixinho a fait le job tout seul comme un grand : 146 859 électeurs dans la poche et un mandat de député Fédéral, au parlement national. Même s'il a mouillé le maillot comme jamais pendant la campagne en acceptant même de se lever à l'aube pour aller au contact de ses électeurs, le mythique numéro 11 n'a surtout pas l'intention de changer de style : «  je vais continuer à être grande gueule, à aimer la nuit et le foot-volley... Comptez-sur moi pour être aussi polémique que quand j'étais joueur. Je suis là pour marquer des buts en politique » , déclarait-il juste après les résultats dans les colonnes du journal O Globo.

Dans les travées du Congrès à Brasilia, il retrouvera Darnlei, ancien gardien de Grêmio Porto Alegre et médaillé de bronze avec la sélection olympique en 1996 aux côtés de Ronaldo. Avec 173 787 voix, il a obtenu le quatrième meilleur score des candidats de l'Etat de Rio Grande do Sul. Marques, ancien buteur de l'Atletico Mineiro, treize sélections, a brillé à l'échelon inférieur, en se hissant au deuxième rang des élus ayant récolté le plus de suffrages pour le mandat de député de l'assemblée locale de l'Etat de Minas Gerais avec 153 225 voix.


Marcelinho, Vampeta et la « femme-poire » recalés


La vieille garde est représentée par Roberto Dinamite, attaquant légendaire du Vasco de Gama dans les années 70 et meilleur buteur de l'histoire du championnat Brésilien avec 190 pions à son actif. Aujourd'hui président de son club de toujours, il s'est fait élire à l'assemblée locale de Rio avec 39 730 voix. Même si tous ces joueurs ont marqué l'histoire des clubs dans lesquels ils ont évolué, la popularité ne se mesure pas forcément au nombre de supporters. Vampeta et Marcelinho Carioca pensaient s'appuyer sur la force de la Torcida de Corinthians, l'une des plus nombreuses du pays, pour se faire élire à São Paulo. Pas de chance, même s'ils avaient brillé en leur temps avec le Timão, ils ont été aussi ridicules lors de ses élections que lors de leurs brèves incursions dans le championnat de France (à Ajaccio pour Marcelinho et au PSG pour Vampeta, le moustachu qui a posé à poil pour G-magazine).



Et même si Dilma Roussef est archi-favorite pour succéder à Lula à la présidence, le Brésil reste un pays de machos. Contrairement aux footeux, qui s'en sont dans l'ensemble plutôt bien tirés, la « femme-poire » , danseuse qui a gagné ce surnom grâce à la forme de ses seins, a eu du mal à dépasser les 3 000 voix. Les électeurs de São Paulo ont préféré Tiririca, le clown analphabète qui obtenu plus de voix que tous les anciens joueurs de foot réunis : avec 1,3 millions de suffrages, il est député le mieux élu de tout le Brésil. Décidément, au pays du ballon, ça ne tourne plus très rond.



Louis Génot, à Rio de Janeiro



La campagne électorale de Romario est à lire dans SO FOOT n°80, en kiosque vendredi.

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