Les Etalons au galop

Dans un groupe A où la Côte d’Ivoire fait figure de favori absolu, le Burkina Faso va tenter de tirer son épingle du jeu. Avec Jonathan Pitroipa, Bakary Koné, Charles Kaboré ou encore Alain Traoré, c’est un peu de Ligue 1 que l’équipe burkinabè va ramener au Gabon et en Guinée Equatoriale.

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Hormis une belle CAN à domicile en 1998, l’équipe du Burkina-Faso n’a pas une tradition intraitable dans les grandes compétitions. Autrefois connue sous le nom d’équipe de Haute-Volta (petit cours d’histoire : la Haute-Volta était une colonie d’Afrique Occidentale établie en 1919 à partir des territoires qui formaient auparavant le Haut Sénégal, le Niger et la Côte d’Ivoire), le Burkina tient peut-être aujourd’hui l’une des plus belles générations de son histoire. Avec des joueurs qui font leurs armes en Ligue 1, mais aussi ailleurs en Europe (Belgique, Portugal, Turquie), l’équipe burkinabè se pose en outsider potentiel, avec un coach, Paulo Duarte, qui compte bien en révéler toutes les qualités.

Le leader : Jonathan Pitroipa

Si on lui a dédié une chanson, ce n’est pas pour rien. Et les paroles sont claires comme de l’eau de roche. « On les a critiqués de ne jamais bien jouer, on les a souvent insultés de ne jamais bien jouer. Aujourd’hui Dieu nous a donné Jonathan Pitroipa, il faut le soutenir » . Bah ouais, quand même. Le feu-follet rennais, après sept saisons passées en Allemagne, est le leader de cette formation burkinabè, qu’il compte bien prendre par la main pour l’emmener plus loin que les phases de poule. En équipe nationale, Pitroipa, c’est 4 buts pour 26 capes, dont un contre la Namibie lors des barrages de la CAN. En plus d’être le leader, Pitroipa a le profil pour être le joueur imprévisible, celui qui pourrait débloquer une situation, par exemple. Et puis, comme il l’annonce dans l’hymne officiel des Etalons : « Je dribble sur le côté et puis je centre sur Dagano  » .

Le buteur : Moumouni Dagano

« Je saute, coup de tête, voilà le but » répond l’ancien buteur sochalien et guingampais, qui annonce ainsi la couleur. Moumouni, c’est le buteur maison. 23 pions en 51 sélections, presque un but tous les deux matches. Et peu importe si, aujourd’hui, il évolue à Al-Khor, dans le championnat qatari. L’attaquant a eu le temps de se forger un sens du but en Belgique et en France. Mine de rien, dans toute sa carrière de clubs, le capitaine burkinabè vante quelques 110 buts marqués (44 en Belgique, 37 en France, 29 au Qatar) ce qui en fait, de loin, le meilleur buteur de son pays en activité. Et puis, quel supporter du FC Sochaux peut oublier son coup de casque, en finale de la Coupe de France 2007 ? Il suffit que Pitroipa lui mette quelques centres…

Le rock : Bakary Koné

Dans son pays, Bakary Koné est surnommé « Bako le Général » . Certainement pas pour rien. A 23 ans, l’autre Bakary Koné s’est déjà fait un nom du côté de Lyon. Titulaire indiscutable du onze de Rémy Garde, il est monté en puissance au fil des semaines, alors qu’il n’avait encore jamais évolué en Ligue 1. Il s'est même permis d’inscrire un but capital au tour préliminaire de Ligue des Champions, contre le Rubin Kazan. Avec Lyon, il apprend le très haut niveau, en participant notamment aux rencontres contre le Real Madrid. Pour Paulo Duarte, la nouvelle expérience de ce défenseur va faire du bien à son arrière-garde puisqu’elle est, sans aucun doute, le point faible de cette formation burkinabè.

L'espoir : Alain Traoré

Alain Traoré, c’est la future force de frappe du Burkina Faso. La Ligue 1 l’a découvert la saison dernière, et l’a couronné cette année, à la fin de l'été, avec ses frappes de mule qui ont fait trembler les gardiens adverses. S’il s’est un peu calmé sur les tirs hors de la surface, il n’en demeure pas moins l’un des grands espoirs du football burkinabè. Le 26 mars dernier, d’ailleurs, il entrait dans l’histoire de son pays, en inscrivant un historique triplé contre la Namibie, envoyant son équipe à la CAN. Et le petit malin s’était permis d'en remettre un au match retour. Avec seulement 18 sélections, il est déjà le deuxième meilleur buteur du Burkina en activité, derrière Dagano. Et attention à son petit frère, Bertrand, convoqué lui aussi pour la CAN alors qu’il n’a que… 16 ans.

Le point faible : la défense

Si sur le plan offensif, le Burkina a des arguments à faire valoir, en défense, en revanche, c’est plus compliqué. Hormis Bakary Koné, les autres défenseurs n’apportent pas une grande sérénité à Paulo Duarte. D’ailleurs, il n’en a convoqué que sept pour la compétition. Le plus capé, Mahamoudou Kere, joue à Konyaspor, en Turquie. Le problème, c’est que cette saison, il n’a disputé que trois rencontres. On ne peut pas vraiment dire mieux de ses partenaires de l’arrière-garde : Gnanou évolue en deuxième division russe, Agbre Dasse en D2 portugaise, et Mamadou Tall n’a disputé que cinq matches avec Persepolis, en Iran. Quant au gardien titulaire, Daouda Diakité, il joue depuis janvier dernier au KV Turnhout, en troisième division belge, et n’a plus disputé le moindre match depuis le 19 novembre dernier. Voilà qui risque d’effrayer Drogba, Gervinho et Yaya Touré.

L'anecdote : L’hymne

L’hymne des Etalons est un véritable hit sur YouTube. 17 253 views. Prends ça, Lady Gaga. La chanson, intitulée « On va gagner » , a été enregistrée fin 2009 au studio Kibaré, à l’occasion de la CAN 2010 en Angola. La plupart des joueurs du Burkina y ont participé, chacun tentant d’envoyer un peu de flow, avec plus ou moins de talent. Evidemment, cela donne lieu à quelques lyrics cultes, comme ce refrain, « On va gagner, gagner, gagner, match aller aller retour » . A noter les grosses prestations de Moussa Ouattara, qui a sorti sa basse pour l’occasion ( « Mes amis m’appellent bouffe-tout, tibias, pieds bancals moi je casse tout » ), et du Marseillais Charles Kaboré ( « Moi c’est Charlie Kaboré, tu savais pas? Allez, va te renseigner » . Un seul regret : qu’ils ne nous aient pas fait un remix pour la CAN 2012.




Eric Maggiori
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Je ne me lasserai jamais de cet hymne.
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