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Les dix dates du titre du PSG

2013 portait la marque de Carlo Ancelotti, 2014 celui de la maîtrise et du jeu, le titre de 2015 du PSG est avant tout collectif. Celui d'une équipe qui n'a jamais basculé du côté obscur malgré les blessures, méformes, difficultés et le parcours des deux Olympiques. Retour sur dix moments d'une saison forcément à part.

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  • 23 mai 2014 : la réponse au fair-play financier


    « Au mercato, on fera ce que l'on voudra. » En substance, c'est ce que disait Nasser Al-Khelaïfi quand les premières mesures du fair-play financier se mettaient en place. Avec 60 millions de budget mercato, le PSG doit pourtant dépenser intelligemment et bien négocier ses tarifs. Ce qu'il n'a jamais réussi à faire depuis l'arrivée des Qataris, sauf rares exceptions. Cette fois, c'est un chèque de 50 plaques qui va partir pour Chelsea. L'ordre ? David Luiz. Un chevelu au CV européen sexy (Ligue des champions 2012, Ligue Europa 2013) et à l'impact nécessaire sur la scène européenne. Avant même l'ouverture du mercato, le PSG a braqué le défenseur brésilien, ami de Thiago Silva. Cela sera pourtant le seul gros transfert de la saison.

  • 11 août 2014 : le match amical de Naples


    Le championnat a repris depuis quelques jours, et les Parisiens se sont fait peur à Reims (2-2). Dans ce début de saison où tous les Mondialistes reviennent carbonisés et en ordre dispersé, le club a eu la bonne idée d'organiser un tournoi amical à Naples entre deux journées de Ligue 1. Une faveur comprise dans le transfert des anciens Napolitains Lavezzi et Cavani. Dans un stade napolitain chauffé à blanc, Lavezzi se fait ovationner et Cavani conspuer. Un détail. Surtout que l'important est ailleurs. Silva et Luiz sont alignés pour la première fois en défense. Une charnière à 90 millions. Leur association sera très courte. Sur une tentative de talonnade inutile, le capitaine parisien se fait la cuisse. Il va manquer deux mois de compétition… Le début des blessures du PSG qui, cette saison, aura passé son temps à regarder son infirmerie mettre en place le turnover : Sirigu, Aurier, Marquinhos, David Luiz, Thiago Silva, Thiago Motta, Cabaye, Cavani, Pastore, Ibrahimović et Lucas.


  • 21 septembre 2014 : la première blessure d'Ibrahimović


    L'automne arrive. Le PSG n'est pas encore bien rodé et peine à dominer ses matchs. Alors quand Lyon arrive au Parc des Princes, on se dit que la saison peut enfin commencer. Mais non. Malgré un très beau but de Cavani de la tête, le PSG n'emballe jamais le match et se fait rejoindre à la fin sur un but d'Umtiti. Premier couac à domicile. Surtout, c'est le dernier match de Zlatan Ibrahimović avant deux mois. Le Suédois souffre du talon. Une blessure inexplicable et inexpliquée. Ce mal va mettre le grand Suédois au frais pour de longues semaines. Sans lui, le PSG va pourtant gagner neuf fois de suite. Une première. Sans lui, Cavani va marquer des buts à la pointe de l'attaque. Sans lui, le PSG va faire le boulot. Bref, l'équipe s'exonère de sa star sans lui demander son avis. Tout sauf un détail.

  • 29 novembre 2014 : la victoire douloureuse face à Nice


    Ibra est revenu à la compétition et le jeu est moins fluide. Les matchs sont compliqués. Comme ce succès étriqué face à Nice (1-0, penalty d'Ibrahimović) où les Parisiens sont à deux doigts de rompre en seconde période. Malgré tout, ce succès est le neuvième de rang toutes compétitions confondues, le tout avec une infirmerie rarement vide et un niveau physique catastrophique. Sans être géniaux, les champions de France gardent la cadence de l'OM, alors solide leader. On courbe le dos, privilégiant les points à la manière. Le PSG va terminer décembre sur les rotules, fatigué, usé et à une dégueulasse troisième place, à trois longueurs du champion d'automne marseillais.


  • Janvier 2015 : Lavezzi et Cavani prolongent les vacances


    On se dit, ça va péter. Ça va forcément péter. Alors que tout le groupe retrouve Paris, fin décembre, Ezequiel Lavezzi et Edinson Cavani prolongent leurs vacances en Amérique du Sud. Officiellement pour passer du temps avec leurs enfants. Officieusement, tout se dit sur ses absences. L'un veut partir, l'autre est détesté dans le vestiaire. Une chose est sûre, le trio Nasser-Blanc-Letang est en furie. Les joueurs vont être sanctionnés financièrement, mais aussi sportivement puisqu'ils manqueront les premiers matchs de 2015. Début janvier, quand le PSG prend une valise en Corse, à Bastia, après avoir mené 2-0 (2-4 au final), on se dit que le club va exploser. Le précipice est là. L'ADN de crise du club est toujours présent. Chouette.

  • 25 janvier 2015 : le chaudron maîtrisé


    Le début de la rédemption. Alors que l'équipe ne maîtrise plus rien, Laurent Blanc commence à resserrer la vis. Plus de passe-droits et un management plus viril. Après les suspensions des retardataires, voici le temps des repositionnements. Ainsi, Marquinhos joue latéral droit dans une défense 100% brésilienne (Marquinhos, Silva, Luiz, Maxwell) pour la première fois à Saint-Étienne. Il ne fallait pas perdre. Surtout pas. Les Parisiens l'emportent 1-0 (penalty d'Ibrahimović) et montrent un visage collectif intéressant. Enfin. C'est cette défense qui ira défier Chelsea.


  • 14 février 2015 : mortelle Saint-Valentin


    Le PSG mène 2 à 0 à la pause, Ibrahimović a montré ses faux tatouages pour une campagne de lutte contre la faim dans le monde, même Lavezzi redevient efficace. À quatre jours de la réception de Chelsea en Ligue des champions, c'est important. Et puis tout part en couille. Marquinhos est sorti à la pause par précaution. Cabaye se pète dès le début du match, Aurier se blesse à son tour après la pause avant que la cuisse de Lucas ne cède aussi. Un match, quatre blessés. C'est tellement la merde que le PSG se retrouve à jouer à 9 à dix minutes de la fin à la suite de la gestion des blessures. Caen, qui n'en demandait pas tant, revient à 1-2, puis à 2-2 dans les arrêts de jeu. Ce n'est pas le trou normand, c'est un trou noir.


  • 15 mars 2015 : pays de merde


    Paris vient de sortir Chelsea avec force et honneur. Pour leur retour au championnat, les Parisiens sombrent dans les dernières minutes à Lescure, alors qu'Ibrahimović avait remis deux fois les siens dans le match (2-3). Excédé par l'arbitrage, le Z pète un câble dans la zone réservée aux joueurs près du paddock. « Ce pays de merdre ne mérite pas le PSG » lâche-t-il devant les caméras. Juste avant, l'arbitre avait été comparé à un fion. Crise nationale, les politiques s'en mêlent, Canal Plus est boycotté et le Suédois va finalement prendre quatre matchs de suspension (trois après appel devant le CNOSF). Ce simple énervement d'après-match devient une crise nationale. Tout le monde a son avis sur la question. Le PSG s'apprête à entamer son marathon d'avril sans son numéro 10.


  • 5 avril 2015 : le marathon commence bien


    Avril, le mois de tous les dangers. Finale de Coupe de la Ligue, demi-finale de Coupe de France, quart de finale de Ligue des champions, Ligue 1. En un mois, le PSG peut tout perdre. À commencer par le championnat, puisque c'est au Vélodrome que la fête commence. Menés 2 à 1 à la pause par l'OM, les Parisiens règlent la mire en moins d'une minute au retour des vestiaires. Un but de Marquinhos, un autre de Morel dans le mauvais but et voilà Paris qui s'impose chez Marcelo Bielsa. Le début d'un mois euphorique – si l'on excepte les deux leçons reçues par le Barça – puisque fin avril, le PSG est leader de Ligue 1, vient de gagner la Coupe de la Ligue et disputera la finale de la Coupe de France contre Auxerre. L'orage est passé, et Ibrahimović, entre ses suspensions, a repris sa course aux buts. Le record de Pauleta n'est plus très loin. Le Suédois est efficace au bon moment.

  • 8 mai 2015 : Roland-Garros commence plus tôt


    Deux semaines après un 6-1 « passé » au LOSC, le PSG reçoit Guingamp un vendredi soir. C'est la dernière fois de la saison que le PSG va jouer avant Lyon. Histoire de mettre la pression sur leur dauphin, les Parisiens en repassent six sans en prendre un seul : 6-0. C'est violent. Cavani y plante un triplé, Ibra marque et régale, et Marco Verratti démontre l'insolent talent qui est le sien. L'espace de 24 heures, le PSG a six points d'avance sur Lyon et une différence de buts presque avantageuse. Le lendemain, Lyon sombre à Caen (0-3). Paris est intouchable. Quasiment champion pour la 5e fois de son histoire. Un titre ô combien précieux. Fin décembre, le PSG pensait vraiment avoir perdu l'Hexagoal. Ce dimanche, ils ont 8 points d'avance sur l'OL. Zlatan Ibrahimović, lui, fête son dixième titre de champion (1 Liga, 4 Serie A, 3 Ligue 1 et 2 Eredivisie).

    Par Mathieu Faure
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