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Les deux Torres

Initié au sentiment colchonero par son grand-père, Fernando Torres a porté très tôt l’Atlético de Madrid dans son cœur. La suite, ce sont deux phases de sa vie entrecoupées d'expériences en Angleterre et en Italie. Mais que ce soit sur les greens ou dans la Botte, la flamme du Niño pour le club de ses débuts était encore bien ardente.

Modififié

#2: Fernando Torres

Il était dit que le passage de flambeau devait avoir lieu lors de cette saison 2000-2001. On joue la 75e minute de jeu, l’Atlético de Madrid est tenu en échec sur la pelouse de l’Albacete Balompié pour cette 40e journée de la Segunda División. Mais si le score est nul et vierge, c’est bien la vierge elle-même qui va enfanter d'un fils prodigue durant la rencontre. Implantée dans le cerveau de l’entraîneur Carlos García Cantarero, une idée sainte parcours l’esprit du technicien. Il faut faire entrer le gamin. Un quart d’heure avant la fin de la rencontre, Fernando Torres, maillot 35 sur les épaules, va remplacer Kiko, son modèle. « Un jour, des jeunes de 7 à 8 ans de l’Atlético de Madrid étaient venus nous voir à l’entraînement pour nous rencontrer, raconte El Niño pour dans une interview publiée sur As Tv. À un moment, je commence à questionner l’un des jeunes présents face à moi. ‘Alors, dis-moi qui est ton idole ?’ Il m’a répondu une chose que je n’oublierai jamais : ‘C’est mon voisin. Il est atteint d’un cancer, et chaque semaine avant les matchs de l’Atlético, il part à l’hôpital pour faire des examens. Et à chaque fois qu’il rentre, l’Atlético gagne le match. Mais c’est aussi parce que tu joues super bien au football, hein !’ J’ai beaucoup aimé cette réponse, car l’enfant est conscient du monde qui l’entoure. En réalité, le football est un refuge dans ce monde. Moi, mon idole était Kiko parce qu’il m’a donné une envie réelle de poursuivre mon rêve. Mais les vrais héros, ce sont ceux en dehors du football. Ce sont eux qui te donnent de la force. »

La voix de l’ancien


Le match se poursuit à Albacete, et cinq minutes après être entré sur la pelouse, Torres s’illustre : déplacement au second poteau à la suite d'un centre en profondeur, démarquage, tête croisée puissante, poteau rentrant. Le gamin lève les bras, tombe dans ceux de José Juan Luque, puis crie toute sa joie à Juan Gómez, blason de l’Atlético de Madrid mis en évidence. Et pourtant, l’enfant n’est pas né comme un bourgeon de l’Atlético. « C'est au contact de mon grand-père que tout a changé, expliquait Torres pour So Foot en mai 2014. Il vivait dans un petit village près de Madrid, et c'était un fanatique de l'Atléti'. Dans son salon, il y avait une assiette décorative gravée de l'écusson de l'Atléti', et je me souviens qu'il sortait toujours se promener pour écouter les matchs avec sa petite radio. Je le vois encore s'énerver en écoutant les commentaires du match. Quand je lui demandais pourquoi il ne regardait pas les matchs à la télévision plutôt que de les écouter à la radio, il me disait : ‘Petit, je ne peux pas infliger ça à mes nerfs !’ C'était au-dessus de ses forces : écouter la radio, c'était ce qu'il y avait de moins éprouvant pour lui. Moi, ça m'intriguait de le voir comme ça, je ne comprenais pas vraiment. Du coup, je lui posais un tas de questions sur l'Atlético. Je suis devenu fan de ce club sans même les avoir vus jouer. »


Par transmission familiale, El Niño s’est donc construit un cœur rouge, blanc et bleu, doublé d’une célébration significative sur certains buts. Comme lors de la Coupe du monde 2006 contre la Tunisie, où il mime la position de l’archer de Kiko, précurseur en la matière. « Quand j’ai commencé à partager le vestiaire avec lui, Torres était jeune, petit et timide, synthétise Kiko pour l’emission Rojo y Blanco. Mais sur le terrain, tu le sentais à l’aise. Et quand tu te mettais à le connaître un peu plus, tu comprends très vite qu’il est très organisé dans sa manière d’aborder les choses, c’est un homme très calme et posé. Sa maturité fait que tu ne peux que finir par lui donner le brassard de capitaine très rapidement. » En 2003, Fernando Torres prend à 19 ans la responsabilité donnée par son coach Gregorio Manzano, et visse le brassard autour de son bras gauche pour chaque rencontre à venir de l’Atlético de Madrid. Quatre années plus tard, après 243 matchs et 91 buts marqués pour son équipe avec laquelle il ne remporte aucun titre, Torres prend la lourde décision de quitter l’Atlético, obligeant Liverpool à casser sa tirelire de 36 millions d'euros, un record pour les Reds. La fin du premier tome.

Les cendres du phœnix


« En Italie, le vestiaire est différent de celui de l’Angleterre, dont le vestiaire est différent de celui de l’Espagne, analyse Torres pour As Tv. Ce que j’aime ici, ce sont les blagues et les rires. Je garde ces souvenirs des U9 jusqu’à mes matchs de Liga. Le mec qui vient avec un T-shirt un peu spécial et qui se fait brancher, les conneries dans les douches, le quotidien quoi. Maintenant que je suis rentré ici, je me rends compte de ce que j’ai laissé en quittant ce club. » Conscient que le joueur n'est pas à son top niveau, l’Atlético de Madrid récupère son idole à l'AC Milan, où il apparaissait alors comme un élément plus bling-bling qu’un réel apport offensif. Un buteur cramé, en quelque sorte. Mais si Torres s’est mis à brûler, c’était probablement pour mieux renaître une fois de retour au bercail. « Nous recherchons des joueurs qui comprennent ce sentiment d’appartenance et s’incorporent dans une équipe, explique Diego Simeone en conférence de presse avant d’affronter le Barça en Coupe du Roi. Cette arrivée de Torres est due à ses caractéristiques de footballeur et son attachement au club.  » Coéquipiers à l’Atlético pendant deux ans, Simeone se réjouit du retour du Niño devenu grand. Moins tonique, mais plus réfléchi. Moins rapide, mais plus technique. Jamais râleur, mais toujours buteur. Son premier but à Albacete en 2001 avait eu lieu après cinq minutes de jeu, le premier but de son retour au Vicente-Calderón contre l’ogre catalan en 2015 intervient après 38 secondes de jeu. Comme un Torres de magie.

Vidéo
Le match face à la Tunisie, c'était en 2006 et non en 2010
zinczinc78 Niveau : CFA
C'est triste que ce joueur se soit construit un tel palmarès en sélection et avec Chelsea, tout en n'ayant rien gagné avec son vrai club de coeur..
Ce commentaire a été modifié.
Zinczinc78: léger HS, on ne se connaît pas mais je ne comprends pas les -1 systématiques que tu te prends quoique tu dises. Étonnant. Payes-tu le prix de ton avatar?
zinczinc78 Niveau : CFA
Note : 1
Seulement quand je parle de Chelsea ou de Liverpool.

Y'a des scousers qui me pistent pour me mettre des -1..
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Je t'ai "remis" à zéro !
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
C'est vrai que ton avatar est à gerber !
zinczinc78 Niveau : CFA
Merci.. Je viens de changer d'avatar puisque l'autre ne te va pas..
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Quel est le rapport entre ton avatar, ton pseudo et ton club de coeur ?

Moi, j'arrive toujours pas à m'en mettre un !
zinczinc78 Niveau : CFA
Note : 1
Aucun ! L'avatar sert juste à indiquer au gens que je suis ce que certains appellent vulgairement un "troll".
7 réponses à ce commentaire.
Note : 1
Ah Fernando, el Niño...Il y a tellement à dire sur lui. J'étais tellement triste de le voir quitter l'Atlético, un attaquant si racé, si tueur. Mais ça m'avait donné à l'époque l'envie de suivre son parcours à Liverpool. Et je n'avais pas été déçu.
C'est dommage que sa carrière ait pris cette tournure avec Chelsea et le Milan AC, mais je suis bien content de l'avoir retrouvé à Calderon l'enfant devenu grand.

Il y a quand même à l'heure actuelle une sacrée caution "colchonera" quand on regarde l'équipe avec Gabi, Saul, Fernando Torres, Koke...des mecs qui ont un réel amour du maillot.
zinczinc78 Niveau : CFA
Mais c'est quoi le problème avec Torres à Chelsea bordel ? Le mec a enchaîné C1-C3 en étant décisif dans chaque finale, et aurait même pu y ajouter le mondial des clubs si ses coéquipiers avaient su verrouiller après que Fernando ait ouvert le score en finale..

On lui reproche quoi au juste ? Son poteau alors que le but était vide contre United après qu'il a dribblé toute la défense, ou ses 23 heures sans marquer parce qu'il jouait blessé ?
Dicisif dans la finale de 2012? Ah bon? Et son but contre le barca en demi peut etre qualifié d'anectotique.

Apres ca n'a jamais pris avec lui a chelsea. Ses stats restent fameliques comparées a celle de liverpool.
Son but contre le barça est tout sauf anecdotique. Le barça pousse à mort pour marquer un troisième but qui les qualifierait, et on sait comment est le barça dans une fin de match qu'ils dominent largement, avec un but à marquer, et son lot de simulations, avec un adversaire lessivé par 90 minutes de possession adverse. Le but de Torres, c'est celui qui met fin à ça et qui les qualifie vraiment pour la finale.
zinczinc78 Niveau : CFA
C'est Torres qui obtient le seul corner des Blues à la 86e minute.
D'accord avec Cefca, son but n'a rien d'anecdotique avec Chelsea au Camp Nou et il est plein de sang froid. Le pion de Griezmann la saison passée à l'Allianz Arena m'a rappelé ce but. Une course dingue et un pion tout en maîtrise.

Après son passage à Chelsea n'a rien à voir avec sa période sur les bords de la Mersey. Liverpool déroulait du jeu et jouait pour lui, il était en confiance et il claquait but sur but et des pas vilains au passage.

Pour un plus grand nombre de matchs joués à Chelsea, il marque deux fois moins, c'est pour ça que la comparaison entre les deux passages est criante à mes yeux.

Le F.Torres de Chelsea ça a été Drogba, toute l'équipe jouait pour lui et pour le faire marquer.
zinczinc78 Niveau : CFA
La différence entre le pion de Grizou et celui de Torres, c'est que tous ceux qui l'ont vu foncer vers le but de Valdes pensaient qu'il allait perdre son duel (moi le premier).
Mais c'est interessant qu'on est une vision differente. Le but qu'il met tout a la fin est anectonique pour moi vu que chelsea est deja qualifié et qu'il part seul au but a la toute fin du match. Il faut du sang froid certes mais ca ne vaut pas le but de ramires. Et puis la domination du barca etait assez sterile quand meme.

Ok il obtient le corner en final. Dans ce cas on s'arrete plus. Comptons aussi celui qui a obtenu la touche juste avant le corner. Cech Drogba et Luiz sont les hommes de chelsea dans cette finale.
zinczinc78 Niveau : CFA
Après le Barça-PSG de 2017, tu peux pas dire que ce but est anecdotique, surtout en prenant en compte la "f*cking disgrace" de 2009.

Mais évidemment, celui de Ramires est 100 fois plus important et difficile à mettre (quand tu penses que l'UEFA ne l'a même pas mis dans le TOP 10 de la C1 cette année..).

Quant à ce corner, c'est ptet la seule occaze de Chelsea de la 2eme mi-temps. Torres venait de rentrer. Et Mata a raconté en interview que même un warrior comme Drogba n'y croyait plus après le but de Muller. Ce corner, Torres est allé le chercher quasiment tout seul !

Cinquième As Niveau : Loisir
Cet amour de piqué de Ramiers un pur régal... Il me semble que c'est lui qui s'arrache pour offrir le but de Drogba à Stamford Bridge. L'homme décisif sur cette double confrontation
zinczinc78 Niveau : CFA
Effectivement, il offre le but à Drogba à l'aller après un gros rush. Au retour, il plante ce but juste après avoir pris le carton jaune qui le privera d'une finale (très hypothétique à ce moment du match)
clement6628 Niveau : CFA
D'ailleurs, je pense que cette "caution colchonera" avec Simeone à leur tête y est pour beaucoup dans la réussite du club ces dernières années. Je pense que certains clubs "artificiels" devraient s'en inspirer. Comme d'un Barça avec des Catalans et Guardiola ou d'un Real avec des Espagnols et Zidane...
12 réponses à ce commentaire.
Tylerhamilton Niveau : DHR
Je poste un message uniquement pour saluer l'auteur de l'article. Une référence au Seigneur des Anneaux ça ne fait jamais de mal.
Ce commentaire a été modifié.
U'Marranzanu Niveau : CFA
Coïncidence ?

Tylerhamilton Niveau : DHR
Bien joué!
En effet, c'est de l'elfique. Torres est fan de Tolkien et s'est tatoué son prénom en elfique.
https://www.soccerpro.com/thecentercirc … -elves-oh/
Le looser magnifique Niveau : District
J'ai tout de suite pensé à ça aussi, et je poste un message uniquement pour te suivre. Le football c'est bien mais Le Seigneur des Anneaux c'est quelque chose aussi.
À chaque fois que quelqu'un en parle, j'ai l'impression que je suis passé à côté d'un truc. Parce que j'ai essayé hein. Mais en livre comme en film, bah ça m'a fait chier. Et du coup, j'ai peur d'avoir loupé quelque chose.
J'ai exactement le même sentiment ! Impossible de tenir plus d'une demie heure devant le premier film, et pourtant je peux regarder l'intégralité des étapes du tour de Slovénie sans problème !
ConstantVandenstock Niveau : DHR
Perso c est Harry Potter en film. Au bout de 20 minutes, je ronfle.
Le looser magnifique Niveau : District
Au départ c'est difficile il suffit juste de donner ce petit coup de collier pour finir un film ensuite enchaîner avec la suite et ça vient tout seul, c'est une oeuvre à prendre dans son ensemble, dans sa globalité. Puis finir par les livres qui sont long très long mais bon c'est pas n'importe quel auteur Tolkien, très belle plume. Faut se laisser guider.
Le looser magnifique Niveau : District
Je vous conseille de voir les citations de Tolkien sur internet, les livres sont un enseignement de vie très enrichissants.
8 réponses à ce commentaire.
GeronimoHous Niveau : District
Bizarrement, j'ai plus de souvenirs d'El Nino lorsqu'il était à Liverpool que durant sa période colchonera.

Mais pour moi, il reste un de ces rares joueurs qui jouent "à l'instinct", le vrai, le rageur, le puissant. C'est l'instinct qui fait qu'il va tirer sans réfléchir et mettre une défense à mal sur un deuxième ballon, c'est l'instinct du combat et du sacrifice pour redescendre aider son milieu de terrain.

Torres, c'est la beauté de l'instinct tout simplement.
The Chosen One Niveau : CFA2
Torres s'est révélé au monde avec Liverpool (niveau de jeu incroyable)

mais avant ça, il était capitaine de l'atletico à seulement 18 ans, c'était un attaquant racé, rapide, puissant et technique

il était le cauchemar du Barca et un sacré buteur

il mériterait d'être le numéro 1 parce que c'est une légende, la légende de l'équipe avec une tête d'enfant à 32 ans
John Fitzgerald Wilis Niveau : CFA
J'adore Torres , c'est un attaquant incroyable qui possède toutes les qualités et qui a l'Atleti dans le coeur mais Arragones était obligé d'être sur la plus haute marche de ce top .
Je ne l'ai jamais vu jouer , mais il a gagné énormément en tant que joueur et en tant qu'entraîneur la bas . Il a marqué le club pour toujours , d'ailleurs à chaque match de l'Atleti tu peux entendre les supporters chantaient son nom , des plus anciens au plus jeunes.
C'est LA légende du club .
ConstantVandenstock Niveau : DHR
Pareil, je savais qu il était de l Atleti mais c est à Liverpool qu il a crevé l écran.

Il faut aussi voir que la médiatisation de l Atletico est plus tardive que celle de Liverpool qui est un club mythique.

Enfin il me semble. Dans les résumés etc, on ne te montrait pas toujours les images du Torres madrilène. Par contre, avec Match of the Day et les coupes d Europe, Torres a crevé l écran. Quel sens du but et quelle explosivité il avait. C est génial qu il se soit réinventé dans un style différent pour son retour à Madrid
3 réponses à ce commentaire.
Cinquième As Niveau : Loisir
Dommage à un an près on aurait eu droit à une merveille de duo Torres Bejbl...
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Note : 2
J'aime beaucoup le destin accidenté de Torres.

Le gamin nourri au lait de Kiko, prédestiné à devenir une idole locale, mais qui a toujours louché sur la mamelle tout-terrain d'un Vieri. Et s'il est bien devenu une idole de l'Atleti (à défaut de titres, il a su gagner les coeurs), c'est à l'étranger qu'il a été couronné et qu'il est devenu l'un des 9 les plus complets de son époque.

Si l'on ajoute à ça l'humilité dont il a fait preuve avec la Roja, l'intelligence avec laquelle il s'est remis en question et s'est adapté à cette équipe qui ne jouait pas sur ses points forts (la profondeur et le jeu aérien) pour devenir une sorte d'égorgeur sorti d'un obscur placard à balais !

Ça fait quand même un chouette destin mitigé, y'a de la joie et des blessures. Tu peux picorer un peu ce que tu veux dedans.