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Les destins croisés de Ranocchia et Bonucci

L’un fait partie des meilleurs défenseurs du monde et collectionne les trophées, pendant que l’autre cire les bancs d’une équipe à la recherche de sa gloire perdue. Si Bonucci et Ranocchia ont des statuts très différents aujourd’hui, fut un temps où ils illuminaient côte à côte le stade San Nicola de Bari avec leur talent et leur jeu si prometteur.

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Comme toujours, et quelle que soit la forme des équipes, le derby d’Italia reste un incontournable de la Serie A. Cette rencontre entre l’Inter et la Juventus est le théâtre de la mauvaise foi, de petites piques gratuites, mais surtout d’émotions doublement plus intenses. En revanche, pour certains, c’est l’occasion de se remémorer de bons souvenirs en dehors de toute cette atmosphère de rivalité exacerbée. Ainsi, depuis maintenant six ans, Leonardo Bonucci et Andrea Ranocchia se retrouvent pour une accolade pleine de nostalgie, qui sent bon les cartellate comme si c’était à chaque fois Noël. Si aujourd’hui, ils se sont tous les deux imposés dans le paysage du football italien, à des niveaux différents, les deux défenseurs centraux ont d’abord fait leurs classes ensemble dans la séduisante équipe de Bari entraînée par Giampiero Ventura lors de la saison 2009-2010.


Ranocchia fait alors déjà partie de l’effectif puisqu’il a contribué au titre de champion en Serie B l’année précédente sous Antonio Conte, en révélant son talent en deuxième partie d’exercice. Bonucci débarque, lui, dans les valises de Ventura, qui prend déjà goût à récupérer une équipe de Conte. « Le jeu de Ventura est assez proche de celui de Conte et il avait besoin d’un certain profil de défenseur, capable de distribuer des ballons et d’effectuer de longues passes en avant. Donc, il a ramené Bonucci qu’il a découvert à Pise » , explique Giorgio Perinetti, ancien directeur sportif de Bari, désormais au Venezia.

Des débuts en fanfare


Fraîchement promu en Serie A, Bari affronte d’entrée de jeu l’impressionnante Inter de Mourinho, tenante du titre.
« On les a mis devant Eto’o et Milito dans le but de voir comment ils allaient s’en sortir et ils ont finalement pris leurs responsabilités et fait un grand match. » Giorgio Perinetti
Mais les noms qui composent le onze nerazzurro ne font pas trembler d’un poil Ventura et ses troupes, même si la partie s’annonce très compliquée. Au coup de sifflet final, les Galletti créent la surprise en arrachant un match nul (1-1) bien mené à San Siro. « Ce n’était pas forcément prévu que Bonucci et Ranocchia forment tous les deux le duo titulaire toute la saison, continue Perinetti. On les a mis devant Eto’o et Milito dans le but de voir un peu comment ils allaient s’en sortir et ils ont finalement pris leurs responsabilités et fait un grand match. On ne s’attendait pas à faire un résultat contre l’Inter, donc c’était un peu un test pour ces deux jeunes. »

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Et Riccardo Allegretti, leur ancien équipier, de compléter par ses souvenirs : « Toute l’équipe avait très bien joué, mais surtout la défense, car on n’a encaissé qu’un but et c’était sur penalty. C’était vraiment une belle partie. Ventura avait simplement dit de continuer comme ça après notre bonne préparation et de ne pas trop s’en faire. Au final, ça s’est bien passé. » La machine est dès lors lancée et la nouvelle fait rapidement le tour de la Botte. Apparemment, deux jeunes de vingt et un et vingt-deux ans blinderaient la défense pugliese… « Au début, ils n’étaient pas encore considérés comme le futur de la défense italienne, précise Allegretti. C’était une nouvelle expérience pour les deux, même si Ranocchia avait un peu d’avance sur Bonucci. Il était plus considéré, déjà quelques clubs s’intéressaient à lui. Mais ils étaient très jeunes et il leur restait encore à faire leurs preuves, ce qu’ils ont fait avec le temps. »

La montée en puissance


Les matchs passent, et le groupe de Ventura est en train de bluffer tout le monde, effectuant un très bon championnat pour un promu. Et comme si solidement garder la défense ne semble pas suffire, Bonucci se met aussi à marquer des buts. Son premier en Serie A est d’ailleurs un véritable chef-d’œuvre, entre la reprise de volée et le retourné, qui a permis aux siens de prendre l’avantage dans une rencontre remportée largement contre Palermo (4-2). « Je m’en souviens très bien, c’est même moi qui fais la passe décisive sur corner, se souvient Allegretti. C’était vraiment un but magnifique. Évidemment, il était très content, c’était son premier but en Serie A. En plus, on avait remporté le match, donc c’était beaucoup de bonheur ce jour-là. »

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Bien sûr, il n’en faut pas plus pour que les grosses écuries italiennes ne se penchent sur ces deux talentueux jeunes.
« Ranocchia était très bon de la tête, avec un grand physique et il savait toujours rester calme et sûr de lui. C’était un jeune Nesta. » Giorgio Perinetti
L’Inter est la première à manifester son intérêt, elle qui a vu le petit Leo fréquenter son équipe de jeunes et même les pros à l’occasion de quelques parties en Coupe d’Italie. À ce moment, il ne fait plus de doutes, Ranocchia et Bonucci seront le futur de la défense italienne, même si les comparaisons sont parfois un peu exagérées. « Ranocchia était plus fort que Bonucci. Il était le meilleur jeune défenseur d’Italie, affirme l’ancien directeur sportif de Bari. Il avait ce qu’il fallait pour percer : il était très bon de la tête, avec un grand physique et il savait toujours rester calme et sûr de lui. C’était un jeune Nesta. Bonucci faisait parfois quelques erreurs à cause d’un manque de vigilance, il pouvait se lancer un peu trop. Ils étaient destinés à faire une grande carrière ensemble. »


Et leur ancien équipier, Allegretti, de confirmer : « Ranocchia est très bon en marquage, ne laisse aucun espace à son homme et bénéficie de grandes caractéristiques physiques. Bonucci a un autre profil en défense, avec un très bon pied, très intelligent et capable de relancer directement les attaquants. Ils étaient vraiment différents dans leur façon de jouer, mais l’un aussi bon que l’autre. Je dirais même qu’ils étaient complémentaires et c’est justement l’association de leurs caractéristiques qui faisait que ça marchait aussi bien. »

Les oiseaux quittent le nid


Comme s’il s’agissait là d’un présage, le reste de l’exercice ne se passe pas comme prévu pour les deux partenaires. À la mi-saison, Ranocchia se blesse au genou et est contraint d’abandonner Bonucci pour l’infirmerie, jusqu’à la fin du championnat. Ce dernier continue tout de même sur sa lancée et la Juventus lui fait des avances. En juillet, après une saison bien remplie, conclue à la 10e place, et malgré ses nombreuses déclarations où il dit vouloir retourner à l’Inter, Bonucci s’envole pour Turin. En guise de bonus, il est même appelé par Lippi pour être le 23e homme de l’Italie pour le Mondial en Afrique du Sud. Quant à Ranocchia, ce sont bien les Nerazzurri qui le recrutent, mais le laissent encore six mois au Genoa qui en avait la copropriété avec Bari.


« Bonucci avait quelques défauts, mais il est parvenu à les corriger avec le temps, une grande volonté et de l’entraînement. » Giorgio Perinetti
« Ranocchia semblait vraiment être destiné à un grand futur. Mais Ventura a aussi toujours dit que Bonucci ferait de grandes choses, déclare Perinetti. Bonucci avait quelques défauts, mais il est parvenu à les corriger avec le temps, une grande volonté et de l’entraînement. Aujourd’hui, il fait partie des meilleurs défenseurs du monde. » Les temps ont bien changé, puisque Ranocchia est aujourd’hui remplaçant dans l’équipe de Frank de Boer, après avoir porté le brassard de capitaine et tenté de rebondir à la Sampdoria en janvier passé, alors que Bonucci s’est révélé indispensable, aussi bien chez les Bianconeri qu’en sélection nationale. La tension est grande entre leurs clubs, mais le souvenir de leur saison avec le maillot biancorosso maintiendra à jamais leur complicité. Et puis, il n’est pas encore trop tard pour les voir se retrouver dans la nouvelle défense de Giampiero Ventura. Comme au bon vieux temps.

Par Giuliano Depasquale
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Dans cet article

Top-player Niveau : CFA
Ranochia fait partie de certains talents italiens que l'ont attendait très haut mais qui ont un peu coincé comme des De Sciglio, Pazzini, Aquilani et dans une moindre mesure Gilardino. Peut être que demain ces gens la seront les Darmian, Parolo,..
Georgesleserpent 2.0 Niveau : Ligue 2
C'est en effet très amusant de voir la différence de trajectoire entre Ranocchia, qui avait pourtant tout dès le départ pour percer, et Bonucci, qui a été tant décrié, jusqu'à être considéré très récemment à sa juste valeur.
Bonucci a connu une progression vertigineuse au cours de ces dernières années, et ce malgré les critiques qui le qualifiaient d'arnaque, de chèvre, critiques qui me semblent s'être arrêté depuis l'Euro. Il a un profil assez atypique, certes, mais bordel de dieu, quel joueur...

Là où Ranocchia, depuis disons 3 ans, est mort et enterré. En toute honnêteté, je sais pas ce qu'il fout à l'Inter.
Même lorsqu'il avait été prêté à la Samp l'année dernière, il s'est démmerdé pour être naze.
Et c'est triste, tant ce type avait du talent.
Super-Pippo Niveau : CFA
Message posté par Top-player
Ranochia fait partie de certains talents italiens que l'ont attendait très haut mais qui ont un peu coincé comme des De Sciglio, Pazzini, Aquilani et dans une moindre mesure Gilardino. Peut être que demain ces gens la seront les Darmian, Parolo,..


De Sciglio n'a que 23 ans...
Gilardino a eu quand même une bien belle carrière même si il avait le potentiel pour faire mieux comme beaucoup de joueurs offensifs Italiens (Rossi, Cassano, Balotelli).

Parolo et Darmian sont âgé respectivement de 29 et 27 ans il me semble, ils ont jamais été annoncé comme des stars en plus. Tu as choisi de mauvais exemples en fait.
Georgesleserpent 2.0 Niveau : Ligue 2
Message posté par Super-Pippo
De Sciglio n'a que 23 ans...
Gilardino a eu quand même une bien belle carrière même si il avait le potentiel pour faire mieux comme beaucoup de joueurs offensifs Italiens (Rossi, Cassano, Balotelli).

Parolo et Darmian sont âgé respectivement de 29 et 27 ans il me semble, ils ont jamais été annoncé comme des stars en plus. Tu as choisi de mauvais exemples en fait.


Parolo, effectivement, n'a jamais été annoncé comme une star.
Par contre Darmian aspirait à mieux qu'à sa situation actuelle à MU. Et je pense qu'un transfert à la Juve, par exemple, pourrait relancer sa carrière; car je trouve qu'il pourrait devenir un très bon joueur.
Par exemple, je lui trouve bien plus de qualité qu'à De Sciglio.

Et je te rejoins sur Gilardino, ne serait-ce que pour son assist absolument fantastique pour Del Piero en demi du mondial, ainsi que pour son but plein de panache face à MU en demi de LDC, il a eu une belle carrière.
Puis ses années Fio, c'était très bien aussi.
Dean Moriarty Niveau : District
Entièrement d'accord sur Gilardino, que j'ai toujours du défendre devant mes potes qui se foutaient de sa gueule.

A Parme il met 23 buts deux années d'affilée en championnat. À ce moment là il était à un niveau exceptionnel, il rentrait tout, pied droit, pied gauche, de la tête.

Après les critiques viennent du fait qu'il n'a pas su être aussi bon par la suite, mais c'est resté un très bon buteur, avec des stats assez bonnes, même au Milan.

Et il est champion du monde, en ayant marqué un but lors de la compétition en plus de cette fameuse passe décisive pour Del Piero. Au final il aura eu une belle carrière.
L'un est devenu l'un des meilleurs défenseurs du monde, l'autre une des pires pipes au monde !

Voilà le résumé. :D
DivinCodino Niveau : DHR
Gilardino a pâti du fait qu'Ancelotti ne jouait plus qu'avec une pointe sur la fin, et en LDC c'était Inzaghi car il était plus "tueur".
Et en effet ses stats sont quand même très honorables, et il était très bon à la Fiorentina dans une équipe qui régressait (avant l'arrivée de Montella). Son assist pour Del Piero contre l'Allemagne, je pense que bien des attaquants considérés plus techniques ne l'auraient pas réussie!
De Sciglio sort d'un Euro quand même très positif, Darmian était plus coté que lui, mais depuis quelques temps la tendance s'est inversée.
Et c'est vrai que Ranocchia à l'époque était plus réputé encore que Bonucci, drôle de trajectoire.
Super-Pippo Niveau : CFA
Vous êtes sur que Darmian était annoncé si côté ? Il était dans le centre de formation du Milan ou comme beaucoup il n'a pas eu sa chance. Il a vraiment explosé au Torino vers 23-24 ans, il me semble. Effectivement, sa situation à Manchester n'est pas évidente mais ça reste un bon joueur, polyvalent qui peut dépanner un très bon club sûrement Italien. Par contre, la Juve a déjà 3 joueurs à droite avec Alves, Cuadrado et Licht' et à gauche, Sandro est plus jeune que lui et meilleur, du coup c'est bouché. Mais dans un autre club, à coup sûr.

Je suis peut-être pas objectif sur Gila car j'adore ce joueur mais je trouve qu'il a eu une très bonne carrière. Il est champion d'Europe (en sélection espoir et en club) et du Monde (en sélection et en club). Meilleur buteur des Espoirs Italiens et une Coupe du Monde ou il marque un but et ou comme vous l'avez dis, il y a ce chef d'oeuvre de passe dé pour Del Piero. Il touchait d'ailleurs souvent les poteaux, la barre ou son but était injustement refusé. Il y avait ce genre de poisse un peu qui l'habitait, en tout cas c'est le ressenti que ça me faisait. Surtout en Ligue des Champions ou il aura quand même marqué des buts (et mis à l'amende Rio-Vidic). Après le départ de Sheva (ou le duo fonctionnait pas mal), Ancelotti est passé à une pointe spécialement en Champions League et comme dis plus haut, Gilardino était plus technique (sous-estimé sur ce point) mais moins tueur qu'Inzaghi. Mais dans mes souvenirs, il jouait souvent en LdC quand même. Après en finale 2007, Ancelotti place Inzaghi, grand bien lui a pris. Gilardino rentre à la fin, juste avant le but de Liverpool (87' ? 88' ?) En Serie A, il est dans le top 10 All-Time je crois. Pas mal au final.
Super-Pippo Niveau : CFA
A Parma c'était incroyable, il était jeune en plus. En Italie, ça s'était enflammé quand même. Au Milan, je trouve que c'est globalement une réussite. A la Fio, il a participé au retour au 1er plan du club et après il a connu une chute. Avant de s'éclater avec Diamanti à Bologna.
comment c'est loin Niveau : DHR
Sinon, un club italien pour sortir giovinco des States ?
Au vu de son salaire c'est chaud mais sa m'emmerde qu'il soit si loin.
Message posté par comment c'est loin
Sinon, un club italien pour sortir giovinco des States ?
Au vu de son salaire c'est chaud mais sa m'emmerde qu'il soit si loin.


Vu le salaire qu'il a aux USA, il faudrait un des plus gros clubs d'Italie pour le rapatrier. Et il a prouvé lors de ses 2 échecs à Turin qu'il ne pouvait prétendre au mieux qu'à une place de joueur important dans un club moyen-faible
Selon moi Darmian n'est pas cuit.. il a juste fait le pire choix pour un joueur italien en terme de carrière c'est à dire partir en Angleterre.. peu d'espoirs italiens s'y sont imposés.. Rappelez vous Diamanti, Borini, Ogbonna, Darmian, Santon,Macheda et j'en passe.. Zola, Pellè et qlqs autres y ont plus ou moins reussis mais tout le reste.. donc bon Darmian à son retour en Italie devrait se montrer très performant selon moi.. je le verrais revenir au Torino où encore aller à la Fiorentina..
Un joueur en qui je croyais moyennement époque Bari qui m'a fait finalement fermé ma gueule, et je crois pas être le seul d'ailleurs. Il fait parti de ces rares joueurs dont leur transformation m'a agréablement surpris.

Jamais je n'ai pensé qu'il attendrait ce niveau un jour, et aujourd'hui il fait parti de la crème des défenseurs. Il doit beaucoup à Conte qui l'a vraiment fait passé un cap.
Message posté par Ft9
Selon moi Darmian n'est pas cuit.. il a juste fait le pire choix pour un joueur italien en terme de carrière c'est à dire partir en Angleterre.. peu d'espoirs italiens s'y sont imposés.. Rappelez vous Diamanti, Borini, Ogbonna, Darmian, Santon,Macheda et j'en passe.. Zola, Pellè et qlqs autres y ont plus ou moins reussis mais tout le reste.. donc bon Darmian à son retour en Italie devrait se montrer très performant selon moi.. je le verrais revenir au Torino où encore aller à la Fiorentina..


Ogbonna et Borini sont titulaires dans leurs clubs...
Gilardino c'est quand même 188 buts en Serie A, soit autant qu'Alex Del Piero et Beppe Signori, c'est énorme (et ça fait de lui le 7ème buteur de l'histoire de la ligue). Il a toujours été régulier, que ce soit à Parme, au Milan, à la Fio, au Genoa, à Bologne ou à Palerme. A 34 ans on va voir ce que ça va donner avec Empoli et le big Mac!
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