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Les courbes de Payet

Il ne fallait qu'un coup de génie. Et il ne pouvait venir que de Dimitri Payet. Cette fois, c'est venu du pied gauche. Et tout s'est terminé dans les larmes et dans les bras de Didier Deschamps. Comme pour refermer définitivement un dossier ouvert l'été dernier. Dans les courbes et la gueule dans l'herbe.

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Le premier jour de Dimitri Payet dans un Championnat d’Europe se sera donc terminé dans les larmes. « J'ai été pas mal sous pression cette saison, j'étais beaucoup attendu en sélection et si on m'avait dit que ça allait se passer comme ça, je n'y aurais pas cru, avoue 10-Mitri après la rencontre. Je pense que c'est tout ça qui est ressorti à ce moment-là. Je sais d'où je viens, et je viens de loin, donc j'avais envie de me régaler ce soir. » Au fond, l’histoire ne pouvait se terminer autrement. Il y a le geste et l’image. Du sang et des larmes. Avec lui, rien ne sera définitivement lisse. Dimitri Payet n’aime pas la normalité. C’est un esthète, un amoureux du geste, du beau geste, du dribble utile et de la courbe parfaite. Celle dessinée par son pied gauche à Saint-Denis vendredi soir est hors du temps. Plus encore, Payet joue avec le temps, il le caresse souvent et le fracasse en un instant pour cogner l’ennui livré quatre-vingt-dix minutes durant. C’est la force de son football, car il tape sur les émotions.

Il y a quelques mois, Slaven Bilić, son entraîneur à West Ham, avait lâché ces mots pour parler de lui après une victoire en FA Cup contre Blackburn : « Il faudrait que je prenne des cours de poésie pour pouvoir décrire l’importance que Payet a pour nous. » Payet était alors un point d’interrogation dans la tête de Didier Deschamps. Puis le gamin de la Jonelière a répété ses courbes extraordinaires, jouant parfois avec la raison. Et le sélectionneur a tranché fin mars : « La question de le prendre ou non à l’Euro ne se pose plus. » Comme un ultime message pour classer définitivement la guerre médiatique entre les deux hommes, histoire de partager les larmes.

Du sacrifié au libéré


Il faut se rendre compte de la dimension prise cette saison par Dimitri Payet. Lui parle de « sacrifices » , on peut parler de maturité. Car en quelques mois, Payet a compris ce qu’il représentait aux yeux des dirigeants du foot : une simple valeur marchande au-delà d’un QI foot hors norme. De Marseille, il partira comme « un sacrifié » . Pourquoi ? Car il était tout simplement le balancier de Marcelo Bielsa à l’OM après avoir pris des coups dans la gueule de la part de l’Argentin. Bielsa connaît le talent et n’est prêt à se battre que pour ça.


Alors Payet a travaillé, a traversé la Manche, a développé un physique hier trop frêle et a affiné son jeu pour devenir aujourd’hui l’atout offensif numéro un des Bleus avec Antoine Griezmann. C’est aussi notre quota émotions et ça n’a pas de prix. Oui, les larmes ont leur place sur un terrain de foot, surtout quand elles viennent conclure une partition. Et celle livrée par Dimitri Payet contre la Roumanie touche à l’insolence. Ça méritait bien un câlin de la Dèche, qui lui aussi a connu des larmes de bonheur sur la pelouse du Stade de France, pour terminer le tableau.

L'homme et le puceau


Tactiquement, Payet est tout simplement devenu un homme. Un pragmatique dans son entière définition, capable de s’adapter à tous les schémas et au nouveau rôle que lui a donné Deschamps. C’est aussi parce que DD a accepté les règles de la liberté créative : oui, on ne muselle pas un génie au risque de mettre en péril l'équilibre de l’ensemble. Sans Payet, la France n’avait pas de lumière, avec un Pogba relativement éteint et un Griezmann aussi à l’aise sans doute que devant sa première dentelle. La lumière ne pouvait venir que de lui, de son pied gauche, de ses décalages et de ses lignes cassées. Voilà la France lancée dans son Euro après une entrée qu’on savait angoissante. Il faut maintenant vivre l’aventure, et non la subir comme ce vendredi soir. Car on parle là aussi de création. Celle des émotions, de la culture de l’imprévisible, et Dimitri Payet ne vit que pour ça. Ça tombe bien, nous aussi.

Par Maxime Brigand Propos de Dimitri Payet recueillis par Thomas Pitrel, au Stade de France.
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