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  1. // Coupe du monde 2014 – Uruguay – Suspension de Suárez

Les cinq questions qu'on se pose après la suspension du Luis Suárez

Une morsure, un débat, des conséquences. Suspendu neuf matchs avec l'Uruguay et privé de ballon pour les quatre prochains mois, Luis Suárez truste une nouvelle fois le devant de la scène footballistique. Une nouvelle place sur le banc des accusés pour le génie de la Céleste. De nouvelles interrogations pour la cour.

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Que va-t-il faire pendant quatre mois ?

Quatre mois de vacances. Dans le foot, cela n'arrive à personne, excepté Abou Diaby. Et parce que la famille, ça va cinq minutes, autant dire que Luis va devoir meubler. Peuplé de Sud-Américains, Copacabana et Ipanema n'attendent que Suárez. Ce jeudi, un Luis taille réelle en carton se baladait même le long des sacro-saintes étendues de sable pour que touristes et locaux puissent immortaliser cet instant footballistique. L'Uruguayen pourra donc profiter de son temps libre pour soigner sa cote de popularité à Rio où la Céleste affrontera la Colombie en huitième de finale de ce Mondial aux airs de Copa América. Après un retour au pays pour se ressourcer, Luis devra se maintenir en forme, loin de Liverpool. Pour ça, il pourra s'attacher les services de Tiburce Darou. C'est bien connu, les Roumains ont la peau dure et surtout, c'est une bonne occasion d'éliminer les kilos superflus qu'il aura pris après sa rencontre avec Diego Maradona, dernier gros bonnet – ou blanc bonnet, c'est selon – à lui avoir témoigné son soutien. De retour à Liverpool, il pourra toujours se consoler en regardant Aly Cissokho. Oui, le chômage technique dans le foot, c'est toujours mieux que l'absence de technique.

Cette sanction marque-t-elle la fin d'un foot ?

L'épaule de Giorgio Chiellini comme pièce à conviction de l'affaire du Mondial et la FIFA en guise de tribunal de La Haye. Jugé terroriste récidiviste du football international, Luis Suárez est tombé sous les balles de l'organisation qu'il enrichit à coups de gestes de génie. Condamné sur preuve vidéo, car trop malin pour se faire gauler par le corps arbitral, l'Uruguayen est le symbole d'une mort du football. Celui de l'instinct, de la sauvagerie et de la folie. La mort de Suárez, c'est la mort des hommes qui ne sont pas en représentation et qui ne jouent pas au foot, mais le vivent. Pour que la mort d'un football soit totale, la police brésilienne serait venue chercher Luis Suárez à l'hôtel de la sélection uruguayenne afin de lui retirer son accréditation. Gageons que Luis sera capable de demander aux supporters chiliens comment ils ont fait pour franchir les postes de sécurité et pénétrer gratuitement dans le stade.

Quid de son éventuel transfert ?

Le Barça était chaud bouillant. Selon Florentino Pérez, « avec ce Benzema, le Real n'en avait pas besoin » , mais comme chacun sait, un Real Madrid qui n'a pas besoin, c'est un Real Madrid qui achète. Auteur de la meilleure saison de sa vie alors que celle-ci était déjà amputée de quelques matchs, Luis Suárez devait être l'une des attractions du mercato estival. Sauf qu'il sera comme un produit que l'on commande sur internet sur un site un peu obscur : on pourra quand même l'acheter, mais le délai de livraison est long. UPS ne passera pas avant le mois d'octobre. Un problème pour Liverpool qui comptait se goinfrer sur les frais de port. Deux solutions donc, pour les Reds : tenter de conserver le joueur, qui se fera un plaisir de terminer à nouveau meilleur buteur de Premier League avec des matchs en moins, ou trouver un acheteur qui accepte de payer relativement cher un joueur qui va louper un quart de saison. Ultime solution, signer à l'OM. Luis est interdit de football. Pas de tentative de football.

L'Uruguay en péril ?

Des insatiables guerriers loin d'avoir perdu la guerre, mais qui ont déjà perdu une bataille, face au Costa Rica. Opposés à la Colombie en huitième de finale de la Coupe du monde, les Uruguayens ont connu la déroute d'entrée de jeu, mais ont marché sur la suite de la compétition en revanchards, guidés par leur gourou et sauveur, Luis Suárez. Certes, sans Diego Godín, l'aventure uruguayenne se serait achevée et la trace de morsure sur l'épaule de Giorgio Chiellini n'aurait pas été la plaie la plus béante du peuple de la Céleste. Toutefois, c'est sans son leader que la Céleste va affronter une belle équipe de Colombie. Sans lui, les coéquipiers d'Edinson Cavani ressemblaient à l'avion sans ailes de Charlélie Couture. Avec lui, on aurait eu droit à un duel Yepes – Suárez. Le droit à une baston, en somme. À Rio, pour les huitièmes, la bataille sera toute autre. La star aussi. Elle s'appellera James Rodríguez.

Mordre ou mettre un coup de boule ?

Telle est la question. Pas épargné par la FIFA pour sa dégustation d'omoplate de Giorgio Chiellini, Luis Suárez est prévenu : au prochain coup de nerfs, il faudra opter pour autre chose que la morsure, expression même de l'être sauvage. Dans une Coupe du monde où les coups de coude pleuvent comme les caïpirinhas, Luis aurait pu s'adapter à la culture locale. Il aurait pu opter pour le coup de tête, aussi. Le geste technique des grands hommes. Celui qui lui aurait certainement valu une suspension moindre. En tout cas, il sait quoi faire de ses quatre prochains mois si Tiburce Darou refuse la proposition de contrat : un peu de muay-thaï.

Par Swann Borsellino
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