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  1. // Euro 2016
  2. // Groupe B
  3. // Angleterre-Galles (2-1)

Les choix du Roy

Après une entrée en piste difficile contre la Russie samedi dernier, l'Angleterre a arraché dans la douleur son premier succès dans ce championnat d'Europe contre des Gallois sur les genoux (2-1). Problème : elle a une nouvelle fois payé les choix d'un sélectionneur frileux et qui ne cesse de s'excuser de ses erreurs de coaching.

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Debout derrière sa ligne, il a la tête basse. Il se gratte le crâne, regarde ses fiches noircies et constate les dégâts : « Ce nul, c’est comme une défaite. Une victoire 1-0 aurait été parfaite. À un quart d’heure de la fin, j’ai remplacé un Rooney fatigué par Wilshere, poste pour poste. Il devait nous apporter du jeu, tenir le ballon. Mon autre changement a été de sortir Sterling, qui avait beaucoup couru, et de faire entrer Milner pour fermer un peu le jeu et être meilleur sur les coups de pied arrêtés. Rien n’a fonctionné. » Face à lui, personne ne comprend et se pose des questions. Beaucoup de questions. Pourquoi avoir sorti Wayne Rooney, en forme, éclaireur du jeu de la nation ? Le capitaine de la sélection anglaise avoue à demi-mot ne pas comprendre : « Ce sont les choix du coach. » Pourquoi avoir demandé à Harry Kane de tirer tous les corners ? Hogdson : « Personne dans l’équipe n’arrive à son niveau dans cet exercice. » Derrière son pupitre, Roy Hodgson, 68 ans et les poches bien remplies (plus gros salaire des sélectionneurs présents en France), se sait contesté. L’Angleterre vient de rater son entrée au championnat d’Europe et de se faire rejoindre dans les dernières minutes par la Russie (1-1). C’était il y a maintenant cinq jours.

Le bain des enfants


On pensait alors que Hodgson allait apprendre de ses erreurs, mais le vieux sage s’est entêté. Face au pays de Galles (2-1), le guide des Three Lions a couché le même onze que face aux Russes, soit le deuxième plus jeune de l’histoire de l’Angleterre (25 ans et 293 jours de moyenne). À la fin du siècle dernier, certains affirmaient qu’on ne pouvait « rien gagner avec des enfants » . C’est peut-être déjà le problème majoritaire de cette Angleterre qui a décidé de débarquer en France sans une grande expérience internationale et avec une ossature quasi renouvelée par rapport à une Coupe du monde 2014 désastreuse. Hodgson a préféré laisser de côté Phil Jagielka ou encore Michael Carrick, voire Danny Drinkwater, sur un nuage avec Leicester cette saison, et emmener un Wilshere qui n’a pas joué de la saison. C’est un choix. Mais le constat est pour le moment semblable à celui tiré autour de l’équipe de la France : un groupe ambitieux, prometteur, et une incapacité à faire le jeu face à des blocs regroupés. L’Angleterre déçoit, elle pioche, et doit s’en remettre à des exploits individuels comme aujourd’hui face à des Gallois sur les genoux en fin de match. Problème, il n’y a pas de mieux par rapport à l’échec initial face à la Russie et on en revient au même constat et au même responsable.

Hodgson fait des bulles


Aujourd’hui encore, Roy Hodgson a balbutié. D’entrée, déjà, en décidant d’aligner une nouvelle fois Raheem Sterling, invisible face à la Russie, et en le préférant à Jamie Vardy, titulaire et convaincant en préparation aux côtés d’Harry Kane. Laisser l’attaquant de Leicester sur le côté, c’est se priver d’un croqueur d’espaces, d’un joueur en confiance et avant tout d’un crève-la-dalle. Alors Hodgson a fait entrer Vardy à la pause et il a été décisif en relançant une Angleterre poussive peu avant l’heure de jeu. Pourquoi s’en priver et souffrir une mi-temps supplémentaire avec un Sterling branché en ligne droite unique ? L’autre choix de Roy Hodgson aujourd’hui a été de lancer Daniel Sturridge pour remplacer Harry Kane, qui n’a toujours pas cadré une frappe de l’Euro. Choix payant, l’attaquant de Liverpool a apporté sa qualité de mouvements naturelle et a offert la victoire aux siens en fin de rencontre. Hodgson s’était planté dans son coaching contre la Russie, ce deuxième match était une séance de rattrapages et il a nagé pendant 45 minutes avant de se ressaisir. Non, cette Angleterre ne va pas mieux, mais elle est pour le moment en tête de son groupe et s’avancera en position de force contre la Slovaquie lundi prochain. Roy Hodgson a une nouvelle fois péché par frilosité défensive, il va maintenant falloir qu’il accepte de libérer son Angleterre. Car pendant ce temps-là, le Royaume est encore en grand écart entre l’envie de voir briller sa sélection nationale et le désir de voir partir un sélectionneur sans idée. L’horloge tourne, mais Kane ne tire déjà plus les corners. On avance.

Par Maxime Brigand
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