1. // Copa Libertadores

Les Chivas grippent Velez

Les Chivas Guadalajara avaient un compte à régler. Éliminés de l'édition 2009 de la Copa Libertadores pour cause de... grippe porcine, ils faisaient leur retour cette semaine dans la plus prestigieuse compétition d'Amérique latine. Résultat : en huitièmes de finale aller, ils n'ont fait qu'une bouchée du Velez Sarsfield, en terminant sur un pied de nez. De groin ?

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Ah, la Copa Libertadores. Ses stades bourrés jusqu'au toit, ses ambiances de feu, ses techniciens hors-pairs... Ça, c'est pour la carte postale. Car un match de Copa Libertadores peut se révéler aussi chiant qu'une rencontre de Coupe de la Ligue de milieu de semaine en direct sur France 4. Se rendre par exemple un mardi soir à Guadalajara, où le magnifique Stade Jalisco sonne creux : 10 000 mordus pour 55 000 sièges à remplir. On se croirait presque à Louis II. Spectacle tout aussi triste sur la pelouse.

Privés de leurs sept internationaux partis préparés la Coupe du Monde avec El Tri, les Chivas (traduire : les chèvres), équipe 100% mexicaine, sont logiquement dominées par le Velez Sarsfield, vainqueur de l'épreuve en 1994, et récent champion d'Argentine lors du tournoi de fermeture 2009. Sur le terrain, aucun nom qui aurait franchi l'Atlantique, mis à part celui d'Omar Bravo, éphémère et fantomatique attaquant du Deportivo La Corogne (9 matches et un but en 2008-2009). Un avant-centre poids-mouche, taillé dans la feuille de papier. Il sera le grand héros du match : un doublé contre le cours du jeu, et un pénalty provoqué.

L'autre grand acteur de la partie se nomme Hector Reynoso. Le défenseur central à bouclettes chiva a fait le tour du monde l'an dernier en crachant théâtralement dans la tronche de Sebastien Penco, joueur de l'Everton chilien*. En pleine psychose sur la grippe que l'on appelait encore mexicaine, l'expulsion salivaire de ce gros cochon de Reynoso scandalisa. La peur de tout ce qui touche au Mexique conduisit d'ailleurs la CONMEBOL à exclure les représentants picante de la Libertadores. Au final, des pays interdits aux Mexicains, comme l'Argentine, compteront presque autant de victimes de la grippe porcine, plus scientifiquement appelée virus H1N1, que le pays présumé foyer de l'épidémie.

« Chinga tu madre Argentina »

Au coup d'envoi, personne ne sait vraiment si Reynoso était autorisé à fouler la pelouse. La CONMEBOL avait suspendu pour une durée indéfinie le joueur. En revanche, elle a qualifié directement les Chivas pour les huitièmes de finale de l'édition 2010, stade auquel ils avaient été contraints de renoncer l'an dernier. Sans autre précision venue de la fédération sud-américaine (le Mexique, membre de la CONCACAF, jouit d'un statut d'invité en Libertadores), les dirigeants de Guadalajara ont préféré ne pas s'abstenir dans le doute. Reynoso est bien là, et sa présence pas vraiment discrète. Alors que tout le stade attend Bravo pour frapper le pénalty dans les arrêts de jeu et s'offrir un triplé, c'est le défenseur cracheur qui se pointe. Il explose après n'avoir laissé aucune chance au malheureux joueur de champ argentin contraint de suppléer son gardien, expulsé.

 3-0, le stade Jalisco vibre et prend un malin plaisir à moquer les « Che » , le surnom des Argentins, une nationalité assez peu populaire au Mexique : pour leurs moult victoires souvent à l'arrachée face à la sélection locale. Plus globalement, pour leur réputation d'arrogance, qui dépasse les enceintes sportives. Les « Velez ne pleure pas » , chantée sur la mélodie de « Cielito Lindo » , l'hymne bis du Mexique, s'accompagnent de moins polis : « Chinga tu madre Argentina » . Besoin de traduction ?

Les supporters de Velez présents au match ont-ils fait les 8000 kilomètres séparant Buenos Aires de Guadalajara ? Ils se font en tout cas sévèrement chambrer à la sortie du stade. Le plus grand et costaud d'un groupe d'une dizaine d'albiceleste rétorque. Mais entouré de Mexicains qui redoublent d'insultes, il ravale sa fierté et poursuit sa route tête baissée. Il aura fallu attendre plus de 90 minutes pour que la Copa Libertadores fasse honneur à sa réputation.

Thomas Goubin, à Guadalajara


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Un Mexicain crache sur son adversaire Hector Reynoso foot
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