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Les Chivas en ambassadeurs

Vainqueurs sur le terrain de la U de Chile (0-2), les Chivas sont les premiers qualifiés pour la finale de la Copa Libertadores. Ils rencontreront les Brésiliens de Sao Paulo ou de l'Internacional, qui s'affrontent jeudi soir. Compte-rendu.

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Les Chivas Guadalajara vivent leurs jours de gloire. Vendredi, ils inauguraient leur nouveau stade, l'un des plus modernes d'Amérique latine, et pour que la fête soit plus folle, s'offraient Manchester United (3-2). Moins d'une semaine plus tard, ils sont devenus le deuxième représentant mexicain à atteindre une finale de Copa Libertadores, après Cruz Azul en 2001, alors défait par Boca Juniors. Les représentants du Troupeau sacré, le surnom du club, étaient pourtant arrivés grelotants à Santiago de Chile, au cœur de l'hiver austral (pas loin de 0°C), et bien mal couverts par le résultat de l'aller (1-1).

Pour se réchauffer, les hommes de Jose Luis Real pouvaient toutefois se rappeler la configuration du match aller. Les Chivas avaient déjoué lors de la première période, mais la distribution des talents leur paraissait largement favorable, ce qui pouvait aussi attiser les remords. Côté chilien, la prudence pouvait servir d'alibi à la pâle prestation, et si elle était guidée par un plan, il avait parfaitement fonctionné avec ce bonus acquis à l'extérieur.

Dans leur Monumental, poussés par 40.000 furieux qui embraseront l'air de leurs chants interrompus, les Chiliens se sont sentis obligés d'attaquer. Mal leur en a pris, les rapides attaquants adverses et la vista du “Bofo” leur ayant fait très mal dans le dos. Finalement, ce sont les doigts de Miguel Angel Pinto, à la bourde sur une frappe inoffensive de Xabi Baez (21e), qui offriront l'ouverture du score aux visiteurs. Les fidèles de la U pouvaient commencer à accuser la fatalité, et leurs ennemis de Colo-Colo continué d'agiter leur Copa Libertadores 1991 devant leurs nez. Jamais deux sans trois, après 1970 contre Penarol, et 1996 face à River, les universitaires échouaient à nouveau à l'examen des demies. Ce mardi soir, ça ne voulait tout simplement pas pour la U, qui frappa deux fois sur la barre, puis tomba sur un grand Luis Michel, gardien remplaçant d'El Tri lors de la Coupe du Monde, mais qui pourrait bien en devenir le titulaire à 31 ans.

Aidés par la grippe


Le clinquant président des Chivas, Jorge Vergara, avait annoncé lundi qu'il préparait quatre autres transferts des siens vers l'Europe, après la surprise de celui du Chicharito Hernandez vers MU. Toujours plus prompt à vendre qu'à acheter, le président le plus médiatique du Mexique ne manquera pas de vanter la politique de formation de son club : 10 des 11 titulaires ont fréquenté les bancs de l'école Chivas, et le onzième, El Bofo Bautista, bénéficie d'une cote d'amour inébranlable auprès des supporters. La vérité : la plupart des membres du troupeaux ont joué largement au-dessus de leur niveau moyen, à moins qu'il ne s'agisse de celui qu'ils pourraient maintenir en évoluant dans un environnement plus compétitif. Avis aux amateurs donc.

A la 47e minute, un chien fait son entrée sur la pelouse. A la 54e, le défenseur central, Jonny Magallon, flingue les Chiliens : une tête sur laquelle bondit le gardien, puis une frappe à bout portant qui s'enfonce dans les filets. L'an dernier, les Chivas avaient été contraints d'abandonner la Copa Libertadores en huitièmes de finale, exclus comme toutes les équipes mexicaines pour cause de grippe porcine. Repentante, la CONMEBOL a recraché cette saison les représentants du géant d'Amérique centrale au stade d'où ils avaient été expulsés. C'est donc un peu grâce à un virus que les Chivas se retrouvent là. C'est surtout un petit miracle. Car les Mexicains ont été contraints de jouer les deux tours précédents privés de leurs sept internationaux retenus par Javier Aguirre. Cela dit peut-être pas mal de choses sur le niveau actuel des championnats d'Amérique latine. Reste qu'à Guadalajara, on ne retiendra que la belle ligne sur le palmarès. En cas de succès final...



Par Thomas Goubin, à Guadalajara

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