Les chats noirs du Big 4

Sunderland a rencontré tous les gros, pointe à la 6ème place après 13 journées, vient de casser le plafond de verre dans lequel il s'était installé à l'extérieur. Présentation de l'équipe qui a retourné Chelsea à Stamford Bridge.

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Dans le Tyne and Wear, Newcastle a souvent fait de l'ombre au Sunderland AFC. Et la claque reçue dans le derby à St-James Park fin octobre (5-1), l'éclosion d'une queue de cheval nommée Andy Carroll ou le coup de poing de Barton sur Pedersen, n'avaient pas éclairci la situation. La récente victoire sans appel des Black Cats à Stamford Bridge dimanche soir (3-0) est peut-être en train de remettre les choses dans l'ordre. Car ne nous trompons pas, si une victoire aussi large peut revêtir l'habit de l'accident pour les Blues, elle confirme surtout que Sunderland mène la vie dure aux grosses cylindrées de la Premier League. Jusqu'à aujourd'hui, Sunderland a reçu au Stadium of Light, citadelle imprenable cette saison, City (1-0), Arsenal (1-1), MU (0-0, United a eu très chaud) ou Aston Villa (1-0). A l'extérieur, les Black Cats sont revenus indemnes de leurs déplacements à Liverpool (2-2), à Tottenham (1-1) et donc dimanche de Chelsea (3-0). Pourtant, le club du nord de l'Albion n'arrivait plus à gagner depuis avril et avait pris une volée en janvier dernier à Stamford Bridge (7-2). Les séries ont toujours une fin, sans doute la plus belle pour Steve Bruce, manager de ces nouveaux chats noirs : « C'est probablement le moment dont je suis le plus fier depuis mon arrivée à Sunderland » .

Depuis sa remontée dans l'élite lors de l'été 2007, Sunderland restait une équipe de milieu voire bas de tableau de Premier League mais arrivait enfin à éviter le yoyo qui le caractérisait depuis 1999 avec notamment un record peu glorieux dans la poche : le plus petit nombre de points en une saison (15 points en 2005), dépoussiéré deux ans plus tard par Derby County (11 points). Emmenés par le joufflu Steve Bruce à partir de juin 2009, les Black Cats étaient, à raison, présentés comme des coriaces pas géniaux à domicile et des pipes à l'extérieur. Mais alors pourquoi pour l'exercice 2010-2011, après treize journées, trouve-t-on Sunderland à la 6ème place, aux côtés de Bolton, juste derrière le Big Four, et devant Tottenham, Aston Villa, Liverpool, Everton et l'ennemi Newcastle ?

Le joyau Henderson

Steve Bruce a tout simplement en main une équipe toujours aussi coriace, mais qui semble enfin avoir trouvé son équilibre, un fonds de jeu séduisant et un poste de gardien de but bien doublé, ce qui n'est pas commun Outre-Manche. Le Belge Simon Mignolet a assuré un bel intérim, gagnant sa première convocation avec les Diables Rouges, après la blessure de l'actuel meilleur gardien écossais, le géant Craig Gordon (toujours détenteur du transfert le plus onéreux pour un gardien de but en PL, 13 millions d'euros), aujourd'hui de nouveau dans les cages. Vient ensuite l'équation indispensable d'une équipe équilibrée : une colonne vertébrale performante avec le bloc Titus Bramble derrière, Darren Bent (6 buts) ou Asamoah Gyan (5 réalisations) en pointe et surtout Jordan Henderson au milieu. Le jeunot de 20 ans fera d'ailleurs partie de la jeune garde anglaise (avec Wilshere, Gibbs, Smalling et Carroll) amenée à affronter à Wembley la France ce mercredi.

Fan de Ryan Giggs et Paul Scholes, Henderson a de la colle au pied, aux deux même, la vision du jeu et un abattage physique de coureur de fond (13 km en moyenne par match) et se prépare, s'il confirme son bon début de saison, à intégrer les grosses écuries l'année prochaine. Steve Bruce, dans le Guardian : « La seule fois que Fergie m'a parlé d'un de mes joueurs –c'était Valencia à Wigan– et il m'a blousé en l'achetant ! Il me dit la même chose à propos de Jordan, en me demandant de le garder informé de son évolution. Pour être honnête, tous les gros clubs me demandent de les garder informés de la situation » . Bref, le 4-2-3-1 de coach Steve fonctionne bien, les prêts intelligents de Onuoha (Manchester City) et du jeune Welbeck (Manchester United), la pile égyptienne Al-Muhammadi ont complété un effectif dans lequel Malbranque et Zenden, deux bons tripoteurs de chique, se régalent.


Le Stadium of Light, construit sur le site de la dernière mine de la ville, s'habituait jusque-là aux artistes via les concerts, le stade de Sunderland étant l'un des spots les plus prisés des groupes de zik en tournée en Angleterre. Aujourd'hui, il voit peut-être l'une des belles surprises de cette Premier League prendre forme et proposer un football plus esthétique qu'auparavant. Et on disait tous que Chamakh aurait pu s'y perdre. Quand on y repense...



Ronan Boscher

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