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Les charmes de Lorient

C’est un Lorient toujours invaincu au Moustoir qui accueille un Lyon requinqué par une qualification improbable en C1 et le retour de Lisandro. Un Lorient qui surprend mais qui est encore loin de marcher sur l’eau.

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C’est toujours la même rengaine. Depuis leur remontée dans l’élite en août 2006, les Merlus débutent chaque exercice écaillés de leurs meilleurs éléments, partis vers d’autres contrées au nom plus clinquant mais Lorient arrive toujours à s’en sortir. Cet été pourtant, avec les départs de Gameiro, son meilleur buteur international, Amalfitano, son meneur de jeu, et Morel, son latéral offensif, la saignée semblait encore un peu plus profonde et difficile à absorber. Aujourd’hui, Lorient compte 23 points, soit son deuxième meilleur total depuis 2006 (25 points en 2009), et pointe à la 9ème place, entre Marseille et Bordeaux. Christian Gourcuff est donc une nouvelle fois en passe de réussir son pari. Si, sur le terrain économique, Lorient ne peut rivaliser avec les moyennes et grosses écuries de l’hexagone, sur le terrain la vérité est toute autre. Comme le jeu à la nantaise du XXème siècle, Gourcuff peut aujourd’hui se prévaloir d’avoir instauré un jeu à la lorientaise, inscrit dans un canevas immuable, le 442 en ligne. Des déplacements, l’utilisation des ailes, de l’alternance jeu court / jeu long, les séquences à une touche de balle sont les préceptes de ce style breton qui est sans nul doute la réussite première du club, d’une ville a priori pas suffisamment sexy pour attirer les talents du ballon rond.

Et pourtant, cette année, le club du Morbihan a une nouvelle fois réussi son recrutement afin d’entamer un nouveau cycle lui permettant d’atteindre l’objectif fixé a minima par le trader-président Loïc Féry : « Faire partie des meubles de la Ligue 1 » . Chance a été donnée à deux revanchards du football français. Le premier, Jérémie Aliadière, était un pari risqué pour Gourcuff. L’ancien Gunner traînait jusqu’alors sa misère dans les infirmeries anglaises et avait le profil parfait du Mourad Meghni, talent précoce mais insuffisamment taillé pour l’exigence physique (et mentale ?) du haut niveau. Convaincant et enfin en confiance depuis son arrivée, Jérém’ vient déjà de prolonger son bail avec les Merlus. Le second revanchard s’appelle Mathieu Coutadeur, venu en Bretagne relancer une carrière qu’il avait inscrit en pointillé à Monaco. Ces bêtes blessées ne suffisaient cependant pas à remodeler cette équipe de Lorient qui est allée chercher à l’étranger des jeunes pousses à faire mûrir sur les bords de l’Atlantique. A Arsenal plus précisément où la philosophie Gourcuff sied particulièrement bien à la philosophie Wenger, qui avait déjà fait du 5-6 la nurserie de François Coquelin et Gilles Sunu l’année dernière, ce dernier ayant définitivement signé un contrat cette saison. Joel Campbell, petite perle costaricienne des Gunners, est lui-aussi venu s’aguerrir chez Christian, un prêt de dernière minute du mercato estival – et joli coup – rendu en partie possible par les bonnes relations entretenues par le président Féry avec le milieu des affaires londoniennes et l’entourage administratif d’Arsenal.

Cela dit, tout n’est pas complètement rose. Les Merlus sont encore loin d’avoir atteint leur vitesse de croisière. Déficients dans l’état d’esprit et dans le réalisme à l’extérieur (défaites à Dijon, à Rennes, à Brest, à Evian et une pilule à Montpellier), Lorient ne doit avant tout ses 23 points qu’à un parcours quasi sans faute au Moustoir (18 points sur 24 possibles, aucune défaite). Comme le marqueur d’une équipe encore en rodage, en construction. Paradoxe d’une équipe tournée vers le jeu, Lorient était jusqu’à la dernière trempe prise à Montpellier (4-0) la meilleure défense de L1. Un leurre pour Gourcuff dans les colonnes du Télégramme : « Lorsque l'on nous place comme meilleure défense du championnat, même si les chiffres sont là, je ne suis pas d'accord avec cela. On concède encore trop d'occasions de buts à l'adversaire. Et on sait que l'on possède un bon gardien derrière » . Souvent chahutés derrière, les Merlus ont en effet récupéré de précieux points grâce aux gants de Fabien Audard, l’arbre qui cache la forêt orpheline aussi au mois de novembre de son pilier défensif, révélation de la dernière saison, Bruno Ecuele-Manga, de retour au Moustoir ce dimanche. Et offensivement, contrairement à l’idée reçue, les Lorientais n’arrivent pas à se montrer franchement efficaces, affichant la 18ème attaque de L1 avec 17 petits buts seulement. Seuls Nancy et Nice font pire. Il y a donc encore pas mal de boulot pour que Lorient surprenne complètement et encore. Comme un écho à ce qu’Arnaud Le Lan confiait sur le dotcom avant le début de saison : « Vu les joueurs qu'on a perdus, c'est sûr qu'il faudra un peu de temps pour reconstruire. Parce que la paire Gameiro-Amalfitano par exemple, elle avait mis deux ans avant d'être au top, faut s'en souvenir de ça aussi » .



Par Ronan Boscher
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