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Les bonnes résolutions de la Roma

Ce soir, la Roma se déplace à Catane. Un déplacement anodin ? Non, car le club sicilien est entraîné par Vincenzo Montella, coach de la Roma l’an dernier et ancienne gloire du club. L’occasion de faire un petit bilan de l’année qui vient de s’écouler. Et de celle qui débute.

L’image fait plaisir à voir. Mercredi soir, en Coupe d’Italie, la Roma venge le 3-0 subi en championnat, en infligeant à la Fiorentina une défaite sur le même score. A la fin du match, tous les joueurs giallorossi ont la banane, Totti et Lamela en tête. Luis Enrique, lui, scrute l’horizon, façon film hollywoodien. Le coach reçoit les applaudissements du stade, et les avale comme de l’eau bénite. Oui. Il est en train, petit à petit, de gagner son pari. Conquérir Rome. Pourtant, il y a un mois encore, c’était loin d’être gagné. En perdant justement sur le terrain de la Viola, la Roma touchait la fond, et Luis Enrique était à deux doigts de se faire couper la tête. De vrais questions se sont alors posées sur l’échec du projet Luis Enrique et déjà, des noms ont commencé à circuler quant à son successeur pendant la trêve.

Mais l’ancien du Barça ne voulait pas se résigner. Non, il ne lâcherait pas la corde aussi facilement. Alors, il a encaissé les critiques, et a signé un pacte allusif avec Francesco Totti. Le capitaine, blessé depuis plus de deux mois, devait venir à la rescousse de son équipe. Il en est l’âme, la bannière, et aussi innovateur soit Luis Enrique, il ne peut pas composer sans lui. Pas, en tous cas, tant qu’il sera dans l’effectif. Alors, Totti et Luis Enrique ont repris la Roma par la main, de concert, et l’ont aidé à se relever. Et cela marche. Un mois plus tard, l’équipe reste sur quatre victoires consécutives et a grapillé sept points en trois journées sur sa rivale de la Lazio. Mais ce soir, c’est un homme qui connaît bien la maison, qui se dresse face à la Louve.

Beau jeu < Résultats

Vincenzo Montella. Le nom de ce gaillard suffit à remémorer de bien beaux souvenirs à la Roma. Le souvenir d’une Roma qui remporte le Scudetto en 2001, par exemple, ou d’un derby remporté 5-1 la saison suivante, et dont il avait été le protagoniste avec un quadruplé. Oui, Montella, c’est le souvenir d’une Roma qui gagne. Mais pas seulement. En effet, l’an dernier, c’est avec un costume d’entraîneur novice qu’il était revenu sur le devant de la scène, s’asseyant sur le banc giallorosso après les démissions de Claudio Ranieri. Montella avait pris en main un fardeau trop lourd pour lui, et avait terminé la saison avec un bilan moyen de sept victoires, cinq défaites et quatre nuls toutes compétitions confondues. Ironie du sort, c’est à cause d’une défaite sur la pelouse de Catane, lors de l’avant-dernière journée, que sa Roma avait définitivement dit adieu à la qualification en Ligue des Champions. La suite, on la connaît. Une Roma qui e qualifie pour le tour préliminaire de l’Europa League, qui se fait sortir par le Slovan Bratislava et qui tire la tronche. A l’image de son année 2011. Oui, il fait l’avouer, l’année 2011 de la Roma a été un échec.

En championnat, déjà. Que ce soit avec Ranieri, Montella, ou Luis Enrique, la Roma n’a jamais dépassé la quatrième position, pour un bilan annuel total de dix-sept victoires (46%), treize défaites (35%) et sept nuls (19%). On est loin, très loin, des 71% de victoires en 2010. En Europe, ensuite. Quatre matches européens disputés sur l’ensemble de l’année 2011. Deux défaites en Ligue des Champions contre le Shakhtar, une défaite et un nul contre Bratislava. Vraiment pas top, lorsque l’on connaissait les ambitions du club après être passé à un centimètre du Scudetto lors de la saison 2009-10. Avec Luis Enrique, les ambitions demeurent les mêmes, mais les résultats n’arrivaient pas. Défaites dans le derby, face au Milan AC ou face à l’Udinese, la Roma n’y parvenait pas, malgré la bonne volonté et la philosophie assumée de vouloir faire du beau jeu. Mais le technicien a fini par se rendre à l’évidence. Le beau jeu, c’est bien. Le résultat, c’est mieux. Les résultats avec du beau jeu ? On a le temps pour ça.

Montella, Lamela et le contrat


Après la défaite sur la pelouse de la Fiorentina, la Roma a tenu la nul contre la Juve, puis est allée gagner à Naples. Luis Enrique, de son propre aveu, considère que son équipe a eu « beaucoup de réussite sur ce match » . Contre Bologne, nouveau succès, 2-0, cette fois-ci, contre une bien faible équipe bolognaise. Enfin, pour le premier match de l’année 2012, les giallorossi viennent à bout d’un solide Chievo, grâce à deux pénaltys de Totti. Le jeu n’est pas encore celui du Barça, même si, Osvaldo, attaquant blessé pour les deux prochains mois, assure que « peu d’équipes jouent comme la Roma » . Ce qui est sûr, c’est que le club de la capitale est en train de trouver son rythme, et que la patience des dirigeants paye. Enfin. Ce soir, à Catane, la Roma va défier son passé, face à un adversaire qui en connaît tous les travers. D’ailleurs, Montella a déjà commencé le duel à distance, avec une petite provocation. « Rester à la Roma aurait été le pire choix pour moi. Partir a été la bonne solution  » assure-t-il. Avant de louer les qualités de Luis Enrique. « La Roma a une identité précise, grâce aussi à son entraîneur. Ils sont très dangereux, mais j’ai un avantage : je les connais bien » .

En face, Luis Enrique aborde le match sereinement. Son équipe n’a plus pris le moindre but depuis trois matches, ce qui n’était jamais arrivé cette saison. Plutôt que de parler de la rencontre, il préfère ironiser sur le sujet tendance du moment : le contrat de Daniele De Rossi. « Quand il signera ce contrat, nous n’en parlerons plus, et les conférences de presse seront ennuyeuses. Mais de quoi va-t-on bien pouvoir parler ? » a-t-il demandé avec le sourire. Evidemment, impossible pour l’entraîneur ibérique de ne pas parler de Francesco Totti, dont le retour en grâce coïncide avec celui de la Roma. « Francesco va bien physiquement. C’est un joueur très fort, c’est un plaisir de le voir à ce niveau là » a-t-il souligné. De Rossi, Totti : finalement, Luis Enrique a eu le mérite de savoir changer ses plans. Il voulait faire du neuf avec du neuf. Il se retrouve à faire du neuf avec du vieux. En y ajoutant un peu de neuf, tout de même (Lamela et Pjanic, pour n’en citer que deux). Luis Enrique ne joue pas sa saison ce soir, mais battre Montella serait un sacré signal. Ou comment exprimer, par le terrain, que 2012 est une toute autre année.

Eric Maggiori
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