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Les Bleus face à leurs limites

Impériaux contre les Pays-Bas, impuissants face au Luxembourg. Favoris du Mondial jeudi, loin d'être qualifiés dimanche. Les Bleus ont alterné le très bon et le très mauvais en quatre jours. De quoi rappeler que l'équipe de France a beau être talentueuse, elle est encore loin du statut de prétendant au titre mondial.

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Il reste un peu plus de dix minutes à jouer, Gerson Rodrigues accélère côté droit, dépose Laurent Koscielny avant d'ajuster Hugo Lloris, impuissant. C'est le poteau qui sauve le gardien de Tottenham et des Bleus incapables jusque-là de faire plier la défense du Luxembourg, et proches de finir avec une défaite surprise dans la musette. Certes, l'équipe de France a dominé avec une trentaine de tirs – dont ceux sur la barre d'Antoine Griezmann et Paul Pogba –, plus de 70% de possession et une multitude d'occasions. Mais cette équipe de France a surtout manqué de maîtrise face à une équipe regroupée, agressive et solidaire. Un remake du Biélorussie-France de début d'éliminatoires, qui aurait pu ressembler – chose bien pire – au France-Biélorussie de 2010. Finalement, Luc Holtz est ressorti triomphant, Didier Deschamps beaucoup plus embêté. Ce résultat remet la France en tête de son groupe avec un petit point d'avance sur la Suède, mais lui enlève tout matelas de sécurité avant un déplacement décisif en Bulgarie.

Quatre points lâchés contre les deux derniers du groupe


Au vu de l'irrégularité chronique des Bleus depuis le début des éliminatoires, il y a matière à s'inquiéter. Contre les deux équipes présumées les plus faibles de son groupe – la Biélorussie et le Luxembourg –, l'équipe de Didier Deschamps aura donc déjà lâché quatre points. À la lumière de la victoire facile de la Suède à Borisov (4-0) et de la défaite « cadeau » des Bleus en Scandinavie en juin, il y a moyen de penser que l'équipe de France a donné beaucoup trop de munitions à son concurrent direct pour la première place. Surtout, cette équipe de France a une nouvelle fois montré des limites inquiétantes dans son animation offensive face à des adversaires regroupés derrière leur bus. Manque de fraîcheur ou de motivation ? Le sélectionneur a peu fait tourner entre la démonstration face aux Pays-Bas et le match de Toulouse. Symbole de la différence entre les deux rencontres, Thomas Lemar n'a pas su faire mal à la défense du Luxembourg quand il avait fait exploser celle des Pays-Bas. Entre le Stade de France et le Stadium, seul Kylian Mbappé est entré dans l'équipe à la place de Kingsley Coman. Et ce, malgré une multitude de solutions en attaque ou dans l'entrejeu. Une stabilité censée favoriser les automatismes, mais qui n'a pu empêcher l'histoire de bégayer : en juin déjà, c'était après une victoire fleuve contre le Paraguay (5-0) que la France avait déjoué en Suède.

Ne plus se croire favori au Mondial


À l'époque, Didier Deschamps avait pris très cher à cause de la titularisation de Moussa Sissoko couplée à la défaite in extremis sur une bévue de Lloris. Ce début septembre, alors qu'il pensait avoir remis les pendules à l'heure face aux Pays-Bas, il se retrouve de nouveau sur le fil du rasoir avec deux derniers matchs crispants à vivre : un déplacement délicat en Bulgarie sans Pogba, suspendu, et un match contre la Biélorussie qui devrait ressembler à celui de ce soir contre Toulouse. Un suspense dont on se serait bien passé, mais qui, dans l'état actuel des choses, nous ramène à une réalité amère : malgré son réservoir de talents, cette équipe de France n'a pas le profil d'un favori pour le Mondial, faute de constance. C'est donc avec humilité qu'il faudra aller chercher la qualification. Et c'est peut-être pas plus mal.

Par Nicolas Jucha
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