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Les Bleus de mieux en mieux

Hier soir, face à la Serbie (2-0), l’équipe de France a livré une première période de qualité avant de baisser de pied en seconde. Une manière de logique à ce moment de la préparation. Il n’empêche : ce que l’on a vu laisse espérer de bonnes choses. De grandes choses… ?

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«  On vient de rencontrer l'Espagne et la France, et les deux équipes nous ont fait forte impression.  » Siniša Mihajlović est vachement sympa de mettre sur la même ligne la Roja, championne d’Europe, du monde et de l’univers, et les Bleus, champions de rien du tout, si ce n’est de la polémique. C’est sans doute assez exagéré de la part du sélectionneur serbe, mais cela traduit un sentiment, somme toute, que l’on commence à partager : cette équipe de France n’est vraiment pas dégueu. Mieux, elle monte en puissance. Et, dans la perspective qui s’annonce chaque jour plus précisément, c’est forcément un atout. Bien entendu, tout n’est pas parfait. Loin de là. Physiquement, ces Bleus n’ont pas encore 90 minutes dans les jambes. Mais les voir en posséder de très bonnes pendant au moins quarante-cinq est une bonne nouvelle. Au fond, c’est comme si l’escouade de Laurent Blanc avait directement enchaîné sa fin de match révoltée face à l’Islande avec une entame face à la Serbie tambour battant. On peut bien le dire, dans leur histoire récente, on n’a pas souvent vu les Bleus aussi maîtres de leur jeu.

Une période durant, la première donc, on a vu du mouvement, de la percussion, des échanges, des passes redoublées, de la justesse et surtout une idée : contrôler le ballon. On le sait, c’est un rêve que caresse Laurent Blanc depuis sa prise de fonction. Mais la surprise est que rien, dans les matches de qualification, n’avait laissé percevoir la moindre esquisse de ce genre de maîtrise. Si on osait, on écrirait bien que plus ça allait, moins ça allait. Or, entre le match assez accompli fin février en Allemagne (2-1), la fin de match très enlevée face à l’Islande (3-2) et ce succès net et sans bavure face à la Serbie, c’est comme si la France, débarrassée du fardeau des qualifs et de certaines polémiques, jouait enfin libérée, plus proche, en tout cas, de la valeur qu’on lui prête sur le papier. À l’image d’un Franck Ribéry enfin conforme à ce qu’il produit au Bayern, alors que, jusque-là, on avait toujours l’étrange sensation d’avoir affaire, en sélection, à son cousin paralytique. Oui, on l’a tellement fracassé qu’il faut bien rendre à "Ch’ti Franck" ce qui lui appartient : en première période, il a été très saignant, percutant, audacieux et relativement juste. C’est heureux, car on ne peut pas dire que le reste du trident offensif ait particulièrement flambé.

Clichy dans la place

Si, pour Benzema, on ne s’inquiète guère (attention, tout de même, car le Madrilène montre quelques légers signes d’agacement, peut-être à force de ne pas marquer, lui dont le dernier pion en bleu remonte à début septembre en Albanie), on s’interroge davantage pour Nasri. Une fois encore, le Citizen est retombé dans son travers : toucher et retoucher la gonfle. Une mauvaise manie bien curieuse quand on connaît la qualité de l’ancien Marseillais dans le jeu à une touche. Manque de confiance ? Excès de confiance ? Mystère… Toujours est-il que la question se pose d’apporter davantage de percussion, que ce soit avec Ben Arfa ou Ménez. C’est con, car pour le reste, on n’est pas loin de penser que Blanc a trouvé son onze-type (sous réserve que M’vila soit rétabli, même si, rendons-lui hommage, Diarra a enfin livré une solide copie). Enfin, à une réserve près : le cas Évra. Hier, le Red Devil a dû se maudire d’être incapable de hausser son niveau en sélection, même face à un vulgaire Islandais en goguette, car Gaël Clichy a envoyé un message fort : il est prêt à chourer la place de son rival mancunien et ce, dès le prochain match s’il le faut.


Intraitable défensivement, tranchant dans ses montées, à l’image du premier but (le dernier qui a vu Évra faire pareil en bleu n’est plus tout jeune), Clichy est dans la place. Au vrai, c’est tout le flanc gauche qui a ambiancé le match, entre Clichy et Ribéry, on l’a dit, mais aussi un Flo Malouda tout feu tout flamme. On l’a déjà écrit : dans le cœur du jeu, le Guyanais est précieux, entre son volume, sa technique et sa capacité à jouer vers l’avant, héritage de son passé d’attaquant. C’est de cette position un peu reculée que le joueur de Chelsea a lâché une minasse comme l’équipe de France n’en avait plus vue depuis un exocet balancé par Gourcuff en Roumanie en 2008 (2-2), un soir où il fallait sauver la tête de Domenech. Mais, au-delà de ce coup de tonnerre, la Maloude a tout bien fait, entre couvertures défensives essentielles, passes impeccables, petites remises bien touchées et sens du jeu intact. Oui, si même Malouda renaît de ses cendres depuis le mois de mai, il y a quelques raisons d’espérer en juin. Pas beaucoup, mais un peu quand même. Et quand on sait d’où reviennent les Bleus, c’est considérable. Et même assez réjouissant.

Par Dave Appadoo
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