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Les Bleus au summum du néant

L'illusion s'est envolée : la France n'était réellement capable de rien. Surtout pas de battre un Mexique au jeu collectif si abouti et la solidarité qui contrastait avec les égoïsmes bleus. Le match a pourtant mis du temps à basculer. Mais c'est bien le néant qui s'est trouvé au bout du chemin français.

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Corps dynamique contre corps impotent. Compensation, mouvement, altruisme pour le Mexique, immobilisme, indiscipline (Anelka qui flingue la profondeur), et impuissance pour les Bleus. Contraste clair mais verdict qui se fait attendre, faute d'artilleur d'élite dans l'armée mexicaine. 
Les ateliers "efficacité" mis en place par El Vasco n'ont visiblement pas porté leurs fruits. Les Mexicains tergiversent trop dans la money zone. A la mi-temps, le bilan aux points est clair : toutes les opportunités ont été vertes. La France et le Mexique ne boxent pas dans la même catégorie. D'un coté des poids plumes, de l'autre des poids lourds sans jus mais qui laissent peser la menace d'un KO. Une arlésienne au final.

Indécis jusqu'à l'ouverture du score du Chicharito (64e), le match avait débuté sur un match nul entre Javier Aguirre et Raymond Domenech : une retouche chacun. Un décalage aussi. Comme annoncé à grands coups de vuvuzelas, Malouda prenait la place de Gourcuff. Ou plutôt, Ribéry prenait la place du Gourcuff (en position plus avancé toutefois), et Malouda celle de Ribéry à gauche. Comme en 2006, retour au 4-2-3-1 après un premier match insondable de médiocrité offensive. Ce milieu remplumé aidait à ne pas laisser le monopole du ballon aux descendants de Zapata. Côté mexicain, le jeune et friable latéral droit, Paul Aguilar, est sorti du onze. Malouda fait donc face à l'expérience... et la lenteur de Ricardo Osorio, mais là où Sagna est livré à lui-même sur les montées de l'inusable latéral Carlos Salcido (z'ont pas regardé de vidéos du Mexique les Bleus ?), Osorio reçoit le renfort du milieu droit Efrain Juarez, ou d'un central. 100% hollandais, l'axe défensif mexicain composé du nouvel entrant Hector Moreno de l'AZ Alkmaar et du Maza Rodriguez du PSV, se contente de neutraliser Ribéry, Anelka préférant aller cueillir des baies au milieu de terrain. 

Au repos, le pote de Jamel qui s'était aussi permis la fantaisie de maltraiter un coup-franc aux 30 mètres, est mis au coin, et Gignac le remplace.


La physionomie du match ne bouge pas d'un iota, comme Domenech au bord du terrain, malgré une belle frappe cadrée de Malouda (53e). En revanche, Aguirre s'active : El Chicharito entre, suivi de Cuauhtémoc, et de l'ouverture du score mexicaine. Servi sur un plateau royal par Rafa Marquez, la jeune recrue de Manchester United tire profit de l'éternité que lui a offerte la défense française, pour dribbler Lloris en marchant et ouvrir la marque. Le Mexique a des failles, mais la France pas de force. Et Domenech sur le banc, qui continue de ne pas changer une équipe qui perd. Barrera s'enfonce dans l'axe comme un couteau dans du beurre au soleil : penalty. 37 ans d'expérience et d'excès : Cuauhtémoc Blanco condamne presque la France à mort à la 79e. Après un mandat de six ans, Domenech n'a toujours pas donné de style aux Bleus. A moins qu'il lui ait imprimé celui-ci : un style creux et vaniteux, comme ses déclarations.

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