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« Les autres supporters du Celtic sont plus tarés que moi ! »

Récemment élus « meilleurs supporters du monde » par la FIFA, les supporters du Celtic ne manquent pas de phénomènes dans leurs rangs. À l'image de David Edgar, qui a décidé depuis le début de saison d'effectuer, pour la bonne cause, tous les déplacements des Bhoys en vélo, comme pour perpétuer la tradition caritative du Celtic.

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Salut David. Comment t’est venue cette idée un peu folle ?
Oh, cela faisait un petit moment que je réfléchissais à une idée de soutien aux plus démunis via la Celtic Foundation (l'association caritative créée par le Celtic, ndlr). Je dois avouer que je n’aurais jamais eu cette idée sans mon frère, qui m'avait proposé ça. Au début, cela me paraissait complètement fou. Mais les semaines ont passé, j’y ai réfléchi et je me suis lancé. J'ai déjà récolté plus de 1000 livres pour la fondation avec la cagnotte que j'ai ouverte, mais je vise les 5000 !

Depuis combien de temps tu supportes ce club ?
Depuis que j’ai cinq ans. Je vivais à Glasgow quand j'étais gosse, et toute ma famille supporte le Celtic. Je fais partie du Cambuslang Celtic Supporters Club. J’ai d’ailleurs vécu un moment très difficile quand le Paris Saint-Germain est venu nous battre récemment ! (Rires.)


Tu as prévu quelque chose pour le match retour, d’ailleurs ?
Oh non. Malheureusement, c’est impossible pour moi de m’y rendre. Encore moins à vélo !

Il t'arrive d'avoir de grosses galères pendant ces voyages ?
Non, jusqu’ici, j’ai été très chanceux. Je n’ai pas crevé, je ne me suis rien fait voler non plus. Tout va bien encore ! J’ai d’ailleurs beaucoup de chance aussi de pouvoir parcourir la campagne écossaise grâce à cette bonne action. J’ai découvert un tas d’endroits que je ne connaissais pas.

Si, en revanche, les Celts devaient affronter un club britannique en Ligue des champions, tu irais voir le match à vélo ?
Oui, bien sûr. Je m’y suis engagé pour la Celtic Foundation, je serais toujours sur le vélo.


Parle-nous des petits coins inexplorés que tu traverses durant tes trajets.
Ce sont mes petites récompenses. Quand je passe dans un village, je m’arrête régulièrement pour faire un peu de foot, me changer, m’arrêter parler avec les gens ou simplement pour observer les jolis coins. Quand j'arrive à vélo habillé comme un supporter du Celtic, les villageois me prennent pour un alien, ne comprennent pas trop ce que je fais. C’est aussi pour cela que je m’arrête, j’en profite pour dire pourquoi je fais ça. À partir de là, les gens m’accueillent et se montrent très bavards, très chaleureux. Ils m’offrent aussi à boire, c’est vraiment super. Pas plus tard qu’hier, j’étais à Perth, et c’est une ville vraiment magnifique. Que ce soit au niveau des habitations, de la rivière qui traverse la ville... Perth est devenue ma favorite parmi toutes. C’est une expérience magnifique. J’ai rencontré des gens formidables, je me suis fait de nouveaux amis, c’est fantastique.

Et qu’as-tu fait de spécial pour le Old Firm ?
Je suis descendu à vélo jusqu’à un pub près du Celtic Park, le simple temps d’une balade. Je m’y suis préparé pour l’avant-match. Puis je suis remonté sur mon vélo pour aller au stade, où j’ai vu le Celtic gagner, comme d’habitude (2-0, le 23 septembre, ndlr).

C’est quand même redevenu plus intéressant depuis que les Rangers sont revenus en Scottish Premiership, non ?
Pas forcément en réalité. Quand les Rangers ont plongé, Aberdeen a pris leur place et est devenu la deuxième meilleure équipe d’Écosse après le Celtic. Mais c’est sûr que c’est plus sympa pour les Old Firm qu’ils soient de retour en première division. Il n’y a pas la même rivalité, le même passé avec Aberdeen.

Revenons-en au cyclisme. As-tu un rituel à chacun de tes départs ?
Oui, je commence toujours mon trajet en passant devant le Celtic Park, c’est une sorte de superstition. À la fin du match, je m’attarde un peu aux alentours des stades des équipes adverses, comme à Aberdeen ou face aux Rangers. Je vais chercher mon vélo dans le parking, et j’en profite pour discuter avec les supporters adverses. Et pour le trajet retour, je rentre en bus.

« Je dois aussi rouler le jour de Noël, ce qui n'est pas super par rapport à ma famille. »

Et ce n'est que le début...
Oui, je n'en suis qu’à mon cinquième sur les dix-neuf de la saison. Et ce sera sûrement encore plus fort en émotion en janvier quand il va faire plus froid et noir. Je dois aussi rouler le jour de Noël, ce qui n'est pas super par rapport à ma famille. Ce n’est pas évident.

Aberdeen est le voyage le plus long ?
Non, il y a un stade qui est plus loin que celui d’Aberdeen (où il s'est rendu mercredi dernier, ndlr). Je dois me rendre fin novembre à Dingwall pour le déplacement du Celtic à Ross County, pour lequel je dois faire environ 310 kilomètres (le 18 novembre, ndlr).

Comment fais-tu pour t'organiser avec ton travail ?
Je travaille pour une association d’hébergement, qui aide à reloger des gens qui sont à la recherche d’un endroit où vivre. J’ai de la chance, car mon patron a été très compréhensif. Il me laisse des jours de congés pour que je puisse réaliser mes trajets à vélo. En même temps, c’est aussi un supporter du Celtic. Il a été ravi de me voir faire la une des journaux. D’ailleurs, même mes collègues qui ne sont pas supporters soutiennent ce que je fais. Je suis conscient d’avoir beaucoup de chance à ce sujet.

Tu es devenu une petite star locale, maintenant ?
Non, pas vraiment, disons que c’est tout de même une opportunité de se faire remarquer. Mais Glasgow est une grande ville, et il y a beaucoup d’autres supporters dingos.


Tu faisais des compétitions de vélo, avant de te lancer là-dedans ?
Non, jamais de compétition. En revanche, j’ai déjà fait des traversées d’Europe en vélo. J’ai fait Glasgow-Berlin en 2015, et Glasgow-Paris en 2014, notamment. J’adore vivre assis sur mon vélo. J’ai aussi fait des grosses étapes de 80, 90 kilomètres pendant des week-ends.


Et comment les supporters adverses te reçoivent ?
J’en ai rencontré un certain nombre. La plupart des gens sont très curieux et intéressés par ce que je fais. Il n'y a pas si longtemps, j’ai rencontré des fans de Dundee United. Je voulais simplement leur demander une direction, mais j’ai fini par m’arrêter pour parler avec eux, car ils n’arrêtaient pas de me demander ce que je faisais et ce qui me motivait à prendre mon vélo comme ça. Ils étaient vraiment adorables, ils m’ont aidé à trouver mon chemin vers Dundee.

Les joueurs ont eu écho de tes exploits ?
J’en ai parlé à certains. Je ne pense pas qu’ils me connaissent, même s’ils me saluent quand ils me voient. Je pense que c’est le vélo qui fait son effet.

Vous avez été élus meilleurs supporters du monde par la FIFA. Comment l'expliques-tu ?
J’ai vu ça, oui ! Je trouve ça fantastique et mérité. Les supporters du Celtic ne sont pas qu’exceptionnels pour leur soutien inconditionnel, mais aussi parce qu’ils s’engagent pour des actions de charité dans des associations créées à cet effet. Ce qui nous rend si particuliers, c’est aussi que nous avons su à travers le temps faire la part entre le foot qui divise et affronte les peuples, et les belles œuvres qui peuvent nous rapprocher. Les supporters du Celtic aident les plus démunis d’Écosse, mais aussi ceux d’Asie et d’Afrique. C’est cela que je trouve fantastique chez nous, surtout.

Mais tous les fans du Celtic sont aussi fous que toi ?
Hé, je crois que oui ; ils sont peut-être même un peu plus cinglés en moyenne ! Je me souviens de sacrés déplacements en Coupe d'Europe. J’ai l’impression que les supporters du Celtic seraient capables d’assister à un match à domicile même s’ils habitaient à West Brom. Ils sont définitivement plus tarés que moi.

Après ce projet en deux-roues, tu ambitionnes de continuer avec d’autres actions pour la fondation ?
Oui, ça me plairait vraiment. Dans quelques années, j’aimerais notamment traverser entièrement les États-Unis. C’est dans mes plans.

Propos recueillis par Jérémie Baron (avec Hervé Des Graviers et Andrea Chazy)
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