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Les années Boca du nouveau président argentin

Pendant douze ans (1995-2007), Mauricio Macri a présidé avec succès Boca Juniors. À partir du 10 décembre, il s’installera sur le trône de Cristina Kirchner à la Casa Rosada – l’Élysée argentin –, et deviendra président de la République argentine. Retour sur les années football de celui qui a gagné 17 titres à la tête des Xeneizes.

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Imaginez Jean-Michel Aulas ou Louis Nicollin à la tête du pays. Une aura, un carnet d’adresses fourni, une réussite entrepreneuriale, une énorme notoriété, des titres. Bref, le portrait-robot d’un bon président. Cependant, si Lyonnais et Montpelliérains n’auront jamais l’honneur de voir leur président à la tête de la République française, les fans de Boca Juniors peuvent eux se vanter de bien connaître le successeur de Cristina Kirchner à la tête de l’Argentine. Dimanche, Mauricio Macri a été élu président avec 51,4% des suffrages contre 48,6% pour le péroniste Daniel Scioli. Ingénieur de formation, le nouveau pensionnaire de la Casa Rosada a promis « une pauvreté zéro, la guerre contre le narcotrafic et l’union de tous les Argentins » . Avant sa reconversion politique, ce dernier gagnait dix-sept titres avec Boca Juniors, s’embrouillait avec Riquelme, Maradona ou encore Carlos Bianchi, et multipliait les tacles à l’ennemi de River Plate. Retour sur les années Boca du nouveau président de la République argentine.

Des polémiques, des embrouilles, mais des titres


Si football et politique ne font souvent qu’un en Argentine, l’élection au second tour des présidentielles de Mauricio Macri marque le début d’une nouvelle ère. Fan absolu de Boca, Macri est plus connu pour sa gestion historique à la tête de l’un des clubs les plus populaires du monde que pour son charisme et son influence en tant que personnage politique. Sous son mandat, Boca a remporté dix-sept titres, dont onze internationaux. À la tête des Jaune et Bleu, Macri n’a pas toujours fait l’unanimité. Il a d’abord créé un fonds d’investissement plutôt opaque. De nombreux joueurs médiocres achetés par le groupe signaient à Boca. Aussi, ses choix d’entraîneurs ont longtemps été infructueux : avant de jouer à « je t’aime moi non plus » avec Carlos Bianchi, Macri a multiplié les nominations d’entraîneurs sans succès (Bilardo et Héctor Veira par exemple). Outre ces couacs, l’ère Macri est marquée par une relation compliquée avec certaines idoles du club : Maradona et Bianchi ont juré qu’ils s’éloigneraient du club tant que Macri ferait partie de l’organigramme de Boca. Non content de s’embrouiller avec deux des hommes les plus appréciés des hinchas de Boca, le nouveau président de la République argentine s’est aussi accroché avec Riquelme. En 2001, le numéro 10 de Boca réclamait une augmentation de salaire, arguant de ses excellentes performances et des titres remportés. Une demande constamment rejetée par Macri. Lors d’un Superclásico, le crack argentin fête son but devant la tribune présidentielle, les mains sur les oreilles.

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Le fils de Franco Macri, richissime entrepreneur dans le domaine de la construction, collectionne donc les polémiques. Mais les titres acquis par Boca lors de son mandat lui valent une certaine popularité. Sergio Levinsky, sociologue et spécialiste du football, avance un argument quand à cette notoriété : « Il peut remercier certains médias, qui ont souvent tiré la couverture vers lui, alors que le staff et les joueurs étaient oubliés. » Sebastián Battaglia, joueur le plus titré de l’histoire de Boca, est bien placé pour parler du président le plus ganador de l'histoire du club : « Je suis arrivé à quinze ans à Boca. Déjà, il était très présent avec les jeunes du club. Mais sa première étape à la présidence a été très compliquée. Le club allait très mal, et il a dû faire avec un mauvais héritage laissé par les anciens présidents. » Selon lui, l’arrivée de Carlos Bianchi a tout changé : « Malgré des divergences, on a gagné énormément de titres. Ensuite, il y a eu quelques courts-circuits entre les deux qui ont fait que Carlos a quitté l’institution. » L’ancien milieu de terrain revient aussi sur les tensions entre Macri et les idoles du club : « Prenez Riquelme, Maradona et Macri, ils ont tous de fortes personnalités. Ces conflits font partie de la vie d’un club. » Si sa gestion du club reste historique, Macri devra affronter des défis bien plus importants désormais : « On ne peut pas gérer un pays comme on gère un club de football. Tous les problèmes qu'il a eus quand il gouvernait la ville, et qu'il aura désormais à la tête du pays ne seront pas résolus par Carlos Bianchi. Il devra trouver son Bianchi en politique » , affirme Sergio Levinsky. Après avoir convaincu les socios de Boca lors de trois élections, Macri est devenu gouverneur de Buenos Aires (de 2007 à 2015). Avant donc de s’asseoir sur le trône laissé vacant par Cristina Kirchner. Une élection qui pourrait aussi bouleverser la sphère du football national.

L’AFA enfin réformée ?


Si le futur de la Fédération argentine devrait se décider lors d’élections en décembre, le résultat du scrutin présidentiel pourrait tout changer. Mauricio Macri est un soutien inconditionnel de Marcelo Tinelli, vice-président de San Lorenzo et animateur de télévision très populaire, qui se bat pour la présidence de l’AFA avec Luis Segura. Un futur flou pour la fédé, puisque la position de Macri semble tout aussi confuse. S’il a adoubé Tinelli, Macri est proche de Daniel Angelici, actuel président de Boca Juniors et en lice pour une réélection à la tête du club. Problème, Angelici est, lui, totalement opposé à Tinelli pour les élections à la tête de l’AFA. Hugo Moyáno, président d’Independiente et allié politique très précieux de Macri, est aussi un adversaire véhément du vice-président de San Lorenzo. Bref, un joyeux bordel et un dossier plus qu’épineux à gérer pour le nouveau président de la République (le football étant depuis toujours un outil, voire une priorité politique en Argentine).


L’avenir de Fútbol para todos, programme de nationalisation du football argentin mis en place par Cristina Kirchner, est aussi en suspens. Macri a longtemps affirmé qu’il souhaitait mettre fin à cette coûteuse mesure. Pendant sa campagne, il est revenu sur ses déclarations, affirmant qu’il pourrait maintenir le programme qui permet aux Argentins de regarder gratuitement le football local. Cependant, il a déclaré qu’il souhaitait une réforme du football, et que les clubs devaient être gérés par des entreprises privées. Sebastián Battaglia retrace le chemin parcouru par son ancien président à Boca : « C’est une personne qui n’est jamais conformiste avec son travail. Après Boca, il a affiché ses ambitions politiques. Ce n’est pas un hasard s’il en est là aujourd'hui. L’Argentine l’a élu, et il devra être à la hauteur. » Le milieu de terrain retraité souligne aussi l’amour du football de Macri : « Son lien avec le football est très fort. Son évolution est impressionnante, et je pense qu’il restera toujours très attaché à Boca. Outre un nouveau visage à l’Argentine, il devra aussi se charger de la Fédération. » Lors de sa première conférence de presse en tant que président, Macri a affirmé qu’il ne supporterait pas River au Mondial des clubs, mais « qu’ils les recevraient s’ils remportaient le titre au Japon » . On parle quand même d’un homme qui joue au foot avec ses proches et plante un coup franc somptueux, le jour même des élections, sans savoir qui de Riquelme ou Maradona le lui a enseigné.

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Par Ruben Curiel Propos recueillis par RC
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"Imaginez Jean-Michel Aulas ou Louis Nicollin à la tête du pays. Une aura, un carnet d’adresses fourni, une réussite entrepreneuriale, une énorme notoriété, des titres. Bref, le portrait-robot d’un bon président. "

Ou de Silvio Berlusconi, c'est au choix.
Imaginer Louis Nicollin à la tête du pays ?
Non, mais ça va pas ?! Pourquoi pas cette ordure de Gilbert Collard, tant qu'on y est ?
Sinon, pour revenir au fond de l'article, on verra ce que fera Macri à la tête de l'Argentine. J'aimais beaucoup Cristina Kirchner, même si l'affaire Nisman lui fait beaucoup de tort. Au-delà de sa trajectoire personnelle (qui en fait, à bien des égards, le stéréotype de la "veuve idéale"), elle a mené pendant huit ans une politique courageuse, pas toujours couronnée de succès, mais douée d'une certaine idée du panache qui colle bien à l'Argentine.
sauf que là c'est le retour des néo-libéraux au pouvoir. Moins de panache et de courage et plus de suivisme en perspective.
Ca semble improbable vu de l'extérieur n'empeche (sans vouloir faire de demagogie) c'est pas ca la démocratie, la vraie, pas des élites biberonnées aux concepts politico-économiques et n'ont aucune idée de la réalité du peuple?
Message posté par momobarca
sauf que là c'est le retour des néo-libéraux au pouvoir. Moins de panache et de courage et plus de suivisme en perspective.


Oui, ça sent le retour dans le giron US. Je ne connais pas du tout Scioli (son adeversaire malheureux), à part le fait qu'il était justicialiste. C'était quel genre ?
Justement je suis revenu d'Argentine il y a quelques semaines, j'y voyais des affiches "Voter Macri, c'est revenir dans les 90s" Eh bien je pense qu'il en sera ainsi, le péronisme de gauche des Kirchner (qui n'a pas été parfait mais qui a quand même, je le rappelle, remis un pays debout alors qu'il était dans un gouffre en 2001), sera remplacé par un retour à l'ultra liberalisme avec ce démago de Macri...
sinon pour reparler foot, So Foot un petit article sur l'incompréhensible reforme de la primera division, qui après une saison unique a 30 clubs, passe à 28 clubs scindé en 2 groupes, enfin pour le moment, en attendant la prochaine encore plus abracadabrantesque...
whisky100coca Niveau : District
Message posté par ajde59
Justement je suis revenu d'Argentine il y a quelques semaines, j'y voyais des affiches "Voter Macri, c'est revenir dans les 90s" Eh bien je pense qu'il en sera ainsi, le péronisme de gauche des Kirchner (qui n'a pas été parfait mais qui a quand même, je le rappelle, remis un pays debout alors qu'il était dans un gouffre en 2001), sera remplacé par un retour à l'ultra liberalisme avec ce démago de Macri...
sinon pour reparler foot, So Foot un petit article sur l'incompréhensible reforme de la primera division, qui après une saison unique a 30 clubs, passe à 28 clubs scindé en 2 groupes, enfin pour le moment, en attendant la prochaine encore plus abracadabrantesque...


C'est pas un championnat unique a 22 l'an prochain?
Message posté par .Pelusa.
Sinon, pour revenir au fond de l'article, on verra ce que fera Macri à la tête de l'Argentine. J'aimais beaucoup Cristina Kirchner, même si l'affaire Nisman lui fait beaucoup de tort. Au-delà de sa trajectoire personnelle (qui en fait, à bien des égards, le stéréotype de la "veuve idéale"), elle a mené pendant huit ans une politique courageuse, pas toujours couronnée de succès, mais douée d'une certaine idée du panache qui colle bien à l'Argentine.


J'ai pas l'habitude de commenter les articles SoFoot, mais la c'est un sujet différent. Je ne comprends pas comment on peux défendre ce qu'à fait cette présidente, j'ai habité en Argentine sous sa présidence et mon mère y vit toujours, c'est tout simplement un escroc cette femme, comment peut-on accepter le fait qu'une présidente, pour contrer les mouvements d'oppositions, organise des manifestations en son honneur, le tout en affrétant des bus et en payant des gens des banlieues pour venir à ces manifestations ? Cette présidente ment sur la dette du pays et sur l'inflation depuis des années, depuis qu'elle est présidente le change de monnaie parallèle est devenu normal, économiquement c'est une catastrophe. Elle n'a su que développer des plans sociaux non financé ou mal financé. Pour gagner en popularité elle à pseudo financer des hôpitaux et des écoles flambants neufs mais qui n'ont jamais ouvert, une fois l'inauguration passé ces services sont resté fermé ! Le péronisme n'est plus d'actualité, cette politique à plus de 30 ans, Macri a des défauts mais il a fait de bonnes choses en étant gouverneur de Buenos Aires, malheureusement avec une présidence lui mettant sans cesse des bâtons dans les roues il n'aura pas pu réaliser tout les projets. J'espère que grâce à lui le pays va s'ouvrir, que les entrepreneurs vont pouvoir enfin vendre leur production et pouvoir embaucher. Je souhaite la meilleure des réussite à Macri et longue vie à l'Argentine !
Je ne connais pas en détail la politique de Kirchner ou de Macri. Mais quoi qu'il en soit, un ultra libéraliste à la tête d'un pays sudam' CA PUE !! Les ricains vont pouvoir se permettre d'étouffer encore + les argentins à cause de la Dette, c'est dommage car ce pays mérite de franchir un cap.
le "zéro pauvreté" de Macri me fait penser à nos politiques français avec leur "zéro SDF à la fin de mon mandat"
Ha, zob, quand je vois la teneur et l'intérêt des commentaires, j'ai vraiment honte d'avoir posté le mien qui est une bouse sans nom.
Je suis une merde.
Bel article Ruben! Malgré ce fond jaune épileptique, le contenu reste de qualité ( sauf quand vous parlez de Nadine Morano ).
D'après les échos de proches sur place, les gens étaient un peu blasé de ces élections. Pas grand chose à attendre et puis quelque soit le politicard en place, il y aura de la magouille encore et toujours. Les Kirchners ont laissé un goût très amer.
Tout comme LocoPalermo, je n'ai pas l'habitude de commenter les articles de SoFoot même si en général, je prends du plaisir à lire certains commentaires.
C'est moins le cas aujourd'hui, quand je vois des âneries du type: "buuu, un neo-libéral préside l'Argentine, il va vendre le pays aux US" ou encore "La Présidente est sympa, dommage qu'elle ne puisse pas rester". Je suis franco-argentin et habite à Buenos Aires depuis 8 ans. Le pays est dans une dynamique extrêmement négative depuis plusieurs années: inflation à deux chiffres, statistiques publiques mensongères, gouvernement arrogant qui a divisé le pays en deux (avec nous ou avec les américains, grosso modo), un niveau de corruption très élevé, aucun respect pour les institutions.
Macri a été Maire de Buenos Aires pendant 8 ans, le niveau de santé publique est meilleur aujourd'hui, la ville est plus propre, plein de programmes ont été mis en place pour accompagner les entrepreneurs, et donc l'emploi. Tout n'est pas parfait mais la ville est dans un meilleur état et ce, comme l'a écrit LocoPalermo, malgré les batons dans les roues mis par le gouvernement, notamment au niveau du financement.
Et ca me fait bien rire de lire que Macri est un démago quand on voit le niveau de populisme de la Présidente.
Ah, j'oubliais, Scioli est entré en politique avec Menem, Nestor Kirchner et sa femme Cristina Fernandez étaient respectivement gouverneur de la province de Santa Cruz et Sénateur national pour cette même province. Ces trois "politiques de gauche" ont appuyé toutes les décisions néo-libérales du Président Kirchner...
Bref, bon débaras CFK, no te extrañeremos.

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