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Les adieux du Chicharo

Inauguration d'un nouveau stade, adieux du Chicharo Hernandez, la venue de Manchester United à Guadalajara. Défaite au bout pour MU (3-2), mais eux repartent avec la nouvelle star mexicaine dans les bagages.

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La charrue avant les bœufs. Ainsi avance Jorge Vergara, l'actionnaire majoritaire des Chivas Guadalajara, institution populaire 100% mexicaine. Son stade, vendu comme le plus moderne d'Amérique latine, devait s'édifier en 2006. C'est finalement une Coupe du Monde plus tard qu'il arrache une ouverture coûte que coûte. En faisant poser les pieds sur le sol mexicain aux rock-stars de Manchester United, Vergara a frappé trop fort pour que lui échappent les derniers permis, malgré une desserte routière encore déficiente, entre autres. Il fallait compter plus de deux heures pour s'extraire du stade au coup de sifflet final.

Jamais MU n'avait passé le Rio Bravo, et jamais, non plus, un joueur mexicain n'avait poussé ses premiers cris européens dans une maison aussi prestigieuse que celle des Red Devils. En organisant des célébrations en l'honneur de Javier « El Chicharito » Hernandez au lendemain de son intégration dans le camp Red Devil, Jorge Vergara n'a pas ménagé les nerfs de la nouvelle idole aztèque. Dès sa descente d'avion jeudi après-midi, Javier Hernandez a constamment été escorté par les cris hystériques d'adolescentes fondantes de désir pour sa bouille enfantine. Un accueil de Beatle en 1965, ou de Tokyo Hotel, pour une référence plus actuelle et moins flatteuse. A l'insu de son profil bas, le Mexicain a volé la vedette aux vieilles légendes de MU : Giggs, Scholes, et Van der Sar.

Le deal était clair pour ce match d'adieu : El Chicharito jouerait une période pour chaque camp. Il commence avec les Chivas et marque sur sa première frappe. Si les grands joueurs ont souvent les chiffres symboliques avec eux, l'attaquant que l'on croirait tout droit sorti d'un Olive et Tom se prépare un bel avenir. Toutes ses premières ont été bonifiées d'un but : avec les Chivas, en sélection, et avec Manchester mercredi dernier face aux All-Stars MLS. Vendredi soir, il devenait aussi le premier buteur du stade Omnilife. La sérénité avec laquelle il fait face à l'euphorie qu'il génère, en sus des qualités affichées à l'entraînement comme en amical confirme sa performance mondialiste (une titularisation, deux buts). Sa présence athlétique, sa capacité à se jouer du hors-jeu, combinée à sa rapidité gestuelle à la réception du ballon font deviner la bonne affaire. Avec le marché mexicain (plus les immigrés), Manchester a en tout cas réalisé à un beau coup marketing à 10 millions d'euros. Ferguson semble, pour sa part, lui envisager un avenir de Supersub, puisqu'il a insisté sur sa similarité avec les caractéristiques d'Ole-Gunnar Solskjaer en conférence de presse.

Avant le coup d'envoi, ce fut show à l'américaine. Ou à la mexicaine... Son et lumière pompier retraçant l'histoire des Chivas, feu d'artifice, du Vangelis, ou un truc qui y ressemble, du heavy-metal symphonique ... La sono claque assurément, moins l'acoustique du stade, qui en rend à celle du mythique et abandonné stade Jalisco. Pour la mi-temps, les Black Eyed Peas avaient été annoncés. A la base, Vergara voulait U2... Ou voulait l'annoncer en tout cas. Au final, ce sera deuxième tournée de feu d'artifice.

Après son but et un petit pont à Paul Scholes, El Chicharo change de tunique. Mais l'autre star du match fut son vieux compagnon, El Bofo. Titulaire maladroit contre l'Argentine en huitième de finale de Coupe du Monde, le créatif des Chivas a troqué depuis son crâne rasé pour une infâme teinture blonde et le port d'un unique gant rouge en plein été mexicain. De quoi se faire remarquer par Alex Ferguson. « Il s'appelait comment celui avec le gant rouge ? » . La deuxième période sera une purge provoquée par les moult changements et la lassitude d'une tournée américaine trop intense pour MU. Score final : 3-2 pour les locaux. El Chicharito a réussi ses adieux. Manchester, sans doute une très bonne affaire en le ramenant dans ses bagages.

Par Thomas Goubin, à Guadalajara

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