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Les 7 idées reçues sur la Ligue 1

Dès qu’il s’agit de parler de Ligue 1, les idées reçues coulent à flots, qu’elles soient vérifiées ou non.

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1) «  La Ligue 1 est un championnat très défensif »

Le précepte classique affirmant que le championnat français est bétonné, que les prises de risque sont inexistantes et qu’il n’y a pas de « jeu » est bien connu. Attention, on parle quand même d’un pays où Christian Gourcuff est considéré comme le Zeman local, alors que la moyenne de buts par match de ses équipes en Ligue 1 s’élève à… 1,08 ! Et les statistiques ne mentent pas : en France, il y a moins de buts que dans les gros championnats européens, et les meilleurs buteurs y sont moins prolifiques. Mais est-ce vraiment une question de mentalité ? La saison dernière, les trois moteurs du championnat ont fait sourire le positivisme, et la Ligue 1 est d’ailleurs, avec la Premier League, le seul championnat où les quatre premiers ont marqué plus de 60 buts chacun. Si les cas de Toulouse et Nancy feront toujours discuter, la Ligue 1 n’a pas empêché la bonne surprise Evian de marquer autant de buts que Malaga et plus que l'Udinese. Tandis que la Premier League est louée pour son jeu physique et que la Serie A reçoit des éloges pour son jeu tactique, la Ligue 1 serait à la fois trop physique et trop tactique. Paradoxal, non ?

2) « La Ligue 1 est homogène, mais faible »

En France, les saisons où les cinq premiers du classement peuvent espérer la victoire finale à quelques journées de la fin ne sont pas rares. D’ailleurs, l’homogénéité du niveau de la Ligue 1 est devenue la fierté nationale de tous les haters de la Liga. « En France, au moins, il y a du suspense » . Tous pareil, tous nuls ? Il est très compliqué de défendre le niveau du championnat de France tant que les résultats européens de ses clubs sont médiocres. Mais est-ce vraiment une question de niveau ? Si la Lazio, l’Udinese et Palerme, se sont fait éliminer prématurément de l’Europa League en alignant des équipes B, il s’agit bien d’un problème de priorités. Difficile donc d’évaluer le niveau réel du championnat français. On peut toujours essayer d’analyser le rendement des Motta, Kakuta, Campbell, Lucho, Pastore, pour voir qu’il n’est pas simple de s’imposer dans l’Hexagone. Dans l’autre sens, les exemples des réussites de Cabaye et Rami à l’étranger sont significatifs. Mais tant que les clubs français n’auront pas de meilleurs résultats européens que leurs homologues portugais et russes, les arguments manqueront.

3) «  La Ligue 1 est faible, mais juste  »

Évidemment, la donne a changé avec l’arrivée de gros sous à Paris. Mais durant de longues années, parler de « différences de budget » avec les ogres européens était presque devenu un sport national. Et même un sport populaire, étant donné que les Français ont méticuleusement appris à répéter que cette différence se doit à une plus grande égalité (équité ?) dans la répartition des droits TV en France. Quand le Real et le Barça laissent des miettes au reste de l’Espagne, la Ligue 1 partage. Pour certains, c’est bien mieux, plus juste, plus équitable, plus « démocratique » même ! Pour d’autres, c’est illogique, contraire à la loi du marché et pénalisant face au reste de l’Europe. Après tout, en attendant que les autres pays se partagent tous les titres européens, il faut bien se consoler. Un championnat juste et équitable, c’est beau aussi, non ?

4) « Les petites équipes de Ligue 1 n’ont aucun intérêt »

Les petites équipes françaises seraient moins attractives et auraient moins de prestige que leurs homologues européennes. Quand le Stade de Reims revient en Ligue 1, cela a vraiment moins de gueule qu’un retour du Torino ? Non. Un club comme Nice compte quatre titres de champion, on connaît l’histoire de l’ASNL et une équipe comme Sochaux détient le record d’années de présence en Ligue 1. Il serait également monnaie courante de dire qu'Espagnols, Italiens et Anglais ont de vrais clubs de foot, « avec une âme » . Sunderland serait plus sexy que Lens ? L’Athletic Bilbao et la Real Sociedad seraient plus symboliques que Bastia et Ajaccio ? Villarreal aurait davantage de mérite qu’Auxerre ? Tout cela se discute. Mais s’il est indéniable que la mise en valeur d’un championnat passe par la mise en avant de ses petits, il serait temps de faire honneur aux petits de Ligue 1.

5) « La Ligue 1 manque d’authenticité »

L’Hexagoal, le ballon rose, « l’Olympico » , les maillots extérieurs fluo… Pour beaucoup, la Ligue 1 pue le fake. A une époque, le vainqueur du championnat de France avait l’honneur et la classe de porter le col tricolore, et malheureusement cette époque n’est plus. Si le championnat de Première division a été créé en 1932, on a souvent du mal à y retrouver un semblant de tradition. Pourtant, nos voisins européens ont bien réussi à réformer leur championnat sans pour autant l’altérer ! La Ligue 1 en fait-elle trop ? Au-delà de certains choix douteux, la France paye cher l’absence de résultats de certains de ses plus beaux représentants. Nantes, Monaco et Auxerre aujourd’hui, Saint-Étienne hier… Des dix-huit équipes ayant remporté le titre sacré de champion de France, seules dix jouent encore en Ligue 1, et presque la moitié ne vise plus le titre depuis des décennies (Reims, Sochaux, Nice et Saint-Étienne). Pour faire rêver le public, l’histoire est souvent un argument de poids. Celle de la D1 est malheureusement difficile à utiliser du fait de son présent.

6) « Les stades de Ligue 1 ne font pas rêver  »

Ainsi, il paraît que Zlatan va s’ennuyer à faire des déplacements pour jouer devant les publics de Brest, Reims ou Lorient. Il est dit que ces stades français sont trop petits, trop vides et qu’il y fait trop froid. Cela reviendrait à oublier que Zlatan a passé sept saisons en Italie, un beau pays où le fait d’avoir des petits clubs avec des petits budgets, des vieux stades et des moyens de communication désuets n’est pas un gros problème. Oui, Zlatan a pris du plaisir à jouer à Novara, Lecce ou encore Sienne, alors que le taux de remplissage moyen des stades de Serie A se situe tout juste aux alentours des 50%. En France, il varie entre 65% et 70%. Loin de la Bundesliga et de la Premier League, certes, mais pas si vides que cela. C’est peut-être difficile à croire pour certains, mais un club français comme Brest compte 10 000 abonnés. Sur 15 000 places. Pour information, un grand club « avec une âme » comme la Fiorentina en a 12 000.


7) « La Ligue 1 a les pires arbitres du monde  »

Enfin, chapitre arbitres. La Ligue 1 regorgerait de richesses rarissimes : l’arbitre à l’ego le plus développé, l’arbitre le plus frustré de ne pas être devenu footballeur, l’arbitre le plus lent, l’arbitre le plus dur, etc. A ce sujet, on en fait souvent des tonnes, sans réel élément de comparaison. Et la performance de M. Ennjimi lors du Trophée de Paris cet été n’a rassuré personne. Toujours est-il que si les clubs français ont atteint les demi-finales de Ligue des Champions seulement deux fois en une décennie (Monaco en 2004, Lyon en 2010), ce n’était certainement pas de la faute de nos arbitres.

À visiter :

Le site Faute Tactique

Le blog Faute Tactique sur SoFoot.com

Markus Kaufmann
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