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Les 50 joueurs qui ont écrit l'histoire du Sporting Bastia

De l'épopée européenne de 1978 au renouveau du Sporting avec Frédéric Hantz, en passant par la victoire en Coupe de France 1981 et les garçons bouchers des années 90, honneur aux 50 Turchini qui ont marqué l'histoire du Sporting Club de Bastia.

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#50: Jean-Louis Leca

18 octobre 2014, à Nice, la France fait connaissance avec Jean-Louis Leca. Ce jour de victoire dans le derby de la Méditerranée, Leca sort de son banc. Sweat rouge sur les épaules, drapeau corse brandi dans son dos, il s’avance fièrement au milieu de l’Allianz Riviera, comme pour marquer son territoire. S’ensuit une bagarre opposant des joueurs bastiais à des supporters niçois, ayant envahi la pelouse. Dans le couloir menant au vestiaire, le porte-étendard met un coup de pression à Alexy Bosetti : « Tu faisais le caïd, tu veux qu’on sorte ? » Réponse de l’Aiglon : « On ne sait même pas qui tu es. Tu es le remplaçant du remplaçant. » Deux ans et demi plus tard, Leca est devenu l’un des meilleurs gardiens de Ligue 1, quand Bosetti joue avec Nice en CFA, après des prêts foireux à Tours et Sarpsborg 08, en Norvège. U karmu.

#49: Bruno Valencony

Bruno Valencony a 21 ans quand des médecins lui annoncent la fin avortée de sa carrière. En cause : deux poignets fracturés. Rédhibitoire pour ce jeune gardien prometteur, débusqué par le Sporting à l'Institut national du football. C’était ce que croyait Valencony jusqu’à ce qu’il s’envole au Sénégal pour consulter des vieux marabouts, sur les conseils de son coéquipier Mamadou Faye. « Je n’avais pas beaucoup de choix et j’ai fait le voyage pour consulter à Dakar et à Thiès et ils ont réussi à me soigner mes poignets cassés alors qu’en France, on m’avait déclaré inapte pour le football » , expliquera-t-il plus tard. Finalement, celui qui était dans les cages bastiaises lors de la catastrophe de Furiani disputera une carrière plus qu’honorable entre Bastia et Nice, avec une centaine de matchs de D1 au compteur, et plus du double en D2.

#48: Ousmane Soumah

À l’été 1997, le Sporting Bastia se hisse en finale de la Coupe Intertoto. Vainqueurs des Suédois de Halmstads BK à l’aller (1-0), les hommes de Frédéric Antonetti sont menés à Furiani quand Ousmane Soumah se jette en avant devant le gardien à la réception d’un centre. Furiani exulte au bout de la prolongation, mais le buteur reste au sol. Le cousin de Morlaye est victime d’une fracture aux cervicales dans le choc avec le gardien suédois. « C’est un risque de tout ou rien, expliquera dans Téléfoot le docteur Szapiro, qui était présent, par chance, dans les tribunes de Furiani. On peut mourir de cette fracture au moment du traumatisme, en revanche, ultérieurement, il n’y a plus de risque de paralysie. » Le destin a souri à Soumah, l’attaquant qui mettait la tête là où personne n’aurait osé mettre le pied.

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#47: Magno Novaes

Lors de la première demi-saison du retour en Ligue 1, Bastia a la pire défense d’Europe. Le pauvre gardien brésilien se fait massacrer. Ce qu’on oublie, c’est qu’au début du moins, il n’y était vraiment pour rien. Chaque frappe tentée rentrait dans le but. De quoi se sentir aussi inutile dans les cages qu’un gouvernement grec sous la tutelle européenne. À force, Magno perd sa confiance, puis sa place de titulaire, avec l’arrivée de Mickaël Landreau. Mais sans lui, meilleur gardien de National et Ligue 2 les saisons passées, Bastia ne serait peut-être jamais remonté. L’actuel portier de Béziers était un rempart infranchissable. Un chat. Un héros.

#46: Nicolas Penneteau

Quel capitaine tricolore a remporté le championnat d’Europe, en juillet 2000 ? Ils sont deux : Didier Deschamps et Nicolas Penneteau. À quelques encablures de Rotterdam, du côté de Nuremberg, en Allemagne, l’équipe de France U18 a aussi ramené le trophée à la maison. C’était la génération de Givet, Cissé, Mexès et donc du dernier rempart Nicolas Penneteau, promis à un grand avenir en bleu. Un an plus tard, le portier s’installe dans les cages bastiaises en D1 et résiste aux chants des sirènes d’Arsenal et du PSG. La suite n’est pas aussi brillante que les promesses espérées. Fidèle au Sporting, peut-être trop, Penneteau ne verra jamais Paris ou Londres, mais plutôt Valenciennes et Charleroi.

#45: Frédéric Mendy

Au milieu de la défense bastiaise, le seul Fred Mendy à avoir vraiment compté aimait jouer avec le col relevé. En hommage à Cantona ? Non. Le natif de Marseille avait de gros kystes sur la nuque qui faisaient un peu peur. Un jour, on lui conseilla d’ailleurs de baisser le col, pour impressionner l’adversaire. Comme s’il avait besoin de ça. Le mois dernier, Cyril Jeunechamp, lui-même pas un tendre, répondait à la question : « Tu as déjà pensé qu’un coéquipier allait trop loin ? » par une anecdote sur son pote Mendy. « Sur le terrain, c’était un fou furieux. Il avait dé-cou-pé Daniel Moreira, un jour ! Il l’avait coupé en deux. Et en plus, derrière, il y va et il lui dit de tout. Magnifique. » Un poète.


#44: Pascal Olmeta

Si Pascal Olmeta est un amoureux de la chasse, qui pose fièrement en couverture de Sanglier Passion, sur le terrain, c’était bien lui l'animal. Seulement 1m81 sur sa ligne, mais une bête physique exceptionnelle aux interventions spectaculaires. Un bestiau capable de sortir de son terrier pour une chevauchée balle au pied ou encore de foncer tête baissée sur un arbitre de touche en traversant tout le terrain pour contester un but. Seulement trois saisons auront suffi à l’ancien champion de Corse de lancer de javelot pour marquer le Sporting de son empreinte. Et son retour à Furiani avec le Sporting Toulon aura créé du grabuge : « C’était une époque où les gens prenaient très mal que tu quittes ton maillot pour un autre. (...) Ma famille n’a pas supporté les insultes et du coup, tout le monde s’est battu, mon père, mes frères, mes cousins. Tout le monde, quoi. »


#43: Laurent Casanova

Laurent Casanova à Bastia, c’est avant tout un but, celui de l’accession en Division 1 le 25 mai 1994 face à Nancy (1-0). Une réalisation qui permet alors au SCB de retrouver l’élite après huit saisons en deuxième division, et au milieu de terrain d’entrer définitivement dans le cœur des supporters bastiais. Natif de Bastia, Laurent Casanova commence par le centre de formation du SCB avant de faire ses débuts en pro dès 1991 à l’âge de vingt ans. Rugueux, dur sur l’homme, il devient très vite indispensable, au point de porter le brassard lors de la finale de Coupe de la Ligue en 1995 perdue face au PSG. Après cet échec, Casanova quitte pour la première fois son club et son île pour rejoindre l’OL. Il n’y passera que deux saisons avant de revenir à Bastia. Converti en défenseur central, Casanova débarque pour distribuer quelques tampons et aider le SCB à remporter la Coupe Intertoto en 1998. Avant de prendre sa retraite en 2001, à 30 ans.

#42: Franck Jurietti

Le 5 juillet 1997, Franck Jurietti dispute son premier match sous le maillot bastiais face aux Danois de Silkeborg, en Coupe Intertoto. Le 30 juillet, il se fait expulser contre Hambourg. Le ton est donné. Bientôt, Jurietti fera partie intégrante de la fine fleur des garçons bouchers bastiais avec Cyril Rool, Frédéric Mendy... En 1997-1998 et 1998-1999, les Corses chiffrent à chaque fois seize expulsions en D1, mais font de Furiani une citadelle imprenable. « À Bastia, on a gagné beaucoup de matchs dans le couloir » , lâchera l’homme qui a joué cinq secondes en équipe de France, en 2005. Jurietti, un caractériel, capable de dégoupiller au point de faire montre de ses parties génitales au public serbe de Vojvodina, lors d’une cuisante défaite en Coupe à Toto. Jurietti, un gros tacleur, plein d’amour, qui a fendu l’armure à Gerland après un penalty accordé aux Lyonnais : « FRANCK JURIETTI PLEURE » !

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#41: Xavier Pentecôte

C’est l’histoire d’un garçon qui aimait tellement Bastia qu’il ne parvenait pas à jouir ailleurs. En 2007/2008, Xavier joue à Bastia sous les ordres de Bernard Casoni et inscrit 12 buts dont un quadruplé face à Brest. Mais c’est lors de la mission sauvetage avortée en 2010, avec 12 banderilles pour 14 titularisations, que Xavier aura marqué le public bastiais. Assez pour qu’un vieux fan lui offre un drapeau collector datant de l’épopée européenne. Ailleurs, il se blessera, ne marquera que peu. Parce qu’il ne pouvait aimer qu’à Bastia.

#40: Abdelkrim Merry Krimau

Quand il débarque en Corse à dix-neuf ans, en 1974, en provenance de son Maroc natal, Krimau se demande bien ce qu’il est venu faire ici. Barré par la concurrence de Zimako, Félix ou encore Džajić, l’attaquant joue peu. Jugé nonchalant par Pierre Cahuzac, Krimau ne sert que de second, voire troisième couteau. Jusqu’à ce 7 décembre 1977 et ce huitième de finale retour de Coupe de l’UEFA sur la pelouse du Torino. Vainqueur 2-1 à l’aller, le SCB se rend à Turin sans son buteur François Félix, blessé. Titulaire, Krimau ne laisse pas passer sa chance et claque un doublé salvateur en seconde période pour offrir la victoire et la qualification à Bastia (2-3). Derrière, l’homme aux gants rouges marque une nouvelle fois en quarts de finale face au FC Carl Zeiss Jena, puis en demies contre les Grasshopper. Mieux, Krimau ne quittera plus sa place de titulaire jusqu’à son départ de la Corse en 1980 pour s’offrir un Tour de France qui le verra passer par Lille, Toulouse, Metz, Strasbourg, Le Havre ou encore Saint-Étienne.

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#39: Sébastien Pérez

À peine arrivé de Saint-Étienne en 1996, Sébastien Pérez se fond très vite dans le collectif corse. Chargé de défendre son flanc droit, le natif de Saint-Chamond dans la Loire prend son rôle très à cœur. Mots doux, câlins et autres caresses sur les chevilles, Sébastien Pérez, à l’image de ses coéquipiers, ne s’interdisait rien pour empêcher l’adversaire d’entrer dans sa base : « C’est vrai que j’étais très dur sur le terrain. J’étais dur, je me montrais présent et je me faisais respecter. Il fallait être le plus malin pour prendre le moins de cartons possible. » Bingo, au contraire de son ami Cyril Rool, Pérez n’écopera que d’un petit carton rouge à Bastia, qu’il quittera en janvier 1998. Avant d’y revenir avec le maillot de l’OM : « Ce n’est pas un bon souvenir. Je pensais que j’allais être accueilli autrement. Je n’avais pas apprécié. Je pensais avoir laissé un bon souvenir. Ils m’avaient dit que c’était surtout par rapport au truc de déstabiliser le joueur. Mais moi, je l’avais mal pris. »

#38: Gaël Angoula

Un mec qui faisait de la boxe thaï qui signe à Bastia, ça aurait pu être une bonne blague. Mais en 2010, ça devient une réalité. Alors quand Bastia affronte le PSG pour sa remontée en Ligue 1, Hantz place Gaël au milieu plutôt que latéral. Le plan ne fonctionne pas vraiment, vu que Bastia perd 4-0. Mais Angoula s’embrouille avec Ibrahimović et s’inscrit dans la légende du club. En 2016, il expliquait son Furiani ainsi : « Dès que le public ressent une injustice, une agression sur un de ses joueurs, ça devient taré, c'est une marmite, le truc ! [...] Avec Cahu, notre rôle, c'était vraiment de faire monter la sauce, de créer un attroupement, lancer quelques provocations. Ils préfèrent un bon vieux tacle à la gorge qu'un petit pont. Ce sont des gens qui sont très attentifs au comportement du joueur, à son engagement sur la pelouse. » Adulé par les fans, Gaël recevra un trophée de la part de certains d’entre eux le soir de la montée en Ligue 1 : le prix de l’anti fair-play. Et Gaël le gros dur eut les larmes aux yeux.

#37: Pierre Maroselli

Hatem Ben Arfa lui doit peut-être son retour en grâce sous le maillot niçois. Pierre Maroselli est devenu magnothérapeute. « Je colle des aimants sur la peau des joueurs pour que leurs énergies soient en osmose » , expliquait-il à So Foot en février 2016. Mais avant de devenir « la Zahia de la magnétothérapie » – « Tout le monde me veut, mais personne ne souhaite se marier avec moi » –, le défenseur a trimbalé sa crinière blonde sous le maillot bastiais dans les années 1990. Un « rêve d’enfant » pour celui qui oscillera entre stoppeur et latéral droit en Corse, avant de finir sa carrière à Rennes, le club de sa ville natale.

#36: Jérôme Rothen

Jérôme a tellement crié à cœur et à cri son amour du PSG qu’on pouvait douter qu’il reste de la place dans son cœur. Mais lorsqu'il débarque de Turquie à l’été 2011, dans un Bastia tout juste sacré champion de National, l’ancien Monégasque se fait vite à la couleur locale. Repositionné milieu relayeur, à côté de son pote Cahuzac, il distribue, oriente et marque forcément quelques coups francs. Plus que tout, Jérôme aimait entrer sur la pelouse en conquérant et haranguer la tribune Sud, le bras levé, en trottinant sur quelques mètres. Son fait d’armes restera un carton rouge lors du fameux derby face à l’ACA, le brassard de capitaine serré sur son biceps. Une droite dans la tronche de Benjamin André, trois matchs de suspension et une place au panthéon des héros bastiais à jamais.

#35: Piotr Świerczewski

Après un énième duel remporté, Jean Pruneta, figure de la radio corse, s’autorise une comparaison entre Piotr Świerczewski et Jonah Lomu. Moins costaud que le rugbyman néo-zélandais, le milieu défensif polonais n’en est pas moins impressionnant physiquement sur le terrain. Jamais avare de contacts, Piotr Świerczewski n’hésite pas à tamponner ses adversaires pour récupérer le cuir. De manière plus ou moins brutale. Aussi violent sur un terrain qu’il est doux dans la vie, l’international polonais fera le bonheur des supporters bastiais durant six saisons – entre 1995 et 2001 – interrompues par une petite pige de six mois au Japon en 1999. « Bastia, c’était l’idéal. Une grande famille. Les bombes agricoles, ça me manque. Mais aussi l’ambiance dans le tunnel des vestiaires qui nous faisait marquer des buts à l’avance. »

#34: Toifilou Maoulida

Les bandelettes, c’est à la base pas forcément le truc du supporter bastiais. À la place du Toif’, les fans auraient sûrement préféré un attaquant serbe barbu teigneux et besogneux. Puis lors de sa première saison, Maoulida plante 13 buts, dont un lors du match du titre face à Metz. La saison d’après, sa place dans l'histoire du club s’inscrira de manière définitive à la 47e minute du bouillant derby contre l’ACA, sur une tête piquée en lucarne. Après un centre à la Willy Sagnol de Gilles Cioni. Dans un stade en fusion, il sort sa plus belle bandelette, avec le message suivant : « Pour mon pote Tito des Lauriers (Marseille) » . Bon, OK, rien à voir avec Bastia, mais à ce moment-là, Furiani s'en foutait complètement, et n’en revient toujours pas d’avoir tant chanté son nom les minutes suivantes.


#33: Wahbi Khazri

Il y avait ce débat, en National : Khazri est-il meilleur que Diallo ? Souvent, on disait non. On avait bien sûr tort. Wahbi, son arrière-train en forme de marmite, son addiction bien connue à la mal-bouffe et à l’Orezza sirop de citron, resteront une légende à Bastia. Et un sacré joueur, capable de toutes les merveilles avec son pied droit, comme de foutre un coup franc sous la barre de Sirigu au Parc. On attendra quelques années qu’il revienne au club, replacé devant la défense, le brassard enroulé sur le bras gauche, pour faire remonter l’équipe qu’il aime au plus haut niveau. Encore une fois.

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#32: Jean-Louis Cazes

Dans son Pays basque natal, Jean-Louis Cazes a longtemps hésité entre football et rugby. Viré du Nîmes Olympique à l’adolescence pour son caractère turbulent, le défenseur gaillard à la coupe au bol se fait ensuite repérer par l’AS Saint-Étienne. Pas à son aise dans le Forez, en 1975, l’homme a le choix entre retourner travailler au Crédit agricole de Bayonne ou relancer sa carrière à Bastia. « Je me souviens que mon premier contrat au Sporting portait sur quatre ans, avec un salaire de 5 000 F, rejouera-t-il dans les colonnes de Corse Matin. Soit quatre fois plus que ce que je gagnais à la banque. Tout ça pour jouer au foot, et sur une île paradisiaque de surcroît ! » Viril et rugueux, Cazes ne laisse rien passer sur son couloir droit. Il se forge une place de titulaire à Bastia et sera de la grande aventure en Coupe UEFA et ensuite de la victoire en Coupe de France.

#31: Laurent Moracchini

« Fracture du nez avec hémorragie. » Voilà le souvenir que gardera Éric Di Meco de son déplacement à Bastia avec Monaco, le 26 novembre 1994. Dans ce duel de mal-classés, quelques décisions arbitrales défavorables aux Corses vont faire monter la tension dans le stade Armand Cesari chauffé à blanc. Peu avant la mi-temps, l’arbitre Antoine De Pandis arrête la partie, paniqué par l’envahissement de terrain de certains spectateurs. C’est alors que Laurent Moracchini s’approche de Di Meco : il dégaine un coup de boule en pleine figure du Monégasque à la queue de cheval. Quelques mois plus tard, c’est le Guingampais Coco Michel qui goûtera à son tour au front du milieu de terrain bastiais.

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#30: Cyril Rool

Lorsqu'il débarque d’Aix-en-Provence en 1993 avec ses dix-huit printemps et son mètre 77, Cyril Rool n’a qu’une seule solution pour se faire respecter de ses aînés : leur rentrer dans le lard. Parfait, les contacts, le jeu dur et les tacles appuyés, celui qui évolue alors au poste de milieu gauche en raffole. Une fois rodé en division 2, Cyril Rool deviendra un titulaire régulier sous Fred Antonetti en Division 1. Une première saison dans l’élite qu’il ponctuera avec deux cartons rouges. Les premiers d’une longue série. Insultes, bagarres avec l’adversaire, tacles les deux pieds décollés, le sanguin Cyril Rool était la caricature incarnée du Bastiais violent de la fin des années 1990. Mais Cyril Rool à Bastia, c’est aussi une victoire en Coupe Intertoto, une finale de Coupe de la Ligue perdue en 1995 et un pied gauche merveilleux qui ne lui servait pas qu’à briser les chevilles de ses adversaires.

#29: Eric Durand

À Bastia, on disait toujours la même chose. Éric Durand, avec sa tête de vieux marin breton, était largement assez bon pour l’équipe de France. «  S’il jouait ailleurs, il y serait » assurait-on. Les supporters ont peut-être raison. Durand était très fort, mais son tempérament, qui lui a valu une tripotée de cartons rouges, a peut-être aussi pu freiner son ascension. Selon la légende, il aurait balancé à un arbitre refusant de retirer un carton à un de ses coéquipiers une saillie pas très Charlie : « Alors je vais te baiser.  » Qu’importe, Durand n’aura jamais joué avec un autre Bleu, mais reste la star d’une des plus sublimes bêtises d’Internet.

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#28: Ilija Pantélic

Ilija Pantelić a vingt-neuf ans quand il débarque sur l’Île de Beauté. Ce robuste gardien yougoslave est l’une des premières vedettes étrangères à porter les couleurs bastiaises dans les seventies. « Panto  » a une particularité : il ne s’échauffe pas dans ses buts, mais préfère se chauffer les gants au milieu de terrain. La raison ? L’homme a horreur de se prendre des buts, même à l’entraînement. Ça tombe bien, Pantelić est aussi à l’aise dans les airs que sur sa ligne pour protéger ses cages. Dès sa première saison, le Sporting peut compter sur son molosse pour se hisser en finale de Coupe de France. Plus que la défaite au Parc des Princes contre l’OM (2-1), on retiendra les demi-finales épiques (3-0 ; 2-0) contre le RC Lens. Au retour en Artois, les banderoles fusent : « Pantélic, pends tes loques » , « Allo Napoléon, ici Waterloo  » . Imperturbable, le portier sort des parades d’envergure pour qualifier les siens. Non sans éviter les pétards lancés par les supporters lensois sur sa ligne.

#27: Sadio Diallo

Non, il n’était pas meilleur que Khazri. Mais Sadio savait, il fut un temps, marquer dans les matchs qui comptent. Comme à l’extérieur, à Monaco, pour une victoire 1-0 en Ligue 2. Et surtout face à Metz, pour le match du titre. Ce soir-là, après sept minutes de silence commémorant les vingt ans de la catastrophe de Furiani, le Guinéen inscrit deux buts de légende. Le premier, son partenaire d’attaque de l’époque, Yassin El-Azzouzi, s’en souvient comme si c’était hier : « Je suis en pivot, je lui remets et la première chose que je vois, c’est qu’il va armer. Dans le regard. On le savait toujours à l’entraînement, que ce soit au sol ou en l’air. Tu savais que s’il essayait, il allait réussir. C’est exactement ce qu’il voulait faire. Sur le coup, tu sais que c’est un top but. Mais tu ne réalises pas à quel point c’est magnifique. » Lorsqu’il évoque le deuxième, il éclate encore de rire : « La frappe m’a choqué. Elle a mis tout le monde d’accord. Elle a dit : "C’est bon, allez profiter les gars, on en parlera dans trente ans, comme 78. Savourez !" C’est grave une frappe comme ça, putain.  » Deux bonnes raisons de faire resigner Sadio pour la Ligue 2 et prier pour que ses éclairs de génie reviennent.

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#26: Tony Vairelles

Une telle influence qu’il est désormais impossible de porter le maillot bastiais en s’appelant Anthony ou Antoine sans porter le surnom inspiré du plus beau des gitans. Tony, c’est 24 buts avec Bastia en deux saisons. Mais surtout un, contre Sedan, en demi-finale de Coupe de France qui envoie les Turchini en finale. On revoit encore son sourire, porté en triomphe par les supporters ayant envahi le terrain. Un homme simple, très, qui sortait régulièrement des vestiaires avec un sachet Magic Stock, du nom de feu le magasin de fringues pas cher situé au sud de Furiani.

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#25: Fanfan Félix

Avec son équipe de potes de l’Ardèche, ils se faisaient appeler les « Beatles » . C’est en croisant justement les « Beatles  » dans un tournoi de jeunes que l’Olympique lyonnais a repéré François Félix dit Fanfan. En 1971, le Gone part en voyage de noces en Corse. C’est alors qu’au moment de reprendre le bateau à Bastia, les dirigeants du Sporting – rencardés par un certain Claude Papi – interceptent cet attaquant prometteur. 36 buts en deux saisons attireront les convoitises du PFC qui proposera au Sporting une offre qui ne se refuse pas. Ce n’est que partie remise, Fanfan Félix revient deux ans plus tard pour participer aux plus belles heures de l’histoire du club corse. Un triplé à Furiani contre le Sporting Portugal lance l’épopée des insulaires en Coupe UEFA. Mais comme par deux fois en Coupe de France, Fanfan Félix va encore vivre un acte manqué en finale. Fine gâchette du championnat de France, le buteur n’aura jamais la chance de porter le maillot de l’équipe de France. La faute à sa tignasse qui ne plaisait pas au sélectionneur Georges Boulogne. Entre ses cheveux et le maillot bleu, Fanfan Félix a choisi de rester fidèle à son look de Beatles. Le Redondo bastiais.

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