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Gento, le mieux coiffé

Membre permanent du Real Madrid quintuple vainqueur consécutif de la C1, Francisco Gento s’est élevé au rang de légende des légendes en 1966. Une année où l’ailier madrilène remporte sa sixième Ligue des champions en tant que joueur. Un exploit unique, qui en fait le palmarès le plus étoffé du football européen. Portrait d’un très, très grand monsieur.

Modififié

#3: Francisco Gento

Cette victoire est plus celle d’un club que celle d’un homme. Bien avant l’une des plus grandes catastrophes humaines liées au football, le stade du Heysel voyait déjà l’avènement de la nouvelle génération du Real Madrid, le Real « Yé-Yé » , multiple vainqueur de la Primera División mais jamais vainqueur de la prestigieuse Coupe des clubs champions. Jamais, jusqu’à ce 11 mai 1966. Ce soir-là, un homme s’avance dans la tribune présidentielle, où 55 000 spectateurs sont là pour observer ce capitaine soulever la Sexta de la Maison-Blanche. Après une finale disputée face au Partizan Belgrade, Paco Gento entre un peu dans l’histoire du Real Madrid. Son histoire, en quelque sorte. Coéquipier de l’icône madrilène durant les années 1950 tout aussi florissantes en titres, José Emilio Santamaría est catégorique : « Cette fameuse sixième Ligue des champions sur le plan individuel laisse Gento comme le grand parmi les grands. C’est grâce à sa maturité, son habitude des grandes compétitions et surtout son leadership qu’il est parvenu à retrouver la voie du succès avec le Real. C’était un groupe de jeunes joueurs, ils avaient besoin d’un guide. À ce moment-là, Gento symbolisait la fierté du football espagnol. Il était plus qu’un capitaine pour le Real, il était la définition de sa réussite. » Arrivé avec la C1 dans les mains sur le tarmac de l’aéroport de Madrid, Gento triomphe. Un pléonasme.

« Gento, c’était la pensée collective »


Pour comprendre cette culture de la gagne dont Gento s’imprègne, il faut aller plus loin que les trophées, plus loin que Madrid. C’est à Guarnizo, un village situé dans la verdure de Cantabrie souvent touché par de grosses pluies, que le petit Francisco apprend à taper dans la balle en toute modestie. Le gamin est alors adolescent, mais il apprend vite. Formé au Racing Santander, Gento, 19 ans, convainc le Real Madrid de le faire signer. « Avec Gento, il y a une chose très simple, synthétise Santamaría. Quand j’arrive au club, Gento et Alfredo Di Stéfano jouaient ensemble depuis quatre ans. Ils avaient déjà travaillé leurs automatismes sur le terrain, ils se comprenaient très bien. Gento n’avait peur de rien : c’était un garçon qui venait de la campagne espagnole, et il arrivait très jeune dans cette grande capitale. Avec du travail et de la confiance, il est devenu l’un des tout meilleurs ailiers que j’ai vu jouer de mes propres yeux. » Plutôt élogieux de la part d’une légende.


Si Gento poursuit sa progression aux côtés de Di Stéfano et s’avère être un titulaire en puissance, l’ailier surnommé Galerna del Cantabrico (Tempête de Cantabrie, en VF) garde une conduite exemplaire sur et en dehors du terrain. « Si je devais donner un qualificatif à Gento, que ce soit comme sportif ou comme personne, ce serait l’excellence, analyse Santamaría. Sur le terrain, il ne créait aucun problème, c’était un fédérateur qui ne parlait jamais des autres. Son côté véloce et explosif donnait les temps forts de l’équipe, et ses changements de rythme étaient très fréquents. En pleine course, il pouvait s’arrêter puis redémarrer de plus belle pour déborder son adversaire d’un coup de rein. En plus de cela, il possédait une faculté technique impressionnante au niveau de ses centres, toujours bien dosés. Il marquait, mais le plus souvent il offrait cette possibilité aux autres membres de l’équipe. Gento, c’était la pensée collective. » Une philosophie qui, cumulée à celle de ses coéquipiers, lui permet de devenir un mythe à seulement 27 ans : cinq C1, une Intercontinentale, quatre championnats d’Espagne. Un palmarès pourtant à moitié plein.

La vie en blanc


Au Real Madrid, Gento apparaît comme l’homme aux mille visages. Les années passent et le personnage se métamorphose au sein du club royal. Aujourd’hui président d’honneur du Real Madrid et président des vétérans du club, l’homme de 83 ans était auparavant ambassadeur du Real Madrid en Europe, puis dans le monde. Entraîneur au sein de la Castilla, il se lance dans le métier d’entraîneur, mais se rend vite à l’évidence : sa famille est celle du Real Madrid. « Dans la vie de tous les jours, c’était un garçon très prudent, célibataire et humble, relate Santamaría. Il gérait sa vie en fonction de sa carrière professionnelle avant tout. Gento s’est marié ensuite. C’est un mari très heureux, qui voit grandir ses enfants, ses petits-enfants. Je crois que sa vie personnelle s’est parfaitement calquée autour de sa réussite au Real Madrid. » Auréolé d’une nouvelle génération talentueuse aux côtés d’Ignacio Zoco, Manuel Sanchís, Pirri ou Amancio, Gento rafle huit nouveaux championnats entre 1961 et 1969, portant à douze son nombre de titres nationaux. Gento stoppe sa carrière en 1971 lors d’une dernière finale de Coupe des coupes contre Chelsea. Perdue, pour une fois. Quarante-cinq ans plus tard, Santamaría affirme que l’esprit de Gento est toujours le même : « Quand nous avons l’opportunité de discuter, nous parlons un peu de notre passé commun, mais nous parlons surtout de l’avenir. Cela symbolise la mentalité de Gento : tournée vers l’avant. » De quoi faire la fierté de la blanche Castille en une seule phrase : « Le palmarès de la Coupe d’Europe est mené par le Real Madrid avec douze titres, l'AC Milan avec sept, et Gento avec six. » La perruque du roi.

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