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Alfredo Di Stéfano, comme une évidence

Cela ne pouvait être que lui. Sans surprise, Alfredo Di Stéfano domine ce TOP 50 du Real Madrid. Il faut dire que si les Merengues peuvent se vanter aujourd'hui d'avoir douze Ligues des champions, c'est en grande partie grâce à leur buteur hispano-argentin, qui a apporté les cinq premières et fait du Real Madrid le plus grand club du monde.

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#1: Alfredo Di Stéfano

Ils sont peu nombreux parmi eux à avoir eu le privilège d’admirer Alfredo Di Stéfano sur un terrain de football. Pourtant, en ce 19 août 2014, tout le public du Santiago-Bernabéu a souhaité rendre un dernier hommage à l’attaquant hispano-argentin, décédé 43 jours plus tôt d’une crise cardiaque à 88 ans. Sur le rond central, un immense maillot blanc floqué de son célèbre numéro 9, ainsi que ses dix-huit trophées remportés avec la Maison-Blanche. En tribunes, deux photos prennent place en virage, tandis que la tribune latérale affiche un tifo au message simple : « Gracias Alfredo » . Socios, touristes, supporters colombiens venus assister au premier match au Bernabéu de James Rodríguez, tous ont alors les yeux rivés vers l’écran géant du stade qui projette une vidéo retraçant les exploits de Di Stéfano. Une fois le spectacle terminé, une équipe de violonistes se charge d’émouvoir encore un peu plus le public avant la traditionnelle minute de silence. Soixante secondes qui seront gâchées par les supporters de l’Atlético qui refusent d’interrompre leurs chants. Peu importe, les larmes de ce supporter âgé de 80 ans, assis porte D, secteur 621, rang 8, place 25, sont là pour rappeler l’immensité de Don Alfredo.

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Un joueur total


Deux Ballons d’or, cinq C1 – avec au moins un but inscrit à chaque finale –, huit Liga, 308 buts marqués en 396 rencontres officielles. Ça, c’est pour les chiffres. Mais Alfredo Di Stéfano est bien plus qu’un joueur de statistiques, c’est avant tout une attitude. Celle d’un des plus gros talents de l’histoire du football mondial qui ne lésinait pourtant pas sur les efforts et le travail défensif pour aider ses coéquipiers en galère. Bien plus qu’un buteur, « la flèche blonde » était un joueur complet qui profitait de son efficacité offensive pour faire le job du numéro 9 tout en utilisant sa technique naturelle et sa vision de jeu remarquable pour camper aussi les fonctions de numéro 10. Les prémices du footballeur total en somme.


Dans un entretien accordé à SoFoot en 2009, Alfredo Di Stéfano, qui a appris le football sur les potreros comme tous les enfants argentins, développait sur sa fameuse grinta : « C’est à Huracán (en 1946, ndlr) que je suis devenu un joueur complet. J'ai surtout compris qu'il fallait se bagarrer sur un terrain. Courir, lutter, faire le pressing sur l'adversaire, ne jamais baisser les bras. Courir derrière un ballon pour le récupérer, ce n'était pas un sacrifice, je le voyais comme un plaisir. Je détestais rester planté en attaque sans rien faire. C'est pour ça que je faisais des allers-retours sur tout le terrain. » Une attitude qui plaira, des années plus tard, aux supporters merengues, toujours sensibles aux joueurs qui se dépassent sur un terrain et incarnent ainsi les vraies valeurs du Madridismo.

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« Marquer des buts, c’est comme faire l’amour »


Lorsqu’il débarque dans la capitale espagnole en 1953, le Real Madrid n’a alors quasiment rien de royal, mis à part l’affection de Franco. Les Merengues n’ont plus remporté le championnat depuis vingt ans et pointent à la cinquième place du palmarès national avec deux titres, contre six pour le Barça, cinq pour Bilbao, quatre pour l’Atlético et trois pour Valence. En l’espace d’une saison, l’attaquant encore argentin met fin à ces vingt années de disette, puis permet dans la foulée au Real Madrid d’assumer la concurrence nationale et européenne. Avec ses potes, Di Stéfano a posé les bases de la Maison-Blanche telle qu’elle est dessinée encore aujourd’hui et permis d’y accrocher le diplôme de meilleur club de football du XXe siècle décerné par la FIFA.


Génial sur un terrain de football, Alfredo Di Stéfano avait aussi un certain talent devant les micros où il maniait la métaphore avec brio : « Marquer des buts, c’est comme faire l’amour. Tout le monde sait comment faire, mais personne ne le fait comme moi. » Et, ce ne sont pas les autres légendes de ce sport qui vont le contredire. Pendant que Pelé affirmait à la Vanguardia que « Di Stéfano était la plus complète des stars argentines, il était plus complet que Maradona et Messi » , Diego Maradona, lui, livrait un bel hommage à son compatriote aux micros de Telesur : « La vérité est que le monde du foot dans son ensemble doit pleurer aujourd'hui parce que c'est vraiment un grand qui est mort. Di Stéfano fut un maître pour moi, il m'a enseigné beaucoup de choses. C'était un phénomène. Je n'étais jamais entré dans un restaurant où tout le monde s'est levé. Tout le monde s'est levé pour l'applaudir et lui m'a dit : "allez, allez, dépêche-toi", parce qu'il n'aimait pas ce genre de choses. »

Le premier Galactique


Plus discret durant ses dernières années, où il se contentait de quelques apparitions en tant que président d’honneur du Real Madrid, Alfredo Di Stéfano a pourtant été la première vraie star du football mondial. Tel David Beckham des années plus tard, le premier Galactique du Real Madrid a, lui aussi, tenté sa chance au cinéma. Après une apparition dans un film argentin, Con los mismos colores, en 1949, Don Alfredo joue son propre rôle dans un long-métrage qui retrace sa vie, Saeta Rubia (Flèche Blonde). Une vie d’acteur qui visiblement n'a pas trouvé grâce à ses yeux : «  Ce n'était pas mon monde. Dans le cinéma, les gens vivent la nuit et dorment pendant la journée. Moi, j'ai toujours apprécié ma petite routine, je ne buvais pas, je ne me couchais pas tard. Le cinéma, c'est une profession où il faut avoir beaucoup de patience. C'est très ennuyeux. »


Pourtant, son ancien coéquipier au Real Madrid, et ami, José Santamaría avoue aujourd’hui que Di Stéfano se plaisait à vivre sa vie de star : « Alfredo était un joueur au tempérament calme, mais aussi ouvert vers les autres. C’est pour cela qu’il acceptait les invitations, les dîners mondains... Cela lui plaisait. Fumer une cigarette quand le moment était venu de se relaxer, c’était son plaisir. Il savait profitait de la vie. » Des dîners avec la haute société durant lesquels Alfredo Di Stéfano tentait d’impressionner par ses phrases philosophiques : « Être deuxième, c'est être le premier des derniers. » Qu’il puisse se rassurer, sa place est bien sur la première marche du podium. Et ce, pour de très très longues années encore.

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