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Raí, capitaine classe

Grand, élancé, élégant, Raí a passé cinq saisons au PSG (1993-1998). Arrivé comme une star, il a d’abord été pointé du doigt avant de devenir un mythe. Vingt ans après son départ, la place du Brésilien dans l’histoire du club parisien n’a pas changé : tout en haut, au top de la crème.

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#1: Rai

«  Au début, on doutait de moi. Quand je ratais un dribble ou une passe, lorsque j'essayais de jouer mon football et qu'il ne passait pas, ce n'est pas le public que je défiais. Mais ce stade. Cette arène. Je ne voyais que lui et j'étais enfermé, peut-être même perdu. Je me suis dit : "Il faut que tu lui plaises. Il faut que je le séduise." Oui, c'est un drôle de rapport qui s'est tout de suite installé avec le Parc...  » 25 avril 1998, Raí va disputer son dernier match au Parc des Princes, le stade où il organisera son jubilé en 2001. Tout sauf un hasard. Le numéro 10 est arrivé cinq ans auparavant. Cinq saisons où il aura tout connu : la gloire, la défiance, les critiques, les joies, les peines, le capitanat, mais aussi les titres.

Raí au PSG, c’est avant tout un immense palmarès glané en 215 matchs et 72 buts (Championnat, Coupes des coupes, Coupe de France, Coupe de la Ligue). Mais c’est surtout une attitude, celle d’un joueur classe et unique. Quand il arrive en 1993, le garçon est capitaine du Brésil et meilleur joueur sud-américain. Autant dire qu’il est précédé d’une flatteuse réputation. C’est un monstre. Premier match contre Montpellier au Parc, l'ancien du São Paulo fait une ouverture de 40 mètres avec un coup du foulard. Le ton est donné. Pourtant, sa première saison va être un fiasco. Il ne marque pas. Il se fait bouger sur tous les terrains et sa lenteur est pointée du doigt. D’aucuns parlent d'échec. Oui, oui. Bloqué par la paire Weah-Ginola, il peine à prendre la lumière. Il ne possède ni la hargne du Libérien ni la beauté du Français. Raí, c’est le Brésilien pragmatique. Rien de superflu, que des gestes utiles et surtout des atouts « européens » . Un jeu de tête fou, une capacité unique à jouer dos au but et une science des penaltys. Il faudra attendre le départ, à l'été 1995, du binôme Weah-Ginola pour voir l’homme s’installer à sa place.

L’homme d’un chant


Comment remplacer deux monstres ? Par Raí. Brassard autour du bras, il emmène les siens vers les cimes européennes. Toujours présents dans les grands rendez-vous européens, il est le seul à surnager lors de l’humiliation contre la Juventus (9-2 sur l’ensemble de la double confrontation en Supercoupe d'Europe), mais il est surtout buteur, entre autres, contre le Barça, Parme ou Bucarest, des soirées qui ont compté dans l’histoire du club. Sa rapide blessure en finale de la C2 contre Vienne gâche la fête, mais l’homme reste digne jusqu’au bout. Au Parc des Princes, il est toujours choyé par un public pourtant exigeant. Pour preuve, l’enceinte de la porte de Saint-Cloud lui dédie un chant – sur l’air de Capitaine Flam – qui résonne encore aujourd’hui. Un chant personnalisé, c’est un fait rare au PSG. En vingt ans, ils sont deux à pouvoir se vanter avoir été à telle école : le Brésilien et Marco Verratti.

Alors le jour de son dernier match à domicile contre Monaco, il est chamboulé. «  Probablement ne vais-je rien montrer de ce que je ressens. Ce doit être plein de bonheur. Il ne sera pas fait de larmes. À l'intérieur, oui, au fond de moi, certaines couleront, mais j'ai vraiment envie de danser une dernière fois, de rire, de jouer et de séduire ce Parc que j'ai tant aimé...  » lâche-t-il dans les colonnes de L’Équipe le matin du match. Ce soir-là, Raí fait ses adieux au Parc des Princes après un quinquennat incroyable dans la capitale. Pour ceux qui ont la chance d'assister à ce match, le score est anecdotique. D'autant que le PSG perd (1-2) et termine une saison catastrophique, la dernière de Michel Denisot à la tête du club. De ce match, il ne reste que Raí. Le capitaine. Le patron. Le mythe. Et son rapport très particulier avec le Parc des Princes. Un stade versatile. Dur. Rancunier. Violent. Bruyant. Fou. Inimitable. «  Je ne saurai que plus tard, dans cinq ans, lorsque je reviendrai faire un tour à Paris, si j'ai compté dans l'histoire du club, déclarait le joueur le matin de cette dernière au Parc des Princes. On verra si les gens me reconnaissent et je constaterai de moi-même si je leur ai laissé un souvenir heureux.  » CQFD.

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