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Les 50 joueurs qui ont écrit l'histoire du FC Sochaux (du 24e au 4e)

Le FC Sochaux-Montbéliard, une des plus belles fabriques de footballeurs du pays pour s'imposer comme un des poids lourds du championnat de France. Des défenseurs à moustache aux milieux tricoteurs, en passant par des gardiens voltigeurs, voici les 50 Lionceaux qui ont écrit les plus belles pages de l’histoire au stade Auguste-Bonal.

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#24: Camel Meriem

Meriem, c’est d’abord un mythe : était-il droitier, était-il gaucher ? Seule certitude, le produit d’Audincourt a un jour été un bijou. Ce qu’il restera pour toujours, c’est surtout un symbole. Celui d’un gamin débarqué au FC Sochaux en poussin, couvé par un père fidèle de Bonal, employé chez Peugeot, et qui aura été façonné au centre de formation avec Pierre-Alain Frau et Benoît Pedretti. Camel a un an de plus que ses deux potes, tape rapidement dans l’œil du sniper Hadžibegić et vient secouer Paulo Gomes, Koffi Fiawoo et les autres de l’équipe première à l’entraînement. Puis, il explose malgré une saloperie de rupture des ligaments lors de l’été 1999 et marche rapidement sur la France du foot au début des années 2000. C’était avant son départ pour les Girondins de Bordeaux, avant quelques éclats à Marseille, avant le silence, là aussi. Cœur avec les doigts. MB

#23: Claude Quittet

Claude Quittet n’a jamais eu de problème d’identité. Il sait d’où il vient et a toujours su où il allait : un gars du cru, né à Mathay, à 13 kilomètres de Sochaux et élevé dans le centre de formation des Lionceaux. Défenseur central imperturbable, bon de la tête, il est rapidement appelé à être le porte-drapeau de son club, d’abord lors des turbulences des années 1960 avant de lâcher le relais lorsque tout était remis en ordre dans la maison jaune, récoltant au passage ses premières sélections dans une équipe de France connaissant un creux générationnel entre Kopa et Platini. Ambitieux et têtu, il obtient en 1969 un bon de sortie de ses dirigeants pour vivre d’autres challenges à Nice, puis Monaco. Mais c’est dans sa Franche-Comté natale qu’il reviendra ensuite pour prendre la présidence de l’association des anciens joueurs du FC Sochaux. À la maison. MR

#22: Franck Silvestre

Un autre prototype référence de la maison FCSM. Franck Silvestre, c’est la D1 qui pue le talent, le bonheur, les années 1990. Franck Silvestre, c’est Paille, Rousset, Lada, Croci. C’est Hély, c’est Sauzée. Franck Silvestre, c’était le sourire et la lenteur, l’indispensable qu’on ne retenait pas à sa juste valeur, mais surtout un mec qui a quasiment tout connu avec un club qui l’a récupéré lorsqu'il avait treize ans. C’était la France qui gagne et qui espère, celle qui a été championne d’Europe espoirs en 1988 avec Marc Bourrier, mais aussi celle qui croque la vie comme on ne le fait plus. Peut-être aussi parce que c’était le foot à papa, celui qui met des boîtes et avec qui tu vas boire des coups après les matchs. Silvestre à Sochaux, c’était tout ça, avec une année 1988 juste à côté du soleil. MB

#21: Ryad Boudebouz

« J’adore les escalopes de ma mère. Je suis accroc à sa cuisine. À chaque fois, j’invite à la maison Marvin Martin, mon coéquipier, que je considère comme mon frère  » , confiait-il à France Football. Il est comme ça Ryad : toujours prêt à partager son patrimoine avec les autres. Un gars qui a le dribble en lui, dont il a beaucoup usé au départ, mais qui a appris petit à petit à n’utiliser que le nécessaire pour le mettre à la disposition des autres.


Gamin de Colmar repéré par l’ex-gardien de but Eugène Battmann, voyant en lui le futur Robin, Boudebouz arrive à 12 ans à Sochaux, empoche la Gambardella 2007, et Francis Gillot le lancera en Ligue 1 en 2008. Sur des frappes du milieu de terrain, sur coup franc ou au point de penalty (16 réalisations sur 16 tentatives de ses débuts jusqu’au poteau droit de Mike Maignan en 2015), quelle que soit la distance, la patte gauche du Franco-Algérien régale le stade Bonal pendant cinq saisons. On demande à goûter aux caramels de maman. MR

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#20: Pépi Humpal

Zlín, au beau milieu de la Tchécoslovaquie, au début des années 1930. Le petit Jozef Humpal travaille dans une fabrique de chaussures. Mais c’est quand ses godasses rencontrent un ballon qu’il se fait remarquer dans l’équipe junior de son entreprise. Un ailier, vif et décisif, que ne laissera pas filer le SK Baťa Zlín, lui faisant signer son premier contrat à 17 ans. C’est avec ce club que Humpal participe au lendemain de la guerre à une tournée de matchs amicaux en France. Pour y rester un bon paquet d’années, plus connu sous le nom de « Pépi » . Sochaux-Montbéliard fait du Tchèque son leader d’attaque. Dès sa première saison, il emmène le club jusqu’au titre en D2 en devenant le meilleur réalisateur du championnat avec la bagatelle de 45 buts. Rebelote l’année suivante : il doit partager sa couronne avec l’artilleur lillois Jean Baratte. En 176 rencontres disputées entre 1946 et 1951 avec Sochaux, il marquera à 123 reprises. Il continuera ensuite sa tournée à Montpellier, Strasbourg et Béziers, avant d’entamer une carrière d’entraîneur. Les semelles bien usées. MR

#19: Mickaël Pagis

Il avait déjà 28 ans. Et alors ? Alors, Mickaël Pagis a débarqué en Ligue 1 avec son style, sa grande gueule et son talent. Incompris, il ne cherchait pas à se faire comprendre. Un jour, Cantona lui dira qu’il est « fait pour l’Angleterre » , lui préférera rester en France, sortir de son anonymat en 2001 et venir à Sochaux où Jean Fernandez lui a fait les yeux doux pour le glisser entre Frau et Santos. Avec les Lionceaux, Pagis gagnera une Coupe de la Ligue, insultera Pedretti de « petit con » et se brouillera avec Guy Lacombe. Peu importe, sur le terrain, il se régalait et régalait avec son classique : une prise de balle dos au but, une ouverture venue d’ailleurs et, quelques fois, des volées sorties des années 1990. Mickaël Pagis était un artiste, un puriste, un roi qui se balade en bottes et c’est finalement Jérôme Leroy qui le résumera le mieux : « Micka n'a aucune caractéristique du footballeur moderne. Il ne court pas partout, il gère ses efforts, mais quand il a le ballon, il sait. Maintenant on cherche surtout des coureurs à pied, et bientôt il faudra faire le marathon pour être professionnel ... Mais à l'arrivée c'est lui qui a raison. » Bonal en sait quelque chose. MB

#18: René Gardien

René Gardien aime brouiller les signaux. D’abord parce qu’il est un attaquant. Et pas n’importe lequel : il est tout simplement le deuxième réalisateur de l’histoire du FC Sochaux-Montbéliard, avec ses 156 buts en 410 matchs entre 1947 et 1959. Mais ensuite parce que le Savoyard est loin d’être ce froid chasseur de buts, obsédé uniquement par ses statistiques, car René est aussi ce boute-en-train si précieux dans un vestiaire. Un personnage facétieux et attachant, récompensé par deux sélections chez les Bleus en 1953. Contre les Gallois, il plante un doublé lors de la large victoire 6-1 au milieu de Marche, Jonquet, Kopa et Piantoni, sans pour autant obtenir son ticket pour le Mondial 1954 en Suisse. Il termine son aventure sochalienne sur une finale de Coupe de France 1959 face au Havre. S’il est évidemment buteur en prolongation (2-2), il ne peut éviter la défaite des Lionceaux lors du replay (0-3). Mais qui fera une bonne histoire de plus à raconter aux joueurs de Grenoble, Lille ou Montluçon qu’il coachera plus tard. MR

#17: André Abegglen

Le premier de cordée. L’attaquant international suisse est bien le genre à prendre les risques pour ouvrir la route à ses équipiers. Des risques ou plutôt des opportunités. Après avoir fait le tour de plusieurs clubs helvètes, André Abegglen plante en 1934 son piolet de l’autre côté du Jura, à Sochaux. Dans le sillage de ses 30 buts en 28 matchs, les Lionceaux arriveront jusqu’aux sommets dès 1935 avec un premier titre de champion de France. Dès la reprise, il se distingue par un septuplé inscrit face à l’US Valenciennes, pour un total de 51 buts en 61 rencontres sous le maillot jaune et bleu. Mais le goût du risque a aussi ses contreparties. « Trello » est une victime chronique des blessures. Le 26 mars 1936, il s’écroule après avoir marqué en quart de finale de la Coupe de France contre le SC Fives. Pas grave : il devient le premier footballeur à se faire opérer du ménisque, ce qui ne l’empêchera pas de planter 63 buts en 103 matchs en tant qu'entraîneur-joueur du Servette de Genève au début de la guerre. Une vie à toute vitesse qui trouvera son terminus le 8 novembre 1944, lorsqu'il périt dans un accident du train lors d’un déplacement avec son équipe de la Chaux-de-Fonds. MR

#16: Jérémy Ménez

Il n’a pas encore seize ans, mais fait déjà la gueule. Jérémy Ménez a le regard qui désarme, comme si tout ce qui lui tombe dessus depuis plusieurs années est normal. Un peu moins de deux ans plus tôt, en 2003, pour Noël, Manchester United l’a invité à Old Trafford, histoire de voir et de rencontrer Sir Alex Ferguson avec ses parents. Puis, il y aura Arsenal, Chelsea et les autres. L’histoire de Ménez est celle d’une bombe amorcée à Sochaux alors qu’il n’avait que treize ans, fraîchement recrutée par Christian Puxel, œil pour le club dans la région parisienne. La suite, ce sont des commentaires. « Talent brut » , « phénomène » , « il y avait Jérémy et les autres » et peut-être l’analyse la plus brillante. Celle d’Éric Hély, essentiel dans la formation du champion d’Europe des moins de 17 ans en 2004 : « Quand c'était facile, ça ne l'intéressait pas. Mais quand c'était difficile, il était capable de grandes choses. On faisait des exercices de un-contre-un, et ça ne l'intéressait pas parce que, par rapport à ses capacités, la tâche n'était pas assez difficile. Lorsque je lui ai mis deux défenseurs face à lui, là il était bon. Il était pressé de réussir. » Au point de claquer un triplé en sept minutes contre Bordeaux, en janvier 2005, lors de sa première saison chez les pros. On se dit alors que la France a un incroyable talent. Elle en a un, oui. Sauf que Ménez est un génie, alors il ne balance son génie qu’avec parcimonie et quand il a envie. Rageant. MB

#15: Alberto Muro

Honnête joueur de seconde division argentine au Club Almagro, il quitte son Buenos Aires natal et l’Argentine péroniste en 1950 pour rejoindre Montevideo et le Club Nacional. Quelques mois plus tard, le voyage sera autrement plus long puisque c’est au beau milieu de la saison 1950-1951 qu’il atterrira à 23 ans à Sochaux, pour ne plus jamais quitter le pays. Avec sa gueule à la Jean Rochefort, il avait tout pour se fondre dans le décor. Mais la discrétion ne faisait pas partie de ses plans. Dès l’été 1951, Alberto Muro en mettra plein la vue à tout le monde grâce à sa facilité technique et son caractère facétieux. Un artiste sud-américain qui a rempli les bords du stade Bonal, tant son profil était inédit en Franche-Comté. Au point de se voir confier le rôle de créateur dans la ligne d’attaque sochalienne, dans une époque où le talent ne manquait pas, avec Jean-Jacques Marcel, René Gardien ou François Remetter. Son bilan de 63 buts en 144 matchs parle également pour lui. Que ce soit en tant que joueur ou coach, Muro laissera également un souvenir impérissable dans les clubs qu’il a fréquenté ensuite. C’est lui qui a reconverti Albert Vanucchi en tant que latéral du côté d’Ajaccio à la fin des années 1960 et avait repéré Manuel Amoros pour l’AS Monaco. Assurément un homme de goût. MR

#14: Francileudo Santos

Le premier jour, il n’était personne, juste un type qui avait claqué quelques buts avec l’Étoile du Sahel et qui avait rayé le banc du Standard à la force de ses incisives. Finalement, la saga Santos aura duré cinq ans entre une arrivée en grande pompe en Ligue 2, en 2000, et un départ un peu triste pour Toulouse finalement. Son disque d’or, c’est la saison 2003-2004 où il empile en championnat et remporte la CAN avec la Tunisie, entre autres. Parce que c’est aussi pour ça que l’on se rappelle Francileudo : pour « l’affaire Santos » . En janvier 2004, l’attaquant est la vedette du FC Sochaux, mais est aussi au cœur d’un bordel, car il a demandé sa naturalisation tunisienne, lui qui est né au Brésil. Guy Lacombe allume : « Sa naturalisation n'a aucune légitimité, il n'a pas d'origine tunisienne. Vous trouvez normal que du jour au lendemain un joueur puisse prendre une nationalité pour renforcer une équipe ?  » Autant dire qu’on préfère garder la poésie du président Plessis : « Pour les Jeux olympiques d'Athènes, je ne suis pas sûr que la Tunisie n'embauche pas Marion Jones.  » Personne ne sait trop pourquoi Santos a pris la nationalité tunisienne. Ce qu’on sait, c’est qu’il aura marqué son époque. Avant de s’éteindre, lui aussi. MB

#13: Omar Daf

L’ouvrier modèle. Une anecdote cadre bien le personnage Omar Daf : alors qu’il souffre de périostite aiguë - une blessure de coureurs - en 2004, le bonhomme insiste pour rejoindre ses potes de la sélection, au Sénégal. Comment ? En se calant des glaçons sous les protège-tibias, rien que ça. Daf a débarqué à Sochaux en 1997 à l’âge de dix-neuf ans et n’en repartira que pour quelques années à Brest. Omar, c’est le grand frère, c’est le sacrifice et c’est l’exemple dont Plessis se servait notamment pour accueillir les jeunes Africains qui débarquaient au centre de formation du FCSM. Depuis, l’ancien défenseur bosse pour devenir entraîneur et a déjà assuré quelques intérims pour le club. Resident Bonal. MB

#12: Joseph Tellechéa

Voir la mention « Coupe Drago » sur un C.V. permet de situer un homme. Joseph Tellechéa, qu’on connaît plutôt à Sochaux sous le diminutif « Jo » , l’a remportée deux fois : une fois en 1962 avec Besançon, une fois en 1953 avec le FCSM contre Toulouse, au stade des Bruyères de Rouen. La Coupe Drago était alors à l’époque la consolante pour les équipes éliminées avant les quarts de finale de la Coupe de France. Tellechéa, lui, était déjà une référence. Celle du Sochaux de l’après-guerre. Débarqué dans la ville en 1946, le milieu relayeur international - trois sélections - restera quinze ans sous les couleurs du club. Soit plus de 470 matchs chez les pros et un statut de légende, notamment depuis qu’il a claqué un but à Lev Yachine avec les Bleus en octobre 1956. Son bilan avec le FC Sochaux est plus doux : un titre de champion de D2, une finale de Coupe de France, mais surtout un putain de talent. MB

#11: Teddy Richert

Il est seul, au volant de sa voiture. Voilà maintenant quelques heures que Teddy Richert a quitté Strasbourg. Au fond de lui, sa décision est prise, mais il regarde sa main, voit ce doigt cassé. Le chirurgien lui a dit que c’était fini, qu’il devait rentrer au stand. Richert, lui, s’en fiche. Il veut aller au bout de son truc, alors le 20 mai 2012, la gardien mythique du FC Sochaux est bien là pour voir ses potes retourner l’OM à Bonal (1-0) et assurer leur maintien. Teddy Richert a pu tenir sa place et peut désormais se barrer. Le foot est lui, c’est terminé, après notamment onze grosses années passées dans le Doubs. Comment a-t-il pu devenir une icône ? Peut-être parce qu’il était le premier le matin à l’entraînement, le dernier à quitter les terrains, qu’il enchaînait les cafés avec les kinés au petit déj’, qu’il connaissait tout le monde et qu’il a ramené deux titres nationaux grâce à ses exploits aux tirs au but, entre autres. C’est aussi ça, être une légende. MB

#10: Stéphane Paille

Stéphane Paille avait un rêve : emmerder le monde. Il se foutait des critiques, il voulait vivre, jouer, s’éclater. Certains affirment qu’il était plus doué que Papin, d’autres assurent qu’à Sochaux, il avait trouvé « l’environnement idéal pour s’épanouir » . Paille est arrivé dans le Doubs au début des années 1980. Dans la région, il flambe, brûle son destin, mais est surtout reconnu pour sa générosité. Stéphane Paille avait avant tout un cœur, sur et en dehors du terrain. Oui, sur le terrain, car la comète était phénoménale, portée par Sauzée et Baždarević.


Comme cicatrice, il y a cette finale de Coupe de France 88 perdue contre le FC Metz. Comme must, il y a la victoire en Gambardella avec ses potes, puis l’Euro Espoirs avec Cantona et ce statut de joueur français de l’année 1988. Un leader, un beau gosse, une machine. Enrayée trop tôt. MB

#9: Faruk Hadžibegić

À l’été 1987, deux Bosniaques poussent la porte de la maison sochalienne. Mesa Baždarević débarque de Sarajevo, alors que Faruk Hadžibegić était lui au Betis Séville, mais les prémices de la guerre en Bosnie ont décidé de réunir ces deux joueurs dans le Doubs. « C’est une histoire un peu étrange, racontait Faruk dans une interview à la FIFA. Sochaux était connu en Yougoslavie comme étant la ville de Peugeot. Et puis il y avait une tradition de joueurs yougoslaves. J’étais à Séville, mais je voulais me rapprocher physiquement de mon pays. Je signe mon contrat avec le FC Sochaux et juste après le club est descendu en deuxième division. Ils ont eu la courtoisie de me proposer de déchirer le contrat, j’ai apprécié ce geste. J’ai demandé au sélectionneur de l’équipe nationale ce qu’il en pensait, il m’a fait comprendre que cela ne me nuirait pas, j’ai donc conservé mon contrat. »

Une déclaration qui résume parfaitement le lien qui unit le défenseur international yougoslave au FCSM. Un club qui l’a épaulé dans les moments difficiles de sa vie, comme lorsqu'il a cru être responsable du déclenchement des conflits, après avoir manqué un penalty décisif au Mondial 1990, lui le spécialiste de l’exercice et capitaine de sa sélection (à lire dans le numéro 144 de So Foot). L’actuel entraîneur de Valenciennes rendra bien cette confiance à ses dirigeants durant sept saisons, se démenant pour redorer le blason sochalien, avec notamment une finale de Coupe de France en 1988, avant de revenir à la fin du siècle (et la guerre achevée) sur le banc du FCSM. Un homme d’honneur. MR

#8: Benoît Pedretti

Au départ, le gosse était là, à végéter en Promotion de Ligue. Quelques années plus tôt, il était avec ses potes, Camel, Pierre-Alain, El-Hadji, mais cette fois, on ne le regarde plus. Alors, Jean Fernandez passe par là, une nouvelle fois, et le rattrape. Benoît Pedretti est arrivé à Sochaux lorsqu'il avait quinze ans. Il y explosera à dix-neuf, prenant la suite de Jean-Michel Ferri sur décision de Fernandez et régalant rapidement par une vision du jeu spectaculaire. Pedretti, c’est le sérieux, le calme, la rigueur, le capitaine précoce, le chef d’orchestre. Mais c’est aussi un sensible, ce que Guy Lacombe résume ainsi : « Benoît est un leader. En tout cas, dans un environnement adéquat. » Voilà pourquoi Benoît Pedretti a réussi à Sochaux, à Auxerre, et qu’il a échoué à Lyon, à Marseille, chez les Bleus. Tout ça était trop gros, trop grand. Pedretti est à taille humaine, mais sa marque à Bonal restera indélébile. Comme ce visage de jeune premier et sa dentition bordélique, au-dessus d’un titre de champion de France de D2 et d’une Coupe de la Ligue. MB

#7: Albert Rust

Barcelone, le Real et Manchester City n’ont rien inventé avec leur alternance entre gardiens. Car entre 1976-1977, le FC Sochaux comptait dans son effectif deux des plus grands portiers français de leur génération : Albert Rust et Joël Bats. Quand ce dernier débarque en 1976 chez les pros, René Hauss décide de pousser la concurrence à son paroxysme en appliquant un turn-over permanent dans la cage des Lionceaux. Pourtant Albert Rust était bien parti pour prendre la succession d’Eugène Battmann, autre gardien légendaire des Jaune et Bleu, après avoir parfaitement assumé le rôle de numéro 2 pendant plusieurs saisons. L’Alsacien devra alors se contenter de 22 matchs de championnat et 7 de coupe, alors que Joël Bats, de trois ans son cadet, sera aligné sur 16 matchs de D1 et deux de C3. Bien qu’insoutenable pour les deux hommes, ce roulement durera trois saisons et demie. Finalement, Bats lâchera l’affaire en 1980, en signant à l’AJ Auxerre.

C’est donc un Rust renforcé qui tiendra seul la baraque sochalienne lors de la brillante saison 1979-1980, puis lors de l’épopée européenne 1980. Au point de gagner sa place pour les JO de Los Angeles 1984, d’où il ramènera l’or. Mais finalement, c’est peut-être l’actuel Lyonnais qui a pris la bonne décision : Albert Rust le regardera depuis le banc des remplaçants garder les bois des Bleus lors de l’Euro 1984 et du Mondial 1986. La seule sélection en A du Sochalien : la petite finale contre la Belgique (4-2 a.p). Bien que d’une régularité incroyable et d’une solidité à toute épreuve (il avouera avoir joué toute une mi-temps en état d’inconscience après avoir pris un coup de genou d’un Stéphanois dans la tête), Rust n’arrivera pas à rattraper son rival de toujours dans les annales du foot français. Du moins sur le papier, car accompagner brassard de capitaine autour du bras les générations talentueuses, de celle de Genghini à celle de Paille, n’est pas une mince affaire. Et à Sochaux, les gens ont la tête suffisamment dure pour s’en souvenir à jamais. MR

#6: Pierre-Alain Frau

Pierre-Alain Frau n’a jamais poussé une gueulante, pas le genre du mec. PAF n’a jamais vraiment non plus dégoupillé, sauf une fois sur le genou de Stéphane Noro et ça a flingué une partie de la fin de sa carrière. Non, Frau, c’est le leader calme et sans aucun doute le plus doué de sa génération à Sochaux. Son égalisation contre l’Inter à Bonal en 2004 en est d’ailleurs un résumé parfait. Formé au club, PAF restera chez lui jusqu’en 2004 avant de se casser la gueule. Dommage parce que Frau, c’était le chef de meute, le charisme, la hargne et l’efficacité. Résultat, il est revenu se finir au club quelques mois il y a quelques années avant d’y devenir entraîneur. Peut-être parce qu’il reste un exemple et que sa voix porte plus que celle de Basile De Carvalho. MB

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#5: Mécha Baždarević

L’histoire raconte qu’un jour, Stéphane Paille a dit à Mécha Baždarević ceci : « Quand je suis à côté de toi, Mécha, c’est facile de devenir un bon joueur. » Tout simplement car Baždarević était un artiste à vision panoramique. Lorsqu’il arrive à Sochaux à la fin des années 1980, le meneur de jeu yougoslave a déjà sa petite réputation. Ce n’est plus un espoir, c’est une confirmation, un homme pour qui l’on s’arrache et qui sera élu en 1989 meilleur joueur étranger du championnat de France avant d’en devenir une tronche de perdant sur les bancs de Ligue 1. Qu’avait-il de plus que les autres ? Le style déjà, avec une coiffure qui lui donnait un air de sosie de Gilles Grimandi, mais surtout une volonté permanente de faire du beau jeu et de ne pas se contenter d’un résultat moisi. Parfait, il est tombé dans la période du Sochaux artiste. Le Sochaux qui brûlait. MB

#4: Roger Courtois

Le Franco-Suisse Roger Courtois a traversé sa vie avec un pied de chaque côté de la frontière. Avec une ville, Sochaux, comme point d’équilibre. Par la force des choses. Avec pertes et fracas en Suisse, avec bruit et fureur en France. De sa natale confédération helvétique restent les larmes de la guerre : que cela soit la Grande qui amocha son père, avant qu’il ne disparaisse quand Roger avait huit ans, ou la Seconde qui l’obligea à un retour au pays alors qu’il était déjà une star à Sochaux et meilleur buteur du championnat de France avec 151 buts. Mais la Suisse lui offrira deux énormes chances, d’abord celle de lui ouvrir les portes du football, via les clubs genevois de l’Espérance, puis de l’Urania. Puis un double passeport qui lui permit d’être libéré de prison après avoir combattu en 1940 sous pavillon français et de trouver refuge au club de Lausanne le temps que l’orage passe. Sur l’autre versant du Jura, la France est au contraire le pays qui lui a permis de briller de mille feux.

Roger Courtois rejoint les Lionceaux en 1933, aux débuts de l’ère du professionnalisme. Et cet ailier aussi trapu que vif se met illico en chasse des records individuels, tout en ramassant au passage les trophées collectifs. Quand il ne gagne pas les championnats (1935 et 1938) ou les coupes (1937), il décroche le titre de pichichi en 1936 et 1939. Impossible pour les sélectionneurs de l’équipe de France de ne pas convoquer ce joueur, aussi suisse qu’il soit. Courtois sera du voyage en Italie pour disputer la Coupe du monde 1938, sans pour autant entrer sur le terrain. Après la guerre, il reviendra à Sochaux, pour rattraper le cours de l'histoire, où il assumera le rôle de patron. Jusqu’en 1952 où il part pour Troyes avec le statut de meilleur buteur du club (209 buts en 281 matchs), encore valable aujourd’hui. Le 3 juin 1956 dans l’Aube, à 44 ans et 4 jours, il établit le record du plus vieux buteur en première division française. Vingt-trois ans après ses débuts en pro. Toute une vie. MR

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