Les 50 joueurs qui ont écrit l'histoire du FC Nantes

Club historique de l'élite française, le FC Nantes a imprimé sa marqué au milieu des années 1960, sans jamais quitter la première division pendant 44 saisons, jusqu'à ce que la Socpresse ne vienne y mettre son nez. Voici les joueurs qui ont marqué toutes ces années canaris, avec les meilleurs, les tout meilleurs, mais aussi les plus marquants des joueurs, bons ou pas.

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#14: Jorge Burruchaga

Burruchaga : « Je pensais faire mes premiers pas en France, puis rejoindre le championnat italien... »



Jorge Burruchaga a craqué après trois années de cour assidue de la part de Nantes, friand de la filière argentine. Arrivé en 1985, champion du monde une année plus tard, Jorge est resté sept années sur les bords de l'Erdre, qu'il raconte ci-dessous.

Comment les contacts avec Nantes ont démarré ?
Ils venaient tous les ans en Argentine. Ils avaient l’habitude de faire venir des joueurs argentins, avec (Oscar) Muller, (Hugo) Bargas, (Enzo) Trossero. En 1982, en 1983, en 1984, Nantes est le club qui s’est le plus manifesté. J’aurais pu y aller plus tôt, mais Independiente voulait gagner la Libertadores et ne voulait pas me laisser filer. Il y avait aussi eu des contacts avec le Real Madrid quand l’entraîneur était Di Stéfano, mais ça ne s’est jamais fait. En 1984, on fait un tour entre la Suisse, la Belgique et l’Allemagne, et les dirigeants de Nantes étaient encore là, ils insistaient. À ce moment, à Independiente, il y avait Enzo Trossero, qui avait joué à Nantes (entre 1979 et 1981, ndlr) et qui me racontait plein de belles choses sur ce club. La philosophie de jeu de l’équipe me correspondait, et finalement, au niveau européen, ça a toujours été la piste la plus concrète.

Tu sembles avoir longtemps médité la question.
Oui, car la décision était difficile à prendre. On était en 1985, avec la sélection, on venait de se qualifier pour le Mondial, et Bilardo est venu me dire : « La Coupe du monde est dans un an, le football français est différent, difficile, attention à ne pas perdre ta place. » Tu imagines bien que ça fait réfléchir. Mais dans la vie, il faut prendre des décisions. J’avais déjà dû dire non à deux reprises, et après de longues discussions avec ma famille, j’ai décidé d’accepter. Et puis bon, je savais quand même que je rejoignais l’un des meilleurs championnats d’Europe. À cette époque, Platini était à la Juve, mais sinon tous les meilleurs joueurs français évoluaient dans le championnat de France.

« Nantes était une école de foot qui attirait l’attention à cette époque. C’était une sorte d’avant-garde du football. » Jorge Burruchaga
Qu’est-ce qui attire ton attention quand tu arrives à Nantes ?
Tout. Mais un truc en particulier : il fallait que chacun amène ses propres affaires de foot, et qu’il les lave chez lui. C’était différent d’Independiente, où le club s’occupait de tout, mais l’idée était de responsabiliser les joueurs.

Le club était tel qu’on te l’avait décrit ?
Tout ce que m’avait dit Enzo Trossero était exact. Les supporters, les infrastructures, la philosophie de jeu. Finalement, mon adaptation a été très facile. J’étais titulaire, j’ai marqué dix buts la première saison, sans tirer de penalty ni de coup franc, on termine deuxièmes en championnat, on fait un bon parcours en Coupe de l’UEFA (élimination en quarts contre l’Inter, ndlr). Le seul souci, c’était la communication, mais Antoine Kombouaré parlait un peu espagnol, Vincent Bracigliano parlait un peu italien. Je m’appuyais sur eux.

Cette philosophie de jeu dont tu parles, en quoi te correspondait-elle ?
Nantes était une école de foot qui attirait l’attention à cette époque. C’était une sorte d’avant-garde du football. J’aimais ce football simple, offensif, dynamique, cette perpétuelle mobilité que réclamait Suaudeau. Il correspondait à mes qualités, a facilité mon intégration dans l’équipe et m’a fait progresser, notamment sur le plan collectif.

Ton plan de carrière, c’était triompher à Nantes et rejoindre un grand d’Europe ?
Je voulais rester un moment en Europe. Mais à cette époque, c’était compliqué pour nous, avec les deux places d’étranger par équipe. Moi quand j’arrive à Nantes, Victor Ramos, un autre Argentin, doit s’en aller à Toulon, parce qu’il y avait aussi Vahid Halilhodžić dans l’effectif. Honnêtement, je pensais faire mes premiers pas en France, puis rejoindre le championnat italien, qui m’attirait beaucoup. Mais ça ne s’est jamais fait.

« En 1988, le président remplace Suaudeau par le Croate là, je ne me souviens plus de son nom (Miroslav Blažević, ndlr). Une grande escroquerie du football, celui-là. » Jorge Burruchaga
Pourtant, un an après ton arrivée à Nantes, tu te fais remarquer lors du Mondial mexicain.
Oui, mais j’étais en France depuis un an seulement, ma première saison s’était très bien passée et je me sentais à l’aise. À un moment, il y a eu des contacts avec la Sampdoria, mais ça n’est pas allé plus loin.

À ton retour à Nantes, José Touré, Ayache et Halilhodžić, trois joueurs majeurs de l’équipe, ne sont plus là.
Oui, Nantes entre dans une époque compliquée. Les problèmes économiques, le changement de direction. Le nouveau président (Max Bouyer, ndlr) veut du neuf, des noms importants. Mais l’équipe ne tourne pas. En 1988, il remplace Suaudeau par le Croate là, je ne me souviens plus de son nom (Miroslav Blažević, ndlr). Une grande escroquerie du football, celui-là.

C’est-à-dire ?
Il a eu une grande influence sur le club, alors que sa mentalité ne collait pas du tout. Moi, je me rendais compte de ses mensonges, de sa malice, parce que nous les Argentins, on est habitués à ce genre de personnage. Mais vous les Français, vous êtes ingénus. Au club, ils croyaient tout ce qu’il racontait, tout ce qu’il promettait. Typique des gens de l’ex-Yougoslavie, qui te parlent, te parlent et t’entourloupent. Le président s’est fait avoir et l’a fait venir. Alors d’accord, il fait 3e avec la Croatie lors du Mondial 1998, mais à Nantes, il ne nous a rien appris.

À cette époque, avec les arrivées de Johnston et Vercauteren, il n’y a plus de place d’étranger pour toi.
Moi, j’étais blessé. Je me fais le genou une première fois en 1987, je reviens, et je rechute. Le club m’a donc fait signer un contrat amateur pour laisser une place à l’un des deux. Au début, ce n’était pas facile à accepter, mais j’ai compris la logique. Je ne pouvais pas jouer de toute façon, donc il n’y avait pas de quoi se prendre la tête.

Un contrat amateur avec la même rémunération ?
Bien sûr, sinon je n’aurais pas accepté.

« Depuis mon départ d'Independiente pour Nantes, je n'avais pas pris de vacances ou de temps de décompression pendant sept ans. » Jorge Burruchaga

Que fais-tu pendant presque deux ans d’absence ?
Je reste à Nantes, où je me fais opérer les deux fois, et où je fais toute ma rééducation. C’est long, deux ans. C’est dur de continuer à exister. Mais ma vie a toujours été comme ça. J’ai dû lutter, surmonter des épreuves, passer par des périodes compliquées. J’ai réussi à rejouer deux mois avant la Copa América de 1989, et Bilardo m’a sélectionné, même si je n’étais pas en forme physiquement.

Après la Coupe du monde, c’est N’Doram, un nouveau joueur étranger, qui arrive à Nantes.
Mais c’est encore lié à mes blessures. Je reviens du Mondial et je reprends tout de suite à Nantes. En tout, entre le club, les Mondiaux et les Copa América, cela faisait 7 ans que je n’avais pas eu de vacances, de temps de décompression. Et cette saison 1990-1991, au bout de deux semaines, lors d’un match à Bordeaux, bim, troisième blessure. C’est là qu’arrive N’Doram. Et je pars de Nantes parce que le club décide de miser sur les jeunes pour réduire le budget. Valenciennes me propose un bon salaire, le projet me plaisait. On réussit à se maintenir, j’apporte beaucoup, et bon... ça se termine mal.

Propos recueillis par Léo Ruiz, notre gars sûr à Buenos Aires, interview publiée chez nos confrères de Ouest-France en mai 2014.

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Nicolas Savinaud.

#13: Nicolas Ouédec

« Coco ? Gros, gros chambreur » , affirme Nicolas Ouédec qui, pendant dix ans, de 1986 au centre de formation jusqu’à 1996 et son départ pour l’Espanyol de Barcelone, se fera surnommer « Gros Nico » par son entraîneur. La raison ? Alors que Ouédec, 17 ans, rondouillard, acnéique - « je n’étais pas très bien dans mon adolescence » - et victime d’une périostite au tibia, se fait plâtrer la jambe par le médecin historique du club, Fabrice Bryand, Coco débarque dans la salle de soins. « Eh toi, petit gros, tu as intérêt à te bouger le cul, sinon tu ne passeras pas en professionnel et tu vas aller voir en D2 du côté d’Ancenis » , assène-t-il à l’adolescent. « Gros Nico » n’ira jamais à Ancenis. Au contraire, il écrira l’une des plus belles pages de l’histoire du FCN avec un titre de champion de France en 1994-1995 et celui de meilleur buteur avec 20 buts. D’ailleurs, « Gros Nico » est le meilleur buteur de l’histoire du club en Coupe d'Europe, avec 14 buts. Pas mal pour un joueur qui décroche beaucoup trop, tandis que son compère d’attaque, Patrice Loko, prend la profondeur. « À chaque fois, c’était : "Toi aussi, fais des courses en profondeur, Gros Nico." » Au fond de lui, « Gros Nico » bouillonne. Mais ne dit rien. Car toujours au fond de lui, il sait que c’est pour son bien. « Il avait cette façon de non-encourager, oui ! Il ne prenait pas de gants. Bon, entre guillemets, ça voulait dire : "Je compte sur toi, mais j’ai absolument envie que tu deviennes ce que j’ai envie que tu deviennes." » « Gros Nico » marque une pause. « Là, je sors une phrase à la Coco. Il a trop déteint sur moi ! » On appelle ça la digestion.

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Nicolas Savinaud.


#12: Nestor Fabbri

Venu avec Diego Bustos au FC Nantes, le meilleur buteur des deux n'aura pas été celui auquel on pouvait s'attendre. Rapidement blessé, Bustos devient un gimmick de blague facile. Fabbri, lui, prend le surnom d'El Presidente pour sa domination sans partage au cœur de la défense et dans les airs. Son jeu de tête devient une arme de choix pour les Nantais, sur coups de pied arrêtés notamment. En 116 matchs de championnat, il marque neuf fois. Avec un malin plaisir à surgir quand il s'agit de battre Rennes, contre lequel il marque trois fois. Alors logiquement, en fin de rencontre pendant les matchs de Coupe, Nestor Fabbri n'hésite plus à jouer les avants-centres de luxe pour arracher quelques qualifs en apportant le surnombre. Ce n'est pas un hasard si avec Nestor dans ses rangs, le FCNA a pu choper deux coupes de France à la suite : tout est dans la tête.

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Nicolas Savinaud.

Vidéo

#11: Patrice Loko

Samedi 27 mai 1995, le FCN est officiellement champion de France après une victoire 2 buts à 1 contre l’AS Cannes. Le lendemain, en fin de matinée, Téléfoot (TF1) ne parle évidemment que de ça, avec un plateau délocalisé à la Jonelière. Une émission spéciale FC Nantes au cours de laquelle est diffusé, entre une interview et des images de matchs, un clip vidéo. Celui de la chanson Only you, composée en 1955 par The Platters. À l’écran, N’Doram, Capron, Makelele et Karembeu, fagotés comme des pingouins d’un costume noir et blanc et d’un nœud papillon, font les choeurs en arrière-plan. Devant eux, au micro, Patrice Loko chante en play-back. Une reprise en hommage à leur entraîneur, Coco. Et une reprise aujourd’hui culte sur les Internets. « Les mecs de Téléfoot ont demandé aux joueurs qui voulait faire le truc, et on s’est proposés, nous les blacks, car on aimait bien s’amuser, se marre Loko, désigné par les autres comme le chanteur parce que personne ne voulait le faire et parce qu’il était « le plus ancien de la bande » . Aucun regret. « Franchement, je l’ai revue il n’y a pas longtemps, et je trouve que je me suis bien démerdé. » Surtout en une seule prise, de quinze minutes, tournée au premier étage du bâtiment administratif de la Jonelière, dans la grande salle de réception. L’un des rares interludes musicaux du centre d’entraînement nantais. « À l’époque, on n’écoutait pas de musique dans les vestiaires, rembobine Loko. C’était pas dans les mœurs, il n’y avait pas de portable, tout ça. Mais on écoutait de la funky music et de la new wave, genre Depeche Mode, dans la salle des kinés. Et puis lors de déplacements, évidemment, dans nos walkmans. Vous savez, un footballeur est toujours jeune dans sa tête : il écoute de la musique, il a des copines et va en boîte de nuit - toujours après les matchs, hein. » Finalement, cette initiative a bien fait rire - voire touché - Jean-Claude Suaudeau, bien plus « drôle, sympa et chambreur dans la vie qu’on le croit » . En revanche, difficile pour Patrice de savoir ce qu’écoutait Coco. « Je ne suis jamais allé dans sa chambre, faut pas pousser, oh. »

Moment d'anthologie de la TV française : le FC Nantes chante Only You pour Coco Suaudeau !

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Nicolas Savinaud.

#10: Bernard Blanchet

L'imaginaire collectif l'oublie peut-être, mais le meilleur buteur de l'histoire du FC Nantes en championnat ne s'appelle pas Vahid, Philippe, José, Nicolas ou Viorel, mais bien Bernard, Bernard Blanchet, avec 111 buts au compteur. « Avec le recul, cela me paraît logique, car j'ai joué 11 saisons avec le FCN, pondère-t-il. Je pense même être tranquille un petit moment avec ce record, car aujourd'hui, les joueurs ne restent plus aussi longtemps dans un même club. Et je ne tirais même pas les penaltys. Je ne les aurais peut-être pas mis d'ailleurs. » . Premier joueur issu des premiers stages de détection formalisés par José Arribas à Nantes, Bernard Blanchet arrive en 1961, à 16 ans, du Croisic alors qu'il se voyait plutôt embrasser une carrière « d'ajusteur sur les Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire » , et habite dans une famille d'accueil, avec Le Chenadec. Devenu rapidement le chouchou du groupe, car le plus jeune, Blanchet se plie en quatre pour faire sa place au sein des grands : « Je portais la boîte à pharmacie et s'il avait fallu cirer les godasses de mes partenaires, je l'aurais fait. Maintenant, cela a beaucoup changé... »

Cette étiquette de rookie ne tiendra pas longtemps puisque Blanchet, après quelques matchs chez les Juniors ou la réserve, devient titulaire lors de la saison 1962-1963, en tant qu'ailier droit. Cette saison reste d'ailleurs son plus beau souvenir à Nantes : « C'était la surprise pour tout le monde de monter en D1. Nantes n'y était jamais allé. C'était un événement exceptionnel. » Champion du monde militaire en 1964 où il sortira avec le surnom de « La Blaouette » , un poisson réputé pour percer les filets, intenable sur son côté droit, jamais avare d'efforts, de petits dribbles, de centres, de buts et d'évitement - « j'étais vif et je tombais souvent avant de me faire mal » -, Bernard Blanchet deviendra international français, mais pas dans la meilleure des périodes (grande valse de sélectionneurs). Il aidera surtout le FC Nantes à garnir sa vitrine à trophées avec 3 D1 (1965, 1966 et 1973). Pour le titre de 1973, il sera d'ailleurs, avec Gaby De Michèle, un des deux derniers rescapés du titre de 1966.

Propos de Blanchet recueillis dans le livre FC Nantes : une équipe, une légende, de Yannick Batard

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Nicolas Savinaud.

#9: Jean-Paul Bertrand-Demanes

Parmi les 650 matchs du grand Bertrand-Demanes avec le FC Nantes, la double confrontation avec le Legia Varsovie est sans doute la plus dingue pour le portier. Au match aller, les Nantais concèdent le match nul 2-2... à Saupin. Le résultat rappelle les mauvais souvenirs de l'élimination un an plus tôt en C1 par les Danois de Vejle. À Varsovie, les Nantais prennent le bouillon. Car si Nantes mène 1-0 grâce à Rampillon, le Legia paraît bien meilleur et fait le siège du but adverse. « Ce fut Fort Alamo devant mon but, une bagarre de tranchées » , raconte Bertrand-Demanes dans L'Équipe. Une comparaison qui prend sens avec sa blessure « au 4e métacarpien de la main gauche » à dix minutes de la fin. Strappé en vitesse, le gardien doit rester en place : il n'a pas de remplaçant. La lutte devient terrible, mais il tient bon pour la qualif jusqu'au coup de sifflet final. Ce n'est qu'un 32e de finale ? Cela n'empêche pas les Nantais d'exulter. Ils n'en reviennent pas d'avoir tenu le coup et de passer au tour suivant. Dans l'excitation, Bertrand-Demanes retrouve Henri Michel et... broute la pelouse de Varsovie avec lui. Une victoire qui rend chèvre.

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Nicolas Savinaud.

#8: Reynald Pedros

Mai 1997. L’US Beaugency, club du Loiret, organise son tournoi U13. En finale, l’AAJ Blois perd contre le club organisateur (2-0), mais l’essentiel est ailleurs. La remise des récompenses accueille un guest de choix : Reynald Pedros. Arrivé après le dernier coup de sifflet dans un coupé-cabriolet Mercedes gris, avec sa nouvelle copine, Reynald revient dans son tout premier club. La foule se masse autour de lui, Reynald envoie de l’autographe à tour de bras, madame le déleste même de quelques signatures. Reynald est une star ici, d’autant plus dans une région centre (36, 37, 41, 45) qui n’en avait pas réellement eu depuis José Touré, l’enfant de Blois, une région en manque de locomotive en Ligue 1 aussi. Alors les gamins profitent. Reynald n’est vraiment pas n’importe qui. International français, meilleur passeur de D1 deux fois de suite (1994 et 1995), des coups de canon contre le FC Porto, le coup de tronche contre le Spartak Moscou, le caractère qu’il dément avoir eu mauvais, les cheveux au carré mi-long, le pied gauche soyeux, les courses dans l’espace, les combinaisons infernales avec Loko, Ouédec et N’Doram, le passeur génial du but d’anthologie de Patrice Loko contre le PSG... En 2015, nous avions rencontré Reynald Pedros, pour une longue interview croisée avec Patrice Loko et Nicolas Ouédec, à l’occasion du 20e anniversaire du titre de 1995, publiée dans le magazine So Foot #125. Tout n’avait pu être publié. Voici quelques lignes supplémentaires, pour la plupart exclusives, qui passent bijou.

Première chose : t’étais un caractériel ou pas ?
C'est faux. Y en a beaucoup, même des entraîneurs, qui se sont servis de cette image pour me faire passer pour un petit con, un casse-couille, un mec qui s’intégrait pas. Mais j'ai jamais eu un problème dans un groupe, aucun souci de comportement. Alors oui, j’ai un caractère bien trempé, mais parce que j’ai des convictions, je ne me laisse pas marcher sur les pieds. Si j’ai pas compris et qu’on m’explique, c’est bon. Si on m’explique pas ou qu’on me raconte des bobards, ça me va pas. C’est comme ça. Mais je suis loin d’être un caractériel.

Le rapport avec la presse était délicat en tout cas.
Normal, parce que je ne pouvais pas les blairer, j’avais énormément de mal, je me protégeais pas mal. Ce n'était pas la notoriété qui me posait problème, ni les critiques, ou pas, sur les matchs. Ça ne restait que du foot. Ce qui m'embêtait, c’était les rapprochements entre le terrain et la vie privée, perso. Je trouvais ça très réducteur, et même si ça avait été le cas, voilà, ça ne les regardait pas. Et ensuite, parce que tu ne voulais pas leur parler, tu t'exposais à leur méchanceté. J'en avais aussi marre de me battre pour que mes propos soient bien retranscrits. Au bout d'un moment, on me disait « oui, mais bon, on n'est pas tous comme ça » . Mais je n'allais pas non plus tenir un calepin, en disant « oui, toi tu t'appelles comment ? » etc. Donc, non, moi ça ne m'intéressait pas, les médias. Je ne courais pas après eux. Pas mal sont venus me chercher des noises sur la vie perso. Si nous, on allait fouiner dans la vie des journalistes en disant « putain ton interview n'est pas bonne aujourd’hui parce que t'es en train de divorcer, t'as pas la garde de tes enfants etc., c'est normal que tu sois pas bon » , le mec va me répondre, et c'est normal, « mais de quoi tu te mêles ? » Moi, c’était pareil. Si j'ai envie de t'en parler, je t'en parle. Voilà. Point barre. Et puis ils disaient des trucs du genre « ils choisissent leur match » , un truc insupportable parce que ce n'est pas la vérité. T’en avais d’autres qui me promettaient de ne parler que de foot et qui finalement, ne me parlaient que de pognon. Moi, ça, ça m'insupporte.

T’as vraiment eu une touche avec Barcelone à la fin de la saison 1995-1996 ?
Je n'y suis pas allé parce que mon ex-femme ne voulait pas y aller. Mon agent m’avait conseillé de ne pas m’engager là-bas si c’était pour partir seul et laisser la famille en France. Pas la peine. Et puis voilà, je vais à Marseille et finalement, trois mois après, je divorce. Bon... Mais ça ne se serait pas mieux passé si elle était restée en France et moi seul à Barcelone hein. C'est comme ça. Des regrets, tu ne peux les avoir qu'après. Et puis Marseille, je n'y suis pas allé non plus par défaut.

Pourquoi tu quittes Nantes, après l’Euro 96 ?
En fait, dès l’année d’avant, juste après le titre de 95, les départs de Patrice (Loko) et Christian (Karembeu) me surprennent. Je suis sûr que c’est aussi pour ça que Coco arrête un an plus tard. Si Christian et Patrice restent, on est champion d’Europe, ou au moins en finale, j’en suis persuadé. Avec 2 ans de vie en plus, quelques moyens, ce groupe arrivé à maturité pouvait faire quelque chose de très très très fort. Quand je pars, moi, l’idée c’est de vivre la même chose qu’à Nantes, mais un cran au-dessus. Comme jouer la Coupe d’Europe tous les ans par exemple. Mais je n'ai jamais réellement trouvé. Je me suis trompé quelque part dans les objectifs que je m'étais fixés parce que je n'ai pas su, moi, m'adapter à la situation. Je voulais absolument que ce soit comme à Nantes, y trouver les mêmes trucs, avec des joueurs comme à Nantes. Je voulais trouver du plaisir, du jeu.

Puisqu’on parle de moyens, c’est aussi la santé financière fragile du club qui te permet de réellement commencer chez les pros. Parce que finalement, tu joues peu de matchs lors de tes deux premières saisons chez les professionnels..
Quand Blažević est arrivé, c'était le jour et la nuit. Il voulait une cassure entre Suaudeau, la formation, et ce que lui proposait. Il voulait faire autre chose. Ça a été un changement radical. Et puis même avec Suaudeau, cela n’a pas été si simple pour me faire une place chez les pros. À mon époque, la Coupe de la Ligue se jouait quand, en gros, les pros partaient en vacances. Donc, à Nantes, c’était le centre de formation qui la jouait. Et je me souviendrai tout le temps ce qu'avait demandé Laurent Guyot, dans le vestiaire, à Coco. « Voilà coach, on sait à peu près tous les problèmes qu'il y a dans le club, est-ce que si vous avez le droit de recruter, vous allez recruter et sinon, qu'est-ce que vous allez faire ? » Et Coco nous a dit très clairement, « si on a l'autorisation de recruter, je recruterai. Sinon, je partirai avec vous. » Donc c'était clair pour nous. Une semaine plus tard, coup de fil, interdiction de recruter sinon on part en Ligue 2. « On part avec vous. » Si des mecs comme Bud ou les autres te disent le contraire, ils mentent parce qu’ils ne savaient pas où ils allaient avec nous. La chance qu'ils ont eus, c'est que ça a fonctionné de suite. Et je me souviens aussi que quelque temps avant cette décision administrative, Coco m’avait dit : « Je sais pas si on va te prêter, t'arrives pas à passer le cap. Comment tu te sens ? » Bah, je lui dis « bien » . « Ouais, mais est-ce que tu n’évoluerais pas plus si on te prêtait dans un autre club ? Est-ce que tu crois que tu peux réussir à Nantes ? » « Oui oui, je vais réussir ici » , je lui réponds. Je m'en souviendrai tout le temps, c'était dans le sauna de la Jonelière. On faisait souvent des saunas où on causait. Et quelque temps après, on repart tous avec les pros. J'estime qu'on a sauvé le club. Voilà. Alors que ce n'était pas évident de leur côté de nous faire confiance. Peut-être qu'on n'avait pas montré les ingrédients suffisants pour qu'ils aient totalement confiance en nous au départ... Comme quoi, une carrière, ça tient à très peu de choses.

Vous étiez tous potes ou pas ?
Non, pas forcément. Chacun avait sa vie. Mais comme on se connaissait depuis le centre de formation, on n’avait pas forcément besoin de plus d’amitiés. Ce qui nous intéressait, c’était ce qu’il se passait sur le terrain. On pouvait parfois s’engueuler, mais que pour des questions de foot, pour un mauvais déplacement, pour une mauvaise passe, des trucs du genre. Donc tu vois, c'est pas du gros gros clash hein.

Propos recueillis par Ronan Boscher et Victor Le Grand, en février 2015.

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Nicolas Savinaud.

#7: Vahid Halilhodžić

Fin novembre 2016, déjà en difficulté avant une 15e journée de Ligue 1 où ses joueurs s’apprêtaient à prendre 6-0 à domicile contre Lyon, le coach nantais René Girard se défendait dans 20 Minutes en évoquant un fantôme du passé : « Si vous savez au bout de dix matchs qu’on s’est trompés, moi je ne le sais pas. Vahid, pendant un an, vous l’avez massacré ici, et aujourd’hui, c’est un dieu. » Malgré ses 91 réalisations et ses deux titres de meilleur buteur en quatre saisons, la relation de Vahid Halilhodžić avec le FC Nantes ressemble en effet fortement à des montagnes russes (ou bosniaques). Car avant ces quatre années de grâce, il y a effectivement eu une première saison difficile. Vahid débarque de Mostar, ne parle pas français et n’arrive pas à débloquer son compteur buts. Avant même son premier match, il confie son stress aux journalistes : « J'avoue avoir un peu d'appréhension de paraître en public pour la première fois, à Nantes. Je ne dors pas très bien ces temps-ci, je pense de trop aux buts que je désire marquer. » Il n’en inscrira que sept, cette saison-là, dont deux contre un Bordeaux qui aligne Alain Giresse dans ses buts pour protester contre la suspension de son gardien... Et Vahid, fier, en gardera toujours une rancune contre ses coéquipiers et les dirigeants nantais, coupables selon lui de ne pas l’avoir suffisamment soutenu. Même rancœur en 1994. Reconverti en entraîneur, Vahid finit une saison compliquée à Beauvais, alors que la guerre fait rage dans son pays. Il appelle donc à l’aide son ancien club, où il se verrait bien rebondir. Sauf qu’à l’époque, l’entraîneur des Canaris est un certain Coco Suaudeau, et que Robert Budzynski ne peut lui offrir qu’un poste inédit d’entraîneur des attaquants. Vexé, Halilhodžić refuse. Par la suite, son nom sera évoqué à de nombreuses reprises pour s’asseoir sur le banc du FC Nantes, en 2006, 2011, 2016, mais il ne signera jamais. Dans l’ouvrage FC Nantes, une équipe, une légende, Suaudeau résume ainsi le troisième meilleur buteur de l’histoire du club, qu’il a lui-même propulsé au sommet en 1983 : « Vahid aime démesurément le football, ce qui l'amène parfois à être excessif. »

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Nicolas Savinaud.

Dans cet article

Hâte de voir la place d'Aziz Makukula !
Le Homard de Vinci
TOP6
1- Japhet N'Doram
2-Henri MICHEL
3- Philippe GONDET
4-Max BOSSIS
5-Mika LANDREAU
6-Jocelyn GOURVENNEC
José Touré à la place de Gourvennec.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
N'oublie pas José Touré malheureux !^^
C'est Gourvennec qui sera zappé...
Le Homard de Vinci
évidemment ! mais où ai-je la tête ? :)
3 réponses à ce commentaire.
Brian Hainaut Niveau : Ligue 1
"Valenciennes me propose un bon salaire, le projet me plaisait. On réussit à se maintenir, j’apporte beaucoup, et bon... "
hé ben mon salaud, t'as la mémoire qui flanche. On réussit à se maintenir ? T'es sérieux ? Valenciennes DESCEND au bout de cette éprouvante saison, battu en barrages contre l'AS Cannes (un unique point manquait pour se maintenir... par exemple le point du match acheté par l'OM ?)
LePseudodyme Niveau : Loisir
L'OM a acheté un match ? Ah bon ... si y'a suspicion sur un match contre VA, c'était juste au fait de pas blessé des joueurs avant une finale cruciale. Comme si L'OM avait besoin d'acheter ce vulgaire match
Mais bon...
zinczinc78 Niveau : CFA
Note : -2
.. Pas blesser et surtout ne pas fatiguer ces pauvres marseillais. Je n'ai jamais compris pourquoi cette finale n'a pas été perdue par l'OM sur tapis vert...
Peut etre par ce que Milan doit pas etre tout blanc non plus...

Faut arreter de croire que seul l'OM a acheté des matchs ou des arbitres...
Japhetauvillage Niveau : DHR
Excusez-moi... C'est bien ici le classement des joueurs ayant marqué l'histoire du FCN ?
Je crois que je me suis perdu.
4 réponses à ce commentaire.
Bon plus sérieusement, qu'est-ce que ça a été cool de grandir dans les 90's avec cette Division 1.
La vidéo de Loko et des Nantais, c'est frais et drôle. Ça se prend pas au sérieux, ça manque peut-être un peu de déconne maintenant. (quoique à Nice avec SuperMario et Cardinale ça a l'air de bien se marrer).
Oui clairement, je me souviens aussi de la chance de Waddle Et Boli qui etait bien kitch
1 réponse à ce commentaire.
Etonnant cet article sur Bertrand-Demanes. Trouver un angle décalé pour des joueurs qui ont déjà donné lieu à de multiples articles et sur qui on connait déjà tout, d'accord.
Mais pour ce joueur qui a rarement (jamais?) eu les honneurs de SF, quelque chose de plus exhaustif aurait été bienvenu.
Par exemple évoquer le record hallucinant des 5 années sans défaite à domicile, dont il a été un des grands artisans.
ET TOUJOUR PA DE KESERU
Il sera dans le top Angers!
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Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Ramon Muller (le père d'Oscar), champion 65 et 66 avec les Eon, Simon, Gondet, Blanchet, grand oublié de ce Top.
Note : 1
Et Rafael Santos, avant-centre argentin de cette équipe double-championne de France.
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Allegria va donc devoir s'en couper une :)
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Pfff je peux prendre un gage plutôt ? C'est pas que je tienne particulièrement à me reproduire, mais j'imagine mal une vie anorgasmique.
etre monorchide n empeche pas l orgasme
ya eu des precedents fameux, notamment un ptit autrrichien...
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O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Note : 1
Sympa l'interview de Burru mais j'ai comme l'impression de l'avoir déjà lue. Il bossait à Ouest France Léo Ruiz ?

http://www.lavoixdunord.fr/archive/recu … b0n2158428
 //  17:00  //  Aficionado du Togo
ah oui quand même!
Putain Léo, si tu t'es vraiment fait payer un voyage à Buenos Aires, tous frais réglés, pour recopier une interview de la Voix du Nord, vieille de 3 ans, t'es un boss.

J'invite tous les commentateurs à enlever Ad Block de leur navigateur, pour que Léo puisse continuer à vivre audacieusement.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Leo Ruiz vit déjà à Buenos Aires, j'imagine, vu qu'il est le correspondant de So Foot (et d'autres médias) en Argentine. ;)
 //  17:22  //  Aficionado du Togo
En fait Léo Ruiz est le correspondant Ouest France en Argentine donc l'éthique est sauve.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
C'est ce que je pensais aussi mais j'ai pas réussi à le vérifier. Ça me paraissait gros aussi.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
So Foot vient de rajouter un petit post-scriptum en bas de l'interview : "Propos recueillis par Léo Ruiz, notre gars sûr à Buenos Aires, interview publiée chez nos confrères de Ouest-France en mai 2014."
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Franchement, je "rage" un peu de ne pas avoir connu le grand Nantes, contrairement à mon père ou mon grand-père.
Les Pedros, Ouédec, Loko, N'Doram ont gagné un championnat l'année de ma naissance, je les connais uniquement parce que j'ai bouffé — avec régal, hein — du Nantes depuis que je suis gosse.
Moi, j'ai juste connu Pancrate hein.

Bon, je me souviens aussi des Da Rocha, Carrière, Fabbri, Vahirua et Moldovan.
Pareil, je n'ai connu que le club qu'à partir des années 2000, donc après l'Age d'Or malheureusement. Mais au moins on peut pas nous accuser d'être devenu supporter juste pour la hype.
Ah oui, ça, c'est sûr.
Sinon, je serais devenu un simple supporter de Lyon comme il en existe plein à travers le pays depuis 2002.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Note : 1
Je sais pas si t'as lu ça, un très chouette dossier made in So Foot

http://www.sofoot.com/nantes-1995-les-c … 01910.html
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Et moi, qui ai recopier le texte qui va suivre, alors qu'il suffisait peut-être de piocher dans celui-là.
Oui, je l'ai lu, j'ai adoré !
Pauvre Affairs, dire que t'as loupé ça:




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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 2
Quel plaisir de revoir ces images !
J'ai commencé à suivre la D1 à partir de la saison 86-87 grosso modo et depuis, je crois que le FC Nantes 95 est le plus beau champion de France que j'ai vu (peut-être avec le Monaco 2000 de Gallardo) ! Attention, j'ai pas dit le plus fort : l'OM du début des 90's (plus particulièrement celui de la saison 90-91) me semble un cran au-dessus, suivi peut-être du PSG des dernières années et de l'OL des années 2000... Mais le plus beau, le plus frais, le plus joueur, le plus sexy, c'était les Canaris de Coco !
Mon premier but en live à la Beaujoire ! et première défaite :c
https://media.giphy.com/media/l3DdsOb0P … /giphy.gif
Han, les gifs s'affichent pas directement dans le post pour les petits Japhet de district comme moi :/
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Japhetauvillage Niveau : DHR
"UN BALLON QUI N'A PAS TOUCHE LE SOL !!!"

Ou un truc comme ça, avec la grosse voix de Thierry Gilardi, bien sûr. Indissociable, dans ma tête, de ce grand moment de foot (même si j'ai eu le bonheur de voir ce but au stade initialement).
Makelele qui plante un but c'est devenu collector par la suite.
SeventhDisciple Niveau : CFA2
Si tu veux plus d'images, il existe des DVD sur différentes époques/thématiques :
-50 ans d'enthousiasme !
-40 ans en Ligue 1 Le Record
-FCNA 94/95 l'année des champions
-FCNA 96/97 la remontée fantastique !
-FCNA 1999 Vainqueur de la Coupe de France (les coulisses de l'exploit)
-Nantes champion de France 2000/2001

Peut-être que c'est trouvable sur le net (y'en a ce sont des DVD Canal ou France 3), moi je les ai eu de la main à la main. Si tu trouves pas et si tu veux on peu essayer de se capter au stade et voir c'qu'on peut faire.
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Fred Astaire Niveau : Ligue 2
JOSE ARRIBAS, RAMON MULLER ET JACKY SIMON

José Arribas, lui-même néophyte au niveau de l'élite, choisit un style collectif, rationnel et offensif. Il est aidé en cela par la présence de Ramon Muller, un extraordinaire distilleur de ballons dont la vision instantanée de la passe à faire est prodigieuse; et par l'éclosion incroyable d'un jeune Normand nommé Jacky Simon qui marque les buts les plus décisifs au point d'être sacré le meilleur buteur du championnat avec 24 buts. Simon n'a pas la morphologie d'un destructeur de défenses mais il possède au plus haut point le sens du but et l'art d'appeler le ballon. Il est le prototype parfait du buteur nouvelle vague, rapide, bon technicien, intelligent et adroit.
José Arribas porte ce jugement sur lui: « j'ai l'impression que Jacky a fait une saison exceptionnelle et qu'il se retrouvera difficilement dans un tel état d'euphorie et de réussite. Il va progresser encore en maturité de jeu, en autorité sur le terrain, en dosage de ses efforts, oui, il va progresser, même s'il n'a plus la même réussite. Il finira par devenir sinon un Piantoni, du moins un garçon approchant avec des qualités différentes.

«Sa qualité essentielle: les avoir toutes. En plus d'une résistance physique phénoménale qui lui permet de s'entraîner tous les jours et de disputer deux matchs par semaine sans en souffrir, il recupère très rapidement car ses qualités physiologiques sont exceptionnelles (46 pulsations minute, et moins de 6 litres au spiromètre). Jackie a besoin de ne pas être nerveux; avant un match, j'aime beaucoup le voir plaisanter car cela démontre qu'il est en bon état de décontraction et prêt à exploser. Il a besoin de se relâcher.
«Il est difficile sans doute à situer au point de vue caractère car il n'est pas encore assez maître de ses réactions. Il n'est pas suffisamment mûr, mais il est vrai qu'il n'a que 23 ans et il n'est pas encore assez solide pour résister à la gloire qui lui est tombée sur la tête depuis un an. Cependant, il s'en est fort bien tiré et c'est ce qui laisse supposer une stabilisation très prochaine et du même coup, pour l'homme et pour le joueur, un avenir très prometteur».

Le FC Nantes fait une grosse impression sur les foules. Il a un petit côté fleur bleue qui le rend sympathique et fragile. On l'aime pour son panache, ses buts et sa couleur. Et on interroge Arribas pour savoir comment il en est arrivé là: «Avec des amateurs, à Noyeux, j'avais déjà essayé il y a dix ans d'adopter un système souple de 4-2-4 qui renforçait la défense centrale et donnait à chacun la possibilité de mieux s'exprimer. J'ai fait de même à Nantes et notre organisation de jeu s'est polie avec le temps. Il ne faudrait pas croire pourtant que tout est prévu dans notre équipe et que tout y est immuable».

FOOTBALL NANTAIS EN LIBERTE

«Je veux éviter que les automatismes deviennent trop fréquents et trop machinaux, parce que nous risquerions alors de tomber dans un jeu monocorde. Le cheminement de mon idée a été logique: d'abord un souci défensif, ensuite lorsque les arrières furent assurés, une prise de conscience offensive. Mais avant tout, pour chaque joueur, la possibilité de s'exprimer totalement sur le terrain, le moyen de trouver constamment autour de lui les conditions de jeu qui lui conviennent. Pour cela il faut qu'il ait des partenaires toujours regroupés autour de lui. Mon idée maîtresse qui s'est introduite petit a petit au fil des progrès, c'est que les joueurs devaient bénéficier d'un certain bien-être pour s'exprimer totalement. De même l'artiste a besoin souvent d'un cadre agréable pour trouver la bonne inspiration. Dans notre équipe, c'est pareil. Pour qu'un joueur puisse créer et improviser, il faut le placer dans les meilleures conditions de jeu collectif.
«Je pense que le Français a besoin de cette liberté d'esprit, d'expression, d'action. Je crois d'ailleurs que l'équipe nantaise est une de celles qui s'apparentent le mieux à l'esprit français. Il est curieux de constater par coïncidence sans doute, que Budzinski et Siatka (d'origine polonaise), Ramon Muller (d'origine argentine)sont les trois joueurs qui, tout en nous rendant les plus grands services, rentrent le moins bien dans notre jeu, et s'éloignent le plus de notre idée maîtresse. C'est dans l'imagination, l'esprit d'initiative, la variété du 4-2-4, que nous avons trouvé une méthode nous convenant très bien. Je pense que les progrès rapides accomplis par nos nos joueurs sont à mettre sur le compte de notre système de jeu. Chacun d'entre eux a pu se libérer d'une certaine façon de jouer qui les bridait quelque peu».

Cet aspect tactique est important dans la prise de pouvoir du FC Nantes en 1965. En effet, les techniciens français ont tâtonné pour définir quel était le meilleur système dans notre pays. Et ils se sont partagés en deux camps: les «réalistes» comme le Lyonnais Jasseron, vainqueur de la Coupe un an plus tôt mais qui, en perdant Combin, a perdu le moteur de son système; et les rationalistes, comme Arribas, qui considèrent que le footballeur français n'est ni un physique comme l'anglais, ni un jaillissant comme le latin, ni un guerrier comme l'allemand.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Demain, Gondet !
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Article absolument génial ! Merci Freddy.
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Dan_Petrescu Niveau : National
Cette photo de Coach Vahid...

magique
Brian Hainaut Niveau : Ligue 1
Pas de Nicolas Savinaud ? (joueur polyvalent s'il en est)
Numéro 1 : Nicolas Savinaud

Aurait pu figurer à cette place : le polyvalent Japhet N'Doram.
Je les imagine tellement bien faire ce troll, en plus...
M'enfin, il est là, au taquet comme toujours, à doubler tous les postes depuis le début du top !
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O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Note : 2
En général j'évite de penser à Reynald Pedros parce que ça me fout un cafard monstre. Si la génération de mon père a découvert le blues avec José Touré, pour la mienne c'est bien Reynald qui lui a donné l'arrière-goût amer des chants désespérés.

Stuck in the middle of the job with the Pedros blues again.

Il a raison Reynald de déplorer les départs de Loko et Karembeu parce que c'est ça qui fait exploser cette équipe sublime. Comme lui, je suis persuadé que ce groupe avait encore 2-3 ans dans les pattes, facile, et qu'il n'était pas loin de la crème du gratin européen. Au lieu de ça, ce foutu rendez-vous manqué avec le Barça, ce foutu transfert à l'OM précipité pour avoir l'esprit léger à l'Euro, tu parles ! Ce foutu tir au but contre Kouba où il se fait rattraper par son foutu mental d'Hamlet en short. Son foutu divorce et ses foutues prestations d'une rare indigence à Marseille, cette foutue descente aux enfers en Italie, foutu dopping, foutu traquenard napolitain, foutue carrière flinguée à même pas 25 ans...

Ça m'a fait très mal de voir Papin échouer au Milan puis à Munich (soyons franc, après l'OM, à part 2/3 menus coups d'éclat, il était fini mon JPP...), mais Pedros c'est encore pire parce qu'il n'a jamais eu la chance de confirmer le formidable espoir qu'il avait fait naître en nous. Collé à la glue dans ses putains de starting-blocs.

J'aime bien le blues mais je hais le cafard qu'il convoque, alors je préfère me souvenir du petit feu-follet à la patte gauche de velours. L'accélérateur de particules, le génial escrimeur virevoltant, débordant et débordé par ses émotions, le poète soupe-au-lait qui envoyait des balayettes indéfendables aux défenseurs qui le serraient de trop près, la rock star aux cheveux longs qui réinterprétait à sa manière si singulière la furia hollandaise des 70's.

Qu'est-ce que je t'ai aimé Reynald, toi et ton foutu blues qui te collait si bien à la peau !
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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Là-dessus je te rejoins, Pedros c'est sans doute l'une de mes plus grandes déceptions des 90's ! Tellement fort à Nantes... et tellement mauvais ensuite ! :(
SeventhDisciple Niveau : CFA2
Tellement d'accord.

Et puis Loko et Karembeu avec nous en C1, on serai allé en finale (laissez moi rêver cette réalité alternative), contre une autre génération dorée, cousine dans la philosophie... Suaudeau / Van Gaal, Loko / Litmanen, Ouédec / Kluivert, Makelele / Seedorf, Pedros / Overmars, N'Doram / Davids, Karembeu / De Boer, Le Dizet / Blind, Casagrande / Van Der Sar...
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  03:33  //  Aficionado de l'Argentine
@ SeventhDisciple, j'aurais vraiment rêvé voir une confrontation entre le FC Nantes 95 et l'Ajax 95 ou 96 : deux clubs aux philosophies très proches, bénéficiant chacune d'une génération dorée... On aurait pu atteindre des sommets en terme de jeu (en imaginant les deux équipes à leur meilleur niveau) !
SeventhDisciple Niveau : CFA2
Oui carrément, on dit souvent que l’enjeu d'une finale paralyse un peu les esprits, alors certes Coco n'aurait pas été sur le terrain et donc in fine n'aurait pas pu maîtriser totalement l'état d'esprit de ses joueurs, mais je pense pas qu'il leur aurait demandé d'aller chercher le 1-0, et vu le sursaut du deuxième match contre le Juve on peu imaginer que quelques relais de Coco sur le terrain aurait su insuffler cet état d'esprit.

Et du coup merci de rappeler les dates, il est vrai que je suis parti avec l'effectif de 94/95 de l'Ajax, mais il y a certainement du y avoir un ou deux ajustement en 96. [après vérification, à part Rijkaard, ça à pas bougé dans les "stars"]
Japhetauvillage Niveau : DHR
Son passage sur la presse est exceptionnel, cependant !
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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 2
Logiquement, il reste donc pour les six dernières places :

Henri Michel
Japhet N'Doram
Max Bossis
José Touré
Mickaël Landreau
Philippe Gondet (à moins que ce soit Trossero, Marcos ou Armand)

Du coup j'étais pas si mal avec mon top 10 d'hier et y a de fortes chances que j'en ai quatre bons pour le top 5 (Michel, N'Doram, Bossis et José Touré). Voilà, c'était juste pour me passer un peu de pommade...^^

Globalement, la première moitié de votre top est pas mal, même si j'aurais sans doute mis Fabbri dans le top 10, Blanchet un peu plus haut et Loko légèrement devant Pedros (mais là je chipote)...
Mais là où je tique un peu, c'est quand je vois votre fin de classement, avec les présences de Mazzoni, Djordjevic et Diallo notamment. A la limite, une blague en 50e pourquoi pas - c'est la tradition de vos tops clubs - mais au moins trois ou quatre, c'est vraiment dommage car ça nous prive de joueurs bien plus incontournables (cf liste ci-dessous) !

Parmi les grands absents (possible que l'un de ceux-ci soit à la place de Gondet mais ça ferait un oubli tout aussi "curieux"), je note :
Enzo Trossero
Victor Trossero
Angel Marcos
Olivier Monterrubio
Sylvain Armand
Stéphane Ziani
Jocelyn Gourvennec
Daniel Eon
Didier Couécou
Ramon Muller
Erich Maas
Rafael Santos
Eric Decroix
Franky Vercauteren
Gilbert Le Chenadec
Mathieu Berson


Sébastien Piocelle, Eric Djemba-Djemba, Salomon Olembé, Chanelet...
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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Yep bien vu, j'en ai forcément oublié quelques-uns. J'aurais pu citer aussi Benoit Cauet, Philippe Anziani, Christophe Pignol, Serge Le Dizet, Nicolas Gillet, Michel Der Zakarian, Antoine Kombouaré, Michel Pech, Robert Gadocha, Vincent Bracigliano, Laurent Guyot, Dominique Casagrande (surtout pour sa chère et tendre Cécile Simeone ^^)...

On en arrive toujours à la même conclusion : un top 50, ça peut suffire pour Châteauroux (avec tout le respect que j'ai pour la Berrichonne) mais pour les grands clubs français et européens, un top 100 aurait été plus judidicieux !
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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Sinon je me disais que Jean-Louis Garcia aurait pu faire un parfait 50e de ce top FC Nantes : quand on parle de marquer l'histoire d'un club, je trouve qu'il correspond parfaitement à l'intitulé avec ce fameux match de Coupe UEFA contre Leverkusen. Ca a beau être un souvenir négatif, j'imagine que tous les supporters nantais se souviennent de lui pour cette rencontre !
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Note : 1
Oh merci Alain de m'avoir rappelé au doux souvenir de cette bombinette de Cécile Simeone !
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Héhé, je devais pas être le seul à kiffer la météo sur Canal+ dans les 90's...^^
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Et ton Top 200 Sud-américain, ça en est où ?
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  01:26  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 1
@ Fred, ça avance mais toujours pas fini... Ces dernières semaines, j'ai eu moins de temps pour le boucler entre le taf, la vie privée, etc... Mais j'y travaille régulièrement et j'ai déjà écrit pas loin de 150 portraits !

Je vous en ai distillé quelques extraits mais il faudra que je trouve un moyen pour vous le faire connaître, une fois terminée.
D'ailleurs, je me demande où je vais pouvoir le publier car j'en suis déjà rendu à 45 pages word : si je le postais dans les coms d'un article ici, ça ferait exploser toutes les limites !^^
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  01:33  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 2
Tiens, petit cadeau Fred et Alegria, mes derniers portraits écrits : des Uruguayens cette fois.

-ATILIO GARCIA
Au panthéon des légendes du Nacional, il trône tout en haut ! Pourtant, rien ne prédestinait Atilio Garcia à devenir l'un des plus grands goleadores uruguayens de tous les temps. En premier lieu car "Bigote" (Moustache) est né Argentin. Après des débuts en pro à Platense, il rejoint Boca Juniors en 1937. Seul hic, le trio offensif xeneize est à l'époque formé de trois monstres presque impossibles à déloger : Varallo, Cherro et Benitez Caceres. Pour gagner du temps de jeu, le jeune Atilio traverse le Rio de la Plata. Les circonstances de son transfert au Nacional sont depuis entrées dans la légende du Bolso. Attaquant prometteur mais remplaçant, Atilio Garcia n'est alors qu'un nom parmi d'autres dans une liste de joueurs boquenses transmise au président tricolore Atilio Narancio, qui justifiera son choix en ces mots : « Celui-ci s'appelle Atilio, comme moi ; il doit être bon. » "Bigote" lui rendra sa confiance au centuple, explosant tous les records : huit titres de meilleur buteur du championnat (dont sept consécutifs de 1938 à 1944), meilleur buteur de l'histoire des clásicos entre Nacional et Peñarol avec 35 buts, deuxième meilleur buteur de l'histoire du championnat uruguayen avec 208 buts (derrière Fernando Morena)... Octuple champion d'Uruguay, Atilio Garcia fut le héros du premier "Quinquenio de Oro" des Tricolores, ces cinq titres consécutifs de 1939 à 1943, formant une ligne offensive fabuleuse avec les Anibal Ciocca, Roberto Porta et autres Bibiano Zapirain. Naturalisé uruguayen, il porta les couleurs de la Celeste lors de la Copa America 1945, terminée à la 4e place, inscrivant cinq buts en six matchs. Une tribune de l'Estadio Gran Parque Central porte aujourd'hui le nom de cet Argentin devenu une idole dans son pays d'adoption...

-JULIO ABBADIE
Un vrai "señor", fameux ailier (ou milieu) droit qui marqua profondément le foot uruguayen des 50's et 60's par son élégance, son fair-play, sa vitesse foudroyante, ses dribbles félins, ses centres millimétrés... Un joueur si respecté par ses adversaires qu'on dit toujours en Uruguay : « "El Pardo" (le brun) n'avait pas d'ennemis ». Julio Cesar Abbadie est devenu une idole partout où il est passé. Au Peñarol d'abord, où il aura remporté huit championnats durant ses deux passages (1950-1956 et 1962-1969) mais surtout fait partie, avec Mazurkiewicz, Rocha, Spencer et Joya, de la mythique équipe de 1966, vainqueur de la Copa Libertadores et de l'Intercontinentale. En finale de la Libertadores, face à River Plate, il ouvre le score au match aller et est l'un des protagonistes de la remontada historique du match d'appui : mené 2-0 à la pause, Peñarol renverse ensuite les Gallinas (surnom donné justement à River après ce match), Abbadie inscrivant le but de l'égalisation en 2e mi-temps, avant que les Carboneros ne s'imposent en prolongation (4-2). Entre ses deux périodes manyas, "El Pardo" joua six saisons en Italie, d'abord au Genoa puis à Lecce. Adulé par les tifosis grifoni, il est encore aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du Genoa. Preuve en est le vibrant hommage reçu par Abbadie au stade Luigi Ferraris en 2004, dix ans avant sa mort. Avec la Celeste, il disputa la Coupe du monde 1954, signant notamment un doublé lors de la correction infligée à l’Écosse (7-0). Mais avant ça, il avait manqué une occasion unique d'être sacré champion du monde en 1950 : retenu pour le Mondial, à 19 ans, le jeune Abbadie avait décliné la sélection, ne s'estimant pas assez prêt. On connaît la suite... « J'aurais voulu mourir », commenta "El Pardo" Abbadie plus tard, en décrivant sa réaction à ce titre mondial manqué.

-DARIO PEREYRA
L'expression « Nul n'est prophète en son pays » serait toute trouvée pour résumer sa carrière. Car au-delà d'avoir été l'un des plus grands défenseurs sud-américains des 80's et un vrai crack du foot uruguayen, Dario Pereyra fut avant tout une icône paulista, l'un des meilleurs défenseurs centraux – et même l'un des meilleurs joueurs étrangers - de l'histoire du championnat brésilien ! Après des débuts réussis au Nacional, récompensés par un titre de champion d'Urugay, il rejoint le São Paulo FC en 1977 et remporte dès sa première saison le premier titre de champion du Brésil de l'histoire du club. Malgré une offre du Real Madrid à la fin 1977, il décide de rester à São Paulo, débutant un bail de onze ans : il devient "Don Dario", l'idole éternelle du Morumbi. Technique, élégant, solide dans les duels et animé de la légendaire "garra charrua", Dario Pereyra était aussi un défenseur doté de réelles qualités offensives, en témoignent ses 37 buts marqués sous le maillot du Tricolor. Durant la décennie 80, il forme avec Oscar l'une des plus redoutables charnières centrales du Brasileirão. Avec cette défense de fer et son superbe trident offensif Silas-Careca-Müller, São Paulo réalise une belle moisson de titres : quatre championnats d’État et surtout un deuxième titre de champion du Brésil en 1986. Cette année-là, "Don Dario" est au sommet de son art et aborde le Mondial mexicain avec la même ambition qu'une Celeste au potentiel prometteur. Pourtant, au même titre que Ruben Paz, autre vedette de la sélection, Pereyra démarre inexplicablement sur le banc des remplaçants, au profit d'Acevedo. Ces deux choix du très contesté sélectionneur Omar Borras subissent aujourd'hui encore les foudres des Uruguayens, qui lui imputent en grande partie l'échec de la Celeste (sortie en 8e de finale mais surtout humiliée 6-1 par le Danemark en poule). Dario Pereyra, lui, ne reviendra plus en sélection après 1986 et finira sa carrière au Japon, après deux piges à Flamengo et Palmeiras, avant d'entamer une nouvelle carrière d'entraîneur dans le championnat... brésilien.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  01:36  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 2
-ISABELINO GRADIN
Buenos Aires, 2 juillet 1916 : l'Uruguay écrase le Chili 4-0 en match d'ouverture de la première Copa America de l'histoire, grâce à deux doublés de Piendibene et Gradin. La Fédération chilienne porte alors réclamation, pour un motif aussi ridicule que raciste : la Celeste aurait « joué avec deux Africains » (Isabelino Gradin et Juan Delgado). Heureusement le recours fut rejeté, laissant Gradin, sacré meilleur buteur et meilleur joueur de la compétition, mener l'Uruguay vers son premier titre continental. Un condensé de la carrière de l'ancien attaquant de Peñarol, qui dut batailler contre les préjugés et le racisme tout en cumulant les honneurs et en endossant un statut de symbole. Car Isabelino Gradin restera comme un précurseur à plus d'un titre : premier "Pichichi" de la Copa America, premier footballeur noir à revêtir le maillot de la Celeste, premier grand joueur de couleur (avec Friedenreich qui, lui, était métis) – quelques années avant Andrade... Arrière-petit-fils d'esclaves, né à Montevideo de parents originaires du Lesotho, il devient l'idole du Peñarol, décrochant deux titres de champion d'Uruguay (1918 et 1921), comme de la Celeste, avec qui il remporte les deux premières Copa America, en 1916 et 1917. Agile, explosif, fin dribbleur, doté d'une grosse frappe et d'une vitesse phénoménale, Gradin inspire les plus belles plumes sud-américaines de son temps, à l'image du poète péruvien Juan Parra del Riego qui lui dédie sa prose dans un recueil. Ses qualités physiques exceptionnelles lui permettent également de briller sur les pistes d'athlétisme : entre 1918 et 1922, il est ainsi sacré champion d'Amérique du Sud à trois reprises sur 400 m et deux fois sur 200 m. Décédé à 47 ans, dans le dénuement le plus total (le football n'est devenu professionnel en Uruguay qu'en 1932), Isabelino Gradin laissa son nom à la plus jeune des peñas du Peñarol.

-VICTOR ESPÁRRAGO
Joueur emblématique du Nacional, tant par ses performances, son leadership et sa longévité que par son exceptionnelle polyvalence : excellent milieu de terrain, Victor Espárrago a en effet occupé au cours de sa carrière les trois postes du milieu et les trois de l'attaque. Il était ainsi capable de marquer durant un match le meilleur joueur adverse (Ademir da Guia en Libertadores 1971 face à Palmeiras, Falcao lors de la finale de Libertadores 1980 contre l'Internacional, ou encore Trevor Francis de Nottingham Forrest pour la Coupe Intercontinentale 1980) et de jouer la rencontre suivante comme attaquant ! Malgré un intermède de six saisons en Liga (à Séville puis Huelva), Espárrago reste associé au Bolso, où il s'est construit un fabuleux palmarès : six championnats d'Uruguay (dont le fameux "tetracampeonato" de 1969 à 1972) et surtout deux énormes doublés Libertadores-Intercontinentale, en 1971 et 1980. De ces titres internationaux, le plus inoubliable est sans doute la Copa Libertadores 1971 : à l'époque, le Nacional restait sur trois finales perdues dans la compétition et défiait en finale l'épouvantail Estudiantes, triple tenant du titre. Battus à l'aller à La Plata, les Tricolores s'imposent au retour, s'offrant un match d'appui à Lima, où ils terrassent les Argentins 2-0, avec un premier but signé... Espárrago. Mais son but le plus célèbre a été inscrit avec la Celeste. En quart du Mondial 1970 (l'une de ses trois Coupes du monde disputées avec 1966 et 1974), l'Uruguay affronte l'URSS : 0-0 à l'issue des 90 minutes ; on joue les derniers instants de la prolongation lorsque Victor Espárrago envoie son équipe en demie en reprenant de la tête un centre de Luis Cubilla. L'un des buts les plus importants du foot uruguayen ces 50 dernières années.

-RUBEN PAZ
L'une des plus belles pattes gauches des années 80/début 90. Excellent milieu créateur (pouvant jouer n°10 ou meneur excentré sur le côté gauche), Ruben Paz possédait en effet un pied gauche magique, capable de déposer le ballon quasiment où il voulait. Formidable passeur, il fut surtout un maître artificier sur coup franc : avec lui, un coup franc aux abords de la surface équivalait presque à un penalty ! Un don qu'il avait perfectionné avec l'aide d'un ancien expert en la matière, Dino Sani (champion du monde 1958 avec le Brésil), qui l'entraîna à Peñarol et à l'Internacional. Fan du Peñarol depuis l'enfance – son idole était Alberto Spencer -, il débute chez les Carboneros dès l'âge de 17 ans, remportant trois titres de champion d'Uruguay entre 1978 et 1981. Ses prouesses lui valent de recevoir ses premières capes et il s'impose comme l'un des leaders de la Celeste, victorieuse du Mundialito 1980 (tournoi réunissant les pays champions du monde). Malgré deux saisons mitigées en Europe à la fin des 80's, au Matra Racing – ce qui causa sans doute son absence à la Copa America 1987 gagnée par l'Uruguay – et au Genoa, Ruben Paz aura réussi la prouesse d'être adulé dans les trois plus grands championnats sud-américains. En Uruguay donc, puis au Brésil où il remporte, sous le maillot de l'Internacional, trois championnats d'Etat consécutifs de 1982 à 1984. Mais c'est surtout en Argentine que celui que Menotti appelait le « Maradona uruguayen » va vivre ses plus belles heures. Durant cinq saisons (1987-1989 et 1990-1993) , il s'affirme comme le leader technique du Racing, décrochant notamment la Supercopa Sudamericana (qui oppose les ex-vainqueurs de la Libertadores) en 1988, année où il est élu meilleur joueur sud-américain ! Légende vivante à Avellaneda, Ruben Paz reste idolâtré par la hinchada du Racing, accueilli aux cris de « Uruguayo, Uruguayo ! » à chaque venue au Cilindro.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  01:42  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 2
Et mes derniers ajouts dans la catégorie Brésil :

-EVARISTO
Grand attaquant brésilien des années 50 et 60 mais pas vraiment reconnu à la hauteur de son énorme talent. La faute en partie à la faible couverture télévisuelle de l'époque ainsi qu'à son palmarès vierge en sélection. Pourtant, Evaristo de Macedo était un précurseur à plus d'un titre : parmi les premiers footballeurs auriverdes à s'imposer en Europe (avec Julinho et José Altafini), il fut aussi la première star brésilienne du Barça, ouvrant la voie aux Romario, Ronaldo, Rivaldo, Ronaldinho, Dani Alves et Neymar. Révélé sous le maillot de Flamengo, avec qui il empoche trois championnats d’État, ce Carioca d'origine explose avec la Seleçao lors de la Copa America 1957. Auteur de huit buts, dont un mémorable quintuplé face à la Colombie, Evaristo plane sur le tournoi dont il termine deuxième meilleur buteur. Paradoxalement, cette performance lui ouvre les portes de la Liga et du Barça, à l'été 1957, mais marque également la fin de sa carrière internationale – à cause de l'éloignement géographique – à un an du Mondial 1958. A Barcelone, Evaristo débarque dans un effectif XXL coaché par Helenio Herrera, aux côtés de Luis Suarez, Kubala, Kokcis et Czibor. Titulaire indiscutable, l'attaquant brésilien enfile les buts et les titres : deux Ligas et deux Coupes des villes de foire. Il brille également en C1, en particulier lors de la campagne 1960-1961 : il marque six buts et permet notamment au Barça de sortir le Real en 8e, puis inscrit le but décisif face à Hambourg en demie. Mais le Barça subira la loi de Benfica en finale. Transféré au Real à l'été 1962, Evaristo s'y montre moins à l'aise mais ajoute néanmoins deux autres Ligas à son palmarès. Une carrière en club monumentale, qui laisse néanmoins des regrets pour la Seleçao : Evaristo n'aurait sûrement pas dépareillé aux côtés des Pelé, Garrincha, Didi et Vava.

-MARINHO CHAGAS
Magnifique arrière gauche du Brésil 74, élu meilleur latéral gauche de la Coupe du monde 1974 (le seul Brésilien à figurer dans l'équipe-type du Mondial) et 2e footballeur sud-américain de l'année (derrière Figueroa), Marinho Chagas fut l'un des plus grands spécialistes du poste dans les 70's et l'un des meilleurs latéraux gauches de l'histoire du foot brésilien – bien que moins connu et surtout moins titré que les Nilton Santos, Everaldo, Junior, Roberto Carlos et Marcelo. Sa crinière blonde, ses tenues bariolées, son goût pour les Beatles et les Rolling Stones et ses folles nuits passées dans les bars et cabarets lui ont valu le surnom de "Hippie de Natal" (du nom de la ville du Nordeste dont il était originaire). Mais au-delà de sa vie de bohème, Marinho Chagas était surtout un superbe joueur, très technique, véloce, grand dribbleur, excellent frappeur, ainsi qu'un formidable contre-attaquant : véritable pionnier du poste, il fut sans doute l'un des premiers latéraux brésiliens à jouer quasiment comme un ailier, poussant à son paroxysme l'évolution entamée par Nilton Santos, Djalma Santos et surtout Carlos Alberto. Il assuma d'ailleurs la succession du premier nommé à Botafogo dans les 70's. Malheureusement, le club alvinegro était alors en pleine traversée du désert, après les glorieuses décennies 50 et 60 : si Marinho Chagas en devint une idole, glanant deux "Bola de Prata" (distinguant le meilleur joueur de l'année à chaque poste), il ne put y garnir son palmarès. Il évolua ensuite dans de nombreux clubs brésiliens – dont Fluminense et São Paulo où il remporta le championnat paulista en 1981 – et nord-américains, côtoyant Carlos Alberto et Beckenbauer au New-York Cosmos. Marinho Chagas s'est éteint en 2014, victime d'une hémorragie digestive, à dix jours du coup d'envoi du Mondial brésilien accueilli notamment par sa ville de Natal.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Waouh !!
A part Evaristo, je n'en connais aucun, quel ringard je fais !
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Note : 1
Quel boulot de malade... Tu devrais sérieusement songer à la possibilité d'éditer tout ça Manu. Sur papier ou sur le net, mais ce serait vraiment dommage que tous ces trésors restent cantonnés à So Foot.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  02:06  //  Aficionado de l'Argentine
Oui figure-toi que je commence sérieusement à y songer (c'est même l'une de mes motivations quand je me décourage parfois, en écrivant mes portraits à 2h du mat après une journée de boulot)... Maintenant, il faut que je trouve les supports adéquats car ce sera trop long pour un article : ça pourrait faire soit un hors-série soit carrément un bouquin quand j'aurai fini. Après, reste la question dans ce dernier cas : y a-t-il vraiment un public/lectorat pour ce genre de trucs ?
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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  03:47  //  Aficionado de l'Argentine
@ Fred, c'est un peu le but. ;)
Quand je me suis lancé dans ce projet (qui était censé être un simple commentaire à poster sous un article au départ ^^), l'objectif était double :
- réhabiliter certains joueurs incontournables dont l'absence du top So Foot me semblait injuste : Careca, Junior, Caniggia, Perfumo, Pedro Rocha, Cesar Cueto...
- faire découvrir certains grands joueurs sud-américains des décennies passées, parfois méconnus chez nous

Et puis, il y avait un troisième objectif, plus personnel cette fois : enrichir ma culture footballistique sur le sujet, grâce à mes recherches.
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  06:54  //  Aficionado de l'Argentine
Après vérifications, c'est plutôt un top 250 en fait :

50 Brésiliens
50 Argentins
35 Uruguayens
25 Péruviens
25 Chiliens
25 Colombiens
25 Paraguayens
6 Equatoriens
5 Boliviens
4 Vénézuéliens

Je voulais faire moins à la base (au départ 100 puis ensuite 200) pour tomber sur un compte rond mais c'est mon gros défaut, j'ai du mal à trancher...
 //  10:24  //  Amoureux de la Bolivie
Respect Alain.
Je serais bien curieux de jeter un coup d'oeil sur la liste de tous ces noms, en plus de lire leur portrait :)
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Garcia et Gradin véritables personnages de légendes.
C'est vrai que les brésiliens au Real ont connu, pendant longtemps, des fortunes diverses: Didi, Canario, Evaristo.
Canario fait-il partie de ta liste ? il était paraît-il brouillon ? En tout cas, certaines actions de la finale de 60 pourraient le laisser entendre.
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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  14:50  //  Aficionado de l'Argentine
@ ajde, pas de souci, dès que j'ai un moment, je te la recopie. ;)
Je posterai ça ici (dommage qu'il n'y ait pas de système de mp).

@ Fred, Canario est dans ma liste complémentaire Brésil (j'en ai fait une pour chaque pays) : il est cité mais n'a pas droit à un portrait...
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  15:20  //  Aficionado de l'Argentine
Pour la liste des joueurs, ce sera soit ici, soit sur l'article du jour du top Nantes (Gondet/Landreau/Bossis) mais dans ce cas plutôt en fin de journée pour ne pas trop polluer le fil... ou alors dans la section Amsud du forum, pourquoi pas ?
Et ajde (mais aussi les autres bien sûr), en tant que fin connaisseur du foot sud-américain, ton avis sur mes choix sera le bienvenu : t'imagines pas les heures que j'ai passées à hésiter, en arrivant à la fin de chaque "liste nationale", pour savoir si je devais plutôt présenter Carlos Babington ou Matias Almeyda, Tesourinha ou Alemao, Antonio Alzamendi ou William Martinez, Oswaldo Ramirez ou Jefferson Farfan, Raul Toro ou Eduardo Vargas, etc, etc, etc...
19 réponses à ce commentaire.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 3
La venue de Burruchaga à Nantes illustre bien le pouvoir de séduction du championnat de France durant cette période allant du milieu des 80's au milieu des 90's : derrière la Serie A - intouchable - la D1 était sans doute le 2e championnat le plus attractif en Europe, à égalité avec la Liga. Quand Burruchaga rejoint les Canaris, il est alors l'une des pièces maîtresses du grand Independiente 84 (unique buteur de la finale de Libertadores contre Gremio) qui terrassera Liverpool en Coupe Intercontinentale, aux côté du maestro Bochini mais aussi de Giusti, Villaverde, Percudani, Clausen, ou encore de l'ancien Nantais Enzo Trossero... Et un an plus tard, il a encore pris une nouvelle dimension avec le titre de champion du monde, s'imposant au Mexique comme le lieutenant de Maradona et certainement le 2e meilleur joueur de l'Albiceleste... Pourtant, il restera quand même à Nantes - ce qui semblerait quasiment inconcevable aujourd'hui (PSG excepté) !
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Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  00:10  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 2
A propos de Burruchaga et vu qu'on n'aura sans doute pas droit aux tops clubs sudam, je me suis amusé à faire mon top 50 Independiente (plus ou moins dans l'ordre) : c'est du très lourd !

Ricardo Bochini
Arsenio Erico
Antonio Sastre
Ernesto Grillo
Daniel Bertoni
Manuel Seoane
José Omar Pastoriza
Vicente de la Mata
Jorge Burruchaga
Raul Bernao
Ricardo Pavoni
Raimundo Orsi
Sergio Agüero
Miguel Santoro
Osvaldo Cruz
Francisco Sa
Esteban Cambiasso
Rodolfo Micheli
Ricardo Giusti
Enzo Trossero
Luis Artime
Gabriel Milito
Hugo Villaverde
Jorge Olguin
Eduardo Maglioni
Luis Islas
Diego Forlan
Omar Larrosa
Hector Yazalde
José Alberto Percudani
Percy Rojas
Agustin Balbuena
Roberto Porta
Nestor Clausen
Antonio Alzamendi
Carlos Cecconato
Miguel Angel Raimundo
Claudio Marangoni
Ruben Galvan
Gabriel Calderon
Carlos Lacasia
Rogelio Delgado
Gustavo Lopez
Fernando Bello
Albeiro Usuriaga
Anibal Tarabini
Faryd Mondragon
Luis Garisto
Daniel Montenegro
Pedro Monzon
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  00:11  //  Aficionado de l'Argentine
Dédicace à Alegria au sujet de ma "listomanie" aigüe ^^
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Note : 1
Des listes comme celles-là, j'en veux bien tous les jours ! A ce sujet, j'ai trouvé un mec aussi fou que toi, il propose un top 3 des meilleurs joueurs de l'année depuis 1911 ! Y'a des trucs contestables mais ça reste cohérent et en plus il justifie ses choix :

http://www.xtratime.org/forum/348-histo … 911-a.html
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Y a pas à dire, c'est du brutal !!
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  01:22  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 2
@ Alegria, oui sa liste a également été publiée sur le site Glavisted :
http://glavisted.blogspot.fr/2011/09/me … l-ano.html
ainsi que les 23 candidats au Ballon d'Or, année par année, de 1920 à nos jours :
http://glavisted.blogspot.fr/2016/05/wo … -1920.html

D'ailleurs, je te conseille de fouiller un peu sur ce blog Glavisted. Pour un passionné de foot sud-américain comme toi (Fred, ça devrait t'intéresser aussi), c'est une vraie mine d'or !
Le mec a fait ses sélections historiques Argentine, Brésil, Uruguay, Pérou et Chili, avec petit topo sur chaque joueur et pour chaque pays un classement poste par poste... Autant te dire que j'y ai passé quelques heures. ;)
http://glavisted.blogspot.fr/

Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Monsieur Proviste, je voudrais vous commander les listes suivantes:

Top 10 des Présidents de la République française (all time)
Top 10 des acteurs américains des années 30, 40, 50, 60
Top 10 des actices américaines - idem -
Top 10 des acteurs français des années 30, etc..
Top 10 des Crooners américains
Top 10 des Jazzmen, par décennies.
Top 10 des Groupes de Rock
Top 10 des contributeurs de So Foot
Top 10 de tes plats préférés
Top 10 de tes lieux de vaçances
Top 10 de tes animateurs TV préférés, en dehors de Cyril Hanouna
Top 10 de tes romans de science-fiction

Tiens, à propos de SF, on parlait l'autre jour d'uchronies: voici celles que j'ai lues et garder: et les tiennes ?


22-11-63 de Stephen King
Autant en emporte le temps de Ward Moore : les Sudistes ont gagné la guerre de sécession.
Rêves de gloire de Roland C. Wagner : de Gaulle est mort en 60.
Le complot contre l'Amérique de Philip Roth : Lindbergh président des USA.
K de Daniel Easterman : 1940, Lindbergh (encore !) président
Fatherland de Robert Harris : Les nazis règnent sur l'Europe
Dominion de CJ Sansom : Les allemands occupent l'Angleterre
Pavane de Keith Roberts : L'invincible Armada a vaincu la flotte anglaise : l'Espagne occupe l'Angleterre.
Les aires du réel de Gordon Ecklund : Roosevelt assassiné en 32, un régime marxiste sévit aux USA.
Le silence de l'aube de Gordon Ecklund
La porte du temps de Philip Jose Farmer
Cycle La patrouille du temps de Poul Anderson
Le son du cor de O. Sarban:
Rêve de fer de Norman Spinrad
Les voix d'Anubis de Tim Powers
Le maître du Haut-Château, Simulacres de Philip K. Dick
Les temps parallèles, La porte des mondes, de Robert Silverberg
Frankenstein délivré de Brian Aldiss
L'année du soleil calme de Wilson Tucker
Le moindre des fléaux de Cyril Kornbluth
Sixième colonne de Robert Heinlein
L'énigne du cadran solaire de Mary Gentle





















Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Oui, j'ai mis tous ces sites dans mes favoris.

là, tu trouveras toutes les équipes Espagnoles, portugaises, etc dans toutes les compétitions depuis le début: effectifs, feuilles de matchs complètes, dates, etc,
Puis toute la C1 depuis 1955.
Ça m'a permis de faire mon "numéro" sur le Real, et si tu veux "t'attaquer" et préparer le Barça, tu as tout ce qu'il faut.

http://www.bdfutbol.com/en/t/t1955-562.html
http://www.resultados-futbol.com/primera1958
http://fr.uefa.com/uefachampionsleague/ … index.html
https://footballinclusive.com/fr/instance/927/1771
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
Ah glavisted, merci Manu ! J'étais tombé dessus une fois mais j'avais perdu le lien ! Rolala pfff c'est un cadeau empoisonné ça ! Mais quel divin poison.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Dans le genre "malade", Penarol mi amor (sous un autre pseudo sur solavanco, où l'on retrouve également Bota67, et son style reconnaissable entre tous, Aerton et Dip), lui, veut écrire un bouquin de 1000 pages.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  02:01  //  Aficionado de l'Argentine
Ahah merci Fred !
J'essaye de te répondre demain pour les uchronies, par contre je te promets rien sur les tops 10 (même si je pourrais me prendre au jeu pour un ou deux) :D
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  02:02  //  Aficionado de l'Argentine
Tu fais bien de me le rappeler, faut absolument que j'aille m'inscrire sur Solavanco !
D'ailleurs Fred, sais-tu si les articles sont écrits par les journalistes du site ou si les contributions extérieures sont acceptées (sachant que je suis moi-même journaliste de profession en plus) ? Car ça pourrait peut-être faire un endroit où publier mon top des 200 oubliés sud-américains...
SeventhDisciple Niveau : CFA2
Les présidents c'est facile, plus le temps passe, pire ils sont.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Il y a un rédacteur en chef, et j'ai l'impression, unique journaliste, qui rédige les articles(pas plus de deux, trois par semaine, sur le foot, mais pas que, et qui participe aux commentaires (contrairement à So Foot)
je crois que chacun peut écrire son article: par exemple le top belge c'est Bota (autant dire que ça ressemble pas du tout à du So Foot).
Le top inter est plus "classique" mais pas du tout "bling bling"
Facchetti-Zanetti-Meazza-Mazzola-Matthaüs-Suarez-Altobelli-Berglund-Corso-Bergomi.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  03:50  //  Aficionado de l'Argentine
Merci pour l'info, si chacun peut écrire et publier un article, ça m'intéresse fortement !
merci de m avoir fait decouvrir solavanco... mon semblant de vie sociale ne te remercies pas par contre :)
15 réponses à ce commentaire.
Mon premier souvenir du FCN c'est Didier Couecou. Un but magnifique de la main en finale de coupe 73 perdue contre Lyon. J'étais au Parc pour assister au naufrage de M. Wurtz. Il avait aussi accorde un péno imaginaire aux Gones. Heureusement que la vidéo n'existait pas alors car il y a de grande chance que j'aurais oublié ce match devenu légendaire grâce à l'arbitrage. Rien que pour ce but maradonesque j'aurais inclus Couecou le roublard dans ce top 50.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Note : 1
Ahah le mythique Robert Wurtz, l'une des premières "stars" de l'arbitrage français avant l'arrivée des légendaires Michel Vautrot et Joël Quiniou !
1 réponse à ce commentaire.
Le plus aérien des arbitres de tous les temps. Avec lui, l'arbitrage c'était du ballet. A Maracana, il avait volé la vedette aux joueurs de la Selecao.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Le "Nijinski du sifflet"!
SeventhDisciple Niveau : CFA2
Et qui est "le Fred Astaire du sifflet" ?
2 réponses à ce commentaire.