Gerd Müller, inclassable et indispensable

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#1: Gerd Müller

Où serait le Bayern Munich si Franz Beckenbauer n’y avait jamais joué ? Que serait-il arrivé si celui qui est devenu Kaiser avait finalement évolué sous les couleurs de Munich 1860 ? Est-ce que le club serait aujourd’hui en tête de la Bundesliga ? Est-ce que le Bayern aurait finalement disparu ? Tout le monde s’est déjà posé ce genre de questions, tant le mythe autour de l’arrivée de Beckenbauer au FCB est présent dans l'imaginaire collectif. Ces mêmes questions, personne ne les pose pour Gerd Müller. Pourtant, lui aussi a failli rejoindre les rangs de Munich 1860 au début de sa carrière professionnelle, avant de finalement opter pour le Bayern à l’âge de 19 ans. Malgré des buts collés par centaines et le fait qu’il n’ait jamais joué dans un autre club en Allemagne, on minimise volontiers l’importance de son choix. Où serait le Bayern Munich si Gerd Müller n’y avait jamais joué ? La question se pose peu. Heureusement, Franz Beckenbauer a quand même la réponse : « Sans ses buts, il n'y aurait pas de Bayern Munich. Ce que le club est aujourd'hui, tout ce que nous avons, nous le lui devons. »


L’humilité malgré les records


Parce qu’il a toujours été d’un naturel discret hors des terrains, Gerd Müller n’a jamais cherché à entrer dans la légende autrement que par ce qu’il a réalisé sur le terrain. C’est sans doute pour cette raison que, dans la grande histoire du Bayern, il est souvent relégué au rang de second rôle, derrière le Kaiser. Une fois les crampons raccrochés, Der Bomber n’a jamais tenu à entretenir son mythe, tout simplement parce qu’il n’en avait pas envie. Pas franchement prétentieux, Gerd Müller n’a jamais écumé les plateaux télé pour rappeler qu’il avait un jour été le meilleur joueur du monde. Un fait remarquable, quand on connaît la propension qu’ont les anciens joueurs du Bayern à crier sur tous les toits leurs exploits et à rappeler leur gloire passée. Pourtant, s’il y a un mec qui aurait pu se la raconter, c’est bien Müller, étant donné qu’il possède à peu près tous les records possibles et imaginables au sein du club. Parce qu’il était au bout de la chaîne, Gerd Müller était bel et bien le joueur le plus important du Bayern des 70’s. L’Étoile du Sud n’était rien sans Beckenbauer et Maier ? Qu’aurait-elle été sans ses 509 buts en compétitions officielles ? Rien. En 1972, alors que le Bayern vient de l’emporter (6-3) face à Francfort, Erich Ribbeck, alors entraîneur de l’Eintracht, balance : « J’échangerais deux Beckenbauer pour un Müller. » Durant près une décennie, der Bomber martyrise les défenses européennes et marque dans les positions les plus improbables. Même ses coéquipiers ne peuvent rien faire contre lui. « À l'entraînement, je n’ai jamais réussi à l'arrêter. Je suis bien content de l’avoir eu dans mon équipe » , a répété à de nombreuses reprises le Kaiser. De Gerd Müller, ce sont finalement ses contemporains qui en parlent le mieux. Ceux qui ont vu de leurs propres yeux la machine qu’il était.

Il faut sauver le soldat Müller


Pour comprendre la reconnaissance que ses anciens collègues lui témoignent, il suffit de se rappeler ce qu’ils ont entrepris pour le « sauver » . Dépressif puis alcoolique, Gerd Müller a toujours bataillé avec ses démons, surtout une fois sa carrière terminée. À la fin des années 1980, son état empire, au point de tomber dans le coma pendant quelques jours. C'est alors que ses anciens coéquipiers volent à son secours. Beckenbauer, Hoeness, Maier et les autres lui promettent une place au sein du Bayern à vie à condition qu'il se reprenne. Müller accepte et part en cure de désintoxication. À son retour, ses copains tiennent leur parole et lui offrent un poste d'entraîneur. On lui promet aussi qu'il n'aura pas à parler ou à communiquer sur le sujet. Il sera protégé parce que ses amis l'aiment, mais aussi et surtout parce que sans lui, le Bayern Munich n'aurait pas quatre étoiles à son maillot. « Sans Gerd Müller, le Bayern ne serait pas le Rekordmeister » , a rappelé en 2015 Karl-Heinz Rummenigge à ceux qui auraient perdu la mémoire et qui pourraient juger trop sévèrement les actions de son ancien coéquipier.

Devoir de mémoire


La mémoire, Gerd Müller l’a malheureusement perdue il y a quelques années. «  Depuis un bon moment, M. Gerd Müller est très malade. Il souffre de la maladie d'Alzheimer. Depuis février 2015, Gerd Müller est suivi par des professionnels et est accompagné dans ces moments difficiles par sa famille. » C'est avec ces mots que le Bayern Munich a révélé le 6 octobre 2015 que son icône était gravement malade. En Allemagne, la nouvelle a provoqué une onde de choc. Comme s’il avait fallu que l’homme soit blessé de la plus cruelle des manière pour qu’on se rappelle la grandeur du joueur. Que l’artificier le plus célèbre du pays ne puisse se rappeler le bonheur qu'il a procuré à tout un peuple ressemble alors à une mauvaise punition. Pendant des semaines, pas une journée ne passe sans un hommage de joueurs ou d'anonymes à Gerd Müller. Même « Kalle » , pourtant peu enclin à dévoiler ses sentiments, avait confessé avec émotion : « Au sein du Bayern et surtout dans ma vie, Gerd Müller aura toujours une place à part. » À part, Gerd Müller l’a toujours été finalement. Footballeur formidable au physique improbable, attaquant prolifique à la technique peu orthodoxe, allemand à la crinière noir de jais, star réservée et millionnaire dépressif, Gerd Müller était tout et son contraire. Un joueur inclassable, hors du temps et unique. Il est facile d’oublier qu’il est le plus grand joueur du Bayern car lui coller une étiquette est impossible. Gerd Müller n’est pas un héros légendaire, et il n’a jamais été un « Kaiser » , mais le Bayern Munich lui est bel et bien éternellement reconnaissant.



Ronaldo, le Gerd MULLER du pauvre.
exactement.
On pourrais même aller plus loin et dire que Müller est l'anti Ronaldo.
En tout cas il y a pas photo entre les 2.
565 buts en 605 matchs avec le bayern.
mara donna des frissons Niveau : CFA
Ah les comparaisons à 50 ans d'intervalle, bon le foot a pas évolué, donc ça se tient...
Pour défendre un peu Ronaldo, il n'a pas toujours été dans la position du tueur devant le but faisant penser à Müller.

Après je vous rejoins, le Ronaldo actuel, et particulièrement celui des deniers mois, fait penser à Müller, l'humilité en moins...
Oui c'est bien connu a cette époque tout le monde claquait autant de buts.
Et puis le Bayern était entièrement à son service aucun mérite le gars.

Non c'est vrai que les comparaisons dans le foot c'est moyen, encore plus a des époques éloignées mais ça se fait néanmoins beaucoup.

Après, plus que de comparer le rendement, c'est surtout l'attitude, la personnalité qui sont opposés (c'est bon ? ça j'ai le droit de comparer ou suivant l'époque on est forcément un connard égocentrique conditionné par la société ?)


En même temps, Ronaldo n'a jamais joué au Bayern, tout comme Gerd Müller n'a jamais joué au Real...
mara donna des frissons Niveau : CFA
Pour être complet ta mission sera de trouver le Messi de l'époque qui rivalisait avec Muller...
Je suis perdu, on parle de quel Ronaldo?
J'ai pensé au brésilien directement, mais les autres commentaires parlent du Portugais...
J'ai pensé au Portugais parce qu'ils avaient été comparés dans je sais plus quelle émission, il y a pas très longtemps. Avec son repositionnement dans l'axe toussa toussa..
Pourquoi tant de haine Gerd MULLER est champion du monde et d’Europe avec 3 ligues des champions ... oui dans le rôle actuel de ronaldo le portugais ... il est largement supérieur (voir équipe du soir )
9 réponses à ce commentaire.
Si il y a bien une chose que je ne veux pas perdre ce sont les souvenirs... Je ne connaissais pas son histoire d'Alzheimer mais avec tout ce qu'il a vécu il y avait de quoi être heureux pour plusieurs vies.

En tout cas, n°1 légitime.
Quel bonne idée de mettre Gerd en Nummer eins !

Quel buteur extraordinaire, je ne pense pas me tromper en disant que c'est le seul joueur a avoir marqué en finale de C1, de l'Euro et de la coupe du monde. 68 buts en 62 sélections en arrêtant sa carrière internationale à 29 ans c'est irréel, très loin devant les Messi et les Ronaldo. Et puis sa coupe du monde 1970 à 10 buts, son année 1972 à 85 (!) buts... de purs chefs-d'oeuvre. Et dire qu'aujourd'hui son nom est systématiquement oublié lorsqu'on parle des plus grands joueurs de l'histoire...

Merci So Foot de l'avoir remis à la place qu'il mérite !
Ah, Gerd Müller ...

Suite à l'annonce de sa maladie, j'ai longuement rendu hommage à Der Bomber, en écrivant qu'il n'était pas qu'un buteur mais aussi un formidable passeur-remiseur, qu'il aimait faire des une-deux, jeu en triangle avec tous ses coéquipiers et qu'il était important dans la construction des attaques du Bayern et la RFA. Il ne restait pas dans la surface et attendre que ça se passe.

Mais ce que j'avais oublié de souligner aussi, c'est qu'il avait beau planter but sur but et battre tous les records, c'était aussi un attaquant qui se battait, pressait et défendait, très bien même, ce que des joueurs comme Messi, CR7 ou Higuain font très rarement (voire pas du tout). Des preuves ?

Regardez cette action, Ruud Krol de l'Ajax tape le sprint vers l'aile gauche et c'est Gerd Müller qui va au marquage


Dans la continuité de l'action, Gerd Müller se retrouve carrément latéral droit. Et au final, le Bayern obtiendra les 6 mètres, grâce au travail défensif de Gerd


Pareil, contre le Real Madrid en demi-finale de la C1 1975-76, il fait le marquage individuel et au final, il récupère et la donne à son gardien Sepp Maier


Toujours dans le même match, regardez-le faire le pressing


Regardez le joueur en blanc qui trottine et se met devant le porteur du ballon, c'est encore l'ami Gerd. Et sa récup' est parfaite


Encore plus fort, l'attaquant fait tout simplement un tacle défensif et il obtient la faute dans la foulée, formidable ce mec !


C'est pas pour rien qu'il est l'un des meilleurs attaquants toutes époques confondues. Et techniquement, il était loin d'être un manchot, au contraire, je trouve qu'on le sous-estime, son crochet court était dévastateur.
Voilà un but très rare, contre Hambourg saison 1976-77, on a l'impression qu'il danse dans la surface:


Avec ZizouGabor, le foot n'est jamais mort !
mara donna des frissons Niveau : CFA
Oui, bonjour ce serait pour commander la vidéo du fameux passement de jambes de Müller à la 23ème minute du match contre Hambourg en 1975.
Oui , vous avez 2 minutes.
En tout cas tu m'impressionnes...
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 4
Superbe choix d'actions qui mettent en lumière une facette cruciale et pourtant moins connue du talent de Müller.

Un grand bravo Zizou.
TheDoctor Niveau : CFA2
On ne badine pas avec Gerd !
im Herzen von Europa Niveau : District
très difficile d'imaginer la personne qui se cache derrière ce pseudo, et surtout derrières ces archives.

en tous cas tu me fait rêver à chaque fois. pour tout te dire je t'imagine vivre en robe de chambre, le cheuveux hirsute facon savant fou, des petites lunettes sur le bout du nez (a force de visionner des images des années 30-40-50...), dans un appart rempli de cassettes vidéos, de telles manières à ce que celles forment un labyrinthe impossible, sauf pour toi. je te vois, tu as tes petits trésors sur chaque joueur des 175 premiers pays dans le classement FIFA (on peut pas non plus tous les avoir, faut pas déconner), tu as des classiques, des improbables (faudra m'expliquer comment t'as retrouvé le gif ou müller part dans le coin faire le pressing au hollandais... improbable, au risque de me répeter), des inconnus, bref, y'en a pour tout le monde.

bref merci pour ces moments INA, ca nous met du baume au coeur ces instants Nostalgi.
im Herzen von Europa Niveau : District
c'était ma petite déclaration avant de partir en week-end.

merci de m'avoir écouté.
5 réponses à ce commentaire.
J'ai un énorme attachement pour ce joueur, bien que je ne l'ai pas vu jouer "live".
Il y'en a qqes uns comme ça. Ex: je conçois aisément la part de génie qu existe chez Bernardo Silva, mais je serai plus attiré par Lemar, qui me touche beaucoup plus. Ce n'est pas qu'une question de profil footbalistique, mais plus globalement ce qui émane de la personne.
Ah, zizougabor et ses récitals illustrés (et désormais illustres) de gifs.
Moustache gracias l'ami
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O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 8
Germulleur, c'est le monstre qui se cachait sous mon lit quand j'étais môme.
J'avais la trouille de retirer mes chaussettes parce que je craignais qu'il ne vienne me croquer les pieds ; du coup je me glissais sous les draps, j'ôtais mes chaussettes et je les jetais loin, bien loin contre le mur, pour que les Germulleur et ses chiens les mettent en charpie
La vérité, c'est que Gerd Müller n'a jamais mangé de chaussettes, en tout cas pas les miennes - je le sais puisque je les renfilais le lendemain et qu'elle ne sentaient pas la bave teutonne.
La vérité, c'est surtout que mon père haïssait Gerd Müller. Je vous passe la généalogie mais elle se forge évidemment dans les deux guerres qu'il n'a pas vécu, la défaite de Glasgow et forcément, Séville. Si je lui avais demandé pourquoi il détestait autant Gerd Müller, il aurait pu remonter jusqu'à Bismarck ou s'inventer un grand-oncle tombé à Verdun.

" Qu'est-ce qu'il y connait au foot, Germulleur ? Rrriiieenn ! Il a pas le physique, il a pas la technique, il a rrriiieenn !"

Il n'a jamais vu le génie de Gerd Müller, son incontestable grandeur. Gerd lui-même l'a oubliée, sa grandeur passée.
Il a oublié combien il était un génie du détail, un joueur à la précision chirurgicale, qui ne laissait jamais rien au hasard. Il a sûrement oublié qu'il chaussait des crampons une taille au-dessus pour gagner quelques centimètres de raccroc. Oubliée cette multitude d'adversaires qu'il a douché à froid, ces superbes promesses qu'il a tué dans l'oeuf, ces épopées qu'il a scrupuleusement assassinée sans même créer d'exploit.

Gerd Müller, c'est Barbe-Bleue + Le Cyclope + La Bête du Gévaudan en bikini.

Quand il y a une guerre, on craint les frappes atomiques, la barbarie des soldats, la mitraille militaire, mais l'on oublie toujours le microbe, l'arme bactériologique capable de décimer tout un peuple sans le moindre effet pyrotechnique.
C'est ça Gerd Müller. C'est le gluten pour les anti-gluten, c'est le pollen printanier des allergiques, l'acarien qui terrifie l'asthmatique, le sucre des diabétiques. Gerd Müller, c'est la petite souris insignifiante capable de rendre fous les plus antiques pachydermes.
Sauf que… si tu es de son côté, c'est qui Gerd Müller ?

Un mec humble qui a su forcer son talent. Un inadapté qui a redéfini le foot à sa mesure. La dernière pièce qui te reste dans la poche quand tu penses que t'es fauché. Bref, c'est un putain de miracle.
L'un des grands rêves que je nourris et que je n'accomplirais jamais, c'est de partager un plat de patates bouillies à la cantine de l'hospice avec Gerd Müller. Je lui rappellerai son doublé contre l'Italie 70, sa saison 72 de dingue où il explose les records en bundesliga avant de massacrer la Belgique et l'URSS à l'Euro, son année 74 où il remporte absolument tout, se permettant le luxe de crucifier la Pologne et les Pays-Bas, les deux plus belles promesses du moment.
Il n'a jamais aimé les promesses, Gerd, leur préférant les faits. On se souvient plus facilement de ce qu'on fait que de ce qu'on promet.
Il ne se souviendra probablement pas de tout ça, lui qui n'a jamais cherché à se faire reluire la légende. Alors je lui dirais que tout môme, je l'imaginais planqué sous mon lit près à me mordre, et il me sourira de toutes ses belles gencives.
@alegria
d'abord merci pour cette prose qui me met des frissons
deuxièmement je suis content qu'il soit 1er pour plein de raison en plus c'est pas le plus connu des "légendes" bavaroises des 70'S (pour le grand public)

tu n'es pas drôle le coup du croc mitaine je voulais l'écrire pour moi... sauf que c'est pas mon papa mais mes deux oncles (qui étaient à glasgow, qui m'ont donné le virus un soir d'aout 85)...j'ai du les saouler avec rep platini rossi kempes ils m'ont dis regarde des reportages, lis ces bouquins c'était un tueur (se sont eux qui m'ont aussi fais découvrir le coup de la pointure supplémentaire) effectivement les photos vue les images en noir et blanc cette barbe m'ont fait flipper...seville a pas aidé à être rassuré par ces allemands et lui en 1er (tellement fermé et taciturne) puis tu grandis tu ouvres les yeux tu comprends le foot et le génie apparait!

je ne pense pas qu'il y ait un autre grand club aussi "familiale" avec autant d'ancien aux postes important! c'est ça qui l'a sauvé il y a 30 ans un grand club à de la mémoire
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O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 5
Quand j'y pense, il y a pas mal de points communs entre Der Bomber et Garrincha. Pas sur le pré, mais humainement.
Deux physiques singuliers (Müller fut comparé à un haltérophile à ses débuts, on le surnommait "le petit gros"), deux personnalités atypiques (Mané le "simple d'esprit", Müller l'introverti bourré de tocs), deux natures simples et humbles, profondément inaptes aux mondanités. Deux monuments qui n'ont jamais chercher à faire fructifier leur légende, préférant abandonner leur part de gloriole à leurs plus clinquants coéquipiers.

Et puis c'était des mecs qui aimaient boire seuls. Des mélancoliques profonds, pour ne pas dire abyssaux, qui réservèrent leur part de joie au gazon. Leur soleil intime, ils l'ont tout entier sacrifié au football sans jamais chercher à marchander le prix de leur lumière.

Ils ont éclairé leur siècle comme personne et puis, sans un mot, sont retournés seuls dans leur nuit.
Pepèrearnaud Niveau : Ligue 1
Et puis c'était des mecs qui aimaient boire seuls. Des mélancoliques profonds [...]

Alcool comme condition sine qua non? (Sans anismosité ni ironie -> question formelle et à volonté pédagogique, :))
Pepèrearnaud Niveau : Ligue 1
NB: Alcool et/ou autres substances psychotropiques bien sûr.
2 réponses à ce commentaire.
Ce commentaire a été modifié.
Garrincha était beaucoup plus technique que Müller parce qu'à la base, c'était un ailier adroit. Il a eu une vie privée beaucoup plus tumultueuse : au mois 8 mariages officiels et une dizaines d'enfants reconnus ou non reconnus.

Gerd avait un instinct de buteur-né : il flairait toujours la bonne distance, le bon emplacement, l'endroit où le ballon aller tomber ou rebondir... pour "scorer", malgré un physique quelconque et une technique fruste et très limitée. En France, et toutes proportions gardées, Papin avait le même instinct de buteur.
Note : 4
On disait de Sugar Ray Robinson que son épitaphe aurait pu être, "Il se croyait danseur, il n'était que boxeur, mais le plus beau et le plus grand".

En lisant l'article et la comparaison d'Alegria entre Mané et Gerd, j'ai pensé à Robinson. Le meilleur boxeur du monde, le plus gracieux, le plus complet, celui qui sert encore de mètre (et de mâitre) étalon pour juger la qualité pugilistique des contemporains (la boxe étant sans doute le sport qui se prête le mieux à la comparaison inter générationnelle). Le GOAT.

Il y a ça chez Muller. Der Bomber. Le bombardier. Un surnom qui irait très bien à un boxeur (Joe Luis était surnommé le Bombardier Noir). Un mot qui est utilisé en Italie pour qualifier un attaquant qui plante avec régularité. Batistuta, Vieri, Crespo étaient qualifiés de "bombers".
Gerd restera à jamais le Bomber.

Le stéréotype du renard des surfaces, de l'attaquant efficace, sans fioritures, dont toute l'énergie est tournée vers le but, le seul objectif valable.

Mon père m'évoquait Ray Sugar Robinson avec les yeux qui brillaient d'émotion, 40 ans après. Il s'agissait d'une figure mythique, d'un héros de contes, un Soundiata Keita chanté par les griots aux coins du feu dont les exploits sont transmis oralement de génération en génération.

Il mettait des triplés du gauche, trois coups de poings d'affilés du même bras, le troisième renfermant encore assez de foudre pour terrasser l'adversaire.

Lorsque j'ai découvert Youtube un de mes premiers réflexes a été d'aller vérifier si la réalité était fidèle à la légende. Elle la surpassait.

En vous lisant je m'aperçois que Gerd vous a accompagné enfant, que sans l'avoir vu jouer (à part Zizou Gabor bien sûr qui l'a convaincu d'arrêter le volley-ball pour se mettre sérieusement au foot), votre imaginaire est imprégné de ce personnage, de ses exploits et de la trace indélébile, traumatisante, qu'il a laissé chez ses contemporains.

Qu'il est triste de constater que ces génies, une fois leur carrière terminée (trop tard, bien trop tard pour Ray) se sont sentis inutiles.

Rejetés par une réalité dont il devait juguler la mesquinerie quotidienne.

Quand vous avez marqué en finale de coupe du monde et de l'euro dans un stade plein qui scande votre nom, quand vous avez boxé 25 fois au Madison Square Garden, terrassé La Motta, Kid Gavilan ou Randy Turpin, qu'il doit être difficile à un âge où pulse encore la soif de vivre de se ranger.

J'ai rencontré à de nombreuses reprises André Bellaiche, l'ancien membre (chef?) du gang des postiches, qui m'avait fait la même impression.

Leur vie était dictée par des montées d'adrénalines, que nous ne connaîtrons jamais, sans cesse renouvelées, alliées à la reconnaissance du travail bien fait, qui apaise l'âme et vous permet de jouir sans entraves de la réussite.

Et d'un coup ça s'arrête. Plus rien. Plus d'odeur de cuir, de sueur ou d'herbe. Plus d'appréhension la veille du match, plus cette sensation d'exceller dans le domaine de son choix, et dans le cas des sportifs, d'apporter de la joie.

Cuss D'Amato avait dit à Tyson la veille de son premier combat: "Ce soir tu ne dormiras pas, tu imagineras ton adversaire plus grand, plus fort, plus féroce qu'il ne l'est réellement. Ne t'inquiète pas, ça sera pareil pour lui. L'important est que au moment où la cloche retentit, toutes ces pensées se dissipent. Il n'y a qu'une réalité. C'est le combat".

Plus de combat, donc plus de réalité.

L'obligation presque physique de chercher un succédané, pour apaiser un cerveau trop habitué aux sucreries.

Donc l'alcool, la drogue, les femmes. L'énergie qui consume un corps et un esprit qui ne rendent plus les coups.

Sugar Ray est mort d'Alzheimer après une lente déchéance. Il n'a trouvé personne pour le protéger, pour l'épauler, pour le prévenir. La boxe est un sport solitaire et le milieu foncièrement malhonnête.

Gerd a eu cette chance.

Il nous appartiens de ne pas les oublier et de ne pas les juger.
Superbe, ta description de l'impossible confrontation du vide face auxquels se retrouve ceux qui ont tout donné sans réserve à leur art.
Note : 1
Merci Samo :

pour aller plus loin concernant le suave de tous les pugilistes

https://fansdeboxe.wordpress.com/2015/0 … -robinson/
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Le grand Puskas, lui aussi, est mort d'Alzheimer.
6 réponses à ce commentaire.
gaucherforever Niveau : CFA2
Ne parle t on pas là du plus grand buteur de tous les temps tout simplement ?
c'est fort possible! est ce une héresie si je dis que trézeguet et pippo sont dans sa lignée ?(dans le jeu je parle la façon de marquer )
gaucherforever Niveau : CFA2
J ai longtemps détesté Pippo...puis sur sa fin j ai compris qu il était un buteur d exception.
Trezeguet ,je persiste à penser qu on l a délaissé en bleu alors qu il est un buteur unique.
Ce commentaire a été modifié.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Les meilleurs ratios sélections/buts

Poul Nielsen: Danemark 52 38 1,37
Sándor Kocsis: Hongrie 75 68 1,10
Gerd Müller: RFA 68 62 1,10
Ferenc Puskás Hongrie 84 85 0,99

Just Fontaine est hors-concours avec 1,42 :30 buts mais sur 21 sélections seulement.
3 réponses à ce commentaire.
J'ignorais qu'il était atteint de la maladie d'Alzheimer, c'est d'autant plus tragique. En tout cas, les vrais amoureux du football, même ceux qui n'étaient pas là quand il jouait, n'oublieront pas cet immense joueur.
Toujours un plaisir de lire la plupart des commentaires, on est gâtés.
Pourquoi der Bomber a-t-il arrêté sa carrière internationale à 29 ans comme le signale l'article ?
De ce que j'ai lu, il était en froid avec la DFB, il estimait que la prime à la victoire de la RFA était trop faible par rapport aux gains de la fédé allemande (il n'était que footballeur, il n'avait pas de sponsor hors équipementier sportif, beaucoup de joueurs, comme Beckenbauer, touchait des fortunes dans le business des assurances).
Et Gerd Müller était un mec simple, tout ce qu'il voulait c'était passer plus de temps avec sa famille (sa fille a 3 ans en 1974) et se concentrer à faire grandir encore le Bayern Munich, lui qui avait déjà gagné le mondial et l'Euro avec la RFA. Il en avait assez des déplacements, tout simplement.
1 réponse à ce commentaire.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Où est passé Franz, il n'intervient plus ?
Voir son homonyme en deuxième place a peut-être eu raison de sa patience vis-à-vis de l' "esprit" SF ^^
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Manquerait-il de second degré ?

En même temps, si dans un top des plus grand danseurs qui ont marqué l'histoire, je n'étais pas numéro un, je l'aurais peut-être mauvaise moi aussi !
2 réponses à ce commentaire.