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Les 50 joueurs qui ont écrit l'histoire de Manchester United (du 50e au 30e)

Dans l'histoire de Manchester United, il y a eu de sacrés numéros 7, mais pas seulement. De Brian Kidd à David Beckham, en passant par Paul Scholes, Duncan Edwards et Ruud Van Nistelrooy, plongée dans l'histoire des Red Devils.

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#50: Bebé

Dans la grisaille de l’automne 2010, Tiago Manuel Dias Correia a beau répéter à son interlocutaire son nom et son prénom, l’homme qui lui fait face en a un peu rien à faire. Pour Sir Alex Ferguson, ce sera Baby. Point barre. De toute manière, l’entraîneur écossais a déjà compris qu’il s’était fait rouler par celui qu’il considère alors comme « le meilleur agent » , Jorge Mendes. Une farce à neuf millions d’euros qui passera rapidement au-delà d’une histoire qui avait tout du beau roman : un gamin abandonné par ses parents, élevé en orphelinat, repéré dans un festival international de foot de rue destiné aux démunis et aux sans-abris organisé en Bosnie avant de rejoindre l’Estrela da Amadora en troisième division portugaise. Puis, il y a donc eu le Vitoria Guimarães et le début de la saga Bebé. Dans son autobiographie, Fergie reconnaîtra même n’avoir jamais vu jouer le jeune portugais avant de le recruter et lâchera même cette anecdote : « Nous avons vu Hazard mais nous avons recruté Bebé. » Au total, ça donnera sept apparitions en équipe première, une première journée où Ferguson lui demandera de se couper les cheveux et un petit pont glissé à Ryan Giggs. Assez pour voir le Gallois se retourner : « Vas-y, va dire à ta mère que t’as fait ça à Ryan Giggs. » MBr


#49: Adrian Doherty

D’aucuns parlent de lui comme d’une étoile filante. D’autres, d’un génie au talent incommensurable dont le destin a tragiquement basculé. Gary Neville, lui, affirmait qu’ « il était d’un autre monde » . Adrian Doherty n’a pas disputé le moindre match professionnel pour Manchester United mais son nom résonne encore aujourd’hui comme l’une des plus grandes promesses passées dans les catégories jeunes du club. À l’aube des 90’s, le gamin originaire de Strabane, en Irlande du Nord, est très vite annoncé comme le diamant tant attendu depuis George Best.

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Signé par Ferguson après quinze minutes d’essai, celui qu’on surnomme le « Doc » s’engage à seulement quatorze ans. Réputé meilleur que Giggs et si véloce « qu'il pouvait attraper des pigeons » , il rejoint l’équipe première deux ans plus tard. Mais à quelques jours d’honorer sa première titularisation, Doherty se rompt les ligaments croisés. Une première fois avant une deuxième sept mois plus tard. Le sort s’acharne et le gamin fan de Bob Dylan et de guitare ne s’en remettra jamais. Au terme d’une vie d’errance, il chutera dans l’un des nombreux canaux d’Amsterdam dans des circonstances obscures bien des années plus tard. Et s’en ira la veille de ses vingt-sept ans. Forever young. HS


#48: Brian McClair

Brian McClair est presque une star sur YouTube. Sur les multiples vidéos du célèbre but d’Eric Cantona contre Sunderland en 1996 (la feuille morte dans la lucarne, Lionel Perez les bras ballants, Cantona en matador, vous voyez forcément), il apparaît furtivement, de dos, numéro 13. C’est lui qui fait le une-deux avec l’attaquant français. Quelques secondes après, c’est aussi le premier à venir féliciter Cantona, et à le sortir de son égotrip. Voilà ce qu’il reste, aujourd’hui, de la carrière de McClair à United. Pourtant, elle fut faste. Attaquant, puis milieu offensif, puis milieu relayeur, puis milieu remplaçant, il passera onze ans au club. Bilan : 126 buts. Et une passe décisive, donc. MB

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#47: Lee Sharpe

« Je crois qu’il aimait me détester...  » Quand Lee Sharpe s’épanche aujourd’hui à propos d’Alex Ferguson, c’est avec une pointe de ressentiment et le poids d’une culpabilité jamais vraiment totalement assumée. L’élégant gaucher aurait pu être Ryan Giggs. Les mêmes courses folles, les dribbles déconcertants, une élégance et un style à part, des célébrations insolites aussi. Sauf que le destin a voulu qu’il noie sa carrière dans des excès en tous genres. Tout est parti vite, trop vite. Arrivé à United pour 180.000 £ (record pour un stagiaire à l’époque), Sharpe vit l’acmé de sa carrière lors de sa troisième saison (1990-1991) alors qu’il n’a que dix-neuf ans. Un hat-trick contre Arsenal en League Cup à une époque où la compétition signifiait encore quelque chose, un rôle majeur joué dans la Coupe des vainqueurs de Coupe (une talonnade magique contre Barcelone en demie), le titre de Young Player of the Year et une première sélection chez les Three Lions dans la foulée. Avant la chute. Les éclosions de Giggs et Beckham le réduisent progressivement au statut de joueur d’appoint. Rattrapé par son hygiène de vie et les beuveries, l’Anglais se brûle les ailes après un coup monté des tabloïds où il confesse dans un jacuzzi consommer du cannabis, de la cocaïne et autres substances illicites. La sortie de route de trop pour Fergie qui le cède lors de l’été 1996 après huit années de service. Non sans une once de regrets. HS

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#46: Martin Buchan

La référence glissée à cet instant par le mythique John Motson est longtemps passée inaperçue. Alors que le capitaine du Manchester United de Tommy Docherty grimpe les marches de Wembley pour soulever la version 77 de la FA Cup après un succès contre Liverpool (2-1), le commentateur de la BBC lâche ces mots savoureux : « Qu’il est parfaitement approprié de voir un homme dont le nom est Buchan grimper ces trente-neuf marches pour récupérer le trophée. » Le clin d’oeil fait au roman de John Buchan ne pouvait pas mieux résumer qui était Martin Buchan. Tout simplement parce que Buchan à United, c’était l’élégance - aucune exclusion, cinq jaunes reçus en onze saisons (1972-83) -, une vision singulière de la fidélité en restant au club un an après son arrivée en provenance d’Aberdeen malgré la relégation en deuxième division, une image, une culture, un cerveau mais surtout le patron d’une époque où rien n’était simple mais où tout était une question de style. La preuve, l’histoire raconte que personne n’a jamais vu Martin Buchan en survêtement. Ou comment prendre la vie avec la classe aux chevilles. MBr

#45: Nicky Butt

Des membres de la fameuse « class of 92 » , Nicky Butt n’était pas le plus doué, pas le plus sexy, pas le plus célèbre. Mais il était le plus précoce, de loin. En novembre 92, deux ans avant les Beckham, Scholes ou frères Neville, il fit ses débuts en Premier League. Et dévoila d’emblée ses qualités. Coureur, accrocheur, tacleur, Butt ne fut jamais le véritable patron du milieu de terrain de Manchester, mais, aux côtés d’Ince, Keane ou Scholes, il fut un très bon N°2 et un superbe n°3. En vrai, c’est à la bagarre que Nicky était le N°1. Né à Gorton, quartier du nord Manchester, et dans une famille de durs à cuir, l’autre rouquin de United rentrait rarement à vide d’une virée au pub. Comme cette fois où des petits malins s’étaient aventuré à piquer la moto de son père...MB

#44: Paul McGrath

« Paul McGrath était plus fort que Tony Adams et John Terry réunis » dit récemment Ron Atkinson, l’homme qui fit venir l’Irlandais à Old Trafford en 1982. Et comment lui donner tort ? Sur le terrain, McGrath était une bête d’agressivité, d’explosivité, de ténacité, plus fin qu’il n’y paraissait avec le ballon. Hors du terrain, McGrath était le chaos. Plus retord que Terry. Plus alcoolisé qu’Adams. Abandonné par son père, placé à l’orphelinat par son mère, horrifiée que sa famille découvre qu’elle avait eu un enfant hors mariage, avec un homme de couleur qui plus est, McGrath rencontra l’alcool à l’âge de 18 ans et ce fut un coup de foudre. Entre 82 et 89, l’Irlandais était l’un des piliers de l’équipe, mais surtout le patron de la drinking culture qui habitait le club. Le cercle était vicieux. Plus McGrath buvait, plus il se blessait (au genou habituellement), plus il avait de temps pour boire. Et, quand il jouait, McGrath veillait à ne jamais crier trop fort. Histoire que ses partenaires et adversaires ne puissent sentir son haleine. Après de multitudes clashes et amendes, Ferguson finit par le vendre à Aston Villa en 89. Non sans regret. « Sans alcool, Dieu seul sait jusqu’où il serait allé ! » MB

#43: Robin van Persie

Entre Robin van Persie et Manchester United, l’amour a duré 3 ans. Mais la passion s’est éteinte au bout d’une saison. Arrivé à Old Trafford en mettant les formes - « le petit garçon en moi m’a crié de jouer pour Manchester United »  - et avec le numéro 20 dans le dos, le transfuge d’Arsenal a été le dernier héros de l’ère Ferguson. Celui qui a offert à l’iconique manager écossais son ultime couronne nationale.

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Attaquant racé, pied gauche soyeux, déplacements exquis et efficacité clinique, l’esthète néerlandais a suspendu le temps à plusieurs reprises au cours de l’exercice 2012-2013. Comme ce soir d’avril 2013, face à Aston Villa, où d’une reprise de volée somptueuse, Sa Majesté Robin donna le vingtième titre de champion aux Red Devils. Une merveille. La suite, sous Moyes puis Van Gaal, sera moins étincelante. Mais les souvenirs sont éternels. HS


#42: Charlie Mitten

C’est loin, très loin, d’Old Trafford que Charlie Mitten devint un personnage du folklore mancunien. A l’été 1950, l’équipe, alors entraînée par Sir Matt Busby, embarque pour une tournée de douze matches en Amérique du Sud. Là-bas, les joueurs de United sont accueillis en héros et jouent dans des stades pleins à craquer. Mitten comprend alors l’impact global du football. Il réalise surtout que les limitations salariales imposées aux clubs européens par la FIFA (12 livres par semaine de salaire maximum) n’ont pas grand sens et qu’il y a de l’argent à se faire en jouant en Amérique du Sud. Alors pourquoi ne pas filer à l’anglaise ? Mitten ne prendra jamais l’avion de retour vers Manchester et s’engagera en douce en avec l’Independiente de Santa Fa à Bogota, contre une prime à la signature de 5000 livres et un salaire hebdomadaire de 40 livres. Au final, l’escapade durera une saison. Assez pour devenir The Bogota Bandit, le tout premier footballeur mercenaire. Assez aussi pour que Manchester United réalise que ce Mitten avait quand même un joli talent de buteur (50 buts en 142 matches). Et qu’il aurait bien mérité une petite augment’. MB

#41: Jack Rowley

Il ne l’a pas choisi, mais le tort de Jack Rowley est d’avoir brillé à la mauvaise époque. Celle de l’ère pré-moderne de Manchester United où Matt Busby s’est évertué après la Seconde Guerre mondiale a posé les fondations de ce que deviendra son club chéri. Arrivé en 1937 dans le nord de l’Angleterre, Rowley aide les Red Devils lors de sa première saison complète à retrouver la First Division pour la première fois depuis 1931. Le championnat étant arrêté durant la guerre mondiale, il se fait remarquer pour sa participation au fameux jour du débarquement en Normandie en juin 1945. D’abord ailier gauche, le Britannique se mue progressivement en un redoutable finisseur quand la compétition reprend. Surnommé « Gunner » (l’artilleur) en raison des caramels qu’il envoie de sa patte gauche, il se montre décisif lors de la FA Cup remportée contre le Blackpool de Stanley Matthews en 1948 et du titre de champion raflé quatre ans plus tard où il forme un duo prolifique avec l’Écossais Jimmy Delaney. Au total, Rowley claquera 211 buts en 424 rencontres. De quoi mériter une place de choix dans l’histoire. HS

#40: Steve Bruce

Steve Bruce, c’est d’abord un physique, hautement improbable. Au milieu du visage, un nez tordu, écrasé, un nez de rugbyman sur un corps de footballeur amateur, entretenu à la meat-pie et au porridge. Mais c’est surtout un but. Ou plutôt deux. Deux buts marqués de la tête, contre Sheffield Wednesday, en avril 1993, alors que le titre de champion était, une nouvelle fois, en train de s’échapper. Ce jour là, Steve Bruce, défenseur de devoir, sans relance, sans aucune sélection en équipe d’Angleterre (scandale incommensurable) mais avec un coeur comme ça, inventa le Fergie Time. Ce jour là, il mit surtout Manchester United sur la route de son premier titre de champion depuis 1967, le premier de l’ère Ferguson. Un titre magnifique. Avec un nez tout tordu. MB

Seve Bruce Goal Against Sheffield Wednesday

#39: Gary Pallister

Qu’il soit à côté de Steve Bruce dans ce classement est une évidence. Qu’il soit juste devant lui, aussi. Dans cet attelage improbable mais sympathique, qui incarna Manchester United pendant de longues saisons, au début des 90’s, Gary Pallister était sans doute le moins lent, le moins pataud, le moins moche. En vrai Gary Pallister avait même un peu du talent. La preuve, Ferguson n’hésita pas à investir 2,3 millions de livres, record pour un transfert entre clubs anglais, pour l’arracher à Middlesborough en 1989. La preuve encore, Gary Pallister fut élu joueur de l’année en Angleterre en 1992. Encore besoin d’une preuve? A Anfield, en avril 1997, Pallister marqua deux buts de la tête dans un match de championnat décisif. Ca ne vous rappelle personne ? MB

#38: Darren Fletcher

Se souvenir de Darren Fletcher, c’est avant tout l’écouter : « J’aime le fait de jouer contre les meilleurs joueurs du monde et il y en a beaucoup en Premier League. Je vois combien ils sont bons, mais quand nous les jouons, je me dis : "Bon, je vais voir à quel point vous l’êtes vraiment. Fàbregas, Lampard et Gerrard, je vais vous défier et voir si vous allez aimer ça. Quand vous n’aurez pas le ballon, je serai derrière vous et verrai si vous allez apprécier ça. Je vais vous demande : voulez-vous vivre ça ? Aimez-vous prendre des coups ? Aimez-vous le fait que je vais être sur votre dos pendant 90 minutes ? Dès que vous aurez la balle, je serai face à vous." » L’histoire entre l’international écossais et Manchester United aura duré vingt ans. Vingt ans durant lesquels Fletcher se sera appliqué à être à part. Au fond, on se dit que c’est ce qu’il voulait : vivre dans le silence, combattre à l’ombre et effacer le un pour faire briller le tout. Alors, on gardera sa saison 2008-09 au bout de laquelle il manquera cruellement la finale de la Ligue des Champions mais aussi le soutien appuyé de Ferguson au moment où une rectocolite hémorragique le coupera dans l’élan qu’il avait pris avec Michael Carrick. Terrible mais éternel. MBr


#37: Jaap Stam

Trois ans, c’est court. Mais trois ans, c’est aussi la durée moyenne d’une romance. Jaap Stam, c'était la musique et les images, le regard et les actes. L’objectif de son recrutement était simple : remplacer Gary Pallister et repartir pour une décennie avec un défenseur impérial en dernière ligne. Il était grand, imposant, international et aimait défendre mieux que personne. Comment marquer son territoire ? Simple, en réalisant un triplé au bout de sa première saison, en remportant trois titres de champion d’Angleterre en trois ans et une Coupe intercontinentale à Tokyo. Puis, un jour, Sir Alex Ferguson a pensé qu’il était sur le déclin sans se rendre compte que Stam était simplement en train d’évoluer. « Il s’agit de l’une de mes plus grandes erreurs en tant que manager. Heureusement, je n’en ai pas fait beaucoup mais celle-ci en fait partie » , confie Fergie dans son autobiographie. Jaap Stam est donc parti à la Lazio en 2001 sans profiter d’adieux qu’il aurait, lui aussi, mérité. La relation s’est arrêtée sur le parking d’une station-service, après une conversation avec un Ferguson qui n’aurait pas apprécié la sortie de l’autobiographie Head to Head de Stam. Brutal. MBr

#36: Brian Kidd

C’est surtout en tant qu’entraîneur adjoint d’Alex Ferguson, en charge d’animer les séances d’entraînement, de cajoler les remplaçants et susceptible d’aller célébrer un but à genoux au beau milieu de la pelouse d’Old Trafford, comme ce jour d’avril 1993, que l’on se souvient généralement de Brian Kidd. Pourtant, l’enfant eut une belle carrière de joueur. Né à Manchester, formé à United, Brian Kidd, attaquant racé, capable de faire le dribbleur sur un côté, était titulaire à 19 ans en finale de la Coupe d’Europe 1968, aux côtés de George Best. Ce soir là, en prolongations, il inscrivit même le dernier but d’United (4-1, contre Benfica), d’une jolie double tête. Ce qui nous oblige à poser la question suivante: bordel, Brian, qu’est-ce que tu fous dans le staff de Guardiola à Manchester City ? MB

Sir Alex Ferguson and Brian Kidd celebration against Sheffield Wednesday

#35: Shay Brennan

De la formidable épopée européenne victorieuse en 1968, l’histoire retient avant tout Matt Busby et son éclatante « Saint Trinité » emmenée par Best-Charlton-Law. La lumière étant déjà accaparée, d’autres à l’instar de Shay Brennan ont endossé les costumes des hommes de l’ombre. Un défenseur unanimement apprécié pour sa longévité et sa régularité durant treize ans à Old Trafford. Formé à Manchester, homme de confiance et joueur de devoir par excellence, le « Busby Babe » a surtout étrenné le maillot mancunien avec les pros lors du premier match du club après la tragédie de Munich., contre Sheffield Wednesday en FA Cup (19 février 1958). Une nuit à la saveur particulière, chargée émotionnellement, au cours de laquelle l’Irlandais marque à deux reprises. Le reste, c’est 355 matches au compteur, deux championnats glanés et deux FA Charity Shields. Sans oublier que Brennan est devenu le premier joueur de l’histoire de United à percevoir une pension de la part du club une fois sa carrière terminée. HS

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#34: Dennis Viollet

Dennis Viollet n’aura eu que le silence pour réponse. À ses côtés, quelques minutes plus tôt, il y avait Bobby Charlton. La suite est connue : une aile d’avion qui embrasse un réservoir de pétrole, la grisaille, la faible lumière, les mots de Matt Busby qui espérait une fin rapide sur son lit d’hôpital, les huit morts, le 6 février 1958… Dennis Viollet n’est pas mort lors de la catastrophe de Munich. Alors, il s’est relevé, a repris la route et aura marqué, encore marqué, toujours marqué. Comme lors de la saison 1959-60 où il deviendra le meilleur buteur du club sur une saison. 32 buts en 36 matches. Au moment de citer les meilleurs attaquants de l’histoire de Manchester United, Viollet est trop souvent oublié, injustement. Sa fille, Rachel, a donc fait un film sur sa vie - Dennis Viollet - A United Man (2016) -, histoire de lui redonner la place qu’il mérite aux côtés de Law, Van Nistelrooy et des autres. MBr

#33: Ruud van Nistelrooy

Il y a plusieurs manières de résumer le passage de Ruud Van Nistelrooy à Manchester United. Les chiffres d’abord, qui témoignent de l’insatiable soif de but du crevard d’Oss. 150 buts en cinq saisons. Il y a aussi ce duel à distance avec Thierry Henry. Le tout à une époque où le Français marchait sur la Premier League, Van Nistelrooy semblait souvent être le seul à pouvoir lui tenir la dragée haute. Moins esthète, mais tout aussi létal, Van Nistelrooy semblait vivre pour le but plutôt que pour le beau geste. Et si ce duel est resté dans les mémoires, c’est que Ruud symbolisait avant tout un Manchester United qui refuse d’abdiquer face à des Gunners quasi-intouchables. 24 octobre 2004, un an après s’être fait chahuter par les hommes de Wenger après avoir raté un penalty à la dernière minute de la célèbre Battle of Old Trafford, Van Nistelrooy a l’occasion de se faire justice lui-même. Il ne tremble pas, puis exulte, en criant, à genoux. L’invincibilité des Gunners aura duré 49 matches. Et pas un de plus. « J’ai revu les images de ma célébration après le match, et j’étais un peu embarrassé. Mais cela montre à quel point cela comptait pour moi. » Et pour tous les supporters des Red Devils. PP

#32: Patrice Evra

« Si vous n’êtes pas intéressé par l’histoire de ce club, vous ne pouvez pas comprendre l’importance de porter ce maillot » . Si Patrice Évra a longtemps entretenu une relation tourmentée avec la tunique bleue, il n’en a rien été sous celle écarlate de United. De son baptême du feu brutal lors d’un derby de Manchester en janvier 2006 jusqu’à son départ, le Frenchy a vécu huit années immaculées avec un principe fondamental martelé sans relâche : faire honneur à ce maillot qui avait fini par être cousu sur son corps. Un écusson embrassé fièrement à 379 reprises, faisant de lui le joueur tricolore le plus capé dans l’histoire du club mancunien et un cadre immuable au point de devenir vice-capitaine.

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Complément idéal de Cristiano Ronaldo lors de ses années en tant qu’ailier virevoltant, la grande gueule de Patrice a participé activement à la dernière page glorieuse des Red Devils avec treize trophées majeurs dont cinq championnats d'Angleterre et une Ligue des champions. Élu meilleur latéral gauche du monde en 2009, il a surtout marqué de son empreinte Manchester par sa loyauté indéfectible, son franc-parler, ses facéties ou encore ses punchlines contre Arsenal. Fergie disait souvent que «  les arrières gauches sont comme les oiseaux rares  » . À Old Trafford, Evra était de ceux-là. HS

#31: Norman Whiteside

Jusqu’où aurait-il pu aller? Comme tous les joueurs de talent plombés par les blessures, Norman Whiteside a suscité pendant des années les regrets les plus fous. Encore aujourd’hui, certains fantasment. Mais comment ne pas les comprendre? Gamin de Belfast, comme Best, repéré par le dénommé Joe Brown, comme Best, Whiteside avait la technique, l’instinct du buteur, la classe et la vitesse. Mais il avait aussi la poisse. A 15 ans, un kiné barbare le blessa pour toujours à l’aine en lui infligeant des massages trop violents. A 16 ans, il se brisa les ligaments du genou dans un match amical. Mais Whiteside s’accrocha. Quelques jours avant son dix-septième anniversaire, il fit ses débuts en équipe première, puis enchaîna les titres honorifiques. Plus jeune buteur de l’histoire du club. Plus jeune buteur en finale de Coupe de la Ligue. Plus jeune buteur en finale de la FA Cup. Plus jeune titulaire en Coupe du Monde, avec l’Irlande du Nord. Plus jeune joueur, aussi, sans doute, à refuser à pont d’or du Milan AC. Mais la poisse finit par revenir. A 22 ans, alors qu’il venait déjà de disputer sa deuxième coupe du monde, Whiteside se blessa à nouveau grièvement au genou. Plus lent, plus torturé, plus fêtard aussi, il recula au milieu de terrain, continua à étaler la classe folle qui fit un jour dire à Alex Ferguson qu’il fallait le classer «  dans la catégorie des génies » , mais il ne revint jamais vraiment à son niveau. A 24 ans, Whiteside signa pour Everton. Deux ans plus tard, game over. MB

#30: Nemanja Vidic

Ah, la poésie. « Nemanja, woah-oh, Nemanja, woah-oh. He comes from Serbia, he’ll fucking murder ya...  » La Stretford End a souvent eu l’art de jouer avec les rythmes et les mots. Nemanja Vidić, lui, avait aussi son registre : les tacles glissés, ses dents cassées, ses coups de coude et sa gueule de tueur que même la chapka installée sur sa tête lors de la finale de C1 2008 ne parviendra pas à adoucir. C’était un guerrier naturel, un fils de l’ex-Yougoslavie, un mec qui aura demandé un jour à Ferguson de partir au Kosovo et qui soulèvera le dernier titre remporté par Sir Alex en 2013. Car oui, Vidić était aussi un patron aux côtés de Rio Ferdinand et devant Edwin Van der Sar. Le premier jour, pourtant, le Serbe s’était fait bouger dans tous les sens à Blackburn (3-4) avant de tuer l’ensemble de son été 2006 dans les salles de Carrington. La suite appartient à la légende. Et aux grosses lames, forcément. MBr


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