Et Bobby inventa Charlton

Dans l'histoire de Manchester United, il y a eu de sacrés numéros 7, mais pas seulement. De Brian Kidd à David Beckham, en passant par Paul Scholes, Duncan Edwards et Ruud Van Nistelrooy, plongée dans l'histoire des Red Devils. Place aujourd'hui au numéro 2 de ce top : Sir Bobby Charlton.

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#2: Bobby Charlton

«  La souffrance est toujours là. Bien au fond. Vous ne vous en débarrassez jamais. Elle fait partie de vous. Vous êtes seul et d’un coup, sans prévenir, elle revient. Alors, vous pleurez.   » Sur la poitrine, des marques. Le long des côtes, des cicatrices. La démarche est lente. Le tableau est pénible. L’homme peine à marcher, mais il refuse de s’aider d’une canne. Alors, pour rejoindre son bureau, il s’appuie difficilement sur les murs délimitant les couloirs. Matt Busby veut se remettre au travail. Hier, il ne voulait pas rouvrir ses cahiers, mais sa femme, Jean, l’a convaincu par ces mots : «  Ce ne serait pas juste pour ceux qui ont perdu quelqu’un qu’ils aimaient. Je suis sûre que ceux qui sont partis auraient voulu que tu continues. » Busby est resté à l’hôpital pendant dix semaines. Il a prié pour mettre fin à ses jours et aurait préféré, un temps, ne jamais rouvrir les yeux ce 6 février 1958.


La douleur est trop intense, les images aussi. Et les noms, encore les noms, ceux que l’on est venu lui énumérer sur son lit à l’établissement Rechts der Isar de Munich au fil des jours : Walter Crickmer, Bert Whalley, Tom Curry, Roger Byrne, Tommy Taylor, David Pegg, Eddie Colman, Mark Jones, Geoff Bent, Duncan Edwards, Frank Swift, H. D. Davies, Tom Jackson, Henry Rose… 21 noms au total. Le secrétaire de Manchester United, deux adjoints de Busby, des joueurs, des journalistes. Et, dans le silence d’Old Trafford, Matt Busby a craché à travers les haut-parleurs surplombant la foule de supporters réunis depuis plusieurs jours autour du Théâtre des Rêves. Celui où Manchester United était en train de bâtir l’une des équipes les plus redoutables d’Europe. «  Ladies and gentlemen, je vous parle depuis l’hôpital de Munich. » L’entraîneur de Manchester United n’est pas mort. C’est un miraculé.

Pourquoi moi ?


Le 6 février 1958 était un lendemain de fête. Manchester United venait d’assurer sa qualification pour la demi-finale de la Coupe d’Europe des clubs champions, sa deuxième consécutive, après un nul à Belgrade contre l’Étoile rouge (3-3). Avec Busby, les Red Devils avaient déjà remporté trois titres de champion d’Angleterre (1952, 1956, 1957) et développé la volonté féroce de marcher sur l’Europe du foot. Sauf que ce jour-là, l’avion qui ramène l’équipe à Manchester ne décollera jamais, terminant sa course dans une maison lors d’un troisième essai fatal. On connaît la suite : une aile qui embrase un réservoir de pétrole, des morts, de la neige, des images dans les cinémas britanniques, des journaux noircis, la mort de Duncan Edwards, la pudeur de l’histoire. Il était 15h03 quand tout s’est arrêté.


Le milieu offensif Liam Whelan aura même lâché au moment du décollage : «  C’est peut-être la mort, mais je suis prêt.   » Dans les décombres, une mèche aura résisté. Le symbole d’une génération, un gamin de vingt ans repéré cinq ans plus tôt par le recruteur de Manchester United, Joe Armstrong, où il deviendra un membre des Busby Babes. Bobby Charlton vient de voir la mort : « Je me suis dit : "Pourquoi moi ? Pourquoi suis-je encore ici sain et sauf avec une petite éraflure à la tête ? C’est injuste !" Il m’a fallu énormément de temps pour me remettre de tout cela. » Sa mère racontera quelques années plus tard qu'elle n'entendra plus jamais Bobby rire. Comme pour Busby, le personnel de l’hôpital de Munich viendra lister les disparus à Charlton. Matt Busby, lui, vient de se lancer un nouveau défi : gagner la Coupe d'Europe pour honorer ses enfants disparus. Il philosophait en expliquant que «  c’est certainement le sens de la vie : bâtir, créer, surmonter les échecs, espérer. (…) Je savais que d’une manière ou d’une autre je devais gagner à nouveau, pour ceux qui étaient partis. Sinon, ma vie n’avait aucun sens.   » Alors ce sera avec Charlton, rapidement passé dans la peau d'un patron forcé, et à partir de Bobby.

Vidéo

La Sainte Trinité


C’est donc l’histoire d’une rencontre. C’est aussi le récit de la vie de Bobby Charlton qui reste encore aujourd’hui le plus grand joueur de l’histoire du football britannique et l'une des plus belles légendes de Manchester United. Tout simplement car il était élégant, fin, peut-être le plus doué de sa génération. En réalité, il était surtout le plus complet. Le plus génial était sans aucun doute George Best, arrivé à Manchester en 1961. Le plus impressionnant était Denis Law, débarqué à United en 62, car l’attaquant écossais avait ce sixième sens qui dessine les héros. Charlton-Best-Law, la Sainte Trinité, celle qui s’affiche aujourd’hui sur le parvis d’Old Trafford. Jamais Manchester United n’a connu une telle grâce. Trois Ballon d’Or : Law, en 64, Charlton, en 66, et Best, en 68. Dans ses discours, Matt Busby aimait évoquer le « cœur United  » .


Lorsqu’il remporta la C1 en 1968 contre Benfica (4-1) avec un doublé de Charlton, Bobby fut le premier salué par Busby. Sous sa pipe et son blouson gris, l’entraîneur écossais n’était pas un maître tactique. Le tableau noir n’était pas quelque chose qui le passionnait. Il aimait gérer l’humain, refusait d’être second et voulait reprendre le dessus sur la vie. Bobby Charlton, lui, avait créé la sienne. C’est sa force : en vingt-deux années passées sur les pelouses, Charlton a dessiné son style, il a inventé son football. Celui d’un milieu sans réel poste, un gentleman qui n’aura reçu qu’un seul carton jaune au cours de sa carrière et qui inventa le ballon piqué.

L'héritage de Busby


Charlton était l’homme d’un club. Il était aussi l’étendard d’une nation toute entière qui sera championne du monde pour la seule fois de son histoire, en 1966, sous sa direction, avec notamment un doublé en demi-finale contre le Portugal d’Eusébio. Bobby, c’était aussi une tronche. Une mèche ramenée sur le crâne. On l’aimait pour ça, mais aussi pour ses buts, ses nombreux buts pour l’Angleterre (49 - record depuis battu par Wayne Rooney). Car Charlton était le genre de mec à pouvoir allumer la lumière n’importe où. Souvent, il expliqua prendre du plaisir «  à inventer et pousser dans ses limites  » le foot. C’est noble. C’était avant de vouloir l’honorer. Car, aujourd’hui, Bobby Charlton est entré dans cette nouvelle mission : assurer l’héritage de Busby à Manchester United et veiller au respect des valeurs d’un club pour lequel il lâchera ses derniers souffles.


Il faut le voir dans les tribunes d’Old Trafford, épaulé par sa femme, Norma Ball. Charlton est une voix qu’on écoute, il a sa place dans le board et est souvent consulté, notamment dans les choix d’entraîneur : c’est notamment lui qui refusa Mourinho pour succéder à Ferguson en 2013. Alors, comme pour chaque légende, il faut de l’honneur. Celui d’un peuple qui ne cesse de le vénérer et de le chercher du regard à chacune de ses visites. Et il y a quelques mois, l’histoire a embrassé Bobby et l’a serré fort dans ses bras. Manchester United venait alors d’inaugurer la tribune en son honneur sous une marée rouge historique. Norma d’un côté, Bobby Charlton de l’autre, les larmes communes et Sir Alex Ferguson avec le sourire. C’est le United de Busby. Celui qui gagne à travers ces visages et qui cherche, désormais, à retrouver les sommets. En attendant, la Sainte Trinité veille, en silence.

Ce commentaire a été modifié.
giggs en preum's, je ne m'y attendais pas vraiment. même sur sofoot...
zinczinc78 Niveau : CFA
Tu reproches à Giggs de pas avoir survécu à une catastrophe aérienne ?
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Oui, c'est assez surprenant !
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
SO FOOT, ou l'art du contre-pied: Tout le monde s'attendait à Sir Bobby premier, tout comme Beckenbauer, Daglish (dans une moindre mesure) et Platini, et surtout Pelé devant Maradona !
Je vois "gros comme une maison" Maldini pour Milan, et Fachetti pour l'Inter.
Garrincha7 Niveau : CFA2
Prendre un contre-pied volontaire pour montrer à tout prix qu'on est "différent" ou qu'on "ne suit pas la plèbe". Le côté hipster de Sofoot a frappé...
osvaldo pizza Niveau : District
Les supporters du club ont élu Giggs "greatest ever Manchester United player" devant Cantona et Best.

Chacun voit midi à sa porte.
Maldini serait forcément décalé car les purs et durs placent systématiquement Baresi devant.
Par contre Facchetti EST l'Inter, il mérite vraiment d'être premier. Mazzola, Meazza, Suarez, Zanetti, Bergomi... ils vont se contenter des places d'honneur.
Garrincha7 Niveau : CFA2
Pour info, voici le classement dont Osvaldo parle:
1) Ryan Giggs
2) Eric Cantona
3) George Best
4) Sir Bobby Charlton
5) Cristiano Ronaldo
6) Paul Scholes
7) David Beckham
8) Roy Keane
9) Peter Schmeichel
10) Wayne Rooney

ça permet de mettre un peu en perspective ce classement (qui date de 2011, donc les supporters de 2011 ne connaissent pas Denis Law).
Ce commentaire a été modifié 4 fois.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  15:17  //  Aficionado de l'Argentine
Fred et Ubriacone, assez surpris aussi de la première place de Giggs (même si c'est loin d'être scandaleux), j'attendais plutôt Charlton.

Concernant le Milan, mon choix serait plutôt Baresi en 1 et ensuite Rivera, Maldini, Van Basten (et pour la 5e place, Nordhal ou Sheva)... Mais ce quatuor peut être classé dans n'importe quel ordre.

Quant à l'Inter, j'opterais aussi pour Facchetti, suivi de Zanetti, Meazza, Luis Suarez, Bergomi, Mazzola...
8 réponses à ce commentaire.
Je l'aurais quand même vu franchir la ligne d'arrivée d'une courte tête devant le Gallois pour ce top 50. Peut-être en pensant un peu trop à la World Cup 66 pour l'Anglais.

Je le classerai parmi les Pelé, Cruyff, Beckenbauer, Di Stefano, Platini ou Maradona.
Ce commentaire a été modifié.
Charlton c'est du très lourd, mais clairement pas dans cette catégorie.
Il est vraiment plus proche du Top 20 All Time que du Top 10.
En même temps, la WC66 était volée, elle ne peut rentrer dans les critères de comparaisons entre les joueurs.
Charlton est dans le Top 10 de tous les temps, peut-être (sans doute) mais Best est devant lui (to my opinion)...
Mon classement perso pour Man Utd:
1) King Cantona
2) George The Best
3) Charlton
4) Giggs
5) Scholes

puis Becks, Law, CR7, Keane, et Solskjaer (bien que supersub du duo Yorke-Cole).A un moment, j'ai failli mettre Stanley Mathews pensant qu'il était mancunien (Blackpool, pour le gros de sa carrière).
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Nederland,
Pour une fois pas tout à fait d'accord avec toi: Bobby Charlton est un grand joueur mais pas du niveau de ceux que tu cites, auxquels il faut rajouter Puskas: Peut-être dans un peloton où l'on trouverait Eusebio, Rivera, Luis Suarez Miramontes, pour s'en tenir à cette génération.
@Fred
Désolé de ne répondre que maintenant.
J'ai déjà entendu cette remarque au boulot par des passionnés de foot.
Je dois reconnaître que dans ma jeunesse j'ai été largement influencé par mon père mordu de foot qui m'a si souvent vanté Sir Bobby dont il était son 1er fan.
Je ne suis donc pas très objectif en le classant parmi les "immortels".
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Ton père parlait-il de Kopa ?
5 réponses à ce commentaire.
gaucherforever Niveau : CFA2
L histoire de Charlton est vraiment epique.Survivant d un crash,il sera le guide du nouveau man utd et de sa sélection.
N aurait on pzs pu respecter sa volonté de ne pas choisir le Mou sur le banc?

SoFoot nous fait depuis qu'il a mis en place ces classements "dans l'originalité recherchée ". Il suffit de voir les numéros 1 du Bayern, de Nantes etc... pour se rendre compte que les journalistes vont à contre courant. Ils ont tendance à privilégier des joueurs plus récents plutôt que l'histoire et un football d'avant. Pourquoi pas cela engendre quelques débats et discussions... Giggs est un grand joueur mais Ce sont bien Charlton et Best qui sont le parvi d'Old Trafford
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Garrincha7 Niveau : CFA2
Entièrement d'accord. OK Giggs a fait une carrière magnifique et aura marqué l'histoire du club. Mais de là à le placer devant Charlton et Best, il faut vraiment avoir un pet au casque.
Classement d'autant plus incompréhensible puisque Bobby Charlton a commencé au même poste que Ryan Giggs, ailier gauche. Le destin a fait qu'il est devenu un cadre malgré lui de l'équipe suite au crach de 1958 et recula d'un cran pour devenir le patron technique de l'équipe (et ensuite de la sélection anglaise).

Il fait partie de ces grands milieux de terrain européens des années 60 post-Di Stéfano, plus complets, qui avaient enfin digéré l'aspect tactique du jeu et de la coordination des mouvements libres de leurs partenaires offensifs pour contourner le marquage individuel, en s'intégrant parfaitement aux phases d'attaque avec eux, rendant le WM figé et obsolète vers 1965 et qui sera la base du 4-3-3 et ses variantes que l'on connait aujourd'hui.

Mes 2 buts préférés de Bobby Charlton:



En plus, il faisait du "breakdance" avant même que le Hip Hop existe:


Bobby Charlton n°1, sans discussion !
2 réponses à ce commentaire.
Totti Chianti Niveau : Ligue 2
Je n'ai pas suivi le top Man. Utd (j'évite de me faire du mal!) mais je suis vachement surpris de voir Best 3ème, Charlton, 2nd, et donc, d'après ce que je lis, Giggs 1er?

Alors, loin de moi, l'idée de minimiser l'importance du grand Ryan, mais pour moi y a même pas photo par rapport à ses poursuivants directs aussi bien en termes d'importance, de niveau de jeu, de charisme, etc.
Quand on pense à Man. Utd, ce sont justement les noms de Charlton, Best et même Cantona qui viennent en premiers. J'aurais, je crois, plus compris le choix d'un Beckham par exemple, même si je préfère Giggs comme joueur.
Y a quand même une dimension qui manque chez le Gallois.

C'est comme si on faisait un top de ma Roma en mettant De Rossi (que j'adore, hein, là n'est pas la question!) devant Di Bartolomei, Falcão, Bernardini ou Totti.
Ça n'a juste aucun sens.
C'est la prime à la longévité, au palmarès, à la fidélité.
La comparaison qui me viendrait à l'esprit serait plutôt Gento qui serait n°1 à Madrid.
Le truc de la fidélité, ça me gêne un peu.
Fidèle dans un club qui ne gagne rien ou pas grand chose comme Totti à la Roma, Gerrard à Liverpool, Zanetti à l'Inter; oui pour moi c'est vraiment une valeur ajoutée.
Mais MU...
Giggs n'a jamais connu la galère, rien. La fin de cycle à MU, elle durait une année max. Milieu 90's, t'as la clique de la génération 92 qui débarque.
Après, durant un été t'as Ruud et Veron qui viennent. L'année d'après, c'est Rio. Puis après , t'as Cristiano et Heinze. Puis Rooney, van der Sar, Vidic, etc.
Le tout dans LE championnat qui domine son époque et qui paye très bien.
Bref, Giggs a toujours évolué dans un confort donc la fidélité, elle est pas dingue non plus dans le sens où il jouait dans le top du top.
Où c'était mieux? Man U 90-2000, c'est la stabilité totale.
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C'est pour ça que je fais le parallèle avec Gento plutôt qu'avec Totti ou Zanetti. Il a connu une succession de grandes générations en étant toujours protagoniste mais jamais LA tête d'affiche (sans lui faire offense).
Je ne suis pas d'accord. La performance de Giggs est d'autant plus grande qu'il se soit maintenu aussi longtemps dans un top top club. Tu peux pas dire qu'il a toujours joué dans le confort. Au contraire, il a su à chaque fois résister à la concurrence et se renouveler pour garder sa place.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Totti,
C'est pour le 7 à 1 ?
Le PSG a moins d'états d'âme que toi: ils recrutent le principal artisan de la Remuntada !
Totti Chianti Niveau : Ligue 2
Ouais, je veux Ronaldo à la Roma!

(en fait de Man. Utd, j'aimerais bien Daley Blind et Rashford)
(mais c'est malheureusement imporssible, surtout le second)
6 réponses à ce commentaire.
Charlton avait fini premier du top 100 anglais si j'ai bonne mémoire. Pas étonné que sofoot ne lui offre pas le "doublé" et préfère mettre en avant Giggs qui lui n'avait rien à espérer de sa sélection.
Alors que les 3 Lions lui ouvraient grand les bras, après avoir fait toutes les sélections jeunes. Quand tu penses à la formation de 1998 à 2012, tu te rends compte que le MG est le seul poste qui fait défaut (avec le DG, ok): on y voyait du Trevor Sinclair, du Barmby ou d'autres joueurs postés contre nature :McManaman, Sheringham. Ce sera au jeune Joe Cole de prendre la place, avec Downing en concurrence...
En DG ils ont eu Ashley Cole pendant plusieurs années c'est loin d'être degueu
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Tu as raison, Ubriacone, pour l'instant pas de "doublé":

- Platini 1er France, 2ème Juve
- Beckenbauer 1er Allemagne, 2ème Bayern
- Di Stefano 1er Real, 2ème Espagne
- Charlton 1er Angleterre, 2ème MU

Mais pour Maradona 1er Sudam, je ne vois comment l'empêcher d'être aussi No 1 de Naples, de même que Platini pour Nancy.
Maradona a déjà fait le doublé. Il était aussi n°1 du top monde il y a 5 ans. Il serait indiscutablement 1er du Napoli voire d'Argentinos Junior (quoi que le club connait son heure de gloire après son départ - Alain si tu passes par là: qui étaient les tauliers à cette époque?), mais pas à Boca où il n'est pas resté assez longtemps (bien que l'amour qu'il porte à ce club soit un motif de fierté pour les xeneize).

Platini serait n°1 à Nancy... si toutefois ce top voit le jour (au milieu des Puygrenier et Vairelles, ça piquerait les yeux). Tu disais que tu le verrais hors top 10 St Etienne, c'est discutable car en valeur pure le maillot vert n'a jamais connu d'équivalent, mais réaliste au regard du tournant "bling-bling" qu'il incarne dans l'histoire du club.

Baggio ne fera aucun doublé, il a marqué tous les clubs où il est passé, sans toutefois en être une légende d'aucun (sauf Brescia mais bon...).
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
"Tu disais que tu le verrais hors top 10 St Etienne".

Je ne me souviens pas de cette phrase: quand l'ai-je publiée ?
Il me semblait avoir lu ça y'a quelques jours. Peut-être que je confonds.
Par contre tu bosses toujours sur tes tops persos St Etienne et Reims?
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
J'ai de prêt, un paragraphe d'introduction (il me faut un gimmick) pour: Reims, St Etienne, Strasbourg, Inter, Lille et Nice. Bizarrement, les clubs de "l'Ouest", Bordeaux, Toulouse, Rennes, Brest, Guingamp, Angers, Laval (pardon, Alain), etc., j'accroche pas !
Effectivement, l'allusion à Platini y figure, donc ça a dû fuité (hé hé).
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  15:42  //  Aficionado de l'Argentine
@ Ubriacone, effectivement Maradona serait le n°1 incontestable du top Napoli mais aussi Argentinos Juniors. Certes, Argentinos Juniors remporte ses premiers titres (champion d'Argentine et surtout la Libertadores 85) après le départ de Diego mais c'est quand même lui qui a placé ce club modeste sur la carte du football argentin, en l'amenant jusqu'à la 2e place. On n'en parle pas souvent mais le Maradona 79-80, c'est du très très lourd !
Sinon les tauliers de cette génération 84-85 sont Batista, Olguin et surtout Claudio Borghi (qui serait sans doute le n°2 d'un top Argentinos), alors considéré comme le successeur potentiel d'El Pibe.
Quant à Boca, Maradona pourrait y briguer une place sur le podium mais pour la première place, ce serait plutôt Riquelme qui a remporté une bonne partie des titres internationaux du club, voire Rojitas (Angel Clemente Rojas).
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  16:04  //  Aficionado de l'Argentine
Cruyff ferait aussi le doublé (Pays-Bas/Ajax) si So Foot faisait un top NL. Et Eusebio (1er du top Benfica) pourrait l'imiter, même s'il y aurait match avec CR7 pour un top Portugal (j'ai pas d'avis tranché là-dessus, les deux peuvent indifférement être classés 1er ou 2e).

Sinon bien sûr Pelé mais ayant déjà eu un top Amsud, je crois qu'on devra malheureusement faire une croix sur un top Brésil... et sans doute également sur celui de Santos - à moins que So Foot nous fasse l'excellente surprise de proposer quelques tops clubs sudam (on peut toujours rêver).
Dommage car ça aurait vraiment de la gueule ! Le top 20 Santos ressemblerait à un truc du genre :
Pelé
Pepe
Coutinho
Neymar
Carlos Alberto
Zito
Clodoaldo
Mauro Ramos
Gilmar
Mengalvio
Dorval
Edu
Ganso
Toninho Guerreiro
Lima
Pagão
Robinho
Jair da Rosa Pinto
Friedenreich
Diego
José Ramos Delgado

Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Dans l'ensemble, plutôt des bons joueurs, donc !
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  16:48  //  Aficionado de l'Argentine
Oui plutôt des mecs qui taquinent pas trop mal le ballon...^^

Petite précision quand même pour mon top 20 Santos : j'ai sorti ça spontanément, comme ça me venait, mais l'ordre ne serait peut-être pas exactement celui-ci, ça demande un minimum de réflexion (en tout cas, les 9 premiers de ma liste seraient à coup sûr dans le top 10, pour la 10e place à voir).
11 réponses à ce commentaire.
TheDoctor Niveau : CFA2
Quel dernier paragraphe... putain des frissons !

"assurer l’héritage de Busby à Manchester United et veiller au respect des valeurs d’un club", telle est la mission de Charlton.
J'ai déjà la sensation que MU a déjà largement pris ses aises, et lorsque que le flegme de Bobby et la gueule malicieuse Fergie auront déserté les travées d'Old Trafford il ne restera hélas plus grand chose de tout cela.

Déjà que les hommages rendus aux disparus de Munich ont été retiré du couloir menant à la pelouse (trop glauque disaient-ils...), ce qui fait le charme de ce club va probablement s'évaporer.

Je conseille d'ailleurs à tout amoureux de ce club à faire un tour du côté d'Old Trafford : car malgré le store qui doit être le plus grand au monde, le musée où on essaie de vous refourguer le moindre goodies, se laisser aller dans les artères du stade, en faire le tour et celui du quartier dont le pub le "Trafford", là ça ne sent pas que le fric mais ça pue le football ainsi que le poids de l'histoire.
Même mon pote écossais Rick, qui s'en cogne du football, a ressenti ce supplément d'âme et a kiffé l'histoire de ce club.
gaucherforever Niveau : CFA2
Il est vrai qu aussi bon fut Giggs,il ne fut pas le joueur clutch qui t assure une première place.
C est un très grand de l histoire de man utd mais sa première place demeure flatteuse
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
PAVE DEDIE A ZINCZINC78

FINALE DE LA COUPE D'EUROPE DES CLUBS CHAMPIONS 1968 A WEMBLEY
Extrait de ''La Fabuleuse histoire du football'' de Jacques Thibert et Jean-Philippe Réthacker

MANCHESTER FOR EVER
Pour tous les Anglais présents à Wembley le 29 mai 1968, la finale de la Coupe d'Europe est un pélerinage. Aucun d'eux n'a oublié la tragédie de munich, dix ans auparavant, après un autre match de Coupe d'Europe à Belgrade. Edwards et son équipe montaient au firmament quand ils avaient été fauchés par le destin.
Aujourd'hui, United est revenu après avoir rebâti sa maison. Deux hommes d'hier, qui étaient dans l'avion tragique, sont sur le terrain: le capitaine Billy Foulkes et le champion du monde Bobby Charlton. C'est celui-ci qui marque le premier but à la 53è minute, but qui n'est pas suffisant pour empêcher Benfica de réagir (Graça, 75è) et même d'obtenir quelques secondes avant la fin du temps réglementaire, l'occasion d'une victoire: mais Eusebio, Soulier d'or européen cette année-là avec 44 buts en championnat du Portugal, tire à côté.
En prolongation, rien ne peut arrêter United. Trois buts, de Best (93è), Kidd (94è) et Charlton (99è) donnent la victoire à l'équipe anglaise, et un torrent d'émotion à Wembley.
Nobby Stiles, après sa gigue de 1966 en Coupe du monde, va s'agenouiller face au public comme un pèlerin tourné vers la Mecque. Ce n'est pas lui qu'on regarde. C'est Billy Foulkes recevant la Coupe. C'est Matt Busby, plébiscité par la foule, entrant sur le terrain pour embrasser Bobby Charlton et recevoir dans ses bras son capitaine Foulkes ému aux larmes. Exemplaire destin que celui de ces trois hommes. Exemplaire destin que celui de Manchester United. Et merveilleux football plus fort que la tragédie et la mort.
Au-delà de l'émotion, le jeu de Manchester United a impressionné et balayé Benfica.
« On a retrouvé la simplicité tactique du 4-3-3 à la mode anglaise, avec toutefois, chez Manchester, un plus grand pouvoir d'attaque que dans la sélection nationale, grâce au travail prodigieux d'un avant-centre de 19 ans, Kidd, et grâce à la présence de deux vrais ailiers, Best et Aston, qui ont démontré une fois de plus l'importance des manœuvres de débordement et de diversion effectuées sur les flancs d'une attaque, écrit France-Football.
«Georges Best, le Beatle irlandais, aura donc décroché, puis justifié en peu de temps le titre de footballeur numéro un des îles que lui ont décerné nos confrères d'outre-Manche. A Wembley, beaucoup de ses dribbles furent cassés et fauchés, comme épis de blé par les défenseurs portugais, sans que l'arbitre italien,M. Lo Bello, intervienne efficacement. Encore perfectible dans le domaine de la clairvoyance finale, Best possède à 21 ans, le talent d'un dribbleur long extraordinaire, vif dans la touche de balle de l'extérieur du pied droit, lent dans la seconde phase du dribble où il saute Tel un ''hurdler'' d'athlétisme, toujours près de perdre le ballon qu'il pousse loin devant lui, mais prompt à le reprendre avec une habilité diabolique; il est certainement le meilleur ailier droit du monde, digne successeur du petit Ecossais Johnstone aux dribbles de puce.
« Quant à Aston, son compère de l'aile gauche, s'il est moins rapide et moins tranchant, il est, par contre, bien plus lucide, une fois son travail de préparation terminé. Ses centres en retrait, en particulier, causent souvent des ravages. Jeune lui aussi (20 ans), il est le fils d'un ancien joueur international du club qui est aujourd'hui l'un des adjoints de Matt Busby.
« Best, Kidd, Aston: trois avants de pointe qui ont été couvés et façonnés par Busby. Dix ans après ses débuts, Bobby Charlton est devenu le capitaine et le patron de l'équipe.
« Il y a désormais du Di Stefano dans ce garçon de 31 ans au front chauve et à la rare mèche folle et blonde, à la présence permanente à tous les points chauds du jeu, à l'intelligence rayonnante, à la virtuosité technique si brillante et à l'efficacité jamais à court. On ne reviendra rapidement sur les deux buts marqués par Bobby que pour souligner un peu mieux la maîtrise du meilleur joueur anglais des dix dernières années: un but de la tête, un but du pied, mais les deux fois une utilisation idéale de la déviation qui tient plus de l'Anglais que du Latin.
« Le renouveau du football anglais est symbolisé par ce Bobby Charlton à la touche et à la frappe de balle continentales, inimitable dans le travail brossé du ballon avec l'intérieur du pied, dans un pays où la frappe franche et vigoureuse du coup de pied fut si longtemps exclusive.»

Très émouvant cet article sur Charlton.
J'avais évidemment entendu parler de cet accident mais n'en savais guère plus à ce sujet.

J'ai aussi trouvé cette phrase très révélatrice:
"c’est notamment lui qui refusa Mourinho pour succéder à Ferguson en 2013"
Tout est dit.